31/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (30, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgAu-delà d’un ou deux pâtés de maisons, de cet îlot où j’ai l’impression de vivre comme un citoyen à part entière, je ne suis personne, je suis un parfait inconnu. Vis-à-vis des autres et de moi-même.

Quand je marche dans la rue, je traîne la savate dans un désert d’asphalte et de murs en béton.

C’est vraisemblablement pour cette vaporeuse raison-là que je suis devenu un pantouflard patenté.

Le dehors est à la jeunesse ce que le dedans est à la vieillesse. Non, au désenchantement. Car il y a beaucoup de vieux et de vieilles qui se forcent encore à prendre le métro pour ne pas se sentir seuls.

Face à l’autre, je ne suis pas plus mais aussi con que lui!

Mais je suis tout de même une personne chanceuse. Car je n’ai pas besoin de me crever le popotin pour gagner ma vie. Je suis patron! Un patron quasi extraordinaire, d’après certaines rumeurs. C’est-à-dire: jamais là, ou visible en chair et en os à son poste que trois ou quatre fois par année, généreux et bon payeur. J’ai donc toutes les qualités nécessaires pour plaire à mes employés.

- Alors pourquoi quasi extraordinaire et non pas simplement extraordinaire? me demanderait ma concierge.

- Parce que le patron extraordinaire, c’est Dieu, je lui répondrait. Il vous offre tout et n’exige rien en retour.

Heureusement, il y a Hans Føgel, mon compatriote, compagnon de bataillon, voisin de palier, associé et beau-frère de vieille date, qui adore jouer au gendarme et forcément au voleur. Autrement notre petit restaurant norvégien ne ressemblerait plus qu’à une auberge espagnole ou à une cantine de l’armée du salut pour les familles nombreuses, vous voyez ce que je veux insinuer. Et ma tirelire serait aussi vide que celle d’un vrai émigré, d’un rescapé de la terreur et des ténèbres.

Alors qu’ils bossent comme des nègres, mes petits chéris! Moutons multicolores de la société de consommation! Esclaves des démocraties modernes et merdiques.

Le repos du guerrier, ça se mérite. A la sueur de son front. Et à la fumée du canon de son fusil...

10:16 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Commentaires

Bien le bonjour Cher Monsieur Vogel les 3me et 4me chapitres reflètes le comportement de nombreux humains plus très jeunes et qui rient en voyant les nouveaux retraités re- courir après le travail
Ne dit on pas qu'il faut laisser la place aux jeunes et qu'il leur appartient à eux seuls de prendre leur destinée en mains ?
Ah le peuple des moutons qui veut un monde parfait mais qui rouspète lors d'une augmentation quelconque oubliant sans doute qu'on ne fait pas d'omette sans casser des œufs
Hans Faugel s'entendrait à merveille avec ma voisine portrait type de la vieille fille qui laisse trainer ses oreilles et ses yeux partout sasu ou il faudrait bien entendu /rire
Très bon début de fin de semaine et bon appètit pour Vous Cher Monsieur

Écrit par : lovejoie | 31/03/2017

Celui qui prétend que le travail est une nécessité absolue pour vivre a bizarrement souvent de la peine à se lever le matin.

Bel après-midi, chère Lovejoie.

Écrit par : Hank Vogel | 31/03/2017

Je vous remercie Cher Monsieur Vogel en effet c'est généralement le cas sauf pour les perfectionnistes qui dés le matin circulent dans les rues pour verbaliser ceux qui auraient mis des papiers ailleurs que dans une corbeille en fer
J'en connais deux qui figurent parmi les plus grands râleurs après avoir émis des rouspétances sur les corbeilles remplies à ras bord et qui suite à une phrase du genre ,alors Messieurs vous avez oublié ce que plus jeunes vous faisiez /rire
On se connaissait de longue date et cette phrase a suffit a leur faire prendre conscience qu'entre le monde du travail et la retraite il y a un fossé et que les anciens cadres ne doivent pas combler celui ci par leur besoin jamais assouvis de leur sacro sainte manie de la perfectionniste aigûe!!!!
On vit une drôle d'époque avec de drôle de phrases comme celle entendue lors de Temps Présent ,les enfants placés chez les curés vrais bourreaux venaient de familles ou les parents n'étaient pas vertueux !!!!
Si eux ne l'étaient pas alors que dire des religieux !!!!
Toute belle fin de journée pour Vous Cher Monsieur

Écrit par : lovejoie | 31/03/2017

D'où l'expression: Vas au diable, j'espère que tu rencontreras le Bon Dieu!

Bonne soirée, chère Lovejoie.

Écrit par : Hank Vogel | 31/03/2017

Je vous remercie Cher Monsieur Vogel oui ou vade retro satanas /rire
Toute belle soirée pour Vous aussi Cher Monsieur

Écrit par : lovejoie | 31/03/2017

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