15/02/2017

L'avaleuse de livres (77, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpgMonsieur Hofmann se gratte la tête, me sourit malicieusement et me demande:

- La femme, les femmes ou ma femme?

Puis il accroît sa curiosité digne d’un juge impénétrable mais affreusement perspicace:

- Et ta dulcinée dans quelle catégorie figure-t-elle?

Je me mouche et me remouche.

- La ruse pourrait être bonne si je n’étais pas tenace, dit-il... Non?

- ...

- Bon! Alors j’attendrai cette nuit pour le savoir.

- Comment ça?

- Tu parles dans ton sommeil, camarade Ivan. A haute et intelligible voix.

- Tu plaisantes?...

- On ne te l’a jamais signalé?

- Jamais... Et qu’est-ce que je baragouine en dormant?

- Tu ne baragouine pas, tu t’exprimes clairement... inextricablement, tu déballe tout.

- C’est-à-dire?

- Jusqu’à dévoiler tes secrets les plus intimes.

- Quels secrets?

- Les tiens forcément! Pas ceux de ma grand-mère... Veux-tu un aperçu de ce que j’ai souvent entendu?

- Si j’ai bien compris, tu écoutes aux portes et tu adores ça?

- C’est tout le contraire. Mais ta gorge résonne telle la voûte d'une cathédrale que même un sourd total n'en reste pas indifférent.

- Alors pourquoi ne m'en as-tu pas parlé plus tôt?

- Parce que quand tu pars le matin, tu es toujours pressé comme un lavement. Et quand tu rentres le soir, tu plonges aussitôt dans les bras de Morphée.

- Alibi intéressant!... Alors?

- Alors quoi?

- Déballe ce que j’ai déballé.

Le binational croise les mains, lève la tête au plafond et implore:

08:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

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