31/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (30, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgAu-delà d’un ou deux pâtés de maisons, de cet îlot où j’ai l’impression de vivre comme un citoyen à part entière, je ne suis personne, je suis un parfait inconnu. Vis-à-vis des autres et de moi-même.

Quand je marche dans la rue, je traîne la savate dans un désert d’asphalte et de murs en béton.

C’est vraisemblablement pour cette vaporeuse raison-là que je suis devenu un pantouflard patenté.

Le dehors est à la jeunesse ce que le dedans est à la vieillesse. Non, au désenchantement. Car il y a beaucoup de vieux et de vieilles qui se forcent encore à prendre le métro pour ne pas se sentir seuls.

Face à l’autre, je ne suis pas plus mais aussi con que lui!

Mais je suis tout de même une personne chanceuse. Car je n’ai pas besoin de me crever le popotin pour gagner ma vie. Je suis patron! Un patron quasi extraordinaire, d’après certaines rumeurs. C’est-à-dire: jamais là, ou visible en chair et en os à son poste que trois ou quatre fois par année, généreux et bon payeur. J’ai donc toutes les qualités nécessaires pour plaire à mes employés.

- Alors pourquoi quasi extraordinaire et non pas simplement extraordinaire? me demanderait ma concierge.

- Parce que le patron extraordinaire, c’est Dieu, je lui répondrait. Il vous offre tout et n’exige rien en retour.

Heureusement, il y a Hans Føgel, mon compatriote, compagnon de bataillon, voisin de palier, associé et beau-frère de vieille date, qui adore jouer au gendarme et forcément au voleur. Autrement notre petit restaurant norvégien ne ressemblerait plus qu’à une auberge espagnole ou à une cantine de l’armée du salut pour les familles nombreuses, vous voyez ce que je veux insinuer. Et ma tirelire serait aussi vide que celle d’un vrai émigré, d’un rescapé de la terreur et des ténèbres.

Alors qu’ils bossent comme des nègres, mes petits chéris! Moutons multicolores de la société de consommation! Esclaves des démocraties modernes et merdiques.

Le repos du guerrier, ça se mérite. A la sueur de son front. Et à la fumée du canon de son fusil...

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29/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (29, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgLors de mes déplacements en tant que soldat de la paix, il y a trois villes au monde qui m’ont profondément et intimement impressionné, ce sont Alexandrie, la grande, et Bangkok, l’insomniaque. Tout bêtement par leur parfum, l’odeur spécifique qu’elles dégagent. La première, c’est probablement à cause ou grâce à ses fragrantes et gigantesques algues marines qui envahissent son bord de mer. Et la seconde, grâce ou à cause de l’arôme de la coriandre mélangée à Dieu sait quelles autres herbes divines qui s’échappe de ses nombreux restaurants thaïs et chinois.

Malheureusement, Paris ne sent rien. Rien de captivant. Ou plutôt si, comme la plupart des cités européennes où les commerçants ont cédé leur place aux financiers et les artistes aux fabricants de n’importe quoi: le snobisme et l’indifférence.

Au-delà d’un ou deux pâtés de maisons, de cet îlot où j’ai l’impression de vivre comme un citoyen à part entière, je ne suis personne, je suis un parfait inconnu. Vis-à-vis des autres et de moi-même.

Quand je marche dans la rue, je traîne la savate dans un désert d’asphalte et de murs en béton...

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28/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (28, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpg- Je ne suis pas néo-païen comme tu le prétends.

- Non?

- Non.

- Alors à quoi servent-ils tous ces objets de culte qui se trouvent un peu partout chez toi?

- A rien. Ce sont des souvenirs. Ils appartenaient à mes grands-patents. Eux, ils l’étaient... Et puis sache que le gouvernement norvégien...

- A reconnu officiellement, je sais, ce ou ces mouvements plus ou moins ésotériques comme étant des sociétés religieuses...

- Alors?

- Alors rien. Tu as le droit de sortir d’une cloche pour te fourrer dans une autre.

- Une cloche?

- Oui, une cloche, une prison où l’on t’empêche de raisonner par toi-même... Personnellement, je pense que la plupart des religions ont fait plus de mal que de bien. Malgré elles, je l'avoue, douteusement. Elles ont rabaissé le niveau mental des plus magistrales civilisations.

- Par exemple?

- La Grèce, avec ses illustres philosophes comme Socrate ou Platon, périclita dès l’arrivée du christianisme. Et la Perse, avec ses savants penseurs comme Avicenne ou Omar Khayam, sombra...

- Spot, spot! Un mot de plus et tu seras en train de te comporter comme elles.

- Tu as raison... La croyance est une affaire personnelle.

- De conditionnement, j’ajouterais... Et, pour l’amour d’Odin, je te répète que je ne suis pas néo-païen. Ni païen tout court. Ni pro, ni anti... Beklager! Ou désolé, si tu préfères faux frère...

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27/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (27, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgFøgel entre à ce moment.

- Que fais-tu? Tu regardes du cul maintenant? me demande-t-il.

- Je profite de mon statut de divorcé, je lui réponds en éteignant machinalement mon mac.

- Ça fait un bail que nous y stagnons.

- Pourquoi, tu regrettes?

- Parfois. Pas forcément...

- Moi, je trouve que le célibat a du bon. Il empêche les hommes de grossir. Déjà ça, c’est rassurant.

- C’est vrai que nous avons perdu du poids depuis que nos femmes ont pris la tangente.

- Je n’aurais jamais pensé ça d’elles. Des filles de bonne famille et catholiques ferventes par-dessus le marché.

- Ce sont les pires.

- Les pires quoi?

- Les pires voyeuses, vicieuses...

- Parle plutôt de la tienne!

- Elle était tellement obsédée par le corps masculin qu’elle était capable, faute de chair fraiche, de forniquer avec un apollon en marbre.

- Et si elle partageait les mêmes convictions religieuses que toi, de quoi l’aurais-tu traitée?

- Je ne suis pas néo-païen comme tu le prétends.

- Non?...

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26/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (26, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgFrais et dispos, me voici face à mon ordinateur.

Je l’allume, je me frotte les mains tel un gamin follement fier de l’efficacité de son jouet et je me lance, sans vergogne ni culpabilité, à la recherche des plus brûlantes soi-disant masseuses de la métropole.

Que de beaux seins, que de belles fesses, que de magnifiques jambes, que de superbes pieds, que de somptueux pubis, poilus, colorés ou chauves, s’offrent à moi! La femme-objet fait sa réclame. Elle s’expose. Non, elle expose ce que qu’elle a de plus cher en elle, ses véritables et uniques richesses. Celles que tout homme bien constitué rêve d’avoir à ses côtés, dans son lit, jusqu’à son dernier souffle pour satisfaire sa libido.

L’Internet est le salon, la chambre à coucher, la cave et le grenier du plus grand bordel de tous les temps, me dis-je. Que les bien-pensants appellent humanité.

Føgel entre à ce moment.

- Que fais-tu? Tu regardes du cul maintenant? me demande-t-il...

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24/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (25, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpg- Preuve-le!

- Prouve-moi le contraire!

- Tu as peut-être raison.

- J’ai toujours raison.

Hans hausse les épaules et retourne chez lui. Sans s’être servi le moindre verre.

Je vais à la salle de bain et je me rase.

A vrai dire, il n’a pas du tout tort, me dis-je. Mais j’adore le contrarier. Très souvent. Aléatoirement, pour prolonger nos conversations et stimuler nos neurones. Car ses visites sont de véritables coups de vent.

Plus les années passent moins je supporte la solitude.

J’en ai marre des monologues, de mes propres et longs discours face au miroir. Où exclamations et interrogations se confondent et ne retiennent aucune attention.

Quand la fameuse goutte, si attendu, fera-t-elle déborder le vase? Ardemment, je l’attends. Qu’elle tombe du ciel ou qu’elle jaillit des enfers, qu’importe!

Merde! je me coupe...

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23/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (24, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpg- Mais de là à vouloir me mollarder, je ne comprends pas... C’est elle qui te l’a dit ou ça vient de ton imagination?

- Devine!

- Encore une de tes entourloupettes, certainement. Uniquement par pur plaisir. Sans objectif apparent. Semer la zizanie, c’est renier le principal principe de notre confrérie, le sais-tu?

- Quelle confrérie?

- Celle des Casques bleus.

- Non... dis-moi que je rêve! Tu appelles ça une confrérie?... Nous ne sommes plus à cette époque héroïque où, aveuglés par les beaux discours contre la guerre, nous acceptions tout... jusqu’à ramper comme des serpents inoffensifs sur le sable brûlant du désert, très loin de chez nous. Et tout ça pour des prunes et les beaux yeux de la couronne. Pendant que nos très chers soi-disant confrères...

- Continue!

- Transmettaient allégrement leurs incurables maladies vénériennes.

- Tu dis n’importe quoi.

- C’est la vérité, bon Dieu!...

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22/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (23, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpg- Pourquoi se déciderait-elle enfin à me cracher dessus?

Mon beau-frère se cure le nez, le regard dans le vide ou plutôt perdu dans ses pensées.

- Qu’est-ce que tu es en train de mijoter? je lui demande.

- Pas facile! lance-t-il en revenant brusquement de sa nébuleuse mentale... Comment annoncer la couleur à son beauf, associé et compagnon d’arme? Comment dois-je... comment vais-je t’annoncer ça?...

- Cesse de tourner autour du pot comme un chien en chaleur, je sais très bien que cette vieille bignole ne m’apprécie pas du tout.

- Tu n’est pas le seul... À l’entendre parler, j’ai l’impression qu’elle déteste tout ce qui est franchouillard. De près comme de loin.

- Ça m’étonne, c’est une Française pure et dure.

- Tu te trompes, mon cher! Les apparences sont trompeuses, c’est une Française d’origine espagnole. Ou plus précisément, une ancienne anti-franquiste naturalisée française par la force du destin... Question de racine, camarade!

- Mais de là à vouloir me mollarder, je ne comprends pas... C’est elle qui te l’a dit ou ça vient de ton imagination?

- Devine!...

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21/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (22, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpg- Quels cons, ces politiciens!

- Fais attention! Contrôle ton langage, ces gens-là sont capables du pire. Autrement... autrement...

- Autrement?

- Tu auras des emmerdes jusqu’à la fin de tes jours. S’ils ont réussis à se faire élire, c’est qu’ils ont de nombreux démons en eux. La rage de vaincre et l’orgueil surtout.

- Pourquoi tu les mets tous dans le même sac? Il y en a des bons, même de très bons. Regarde chez nous en Norvège, la veuve et l’orphelin sont rudement aidés.

- Rudement? Je n’y crois pas. Du moins, je n’y crois plus.

- Parce que tu as été intoxiqué par tout ce que tu as vu en France, soi-disant pays de l’égalité, où les bronzés et les noirs... ce sont toujours eux qui ramassent la merde des Français.

- N’oublie pas, Hans, que nous le sommes aussi, français!

- Par mariage.

- Que veux-tu dire par là?

- Que je me sens scandinave avant tout. Mes racines sont là-bas et le resteront pour l’éternité.

- Mes racines! Pure illusion! Il n’y a que les arbres qui ont de véritables et solides racines...

- On dirait que tu es devenu plus français qu’un Français. Il ne reste plus qu’à te balader un béret sur le crâne et un baguette de pain sous le bras... pour que notre concierge se décide enfin à te cracher au visage.

- Pourquoi se déciderait-elle enfin à me cracher dessus?...

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19/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (21, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpg- Tu es sûr que ça va?

- Non Føfø, ça ne va pas...

- Au fait, tu étais où? Je t’ai cherché partout.

- Justement, je voulais t’en parler mais je ne sais pas par où commencer...

- Tu as fait une connerie?

- A ma connaissance aucune. Mais la police me soupçonne...

- La police? De quoi?

- De quelque chose que j’ignore.

- Comment sais-tu que c'est elle?

- Ils sont venus me chercher... et ils m’ont conduit dans un endroit secret.

- Tu te fous de moi ou tu es en train de délirer?... Tu as fumé un joint ou quoi?

- Je ne m’appelle pas Hans Føgel, moi!... C’est la vérité. C’est pourquoi pendant un certain temps évite d’aller te promener du côté de la rue Saint-Denis.

- Quel rapport avec moi?

- On nous surveille.

- Non?

- Si.

- Qui?

- Une Genevoise du quartier nous épie et nous suit, paraît-il.

- Je croyais que tous les Genevois vivaient à Genève.

- Eh bien non! Depuis que le gouvernement helvétique a laissé libre accès à la mouche tsé-tsé, il y a de moins en moins de place pour les abeilles du coin.

- Quels cons, ces politiciens!

- Fais attention! Contrôle ton langage, ces gens-là sont capables du pire. Autrement... autrement...

- Autrement?...

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17/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (20, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgUn bruit de porte... Hans entre chez moi comme si c’était chez lui. Le double de ma clé à la main.

- Il faut que tu me la rendes, je lui dis.

- Tu n’as plus confiance en moi? me demande-t-il.

- Si. Mais tu pénètres dans l’appart sans sonner. Et je n’aime plus ça.

- Que t’arrive-t-il, tu as une nouvelle copine? Tu as peur que je la découvre à poil en train de se la chatouiller au cas où?

- Tu ne pourrais pas penser à autre chose qu’au sexe?

- Il n’y a que ça de vrai dans la vie. Ça et la bouffe, le reste c’est du pipi de chameau... Tu commences à vieillir, Jørgen... Tu m’offres un verre?

- Tu n’as qu’à te servir.

- Je la mets où?

- Ta nøkkel, pardi!

- Non, après tout garde-la. On ne sait jamais ce qui peut m’arriver.

- Tu es sûr que ça va?...

16:47 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

16/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (19, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgQu’il fait bon d’être chez soi. Loin de ce monde accro aux rumeurs et aux dénonciations. Loin de cette foule insensée qui injurie et condamne sans preuves évidentes. Loin des hommes, loin des loups. La soif du mal ronge la bête humaine depuis le début des temps. Maladie incurable dont les saltimbanques de la morale profitent pour survivre. Très confortablement. Autrement, ils mendieraient tous dans la rue. Car, en dehors des intrigues et des scandales, ils sont incapables d’allumer la moindre chandelle miraculeuse. Les croque-morts vivent grâce aux morts. Les médecins grâce aux malades. Et la bande des gorilles en costume et des ouistitis en robe grâce aux enfants du diable. Dieu est un dramaturge hors normes. Adorateur de sa propre création. Une pièce qui fait salle comble tous les jours aux quatre coins de la terre, vingt-quatre sur vingt-quatre. Intitulée: la vie est le plus truqué et le plus cruel des jeux de société...

12:17 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

15/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (18, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpg- Depuis qu’en littérature, la femme est plus à l’aise avec la queue de l’homme que l’homme lui-même.

- Excellent! Je vous approuve totalement... Mais...

Je me bouche aussitôt les oreilles.

Foudroyé par mon réflexe, réaction inhabituelle de la part d’un suspect probablement, le commissaire se fige au garde à vous.

L’ai-je blessé, choqué, contrarié, fâché, froissé, humilié, offensé...? Ou n’est-ce qu’une ruse? L’immobilité avant l’assaut final. La prière silencieuse avant le coup de poignard.

- Je regrette, c’était plus fort que moi, j’ai cru entendre mon double face mon beauf, je me confesse.

Le pauvre homme secoue son carafon et me dit en souriant:

- Elle est bien bonne! On ne me l’a jamais faite celle-là. C’est une première. J’accepte... Ok, ok...

Il regarde sa montre et ordonne à l’inspecteur:

- Ramenez-le chez lui. Cagoulé jusqu’à la place de la République. Dans la plus grande discrétion. Motus et bouche cousue!...

 

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14/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (17, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpg- Si j’ai bien pressenti le culot de votre pensée, vous préconisez à toute personne qui désire devenir un bon flic de faire de sérieuses études en psychiatrie ou en psychanalyse, non?

- En quelque sorte... Mais revenons à vous. A vos désirs, vos fantasmes, vos jugements... Parlez-moi de la femme, des femmes ou de votre femme.

- Par quoi ou par qui, voulez-vous que je commence?

- Bonne réponse interrogative!

- Pardon?

- Non rien, continuez.

- ...

- Dites ce qui vous vient...

- A mon humble avis, les plus perverses sexuellement se sont les intellectuelles.

- Précisez!

- Je n’ose pas.

- Essayez tout de même.

- Par expérience, j’ai constaté que les créatrices, les metteuses en scène et en image excellent dans le domaine de la pornographie. Également et surtout les écrivaines!

- C’est correct?

- Quoi donc?

- Le mot écrivaine. C’est plutôt du canadien, du belge ou du suisse ça, non?

- Il n’y a que les chnoques qui condamnent ce terme depuis que... depuis que...

- Depuis que?

- Depuis qu’en littérature, la femme est plus à l’aise avec la queue de l’homme que l’homme lui-même.

- Excellent! Je vous approuve totalement... Mais...

Je me bouche aussitôt les oreilles...

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13/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (16, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpg- Terroriste moi? Pourquoi pas un bâtard du Pape pendant que vous y êtes? je hurle de rage.

- Calmos, calmos! Ce n’était qu’un test, me rassure le fonctionnaire policier... Cris et gémissements par leurs styles reflètent le fond de l’âme. Seulement, les hurlements ne figurent pas tous parmi les preuves d’innocence. Car il y a hurlements et hurlements. Les spontanés et les prémédités. Les vrais et les faux. Et vous êtes une personnalité à part, une sorte de démon des icebergs qui rend de glace, ou glaciale pour les puristes, la moindre analyse superficielle, c’est pourquoi je serais ravi que vous me parliez de votre vie affective, nombril ou point de fuite de tout acte guerrier ou pacifique, vu que, en tant que soldat de l’ordre combattant le désordre, il m’est malheureusement formellement interdit de pratiquer l’hypnose.

- Sommes-nous par hasard à l'hôpital de la Salpêtrière à l’époque de Chariot?

- Vous ne manquez pas d’humour... ni d’instruction d’ailleurs. Mais les terroristes, eux aussi...

- Si j’ai bien pressenti le culot de votre pensée, vous préconisez à toute personne qui désire devenir un bon flic de faire de sérieuses études en psychiatrie ou en psychanalyse, non?...

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11/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (15, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpg- Merde alors, il parle le norvégien! je m’exclame.

Il sourit avec fierté et m’explique:

- Les négros ne sont pas aussi négros qu’on le pense, cher blanc-bec. Peut-être pas tous. Faut-il aussi se mettre d’accord sur la connotation de négro. Le trucmuche n’est point une rigolade, je vous l’accorderais, un Français né au Congo ne raisonne pas de la même façon, avec la même intensité qu’un Français d’origine espagnole, pour lequel ce terme ne reflète que sa couleur...

- Minute, minute, s’il vous plaît! j’interviens précipitamment... Je sais que vous savez que je sais que les nuances des couleurs et en particulier celles du noir faisaient partie de mes activités de colorimétricien, ou plus vulgairement d’étalonneur, dans un laboratoire cinématographique mais je ne souhaite nullement replonger dans le passé...

- Pourquoi vous n’aimez pas ce terme?

- Quel terme?

- Étalonneur.

- Parce qu’ il fait plus songer à un étalon, cheval destiné à la reproduction entre parenthèses, qu’aux couleurs.

- Et alors?

- Il faut interroger les réalisatrices et les directrices photo qui ont eu envie de coucher avec moi...

- Eu envie seulement?

- Eu envie et couché.

- C’était où? A Oslo, à Paris ou ailleurs?

- Ailleurs.

- Où ça?

- En Suisse... Mais pourquoi toutes ces questions stupides puisque vous savez tout sur moi? On dirait que vous m’espionner à l’américaine... par mon téléviseur.

- Certainement, vous avez dû lire Mon voisin de Hank Vogel.

- Oui, je l’ai lu et alors?

- Ça m’étonnerait pas que ce con travaille pour la CIA. Ou du moins, il lui a donné quelques idées.

- Comme tous les poètes, malgré eux.

- Pouet pouet!... Mais revenons à vos expertes du trou noir.

- Ma parole, vous séjournez la nuit dans ma télé!

- Non, camarade, cette boîte à délires n’est pas assez confortable pour moi. Dans le maraboutisme, il y a plus d’espace. Bref! J’aimerais vous connaître un peu plus avant de vous relâcher ou de vous faire incarcérer subito presto en tant que terroriste potentiel...

- Terroriste moi? Pourquoi pas un bâtard du Pape pendant que vous y êtes? je hurle de rage...

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10/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (14, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgIl s’ écroule dans son fauteuil.

Suite à une stupeur ou à une crampe? Quelle importance! Le soldat blessé n’a strictement aucune considération pour son pire ennemi.

Ni l’inspecteur, ni moi ne réagissons.

- Qu’ il aille bouffer ses bananes avec les Pygmées! plaisante silencieusement l’inspecteur qui a de la peine à se tenir sur ses deux jambes.

- Vous voulez vous asseoir sur ma chaise? je lui propose.

- Non merci, vous êtes sympa...

- Quelle bande d’hypocrites! lance le commissaire... La flatterie entre flic et voyou, on ne trouve ça qu’en France.

- Liberté, égalité, fraternité! je chantonne.

- Asseyez-vous, m’ordonne-t-il sèchement.

J’obéis.

Quelle autre absurdité va-t-il me vomir encore en pleine gueule, ce pistonné des îles?

- Vos pensées raisonnent dans mes oreilles, vous savez, me dit-il. J’ai pris du galon grâce à mes compétences et non pas grâce à du copinage. Et! Que l’on soit dans l’Hexagone ou à Gwadloup, une blanche vaut deux noires. Donc, j’en vaux quatre. Forstår du?

- Merde alors, il parle le norvégien! je m’exclame.

Il sourit avec fierté et m’explique:...

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09/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (13, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgIl se lève à son tour, tout énervé, et me déclare:

- Vu la situation actuelle, c’est grave!

- Tout est dans le souvenir et la plénitude. Les amours enfantines font l’homme, les suivantes font le mâle. Au féminin: la femme et la femelle.

- Justement! Qui se ressemble s’assemble.

- Soyez plus explicite, cher divisionnaire!

- Je constate que vous êtes redevenu raisonnable.

- Pareil pour vous.

- Courtoisie française oblige!

- Alors?

- Alors quoi?

- Pourquoi c’est grave?

- Parce celui qui a trempé son biscuit dans le chocolat pour la première fois et a trouvé cela sublime, répétera cette opération une infinité de fois et ce jusqu'à sa dernière extase. Vous comprenez?

- Pas tout à fait.

- C’est... c’est comme celui qui a bu l’eau du Nil, il... il...

- Il attrapera incontestablement une amibiase intestinale...

- Mais non! Il devra revenir à nouveau en Égypte. Il s’agit du.. d’un dicton!

- Similaire à: si tu as osé poser tes fesses sur les genoux d’Isis et qu’elle a trouvé cela très excitant et courageux de ta part, la déesse et toi, vous serez unis pour l’éternité, c’est ça?

Soudainement, je remarque que le commissaire n’est plus ébène mais gris taupe.

- Vous êtes tout pâle, que vous arrive-t-il? je lui demande, ébahi et effrayé...

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08/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (12, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpg- Et demain ça sera autre chose!

- Quoi par exemple?

- Le mariage entre humains et animaux. Madame et son toutou, par exemple. Ou Monsieur et sa chèvre. Ou encore le mariage inter-règne.

- C’est quoi ça pour une invention?

- L’union sacrée entre un bonhomme ou une bonne femme et la plante la plus vibrante de son jardin.

- Tu te fous de moi? Oui, tu te fous de moi, Blanche Neige.

- Vous ne tutoyez et vous m’insultez maintenant?

- Oui et il y a longtemps que j’aurais dû le faire. Car je suis persuadé que tu me prends pour un chimpanzé qui saute sur tout ce qui bouge.

- Oui, Cheeta.

- Tu vois que j’ai raison, tête de nœud...

- Je ne connais pas votre nom, comment dois-je vous appeler autrement?

- ...

- Vous ne vous êtes pas présenté.

- Si... Commissaire est largement suffisant. Question de sécurité nationale.

Automatiquement, un rictus se dessine sur mon visage.

Il me foudroie à nouveau du regard. Et m’accuse de raciste patenté.

Je me lève brutalement et lui crache à la figure:

- C’est toi le raciste qui n’aime pas les blancs. Moi j’aime les noirs et de toute nuance. Car celle qui m’a torché durant toute ma petite enfance était noir de carbone et la première fille avec qui j’ai joué à touche-pipi était noir d’encre et la deuxième noir de fumée ou noir de Jais, je ne m'en rappelle plus très bien.

Il se lève à son tour, tout énervé, et me déclare:

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07/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (11, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgIl se redresse et, comme si de rien n’était, il me demande presque à haute voix:

- Pour la deuxième fois, êtes-vous... prenez tout votre temps avant de vous mettre à nu, c’est très important... êtes-vous raciste? Ou xénophobe, si vous préférez? Ou ethnocentriste?

- Lequel de ces trois qualificatifs me nuirez le moins, je me parle à moi-même.

- Détestez-vous les noirs, les sémites, les patrons ou la flicaille?

- C’est quoi la flicaille?

- Un bon point pour vous. Et le reste?

- Difficile à dire.

- C’est problématique.

- Le devrais-je?

- C’est encore plus problématique.

- Concernant les patrons, c’est totalement hors de question.

- Pourquoi?

- Parce que j’en suis un.

- Un deuxième bon point...

- Mais êtes-vous certain que les boss, les manitous, les gérants, les propriétaires, les tenanciers, les négriers... constituent à eux seuls une race bien distingue?

- Interrogez vos employés et vous aurez la réponse... Et ceux qui figurent au bas de votre échelle des valeurs?

- Je ne vous suis pas.

- Ceux que vous estime le moins.

- Eh bien?

- Que pensez-vous deux?

- Il est interdit ou est-ce un mal de sous-estimer quelqu’un?

- Quelqu’un non mais plusieurs d’individus à la fois oui.

- J’ai compris votre raisonnement. Si je hais un noir, je ne suis qu’ un simple petit connard. Par contre, si je hais en plus sa famille et tout son village, je suis un grand con de raciste. Même si ces derniers m’ont tiré des flèches dans le cul...

- Halte là! Johnny Weissmuller est mort depuis plus de dix ans.

- Pourquoi, il était raciste?

- Lui non mais les films dans lesquels il jouait l’étaient. Les histoires, les scénarios, les dialogues, les personnage... tout était conçu pour dénigrer les Africains.

- Mais ce n’est que du cinéma!

- Cinéma ou pas, on a tout de même balancé la purée. Ce qui a engendré au moins deux générations de ségrégationnistes.

- C’était une époque! Les temps changent. Aujourd’hui, on privilège bien l’homosexualité dans les festivals et à la télévision, sans pour autant inciter le spectateur à devenir un pédé.

- C’est vous qui le dites.

- Et demain ça sera autre chose!

- Quoi par exemple?...

13:42 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |