08/12/2016

L'avaleuse de livres (18, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpgJe m’allonge sur mon lit. Je regarde le plafond. On dirait une page blanche. Vierge. Prête à s’offrir à celui qui désire s’exprimer. Telle une complice amoureuse et silencieuse. Telle une adolescente follement curieuse de découvrir la sensation d’un langoureux baiser. Sur son tendre sein. C’est palpitant. Excitant. Encourageant. Prometteur. Pour la récidive: on se bouscule déjà au portillon... Un mot en cache un autre. Fait appel à un autre. Mais lequel se jettera le premier à l’eau, osera plonger dans cette mare des incertitudes? Commencera à dévergonder cette blancheur immaculée? Sera-t-il seul ou accompagné? Le solitaire n’a aucune chance de survivre. D’engendrer. S’agira-t-il d’un article suivi d’un nom commun, d’un pronom suivi d’un verbe, d'un verbe suivi d’un point interrogation ou d’un adverbe suivi d’un point d’exclamation? Il y a tant de questions honorables. Malheureusement, toutes pour des réponses suspectes. Les livres m’ont ouverts les portes du savoir mais aussi celle du doute et de la méfiance. Et je remercie le Ciel pour m’avoir permis de m’égarer sur les colossales et périlleuses étagères de la connaissance. N’obligeant ainsi à me répéter tous les matins en me rasant: je sais tellement de choses sur toi, pourtant je ne te connais pas assez voire pas du tout. Misérable est donc mon destin!...

12:56 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Commentaires

Pas le temps ni la force de m'attarder hélas sur vos écrits en ce moment et en pleins cartons à remplir d'ici le 15, mais vous fait un petit coucou amical en espérant que tout va bien dans votre froid sibérien ;)

Écrit par : Le Tigre | 08/12/2016

Le froid est plutôt cocasse dans le Caucase... nous n'avons pas encore allumé le chauffage.

Mille mercis pour le coucou et meilleures pensées de Guelendjik.

Écrit par : Hank Vogel | 08/12/2016

Bien le bonjour Cher Monsieur Vogel Ah le doux repos du guerrier !
Après avoir lu le monologue intérieur on comprend d'autant mieux la réponse qui suit invariablement la question à quoi penses tu lorsque madame s'inquiète du silence presque post mortem accompagnant les rêveries du mari
En effet comment mieux traduire ces monologues qui ne peuvent être clairement expliqués sinon par un célèbre ,mais à rien !rire
Finalement le cerveau de l'homme ressemble à une ruche ou bourdons frelons et abeilles doivent demander au moustique de venir régler la circulation pour savoir qui a droit d'y entrer ou pas non ?!!!!
Magnifique vendredi pour Vous Cher Monsieur

Écrit par : lovejoie | 09/12/2016

Le vendredi, c'est le jour où Dieu commença à se douter sur la nécessité de sa création. Alors il se demanda quoi ou qui pourra la foutre en l'air un jour. Et le samedi, coup de génie, il créa l'homme.

Malheureusement, une fois la chose faite, au bout d'une heure, il s'attendrit sur cet animal désespéré et désespérant et il décida d'agir à l'avenir avec plus de douceur et de terminer son travail en beauté. C'est ainsi que la femme est né, une seconde avant dimanche.

Bon vendredi, chère Lovejoie.

Écrit par : Hank Vogel | 09/12/2016

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