19/07/2016

Le serment d'hypocrite (47, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgJe retourne chez maman et papa. Je retrouve ma chambre telle quelle. Pareille à celle d’un fils mort au combat. Intacte ou presque. On y a rajouté une planche à repasser et quelques broutilles. Les images fortes de mon adolescence refond surface, traversent vite mon esprit. La première masturbation. Les revues cochonnes. Les belles jambes et le beau cul de la secrétaire de mon père. Un monument consacré aux vivants. Ceux qui ont compris que toutes les batailles sont truquées d’avance et que seule la bouffe et les galipettes tranquillisent le corps et l’esprit. La salope! La putain! Ma chose! Mon adoré petit objet mis en vitrine pour l’éternité. Si seulement j’avais pu, su, osé, cru, eu... Que de verbes pour une convoitise jamais réalisée! Que de poèmes! Que de blasphèmes! Si les murs pouvaient parler, les télés du monde entier feraient faillite. Et le Vatican s’installerait définitivement en Chine.

- Elle était pourtant si sympathique, cette petite Aline, dit ma mère. Enfin, une de perdue, dix autres à gober... l’omelette tu la veux baveuse ou bien cuite?

Mon père profite de glisser héroïquement:

- On ne fait d’omelette digeste sans casser des œufs frais, fiston. Mais pense à tes études en premier.

Je tempère:

- C’est une séparation momentanée. Une pause. Un entracte. Il n’y a donc aucune raison d’en faire des tartines géantes.

Mais le patriarche, fier de ses expériences extraconjugales ultra secrètes, riposte:

- On connait la chanson...

09:23 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Commentaires

Bien le bonjour Cher Monsieur Vogel ah l'extase masculine pour comme dirait une grand maman, un simple bout de viande qui balloté dans tous les sens fait courir nombre de femmes
Et plus il fait chaud plus ils en parleront puisque la chaleur rétréci l'objet tant encensé surtout ces jours en petite chose presque invisible
Nos grands mères savaient se cacher derrière le mur des pruderies pour ne pas déplaire à la classe sociale plus aisée mais elles possédaient ce petit plus qui leur permettait intuitivement de savoir si l'homme était
simple dragueur ou pas surtout qu'à cette époque les lessives aux fontaines étaient aussi sources de renseignements
C'était l'endroit rêvé pour les petites oreilles trainant dans le coin pour tout entendre sur les derniers potins concernant la gente masculine du coin
C'était les premiers cours sur la sexualité et en plein air/rire
Dynamisante journée pour Vous Cher Monsieur

Écrit par : lovejoie | 19/07/2016

Les meilleures leçons sur les choses de la vie sont celles que l'on a reçues de bouche en bouche, loin de l'école et des savantes institutions.

Splendide après-midi, chères Lovejoie.

Écrit par : Hank Vogel | 19/07/2016

Je vous remercie Cher Monsieur Vogel en effet et Pierre Dac qui adorait fustiger les Politiciens de son époque serait de votre avis car il détestait tous les prétentieux pour qui il a écrit cette magnifique phrase, celui qui ouvre la bouche manque toujours une bonne occasion de se taire
Certains Politiciens feraient bien de s'en soucier car le syndrome de la blablatomanie affecte un très grand nombre de ces décideurs
Galvanisante soirée pour Vous Cher Monsieur

Écrit par : lovejoie | 19/07/2016

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