31/07/2016

L'escalier de Talpiot (6, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpgMais pourquoi, je vous raconte tout ça?

Parce que les raisons de mon séjour en Terre Sainte ont fait l’objet d’une votation populaire encore inégalée à Bousenvrac, comme diraient la majorité de ses opposants. Un journaliste gauchiste s’est même permis d’écrire, non entièrement à tort, il faut l’accepter: les caisses de l’état sont dans la merde et on ose lui réclamer des sous pour aller se branler les couilles aux antipodes, dans la poussière et les cendres. Et les trous du cul acceptent ça... Quelle vulgarité! Simple question de style. La pensée l’est souvent davantage. Et, me sentant personnellement visé, je lui ai répondu: heureusement que je suis pas très prétentieux car, si c’était le cas, j’aurais exigé un lieu plus adéquat, voire très luxueux, pour ce genre d’exercice comme la plupart de nos chers ministres en déplacement. Et le mot connard a éclaté plusieurs fois dans mon cerveau. Et j’ai terminé par: ce n’est pas moi qui ai inventé ce système démocratique où il suffit qu’un couple d’alcoolos à moité bourrés, homos ou hétéros, décide de se rendre aux urnes à la dernière seconde... et se trompe de bulletin, l’un comme l’autre, pour que le l’on passe subitement du oui au non ou le contraire.

Les pro sont pour et les anti sont contre. Une vérité de La Palice, me diriez-vous. Eh bien, je n’en suis pas si certain. Car les projets soumis au peuple sont souvent tronqués. Pleins d’imprécisions. D’attrape-nigauds. De pièges insoupçonnables. Alors celui ou celle qui vote vite fait sur le gaz, tout en remplissant dignement son contrat de bon citoyen, vote souvent à l’encontre de ses convictions. Et n’oublions pas qu’il y a tous les indécis et les ni-pour-ni-contre qui acceptent finalement de jouer le jeux pour faire plaisir à leur patron, papa, maman ou à leur petite amie, surtout quand elle est féministe.

En vérité, j’en ai rien à foutre de mes compatriotes depuis que je suis convaincu que la planète va disparaître un jour et que tout n’est qu’illusion.

Et Moustache dans cette histoire?...

10:01 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

30/07/2016

L'escalier de Talpiot (5, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpgBouzembeck! Mais qui connaît cette sacrée ville, à part les Bouzembeckois et les Bouzemckoises? Personne.

Cette cité européenne fut fondée par deux grandes familles: les Bouzem et les Beck qui, pour préserver leur patrimoine génétique de toute menace étrangère, décidèrent de s’unir pour l’éternité. Malgré leurs divergences philosophiques, politiques ou morales. Un peu comme les Suisses alémaniques et les Suisses romands. Si cela vous dit quelque chose, bien entendu.

Les Bouzem, ou Bauzem à l’origine, fabricants d’armes de père en fils, d’arbalètes au début de leur respectable richesse, fondèrent le parti des tankistes au commencement de la deuxième guerre mondiale. Et les Decker, le parti des Angélistes, vers la fin de celle-là.

Et...

Et?

Et comme les frontières ne sont totalement imperméables que dans les cauchemars, les tout-venants s’infiltrèrent petit à petit dans la région et créèrent le mouvement citoyens bouzembeckois.

Mais pourquoi, je vous raconte tout ça?...

11:26 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

29/07/2016

L'escalier de Talpiot (4, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpg- Au fait, vous l’avez revu votre ami Moustache?

- Oui et non?

- Comment ça?

- Je l’ai revu mais je ne suis pas sûr que ce soit vraiment lui.

- Autrement dit?

- C’est lui et pas lui à la fois .

- Êtes-vous certain?

- Vous voulez rire?

- Bien entendu que non mais vu votre état de santé...

- Ne mélangeons pas tout, professeur. Ma dépression d’il y a une année n’a rien à voir avec mes troubles de la mémoire dus certainement à la fatigue du voyage...

- Alors évitez l’alcool et couchez-vous de bonne heure. Et mettez-moi au courant le cas échéant. A Bouzembeck, la presse parle beaucoup de nous, ne la décevons donc pas...

14:14 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

28/07/2016

L'escalier de Talpiot (3, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpg- Alors, vous êtes bien arrivé à Salem? me demande au bout du fil mon chef, le responsable du Service d’archéologie de la ville de Bouzembreck... Pas de voitures piégées sur la route? Pas de manifestations? Pas d’arrestations aléatoires?...

- Nous ne sommes plus au moyen-âge, professeur, je lui réponds.

- Vous avez raison...

- Les uns comme les autres ont mis un peu de jugeote dans leur crâne. Et tout va pour le mieux.

- J’espère que cela va durer.

- Malheureusement rien n’est solide... tout est friable en ce bas monde. Et vous le savez très bien, en tant que spécialiste. Il suffit qu’un barbu ou un moustachu aux idées tordues se mette à siffler l’hymne de la haine pour que...

- Au fait, vous l’avez revu votre ami Moustache?

- Oui et non?

- Comment ça?...

08:08 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |

27/07/2016

L'escalier de Talpiot (2, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpg- D’où tu me connais? je lui demande en arabe.

Le vieil homme pointe sa canne vers le ciel et, autre choc pour ma petite cervelle, me répond en français:

- De là-haut?

- Ne l’écoutez pas, c’est un cinglé, lance un passant à ce moment.

Le vieil homme sourit et me dit:

- Il m’en rate pas une, le malin. Toujours là pour semer la zizanie. Enfin! Il fait son travail. Sans lui, le doute aurait du mal à survivre. Et toi?...

- Sois sérieux! D’où tu me connais, réellement?

- Mais je suis sérieux. N’en n’ai pas l’air?Serais-tu aussi influençable qu’un enfant? Naïf comme le peuple? Ébranlable, ébranlé à la moindre condamnation ou insulte proférée par un inconnu?...

Moustache sort à ce moment du bistrot et m’explique, un peu embarrassé:

- Toutes mes excuses, le cuisinier a préféré changer l’huile. Alors encore un peu de patience, mon frère.

- Dans ce cas, qu’il en prépare deux, lui dis-je. Un plat pour moi et l’autre pour...

Le bédouin me fait signe de me taire et disparaît aussitôt de ma vue.

- Pour qui? me demande le restaurateur, tout content d’augmenter son chiffre d’affaires.

- Pour... également pour moi, je réponds, hagard... J’ai une faim comme personne aujourd’hui...

09:48 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

26/07/2016

L'escalier de Talpiot (1, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpgIl y a trois villes au monde qui m’ont toujours fasciné. Bangkok pour ses temples et ses bordels, New York pour ses gratte-ciel et sa statue de la liberté et Jérusalem pour ses vielles pierres et son histoire.

Pour la troisième de ma vie, je m’installe sur la petite terrasse de mon ami Moustache, plus exactement à l’une des deux tables qui se trouvent à l’extérieur du restaurant Oncle Moustache, situé près de la porte d’Hérode, dans la cité du dieu Shalem. Et je commande un plat de falafels et une gazeuse...

Un vieil homme, coiffé d’un keffieh rouge, un bédouin jordanien probablement, s’approche de moi et me déclare en araméen:

- Tu as fait fausse route, jeune homme. La réponse à ta noble question se trouve ailleurs.

Je tombe doublement des nues. Premièrement pour la langue. Deuxième: comment se fait-il qu’il sache que je suis venu ici pour résoudre une énigme?...

13:23 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

25/07/2016

Le serment d'hypocrite (53, fin)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgUn certain temps plus tard. A l’entrée principale de l’université, je croise par hasard Aline, bras dessus bras dessous avec Paul-André, mon meilleur camarade, à l’école primaire et au collège.

Une envie de meurtre me vient à l’esprit. Mais l’humour me remet aussitôt à l’ordre.

- Alors Pol Pot, elle t’a déjà fait le coup du mariage? Je lance au soi-disant ami pour la vie.

Aline lâche le bras de mon supposé remplaçant, s’approche de moi et me dit:

- Ce n’est pas ce que tu crois... Lui au moins, il a de la suite dans ses idées.

- Tous les jésuitiques en ont, je lui réponds sèchement et je fonce le regard vers nulle part à mon cours.

Le soir, je reçois un coup de fil de son père. Il m’insulte d’abord en gagaouze puis il me supplie:

- Pour l’amour du Ciel, épouse ma fille. Elle t’aime à la folie. Toutes les nuits, elle se lève pour te téléphoner mais, fière comme tous les connards de ma race, elle retourne dans son lit et se met à pleurer jusqu’à l’aube... d’après sa mère qui n’arrête pas de me casser les oreilles. Alors dis oui à ta promise sinon je vous éborgne et vous castre tous les deux. Tu as compris, l’intello de mes deux? Parole de Gagaouze, parole de barbouze.

Eh bien! Quelle déclaration détournée! Quand la famille s’y met, c’est la fin des haricots. Difficile de se débiner. On est pris au piège jusqu’à l’os... Mais au fait, elle m’aime et je l’aime. Où est donc l’obstacle? L’amour, n’est-il pas un jardin sans barrière ni pancarte? Ou... ou l’abandon de soi... où... où l’on s’abandonne totalement au profit de l’autre? Car les arrangements et les compromis ne sont que des bombes à retardement... Merde à toutes ces questions! Noble pensée, viens à mon secours!

Et, ni une ni deux, je cours chez Aline et, ni trois ni quatre, je me retrouve dans les bras de ma bien-aimée où larmes et sourires se chahutent pour la première place.

Trois mois plus tard, nous nous trouvons face au maire, accompagnés par le troupeau familiale.

Pendant l’interminable discours de l’élu du peuple où il est aussi bien question de mariage que de politique, Aline me dit doucement:

- Et dire que ce préposé à la protection de la jeunesse m’a proposé de coucher avec lui quand j’avais treize ans.

Le temps d’un éclair, la jeune et charmante prostituée s’installe dans ma mémoire et me redéballe tous ses secrets.

- Cela ne m’étonne pas. Tu aurais dû lui arracher les couilles à cet hypocrite, je réponds à Aline, à haute voix.

Ricanements dans la salle. Le magistrat interrompt son discours et me demande:

- Vous avez changé d’avis, jeune homme? Vous pouvez renoncer si cela vous chante car tout n’est pas encore décidé.

- Alors que tout le soit, je crie... Je t’épouse Aline, vierge parmi les vierges, ici présente, pour le pire et le meilleur. Oui, je te prends pour épouse ma toute belle et je te jure fidélité pour l’éternité. Comme l’ont déclaré dans le passé ton père et le mien à nos chères mamans. Jamais, je ne permettrai à quelqu’un d’ autre de s’allonger à mes côtés afin de me détourner du droit chemin. Et que tous les envieux et jaloux aillent en enfer!

Applaudissements et autres ricanements. Sourires et grimaces sont à la fête.

Le maître de cérémonie poursuit et accomplit tant bien que mal sa tâche. Les mères versent quelques larmes. Les pères se retiennent. Les parents se sont libérés d’un sérieux casse-tête, ils ont casé leur enfant. Et les pique-assiettes se bousculent déjà au portillon.

Les promesses qui naissent au soleil, meurent souvent en pleine tempête. Le serment hypocrite a donc une longue, très longue vie devant lui.

11:10 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

24/07/2016

Le serment d'hypocrite (52, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgEt Sabine, Salomé ou Marie-Madeleine me dit:

- L’intelligence et la ruse peuvent mener au sommet de la gloire mais seule la tendresse mène forcément aux rives de la sagesse. Tu es quelqu’un de très sensible, de tendre malgré tes nombreuses révoltes. Et ce cadeau du Ciel te protégera jusqu’à ton dernier souffle. Ça se lit sur ton visage, pour autant que l’on sache déchiffrer les écritures de l’invisible... Sois donc prudent! Méfie-toi de tout le monde. Même de ta fiancée ou de ton épouse, si tu en as une. Nous vivons dans une cité abominablement hypocrite et corrompue à l’extrême. Et je suis très bien placée pour te l’annoncer car, ici-même dans cette chambrette, louée au prix d’un chambre d’hôtel cinq étoiles aux Services sociaux locaux, catholiques ou protestants qu’importe, les notables les plus respectables de la région ont baissé leur culotte, de nombreuses fois et sans la moindre gêne... Procureurs, juges, avocats, professeurs, philosophes, pasteurs, curés, politiciens, de gauche comme de droite... ils ont tous passé par là. J’ai même eu des clientes. Des gouines, des femmes mariées, des divorcés... et, le comble des combles, un soir, j’ai eu la visite d’une greluche, enceinte de plusieurs mois, qui rêvait...

- Qui rêvait de quoi?

- Non, rien, elle était folle la pauvre fille.

- Quelle misère mentale!

- Je ne te le fais pas dire... Et nous maintenant, que faisons-nous? On s’embrasse et on se caresse un peu?

- On choisit la voie du juste milieu.

- C’est-à-dire?

- Un long baiser suivi d’un peut-être-à-bientôt...

05:52 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

23/07/2016

Le serment d'hypocrite (51, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgEncore tout mouillés, elle me tire par la main, nous nous asseyons au bord du lit et elle me dit:

- A l’avenir, tâche de te renseigner avant de certifier... Car figure-toi que je suis le résidu d’une copulation purement hébraïque, sauvé miraculeusement, paraît-il, par des sœurs lesbiennes. Ce qui m’a mené sans doute à détester le coït avant le mariage, l’excision et la circoncision et à faire ce boulot.

- Mais tu...

- Je vois où tu veux en venir. En effet, je suis encore vierge et le resterai jusqu’au jour où je rencontrerai ma parfaite moitié. Mais cela m’empêche pas à la plupart de mes clients de prendre leur pied. Je fais donc tout, je permets tout sauf que l’on me pénètre par la voie royale, celle qui conduit au sanctuaire de la création... Quel est ton nom?

- Robert.

Elle sourit puis elle marmonne:

- Et on traite les putes de menteuses... Moi, c’est Sabine, Salomé ou Marie-Madeleine... Quel est ton fantasme? Quel est ton métier?

- Étudiant.

- Ce n’est pas un métier...

- En architecture.

- C’est déjà mieux.

- Pourquoi? C’est important?

Elle prend mes mains dans les siennes et elle m’explique:

- Mon petit Robert incomplet, sache que chaque profession engendre des chimères, des divagations très particulières... Mes banquiers, par exemple, ils jubilent tous lorsque je les traite de faux-monnayeurs en leur tripotant le machin. Chez les flics, c’est plus hard, on adore les jeux sadomasochistes. D’ailleurs, j’ai rendez-vous après mi-nuit avec un inspecteur de police...

- Rouquin?

- Tu connais?

- Non.

- Ça n’a pas l’air...

- Bref! Et?

- Il ne peut jouir qu’en agitant ses menottes ou une matraque et en proférant des menaces invraisemblables. Dans un climat d’une telle violence! C’est vraiment un spectacle de fou à lier...

Subitement, je me lève et lui avoue:

- Tes histoires m’ont donné la nausée... Je te dois combien?

- Rien, me répond-t-elle, surprise et déçue... D’habitude, le client paye en entrant.

- Mais je suis un client.

- Non, pour moi, tu n’es ça.

- Je suis quoi alors? Un ange égaré? Le Christ?

- Presque.

- Tu blagues?

- Rassieds-toi et écoute-moi attentivement! Debout, ta nudité ne me rassure pas.

Tel un collégien studieux, assoiffé de connaissances, j’obéis aux ordres de cet être hors du commun, maître inattendu ou maîtresse inespérée.

Et Sabine, Salomé ou Marie-Madeleine me dit:

11:04 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

22/07/2016

Le serment d'hypocrite (50, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgUne jeune et charmante prostituée m’accoste et me chuchote à l’oreille:

- Je suis encore vierge.

Je recule d’un pas et lui dit, en plaisantant:

- Quelle chance! Une sainte au royaume de la débauche.

- Tu me suis alors?

- Comme le tonnerre après l’éclair.

Et je trotte derrière elle comme un chien derrière son maître. La langue pendante. Affamé mais certain de recevoir sa récompense.

Nous nous déshabillons et nous nous douchons. Chaleur infernale oblige.

En me savonnant le robinet divin, la jolie aristotélicienne me demande avec dégoût:

- Comment tes parents ont pu autoriser de telles sévices?

- De quoi tu parles?

- De ta circoncision.

- Je suis né ainsi. Et cela a toujours étonné mon médecin...

- Je pensais que tu étais Juif.

- Non, je ne le suis pas. Dommage!

- Pourquoi dommage?

- Parce que j’aurais eu une mère plus que formidable. Les femmes juives, davantage que les autres, sont pleines de compassion envers leurs progénitures...

- Juives ou pas, elles sont toutes pleines de compassion... Sauf celles qui encouragent leurs enfants à se faire exploser parmi les innocents et celles qui abandonnent la chair de leur chair du jour au lendemain par caprice ou par pure folie... comme la mienne, par exemple.

- Je suis désolé.

- Je ne sais que faire de ta désolation. Des mots, rien que des mots.

Encore tout mouillés, elle me tire par la main, nous nous asseyons au bord du lit et elle me dit:...

11:48 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

21/07/2016

Le serment d'hypocrite (49, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgLa solitude, terrain propice pour le voyage imaginaire. La pensée est libre, aussi tordue ou conditionnée soit-elle. Elle ne reconnait aucune frontière, aucune limite. Elle serpente, elle nage, elle vole, elle plane à sa guise. C’est l’unique des libertés que les mauvais états ne pourront jamais confisquer à l’homme. Qu’ils aillent tous se faire voir par les Grecs, ces politiciens de bassecours, adeptes du conformisme et la soumission. Idem pour ces religieux qui ne cessent pas de feuilleter leurs livres sacrés qui sentent l’urine et la moisissure. Pour soi-disant sauver l’humanité. La sauver de quoi? Et quelle humanité? Au nom d’un dieu que personne à ce jour n’a croisé sur son chemin, on égorge hommes, femmes et enfants. Au nom du patriotisme, de l’éternelle cité promise bâtie sur un nuage rose, on envoie la belle jeunesse se faire estropier, mutiler ou arracher à la vie. Et toi Aline... au nom de quoi, je devrais ramper à tes pieds? Pour réclamer quoi? Pour t’expliquer quoi? Face à l’amour, face au mariage, je me sens comme un chien dans un jeu de quille. Perdu en plein désert. Au sommet de nulle part. A deux doigts de la chute...

Mais comme le Bon Berger n’abandonne jamais une brebis égarée, l’indifférence surgit du fond de mon âme. Suivie bien vite par la belle ignorance. Ouverte à tout et prête à tout. Et me propulse au quartier chaud de la ville...

06:12 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

20/07/2016

Le serment d'hypocrite (48, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgJe tempère:

- C’est une séparation momentanée. Une pause. Un entracte. Il n’y a donc aucune raison d’en faire des tartines géantes.

Mais le patriarche, fier de ses expériences extraconjugales ultra secrètes, riposte:

- On connait la chanson.

Et quelle chanson! me dis-je... Prétentieux! Vaniteux! Sans le moindre remord. Minable bonhomme. Ton bâton de maréchal avant la mère et la mémé-patrie. En avant, marche! Vieil affamé des plénitudes obsessionnelles. Au péril de ta vie et de celle de ta famille. Et tu oses me donner des conseils afin que je conserve ma santé morale? Comme ce salaud de curé du coin, friand de chair fraiche féminine ou masculine. De préférence enfantine... Moralisateurs à la gomme, que le diable vous emportent tous!

- Il y a quelque chose qui ne va pas, ma fierté? me demande étonnamment mon vieux, non indifférent sans doute à ma mésaventure.

- A tout et à rien, je lui réponds machinalement.

- C’est ce qu’on dit toujours quand on a peur d’affronter la douloureuse vérité...

- Ou d’étaler la merde, tout simplement.

La vielle intervient:

- Que diriez-vous d’une bonne meringue glacée, mes chers voyous?...

09:39 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

19/07/2016

Le serment d'hypocrite (47, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgJe retourne chez maman et papa. Je retrouve ma chambre telle quelle. Pareille à celle d’un fils mort au combat. Intacte ou presque. On y a rajouté une planche à repasser et quelques broutilles. Les images fortes de mon adolescence refond surface, traversent vite mon esprit. La première masturbation. Les revues cochonnes. Les belles jambes et le beau cul de la secrétaire de mon père. Un monument consacré aux vivants. Ceux qui ont compris que toutes les batailles sont truquées d’avance et que seule la bouffe et les galipettes tranquillisent le corps et l’esprit. La salope! La putain! Ma chose! Mon adoré petit objet mis en vitrine pour l’éternité. Si seulement j’avais pu, su, osé, cru, eu... Que de verbes pour une convoitise jamais réalisée! Que de poèmes! Que de blasphèmes! Si les murs pouvaient parler, les télés du monde entier feraient faillite. Et le Vatican s’installerait définitivement en Chine.

- Elle était pourtant si sympathique, cette petite Aline, dit ma mère. Enfin, une de perdue, dix autres à gober... l’omelette tu la veux baveuse ou bien cuite?

Mon père profite de glisser héroïquement:

- On ne fait d’omelette digeste sans casser des œufs frais, fiston. Mais pense à tes études en premier.

Je tempère:

- C’est une séparation momentanée. Une pause. Un entracte. Il n’y a donc aucune raison d’en faire des tartines géantes.

Mais le patriarche, fier de ses expériences extraconjugales ultra secrètes, riposte:

- On connait la chanson...

09:23 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

18/07/2016

Le serment d'hypocrite (46, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgLe mariage? Je me marie donc je ne suis plus. Tout est divisé ou multiplié par deux... Heureusement que les fous de la politique libérale et libertine et leurs alliés, les zélateurs de la société de consommation, n’ont pas encore eu l’idée de conseiller à la populace, avec leur diabolique conviction, le ménage à trois. En déclarant que c’est l’unique et la véritable voie pour un bonheur durable. Quel casse-tête, ce serait, pour les radins et les mauvais calculateurs! Pourtant c’est trois montagnards, dont l'un était une sorcière déguisée par une barbe rouge et une moustache blanche, qui ont créé la Suisse. Paradis sur terre, souvent jalousé par les crétins. Mais également, le pays où le concubinage à plusieurs têtes est de loin le plus pratiqué au monde, m’a révélé un statisticien totalement indépendant. Et que dire de la trinité? Mais le mariage est une chose et le pourquoi de cette sacrée union en est une autre.

Pourquoi donc Aline désire-t-elle tellement s’amalgamer pour l’éternité, j’exagère sans doute, avec un artiste comme moi. Je ne suis ni riche, ni très beau. Pour ma blondeur et ma blancheur, peut-être? Pour mettre fin à la dispersion de ses sentiments? Ou, plus terre à terre, pour épancher définitivement ses multiples soifs sexuelles? Devenir femme à part entière? Féminine quotidiennement? Ou... ou... ou... Et moi dans cette histoire, suis-je vraiment amoureux d’elle? Anges de la création, venez à mon secours! Replongez-moi dans les eaux tièdes de l’innocence. Là où jaillissent les premiers parfums de l’existence. Où les étiquettes n’ont aucune raison d’être. Où tout est simplicité, normalité et continuité... Dieu que je suis devenu con! À force de comparaisons, de m’être comparer aux autres avec insistance, malgré moi. Aux forts comme aux faibles. Aux rares altruistes comme aux nombreux salauds. On dirait que ma cervelle nage lourdement dans une étrange marre infestée de charognes gluantes et collantes. Les déchets du passé. Les étrons du temps... Ciel! Ouvre-moi une de tes miraculeuses portes afin que je puisse enfin comprendre... comprendre... comprendre... sentir l'essence-même de l'amour...

07:28 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

16/07/2016

Le serment d'hypocrite (45, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgUn long silence s’installe entre nous. Chargé d’une infinité d’interrogations et de ripostes contradictoires. De beaux rêves et de craintes. Telle une partie de ping-pong de répliques invisibles. A l’état latent. Prêtes à tout. Pour le pire comme pour le meilleur.

Celui, ou celle, qui prétend que la femme raisonne comme l’homme et que ses droits doivent à tout prix et dans n’importe quelle circonstance valoir les siens, est né sur une autre planète. Un astre hors orbite, perdu dans la voûte céleste, peuplé d’individus asexués.

Aline, fille d’Ève dès l’aube de sa puberté, a flirté avec le serpent avant moi, adepte inconditionnel de toutes les masturbations possibles à cause de ma timidité phylogénétiquement transmise. Elle ose donc cracher son venin:

- Si c’est ainsi, alors retourne biberonner chez ta berceuse et reviens me voir quand tu sauras pourquoi les personnes qui s’aiment finissent par se marier...

17:10 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

15/07/2016

Le serment d'hypocrite (44, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgQu’elle aille se faire mettre par les Bougnoules, elle et sa race, une fois de plus, me dis-je en pensant à la voisine ibérique... Quelle balaye devant sa porte, cette vieille marmite, avant de foutre son nez dans les serrures des riverains afin de constater si toutes leurs casseroles sont bien rangées sur les étagères... Occupe-toi de tes fesses, constipée du sexe! Caverne pleine de toiles d’araignées! Déshéritée d’Aphrodite!...

- A quoi tu songes, mon bébé, à notre mariage? me demande Aline. Tu n’arrêtes pas de faire des grimaces. Comme un singe assis sur une crotte fraiche d’éléphant...

- A mes études.

- Menteur!

- A celle qui m’a cafté.

- Oublie.

- Facile à dire.

- Oublie et pardonne! Le karma fera le reste.

- Tu crois à ça, maintenant?

- J’ai toujours cru à ça, comme tu dis si bien... Tout effet a un cause. C’est gravé en moi.

- Tu en as de la chance.

- C’est une cadeau du Ciel.

- C’est une croyance comme une autre.

- Moi, j’y crois et je m’en balance des opinions des autres.

- Même de la mienne?

- Surtout de la tienne.

- Et tu veux te marier avec moi?

- Pourquoi pas?

07:44 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

14/07/2016

Le serment d'hypocrite (43, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpg- Tu sais bien que l’on ne doit jamais plaisanter avec les étrangers.

- Pourquoi?

- Parce que.

- Parce quoi?

- Parce que ce qui est noir chez nous est parfois blanc chez eux.

- Tu dis n’importe quoi.

- C’est pourtant la vérité.

- Donne un exemple alors!

- Au Vietnam, lorsqu’un meurt, les membres de sa famille se ceignent la tête d’un bandeau blanc. Car le blanc est la couleur du deuil dans ce beau pays.

- Tu n’aurais pas pu choisir un exemple moins perturbant?

- Perturbant?

- Oui, très perturbant.

- Miksi, mon kiki?

- Koska, mon caca.

- Koska miksi?

- Se muistuttaa minua...

- Tu peux traduire, s’il te plaît?

- Ça me rappelle... ton ex petite amie vietnamienne.

- Eh bien, c’est un peu comme ça la plaisanterie. C’est culturel, personnel et la plus part du temps intraduisible, incompréhensible...

- Moralité deux points...

- Tu n’aurais pas dû prendre ses et tes fantasmes pour des réalités...

07:49 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

13/07/2016

Le serment d'hypocrite (42, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgElle hésite puis elle présume:

- C’est probablement la voisine d’en face, dont le pot de chambre aurait éclaté en mille morceaux suite à mes gémissements, qui t’a dénoncé à la police.

- La Portugaise aux longues oreilles?

- C’est elle et personne d’autre.

- Comment peux-tu en être sûre?

- Sûre non mais je la soupçonne fortement. Pour la simple raison que l’autre jour au supermarché...

- L’autre jour?

- Elle est venue vers moi et m’a demandé si tu me bats souvent...

- Gonflée pour un portos...

- Et je lui ai répondu... répondu...

- Que lui as-tu répondu?

- Quasi quotidiennement... et je lui ai montré les bleus que j’ai sur mes bras...

- Seigneur!

- Mais je plaisantais!

- Tu sais bien que l’on ne doit jamais plaisanter avec les étrangers...

10:06 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

12/07/2016

Le serment d'hypocrite (41, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgMais à cet instant, Aline entre et me dit:

- Je ne savais pas que tu t’intéresses à la politique.

- Je m’intéressais quand j’ignorais tout d’elle, je précise. Maintenant j’ai compris.

- A ton âge?

- Oui, à mon si jeune âge.

- Et tu a compris quoi?

- Qu’il n’y a rien à comprendre.

- C’est faible. Surtout pour quelqu’un comme toi qui étiquette même les grains de poussière.

J’éteins la calomnieuse caisse à divagations.

- Des assiettes et des verres vides, je murmure.

Je me retourne vers Aline et lui demande amèrement:

- Tu préfères que j’aille respirer l’air chez mes vieux, n’est-ce pas?

Aline s’assied à côte de moi et m’avoue timidement:

- Tout est de ma faute. Plaisanterie rime souvent avec connerie.

- Rime toujours.

- Oui, toujours.

- Mais de quelle plaisanterie s’agit-il?

Elle hésite puis elle se lance:...

07:28 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

11/07/2016

Le serment d'hypocrite (40, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgJe m’installe au salon et j’allume la télévision. C’est rare à cette heure-ci. D’habitude, je ne la regarde que le soir. Les actualités et un film quand il y en a un. Le reste, ce n’est fabuleux que pour ceux qui tricotent mentalement des tapis volants... Un chef d’état s’exprime sur la situation économique de son pays. Catastrophique hier mais encourageante demain. Aujourd’hui, c’est trop tôt pour en parler. Évidemment! Il promet une vie meilleure, plus rassurante pour tous. Il promet! Comme toujours. Comme tous. La promesse fait partie du spectacle. Des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers, l’écoutent. Non, écoutent. L’ombre de leur ombre. En se grattant la tête, le ventre, le sexe ou les pieds. Certains lui tirent la langue. Les incompris, les indignés, les oubliés, les opposants certainement. Mais le roi sur son trône ne les voit pas. Ne les entend pas. Il est sourd et aveugle, le monarque élu démocratiquement. Car ses projets surréalistes lui sifflent aux oreilles. A un tel point que sa cervelle se met parfois à flotter, à planer, à voyager dans le firmament de la réussite, lui donnant ainsi l’impression qu’il n’est pas loin d’atteindre la planète idéale. Telle une étoile filante. Munie d’une queue de sympathisants, d’amis, de maitresses, d’imbéciles...

Mais à cet instant, Aline entre et me dit:

- Je ne savais pas que tu t’intéresses à la politique...

 

07:28 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |