29/06/2017

Sexbierum (13, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- Que cherchez-vous exactement à me faire comprendre, Cokkie?

- La vérité?

- La vérité n’est qu’un leurre pour les compliqués...

- Et nous le sommes tous, diriez-vous. Faits de chair et de complexité! Mais, c’est faux... Il y a vérité et vérité.

- C’est-à-dire?

Elle se lève d’un bond, s’approche du tableau, caresse la toile du bout de ses doigts puis me dit, tout en admirant la peinture:

- Pour moi, c’est Haarlem. Mémé pense que c’est Sexbierum, deux ou trois siècles en arrière. Et Papa et Maman sont persuadés que c’est un coin du vieux Delft. Seul l’artiste qui a peint ce chef-d’œuvre sait exactement où se trouve ou où se trouvait cette place.

Elle se retourne vers moi et ajoute:

- D’un côté, il y a les rêves, les phantasmes avec toutes leurs fioritures, de l’autre, la réalité toute nue... Les intellectuels sont très forts pour nager dans les airs et planer dans les eaux. A l’inverse des gens simples qui, eux, ne fabulent qu’en cas de panique ou de danger...

- Honnêtement, je ne vous suis plus, je lui avoue.

- Vraiment?...

11:23 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

27/06/2017

Sexbierum (12, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- Moi... connaître... raison... vos projets anthropologiques, m’explique-t-elle en petit-nègre, en haussant la voix.

Dois-je rire ou m’inquiéter? Ai-je affaire à une comédienne ou à une folle?

Mais heureusement, dans chaque mâle il y a un ancestrale chasseur de bêtes sauvages qui conseille au moment opportun de ne pas bouger d’une oreille face à une femelle prête à tout. Ni de pointer le bout de la langue si le danger persiste, d’ailleurs.

Soit raide comme une asperge et muet comme un épouvantail, je m’ordonne alors, étonnamment. L’écho de ses représailles ne tardera à résonner.

- Votre silence suite à mon style de langage est très révélateur, me dit-elle... Pourquoi voulez-vous devenir ethnologue? Est-ce les tributs africaines ou les Africaines avec leur gros cul qui vous attirent? Ou les Amazoniennes avec leurs nénés à l’air?

- Vous dites ça à cause...

- Aucun choix n’est anodin, me coupe-t-elle. Et les motivations ne sont jamais le fruit du pur hasard. On ne devient pas religieux par la grâce de Dieu mais par crainte des démons que nous nous sommes créés...

- Que cherchez-vous exactement à me faire comprendre, Cokkie?...

21:31 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

26/06/2017

Sexbierum (11, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- Vous me troublez, mademoiselle.

- Pourtant, il n’y a pas si longtemps, vous ne vous êtes pas gêné de me mettre la main aux fesses.

- Impossible! Ou alors j’étais saoul.

- Vous l’étiez.

- Où ça?

- A La Haye. Au Crapaud, si je ne me trompes pas...

- Vous étiez dans ce bar de dépravés?

- Ce sont des types comme vous qui le rendent ainsi.

- Vous n’avez pas entièrement tort.

- L’ivresse ne mène nulle part.

- Sans aucun doute mais parfois... parfois...

- Parfois quoi?

- Le désespoir est si grand que l’on ne peut pas échapper à cette tentation... Je venais de me séparer définitivement de ma copine.

- Alors je suis désolée de vous avoir giflé.

- Vous... vous m’avez giflé?

- A deux reprises.

- Je ne me souviens de rien.

- Cela ne m’étonne pas... Dommage! J’aurais dû me taire...

- Et la vieille... pardon, votre grand-maman est au courant de ça?

- Non. Mes faits et gestes ne regardent que moi... Ça sera un secret entre vous et moi, d’accord?

- Vous êtes romantique.

- Pas vous?

Je ne réponds pas.

Nous nous sourions.

Sommes-nous prêts à nous emballer pour le meilleur et pour le pire?

Mais aussitôt:

- Vous n'avez toujours pas répondu à ma première question, me fait remarquer froidement Cokkie.

Je cligne des yeux

- Moi... connaître... raison... vos projets anthropologiques, m’explique-t-elle en petit-nègre, en haussant la voix.

Dois-je rire ou m’inquiéter? Ai-je affaire à une comédienne ou à une folle?...

05:41 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (11) |  Imprimer |  Facebook | | | |

24/06/2017

Sexbierum (10, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- Et?

Elle me regarde bizarrement.

Je lui fais signe de la main de s’asseoir.

Elle s’installe sur une chaise, les genoux presque collés et la poitrine bombée comme une écolière prête à avaler n’importe quoi de son maître.

Moi sur l’autre, le dos courbé et les jambes écartées.

Elle remarque ma posture nonchalante, voire obscène pour elle.

Je me redresse légèrement.

Un futé sourire s’échappe de son visage.

- Et? je répète.

- La balle est dans votre camp, me dit-elle.

- Quelle balle?

- J’attends pour continuer la partie.

- Quelle partie?

- Êtes-vous souffrant?

- Non, je vais très bien, merci...

- Est-ce que je vous rappelle quelqu’un?

- Probablement.

- Probablement?

- Oui et non.

- Oui et non? Comment est-ce possible?...

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22/06/2017

Sexbierum (9, à suivre)

 Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpgOn frappe à la porte.

- Oui, une minute, faites comme chez vous! je crie en me levant brusquement, croyant que c’est ma logeuse.

Un jeune fille d’une beauté inouïe, cheveux longs d'une blondeur platine et yeux vert émeraude, entre prudemment, me sourit timidement et me demande d’une voix un peu tremblante:

- Puis-je connaître la raison de vos projets anthropologiques?

- Par... don?

- Je m’appelle Cokkie.

- Cookie?

- Non Cokkie, avec un seul o et deux k. Rose, c’est ma grand-mère.

- Et?...

21:15 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

21/06/2017

Sexbierum (8, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpgEnfin seul! Loin des bavardages et des interrogatoires domestiques où tout n’est que répétition et justification, où les tristes images du passé refont surface juste pour nuire à la douce insouciance du présent.

Je range mes modestes habits dans l’armoire, balance ma valise dans un coin et plonge sur le lit.

Le bruit fracassant des ressorts me suggère illico presto de me coucher moins excentriquement la prochaine fois.

J’espère qu’elle n’a rien entendu, la vieille, me dis-je... Autrement, j’aurais droit à des remontrances ou à l’expulsion immédiate... A moins qu’elle s’en fout totalement de ce plumard qui crépite au moindre effleurement...

Si je ramène une fille, je... non, nous serons obligés de baisoter sur le parquet.

Mais le plancher craque aussi. Que faire alors?

Ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir capturé!

Imke, Ella, Britt, Hanneke, Sharon et toutes les autres...

Et les putes, les bénévoles, les anonymes des soirées arrosées...

Comme elles raffolaient se faire prendre en levrette! Sur l’asphalte mouillé, le gazon humide ou le sable gelé.

Des chiennes en chaleur au secours d’un chien égaré, abandonné, enragé!

Et tout ça à cause d’une histoire confuse, bâclée, inachevée, poignardée: mon premier amour.

On frappe à la porte...

13:25 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

20/06/2017

Sexbierum (7, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- J’ai supprimé la radio, la télévision et l’internet qu’avait fait installer feu mon mari pour regarder des vidéos cochonnes. Toutefois, pour ne pas être totalement écartée de mes semblables et pour le plaisir de conserver en moi la flamme de la contestation et du rire, j’ai gardé mon vieux téléphone fixe auquel que je ne réponds qu’occasionnellement. Soit avant, soit pendant, soit après avoir entendu le ou les messages sur le répondeur. Quand ça me prend! Oui, quand ça me prend l’envie de jouer au chasseur de volatiles volatils.

- Comment ça?

- Mon cher Alfred Nobel, bien que vous ayez une mine à n’avoir rien inventé d’explosif, ni la poudre talc d’ailleurs, vous devez tout de même savoir qu’actuellement nous sommes envahis de pédants corbeaux, de faux rossignols et de nombreux oiseaux de mauvaise augure qui nous pompent l’air toute la journée, parfois même la nuit, non?

- C’est une triste réalité... Et quel type de cartouche utilisez-vous pour essayer d’anéantir ces volatiles volatils, comme vous dites si bien?

- Différents types.

- Lesquels?

- La protestation, la négation, la plaisanterie, la moquerie, la chansonnette ou le rot, seulement après un bon repas.

-  Vous rotez au bout du fil?

- Est-ce un crime?

- Non. Bien sûr que non...

- Mais vous trouvez cela choquant, n’est-ce pas?

- Venant d’une dame distinguée comme vous, un peu.

- Les apparences sont trompeuses, jeune homme!

- Je le sais.

- Hors contexte: pour arriver à ses fins, le diable n’hésite pas à se cacher sous une peau extrêmement douce ou derrière un sublime beau sourire. Souvenez-vous de ça!

- Merci pour la mise en garde.

- A part ça, pas de fiancée ou de copine en vue?

- Personne. Rien. C’est Bérézina depuis trois mois.

- Alors faites attention aux Frisonnes, elles adorent ramasser les épaves...

13:41 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (15) |  Imprimer |  Facebook | | | |

18/06/2017

Sexbierum (6, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpgMa chambre! La mienne? Non, une de plus. Au goût des autres. Louée par la force du destin. Bien qu’accueillante, chaleureuse, familière.

Une armoire, une petite table, deux chaises et un lit, forcément. Le tout en noyer de nouvelle Guinée.

Et une splendide peinture à l’huile, malheureusement encadrée d’une corniche dorée un peu kitsch, accrochée au mur, légèrement de travers.

- Magnifique reproduction! je m’exclame, en redressant par réflexe le tableau.

- Si seulement cela n’était autorisé que pour les artistes, nous n’aurions plus besoin de nous cacher pour échapper à la surconsommation, réagit Rose.

- A quoi faites-vous allusion, Madame?

- A la vie que nous menons tous aujourd’hui. Ou plus exactement, que nous devons subir. On nous bombarde de publicité de toute part. A la radio, à la télé, par téléphone et sur Internet. On nous conseille sans cesse de faire ou de prendre ceci à la place de cela. Et le lendemain, c’est le contraire. Le cirque continue sans relâche. On ne nous laisse plus le temps de comprendre, de juger, d’hésiter, de choisir... On dirait que le pouvoir politique a cédé sa place au pouvoir de la finance. Aux multinationales et aux banquiers. Alors...

- Alors?...

17:38 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

16/06/2017

Sexbierum (5, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- A cause de qui ou de quoi?

Il y a des visages que même en vieillissant gardent toute leur jeunesse. Cet éclat de révolte et d’enthousiasme à la fois. Voire de mépris et de sagesse.

Les cons naissent vieux et meurent abrutis. Collés à leur livre sacré transmis de père en fils. Ou de mère en fille, pour les femelles. Classifiant les êtres et les choses selon des normes bien établies. Gravées à jamais sur les murs de l’ignorance par les barbus frustrés.

Oui, le visage dévoile les paysages de l’âme et, grâce aux rides, les traces des longs ou des rudes chemins parcourus.

Et ceux de Rose sont d’une beauté et d’une fraîcheur encore juvéniles. Quelle bénédiction a-t-elle reçue du Ciel?

- La Frise, ce n’est pas la Hollande, ironise la vieille dame. À Amsterdam, on se saoule à la bière et au genièvre jour et nuit, on fume de la marie-jeanne les doigts dans le nez, on se sodomise au moindre pet, on partouze même dans la rue et le mariage à trois sera bientôt légalisé. Mais ici, à part le vent, rien n’est encore en passe de nous décoiffer. Et encore moins votre ami van Bommel van Vloten avec sa bizarroïde attirance pour la féminité... Moi, personnellement, je n’en contrefous. Éperdument! Mais pas les habitants de Sexbierum  car...

Brusquement, sautant du coq à l’âne:

- Êtes-vous musulman, Monsieur Nobel?

- Ai-je l’air? je lui demande tout surpris.

- Rien ne prouve rien de nos jours. Avec tout se l’on voit aujourd’hui, tout est possible.

- Je suis athée.

- Dieu soit loué!

- Qu’avez-vous contre les musulmans?

- Rien. Mais le dernier que j’ai hébergé m’a esquinté l’un de mes plus beaux tapis avec ses prières.

- En marchant comme un tigre en cage?

- En frottant sa tête contre, pardi!

- La preuve que je ne le suis pas.

- En effet. Mais vous fumez peut-être?

- Je déteste ça.

- A la bonheur! Enfin un homme libre et respectueux chez moi.

- Marché conclu?

- Vous voulez voir votre chambre?

- Je n’attends que ça...

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15/06/2017

Sexbierum (4, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- Comment ça provisoirement?

Je me gratte le nez puis je lui explique:

- Pour être sincère, je viens de terminer un master en anthropologie et on m’a propulsé à ce poste le temps que mon collègue, Monsieur van Bommel van Vloten se refasse une santé.

La vieille dame éclate de rire.

Je la regarde comme une bête curieuse.

Quel mot l’a mise dans cet état? Est-ce master, anthropologie, collègue ou santé? Ou bien... Est-ce le premier et le second? Le second et le quatrième? Ou le quatrième et première? Combien d’associations possibles y en a-t-il au fait? Comme j’étais nul aux cours des probabilités et statistiques!...

- Ohé, ohé! Revenez sur terre! m’ordonne-t-elle gentiment.

- Pardon...

- La santé des deux van va à merveille. D’ailleurs, il faut être en parfaite condition physique et psychologique pour se faire remplacer le robinet qui coule normalement par une bonde qui gicle partout...

- Quel robinet? Quelle bonde?

- Je constate que vos études surréalistes vous ont décalé de la réalité. Ou plutôt rendu lent à la dégaine.

- Je ne comprends pas.

- Comme dans le domaine des infos, trop d’études nuisent à la connaissance. Surtout quand elles sont non contradictoires mais redondantes.

- Vraiment, je ne comprends pas.

- Aucune importance!... Votre soi-disant confrère ne reviendra jamais, c’est en consœur qu’il apparaîtra...

- Non?

- Peut-être ou jamais.

- Donc ce qui est provisoire...

- Pourrait durer toute une éternité.

- A cause de qui ou de quoi?...

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14/06/2017

Sexbierum (3, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpgFrappez et on vous ouvrira. Je sonne alors.

- Serait-ce le Nobel du téléphone? s’interroge une vieille dame, à haute voix en m’ouvrant la porte.

Un oui, confus mais paradoxalement ferme, sort de ma bouche.

- Mais entrez, entrez donc jeune homme! me propose-t-elle toute empressée. Je me réjouissais de vous voir en chair et en os. J’en ai rêvé toute la nuit.

Nous nous installons au salon.

- C’est bien pour la chambre que vous êtes là, n’est-ce pas? me demande-t-elle.

- Tout à fait, je réponds un peu intimidé.

- Vous me rassurez.

- Le prix de la location n’a pas changé?

- Il y a beaucoup de vent à Sexbierum mais les paroles ne s’envolent pour autant. Les Frisons sont des gens correctes et honnêtes, vous savez...

- Je ne sous-entendais rien de cela, chère Madame...

- Appelez-moi Rose, c’est moins pompeux.

- Avec plaisir!...

- C’était juste un rappel...

- C’est que le tarif me semble d’une générosité inhabituelle.

- J’en suis parfaitement consciente. Ce n’est pour votre agréable frimousse mais c’est dans l’intérêt de notre communauté... Vous êtes bien venu pour remplacer notre maître d’école, n’est-ce pas?

- Provisoirement.

- Comment ça provisoirement?

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13/06/2017

Sexbierum (2, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpgIl était une fois au pays des oranges et des mandarines...

- Ça suffit, ça suffit! crierait ma sœur Hanna en me relisant. Cesse toujours de te moquer de la royauté! Ils ne t’ont jamais rien fait de mal, ces pauvres élus de Dieu...

Soit, soit! Pour éviter de me brouiller avec ma sœurette adorée et ma chère famille un tantinet traditionaliste, par manque d’imagination sans doute, je tâcherai de m’exprimer d’une façon moins corrosive si possible.

Oui, si possible. Car en moi sommeille un zèbre à moitié apprivoisé qui déteste le cirque.

Donc! Donc?

Je m’appelle Alfred Nobel. A ne pas confondre avec le génial chimiste qui a fait sauter de nombreuses cervelles avant d’en couronner quelques unes. Bref! Nous allons polémiquer la-dessus. On ne sait jamais ce qui pourrait m’arriver.

Je suis né dans un pays où la débilité mentale est largement prise en compte par la classe politique. Que voulez-vous, les esprits conservateurs se soutiennent toujours entre eux. A vous de deviner lequel. Il s’agit de ma patrie, forcément.

J’ai vingt-cinq ans. Une belle allure. De sportif qui ne fait jamais de sport. C’est-à-dire musclé naturellement. Blond. Les yeux bleus. Les fesses un peu plates, désolé pour les intéressés. Les doigts longs, quasi féminins. Les mains un peu baladeuses, cela est dû à ma curiosité phylogénétique de primate insoumis. Et le pied égyptien.

Pour plus d’informations sur mon physique, contactez-moi par mail. Voici mon adresse: alfred@ nobel.com.

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12/06/2017

Sexbierum (1, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpgLe temps de la cravate est révolu. Ceux qui la portent encore sont des traine-savates qui pensent que l’élégance dépend d’un simple nœud.

Bien ou mal fringué, un sagouin reste un sagouin et un cowboy un cowboy.

Les femmes qui adorent les hommes habillés à quatre épingles me font penser à ces poules de luxe qui ne soulagent leurs patients qu’entre deux cabinets.

Difficile de comprendre cette stratégie quand on a passé toute son adolescence à soutenir le moral du curé, bien entendu.

Comme disait mon chef de père:

- Pour mieux embrasser la vie, il est préférable de ne pas fréquenter des minables.

Tout ça pour vous dire quoi en somme?

Que j’ai décidé fermement de ne plus jamais me fier aux apparences.

Mais est-ce possible?

On verra!

Pour l’instant: adieu donc à vous,  ma tenue de fanfare, mon uniforme militaire et mon costume de mariage!...

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11/06/2017

Brouillard (27, fin)

Hank Vogel, Brouillard.jpgQu’il est agréable d’être seul! Loin des discours et des dialogues chargés d’interrogations sans queue ni tête, de doutes et d’exclamations hypocrites et insensées. Parfois, bien entendu. Car la solitude nous empêche d’être secoués comme un prunier. Et c’est nécessaire de l’être de tant à autre. Ça nous déplume, nous allège!

Tout adversaire, aussi féroce soit-il, nous permet malgré lui de reconnaître la cruauté de la vie et nous oblige ainsi à résister face à elle.

Sans l’autre, je ne suis qu’une épave flottant sur un océan indifférent, dirait ma concierge.

Ma concierge!

Combien de fois j’ai failli la chopper par derrière, la saillir comme un chien lorsqu’elle lavait les escaliers? Trop de fois. Trop de fois aussi, ma morale m’a tiré par la manche. Dommage. Elle n’attendait peut-être que ça de ma part, la pipelette. Qui sait! Vu son sourire constipé, elle n’avait rien à foutre de ma bouteille de bordeaux et de mon bakchich de fin d’année. Un coup dans l’oignon devait certainement compter plus pour elle qu’une bourgeoise gratification! Non?

Après: tout est possible. Pendant: rien n’est certain. Et avant: tout n’est que rêve.

Zut! Que d’occasions ratées! Que d’amours inachevés! Que de blessures inutiles! Que de défaites et de victoires aussi! La vie est-elle un tableau de chasse?

Un équation de plus qui s’ajoute à mon cahier d’écolier.

Mais l’équation! Celle que Simon prétendait ou sous-entendait pouvoir dénouer. La plus terrifiantes des équations non mathématiques qui me tracasse depuis le décès de mon père. Arriverai-je un jour à la résoudre?

La question est si angoissante que je n’ai jamais pu la prononcer d’une voix intelligible. Tant pis! Je me lance courageusement cette-fois-ci:

- Si après mon agonie, c’est le néant absolu. Comment le saurai-je?

La vie serait une parfaite absurdité, disait le vieux. Et l’ignorance une bénédiction, j’ajoutais.

Inextricablement, à mon insu, mes mains décident de s’effacer de la réalité. Puis mes pieds. Puis le reste mon corps. Mais j’existe encore. Car je vois le brouillard et je sens la fraîcheur de la forêt. Tel une sonde transparente planant dans les airs. Capable d’émettre des sons.

Je me permets donc de murmurer:

- C’est le plus libérateur cadeau que je n’ai jamais eu... Di... Mad... attendez un... warum... horloge... so... ssssssssss...

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10/06/2017

Brouillard (26, à suivre)

Hank Vogel, Brouillard.jpgMon compagnon, plus de disgrâce que d’infortune, se ronge le majeur gauche puis il lève le pouce droit en signe de victoire et m’avoue les larmes aux yeux:

- J’ai failli succomber à la tentation. En voyageant à travers les paysages de ton esprit, qui sont d’une beauté exceptionnelle entre nous soit dit, j’ai croisé une vierge, encore plus vierge que la Sainte Vierge. Mais heureusement le tableau m’a rappelé qui j’étais ou qui je devais être...

- Quel tableau? Le noir ou celui de Michelangelo? je gueule comme un fou furieux. Sois précis! Le manque de clarté crée la confusion, la pagaille, les conflits, les guerres... Tu blackboules, tu t’esquives, tu pleures, tu me racontes des histoires à dormir debout... Crois-tu vraiment que je suis né de la derrière pluie?

- Pourquoi tu me dis tout ça?

- Parce j’ai très bien compris ton manège. Les pervers sont forts dans ce genre d’exercice. Ils recherchent tes faiblesses en fouillant dans ta psyché à moitié esquintée, te prédisent mille glorieuses aventures, te flattent comme personne puis hop!

- Hop?

- A d’autres, camarade de mes deux! Ni mon corps ni mon âme ne sont à vendre. Même pas pour gagner l’éternité.

- Tu n’as rien compris.

- Je sais maintenant qui tu es.

- Qui selon toi?

- Un curé défroqué, maudit, un blasphémateur, un violeur patenté ou à l’état latent, une vagabond chassé de partout, un rôdeur de pleine lune, en quête d’un mystérieux et douteux pardon... Tu es intelligent mais ton intelligence pue la malice, la destruction, la putréfaction des êtres et des choses, la mort.

- Mais nous sommes déjà morts. Ou presque.

- Alors va bouffer avec les types de ton espèce les offrandes posées sur les tombes. Je n’ai besoin de personne pour trépasser en beauté.

- Et ton équation alors?

- Je la résoudrai en temps voulu. Va! Jamais, je ne serai une proie. Car je n’ai ni chaud, ni froid, ni peur, ni faim, ni soif, ni envie de pisser, ni quoi que ce soit d’autre.

Et Simon disparaît de ma vue.

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08/06/2017

Brouillard (25, à suivre)

Hank Vogel, Brouillard.jpgSimon hoche plusieurs fois la tête. Puis il me dit:

- Les inassouvis c’est-à-dire et pourquoi qui sillonnent dans ta cervelle depuis ton enfance ont fait de toi un parfait colleur d’étiquettes. Un archiviste, un collectionneur, un ramasseur de miettes, de débris de mensonges et de vérités... Ce qui t’a poussé à pondre ta bizarroïde théorie sur les contraires. Comme n’importe quel philosophe, ou n’importe quel scientifique pourquoi pas, tu n’obéis qu’à une seule divinité qui s’appelle conclusion.

- Conclusion?

- Ou mise à mort. La mise à mort finale! Afin que... afin...

- Afin?

- Afin que tu puisses dormir sur tes deux oreilles, la tronche enfuie dans un coussin bien douillet. Mais!... Mal...

- Mal?

- Malheureusement, une équation restera toujours inachevée sur ton tableau noir...

- Quelle équation?...

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07/06/2017

Brouillard (24, à suivre)

Hank Vogel, Brouillard.jpg- ... Ça ne te fatigue pas à la longue de t’introduire systématiquement dans la matière grise de quelqu’un d’autre, comme un voleur, afin de noircir ce qu’il a de plus sacré?

- Noircir la matière grise, pas mal! Il fallait y songer...

- Tu n’as pas honte?

- Honte de quoi? La rose a-t-elle honte de son parfum? Et l’artiste de son art?... Que t’arrive-t-il, Le flic? Crois-tu vraiment que je suis un disciple du malin, spécialement envoyé pour violer ta conscience? Je ne fais que de lire ce que je vois. Car tu es un livre ouvert. Totalement ouvert. Égaré sur un sentier que tu n’as hélas pas choisi. Un bouquin dont les pages se mettent tourner toutes seules. Ou presque. Ou pas forcément...

- Pourquoi toutes seules ou presque?

- La terre tourne dans l’espace créant ainsi des vents qui permettent aux oiseaux de voler, au pollen de s’échapper, aux nuages de s'entrechoquer, aux tempêtes d’éclater...

- D’accord, d’accord! Je connais déjà tout ça mais...

- Je n’en suis pas si sûr! Car au moindre courant d’air, tu rouspètes comme une concierge qui, malgré ses nombreux grognements, continue de ramasser la merde des autres au lieu d’agir autrement.

- C’est-à-dire?...

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05/06/2017

Brouillard (23, à suivre)

Hank Vogel, Brouillard.jpgUn certain temps plus tard.

Le temps! Le temps?

A quoi bon essayer de le définir avec précision, de le comprendre avec exactitude ou de l’amadouer avec rigueur lorsqu’on sait pertinemment que, même avec toute la meilleure volonté du monde, il ne changera jamais. Sa façon d'agir, pour empêcher toute ambiguïté. Plus indifférent que méprisant pourtant, il nous nargue du matin au soir et du soir au matin.

Face à ça, à cette insulte existentielle peut-être, je souris.

- Tic tac, tic tac, tic tac... c’est notre seul repère et encore! me dit Simon.

- Merde, merde et merde! je crie de colère.

- Qu’y a-t-il?

- Ne joue pas à l’innocent, s’il te plaît! J’ai horreur de l’hypocrisie. Ça me rappelle trop d’individus... Ça ne te fatigue pas à la longue de d’introduire systématiquement dans la matière grise de quelqu’un d’autre, comme un voleur, afin de noircir ce qu’il a de plus sacré?

- Noircir la matière grise, pas mal! Il fallait y songer...

- Tu n’as pas honte?...

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04/06/2017

Brouillard (22, à suivre)

Hank Vogel, Brouillard.jpgSimon se caresse le menton puis il me dit:

- Ici, tout fonctionne différemment qu’ailleurs et ton illustre thèse n’importe qui pourrait la comprendre si tu te décidais enfin à la développer...

- J’ai tout simplement souligner un jour, sans la moindre ambition d’en faire tout un plat, que la notion des contraires a peut-être déformé chez l’homme sa façon initiale de penser, je riposte quasi brutalement... Ni plus ni moins. Alors pour l’amour du Ciel, ne reviens plus jamais sur ce sujet. Compris?

- Compris... Ai-je quand même le droit de poursuivre?

- Poursuis!

- Dès que le brouillard est à son paroxysme, tous les rescapés qui se sont réfugiés, de gré ou de force, dans cette forêt se précipitent joyeusement vers le cimetière qui se trouve à cent mètres devant nous...

- C’est un jeu?

- Un jeu? Quelle idée de bourgeois! C’est par nécessité vitale.

- Ah! Ah!

- C’est pour bouger!

- Bouffer quoi?

- Boire et manger tout ce que les familles ont déposé sur les tombes de leurs défunts pères, mères, frères, sœurs, oncles, tantes, cousins, cousines...

- Pour une fois, les traditions servent à quelque chose...

- Tu peux le dire! Dans un pays non orthodoxe, ils crèveraient tous de faim, les pauvres.

- Et pourquoi attendent-ils le brouillard pour ça?

- A cause des chasseurs... ces rustres individus qui craignent pour leur sécurité et qui tirent sur tout ce qui bouge, souvent avec un plaisir morbide. Mais heureusement la nature est là pour venir en aide aux plus démunis et aux déshérités.

- Si j’ai compris, les salauds ne manquent nulle part.

- Ni au paradis, ni en enfer...

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

03/06/2017

Brouillard (21, à suivre)

Hank Vogel, Brouillard.jpg- Quelle théorie?

- Ta théorie sur les ou des contraires.

- C’était une erreur de jeunesse ou une anticipation philosophique superflue.

- En es-tu sûr?

- Non.

- Pourquoi es-tu si négatif envers toi-même?

- Explique-le moi puisque tu sais tout.

- Ton comportement m’attriste. Un mort est plus vivant que toi.

- Donc, je suis mort, enterré et réincarné...

Mais! Un mais de plus n’est jamais de trop.

Tout à coup, nous entendons des gémissements et des cris de joie.

Oui, nous... car vu la réaction de compagnon, je suis certain cette fois-ci qu’il ne s’agit pas d’un éventuel fruit de mon imagination.

- C’est quoi ce bordel, je grogne.

- C’est la vie! s’exclame béatement Simon.

- La vie?

- La vie à pleines dents.

- Sois plus explicite!

- Je n’ai ni chaud, ni froid, ni peur, ni faim, ni soif, ni envie de pisser, ni quoi que ce soit d’autre... Te souviens-tu encore de ça?

- Quel rapport avec ces manifestions de débiles mentaux?...

07:02 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |