16/10/2016

Les cigognes ont débarqué (18, à suivre)

Hank Vogel, Les cigognes ont débarqué.jpgEn pleine rue, à une centaine de mètres où habitent les deux réfugiés ou les bridés, terme fréquemment et péjorativement utilisé par certains voisins mécontents de leur propre situation sociale et économique, Fritz Donnerwetter se précipite sur Ming et lui demande, tout essoufflé:

- Mais où étiez-vous donc passé?

- Je me suis perdu, répond le promeneur solitaire, avec une légère gêne. C’est un vrai labyrinthe votre forêt, vous savez... Vous me cherchiez?

- Oui, je vous cherchais et je n’étais pas le seul...

- Pour?

- Vous annoncer deux nouvelles.

- Bonnes ou mauvaises?

- Bonnes, forcément.

- Pourquoi forcément?

- Parce que vous êtes né sous une bonne étoile, monsieur Chang.

- Je n’en connais aucune. Celle qui m’a été destinée ne semble pas m’apporter beaucoup de chance.

- Pourtant, c’est le cas aujourd’hui.

- Puisque vous le dites!

- Comment est-ce possible? Vous êtes devenu affreusement désenchanté en si peu de temps...

- Il faut demander ça à votre dieu ou à votre système.

Fritz hésite un instant puis, avec une immense joie, quasi enfantine, annonce à Ming:

- La cigogne vous a porté une jolie petite fille et mon patron m’a signalé que les membres de la commission ont voté en faveur du oui. A l’unanimité!

- Ce qui signifie? marmotte le nouveau chef de famille, un peu perplexe.

- Que vous avez la possibilité de pouponner et de travailler sous le ciel helvétique.

Ming tombe à genoux les mains jointes et dit à Fritz.

- Milles mercis, monsieur Donnerwetter. J’ adopterez tous vos principes et vos traditions.

- Je n’en demande pas autant, réplique le Saint-Galois...

11:25 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

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