11/06/2017

Brouillard (27, fin)

Hank Vogel, Brouillard.jpgQu’il est agréable d’être seul! Loin des discours et des dialogues chargés d’interrogations sans queue ni tête, de doutes et d’exclamations hypocrites et insensées. Parfois, bien entendu. Car la solitude nous empêche d’être secoués comme un prunier. Et c’est nécessaire de l’être de tant à autre. Ça nous déplume, nous allège!

Tout adversaire, aussi féroce soit-il, nous permet malgré lui de reconnaître la cruauté de la vie et nous oblige ainsi à résister face à elle.

Sans l’autre, je ne suis qu’une épave flottant sur un océan indifférent, dirait ma concierge.

Ma concierge!

Combien de fois j’ai failli la chopper par derrière, la saillir comme un chien lorsqu’elle lavait les escaliers? Trop de fois. Trop de fois aussi, ma morale m’a tiré par la manche. Dommage. Elle n’attendait peut-être que ça de ma part, la pipelette. Qui sait! Vu son sourire constipé, elle n’avait rien à foutre de ma bouteille de bordeaux et de mon bakchich de fin d’année. Un coup dans l’oignon devait certainement compter plus pour elle qu’une bourgeoise gratification! Non?

Après: tout est possible. Pendant: rien n’est certain. Et avant: tout n’est que rêve.

Zut! Que d’occasions ratées! Que d’amours inachevés! Que de blessures inutiles! Que de défaites et de victoires aussi! La vie est-elle un tableau de chasse?

Un équation de plus qui s’ajoute à mon cahier d’écolier.

Mais l’équation! Celle que Simon prétendait ou sous-entendait pouvoir dénouer. La plus terrifiantes des équations non mathématiques qui me tracasse depuis le décès de mon père. Arriverai-je un jour à la résoudre?

La question est si angoissante que je n’ai jamais pu la prononcer d’une voix intelligible. Tant pis! Je me lance courageusement cette-fois-ci:

- Si après mon agonie, c’est le néant absolu. Comment le saurai-je?

La vie serait une parfaite absurdité, disait le vieux. Et l’ignorance une bénédiction, j’ajoutais.

Inextricablement, à mon insu, mes mains décident de s’effacer de la réalité. Puis mes pieds. Puis le reste mon corps. Mais j’existe encore. Car je vois le brouillard et je sens la fraîcheur de la forêt. Tel une sonde transparente planant dans les airs. Capable d’émettre des sons.

Je me permets donc de murmurer:

- C’est le plus libérateur cadeau que je n’ai jamais eu... Di... Mad... attendez un... warum... horloge... so... ssssssssss...

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Commentaires

Bien le bonjour Cher Monsieur Hank que j'ai ri en lisant le paragraphe sur la concierge
On ose à peine imaginer le tableau !!!!
Quand à la solitude lorsqu'on est marié on en rêve et le moment venu celle ci transformée peu à peu en entité vous dévorera à petits feux
Mais . il y a un mais car elle permet de prendre conscience de la facilité avec laquelle les oiseaux de malheur arrivent à prendre en otage les plus naifs
C'est fou la facilité qu'on a de nos jours à agir sur la crédulité des gens qui grâce aux réseaux anti sociaux boivent comme du petit lait des conseils du genre, posez des nids sous vos toits pour les hirondelles ou autres
A l'inverse de toute médication qui se respecte aucune posologie ou avertissement n'accompagneront ces attrape nigauds
La nature rit autant que de nombreuses veuves non requises pour leurs sages conseils et qui ne participeront pas aux ravalements de façades ce qui fait grincer des dents de nombreux quadragénaires s'étant faits posséder
La solitude est le seul rayon qui permet d'assister sans rire évidemment aux bêtises faites au nom de la nature qui elle malgré tous leurs efforts fournis ne guérira jamais de sa cyclothymie
Vénérable journée dominicale pour Vous Cher Monsieur

Écrit par : lovejoie | 11/06/2017

Pour l'amour du ciel, ne faisons pas de la solitude une religion, il y en a déjà trop. Bien qu'elle ferait moins de dégâts que celles qui rassemblent bavards et crieurs par milliers. Mais plutôt une amie, une souriante compagne, un tantinet plus sourde à nos éternelles lamentations que notre voisine d'à côté.

Tôt ou tard, nous avons tous droit à la solitude. A ces moments de profonde solide. Plus ou moins longs et plus ou moins terribles. Tout dépend des circonstances de la vie. Certains s'en tirent à merveille, les autres en subissent son sort.

Notre vie est une prière que le ciel a du mal à entendre.

Savoir jongler avec la réalité est une discipline qui ne s'apprend pas.

Excellent dimanche, chère Lovejoie.

Écrit par : Hank Vogel | 11/06/2017

Je vous remercie Cher Monsieur Hank la réalité on l'accepte ou pas de toutes manières qu'on la veuille ou pas elle fini toujours par nous rattraper
Donc autant prendre sas plaisirs pour la réalité plutôt qu'un slip pour une tasse de thé /rire¨
Très agréable fin de journée pour Vous Cher Monsieur

Écrit par : lovejoie | 11/06/2017

Bien le bonsoir Cher Monsieur Hank venez vivre dans notre immeuble là vous apprendrez ce que d'être secoué psychologiquement comme un prunier!!!!
Je ne pensais pas Votre texte si prémonitoire mais au vu de ce qui m'a été rapporté par un locataire en grippe avec le concierge ,tous deux en conflit ouvert depuis 10 ans je peux Vous certifier que l'été dans notre immeuble sera des plus chauds et des plus agités si ses menaces sont mises à exécution
je l'ai averti si Vous criez ne comptez plus sur moi pour téléphoner à la police ,il m'a dit, non ne bougez pas
J'aurais pu ajouter de toutes manières avec du sang Rom on ne nous croit jamais et on ne nous prendra jamais au sérieux ,donc autant se taire et attendre
Magnifique soirée et très bonne nuit pour Vous Cher Monsieur

Écrit par : lovejoie | 11/06/2017

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