28/04/2016

Nouvelles du Caucase

Que ce soit à New York, à Bangkok, à Genève ou à Guelendjik, les premières personnes qui sont prêtes à vous arnaquer, ce sont toujours les chauffeurs de taxi...

Et malgré toutes les précautions prises à l'avance, je me suis fait avoir comme un collégien, une fois de plus, par un petit profiteur qui, régulièrement sans doute, salit un peu plus l'image de sa ville et de son pays. Bref! Tant pis pour moi, tant mieux pour lui. Pourvu qu'il ait des bouches à nourrir et non pas des vices à servir.

Des vidéos suivront.

06:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

25/04/2016

Le serment d'hypocrite (14, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpg- Pourquoi, tu souhaites m’épouser?

- Si tu me le demandes gentiment et sincèrement. Et je te dirai oui mais avec deux conditions.

- Lesquelles?

- La première:... que tu me jures loyauté et fidélité pour l’éternité, qu’importe mon état d’esprit ou d’évolution...

- Et la seconde?

- Que nos futurs enfants portent des prénoms dont le radical est identique au nôtre.

- Soit?

- Ala, Ale, Ali, Alo ou Alu.

- Et pourquoi ça?

- Question de racine.

- J’ai de la peine à te comprendre.

- Alors nous nous marierons jamais.

- Dommage!

- Dommage aussi pour ton petit cadeau.

- Quel cadeau?

- Une nuit torride en compagnie de la belle Moroslava.

- ...

- Réfléchis bien! Prends ton temps... mais pas trop car elle est de plus en plus sollicitée par le cinéma olé olé... Et elle commence sérieusement à prendre goût à l’argent...

13:10 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

23/04/2016

Le serment d'hypocrite (13, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpg- En somme, tu profites de mes faiblesses pour réaliser tes phantasmes, n’est-ce pas?

Qu’est-ce que l’amour finalement? Un jeu d’attirances et de projections? Elle me plaît, je lui plais, puis nous devenons des produits de consommation l’un pour l’autre... Et le mariage dans tout ça?...

- A quoi penses-tu, Alain? me demande Aline... Parfois, j’ai l’impression que tu m’en veux pour quelque chose.

- Pas du tout.

- Alors qu’est-ce qui mijotait dans ta grosse tête?

- Rien.

- Rien, c’est impossible.

- Rien d’important.

- C’est toujours impossible.

- Et pourquoi donc?

- Parce que quand tu ne réponds pas tout de suite à une question c’est qu’elle est vraiment, vraiment embarrassante. A moins que...

- Que quoi?

- Tu préfères tout simplement te taire pour protéger ta petite personne.

- Mais que vas-tu chercher! Je songeais bêtement au mariage.

- Bêtement?

- En général.

- Pas au nôtre?

- Pourquoi, tu souhaites m’épouser?

- Si tu me le demandes gentiment et sincèrement. Et je te dirai oui mais avec deux conditions.

- Lesquelles?

09:13 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (11) |  Imprimer |  Facebook | | | |

21/04/2016

Le serment d'hypocrite (12, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgAlors? Je propose à Aline, une semaine plus tard:

- Es-tu prête à recommencer? Car seul le criminel est vraiment capable de juger le crime. S’il n’est pas taré, bien entendu.

- Recommencer quoi? me demande-t-elle, une peu perdue dans ses nuages.

- Eh bien... ce que tu as... fait avec... Moroslava.

- Tu aimerais que je rebaise avec elle? C’est ça?

- Euh... euh... euh...

- Pourquoi tant d’hésitation? Tu as des couilles ou des verrues à la place?

- Ne soyons pas vulgaires! S’il te plaît!

- Vilain mot ou belle phrase, l’acte est le même. Non?

- Question de panache!...

- Tu as vraiment envie me voir à poil avec elle... en train de jouer à touche-pipi?

- Pas seulement ça.

- Je rêve ou quoi?

- Non, tu ne rêves pas, c’est mon souhait le plus profond.

- En somme, tu profites de mes faiblesses pour réaliser tes phantasmes, n’est-ce pas?

13:28 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

20/04/2016

Le serment d'hypocrite (11, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgSe mettre dans la peau de quelqu'un, seul le prétentieux y arrive, en apparence, en débitant méchancetés et absurdités. Mais heureusement, nous avons deux index pour nous boucher les oreilles.

Alors sachant cela, par expérience, je décide de me taire et de mettre un terme à tout jugement à l’égard de ma bien aimée. En effaçant de ma mémoire les images obscures de son vécu. Que ma conscience a jugées d’obscures, forcément. Mais est-ce réalisable? Je crains devoir me répondre par la négative. Surtout que j’ai toujours voulu participer à des scènes lesbiennes. Comme une grande partie de la gente masculine. D’après ce que j’ai entendu et lu dans la presse.

Alors? Je propose à Aline, une semaine plus tard:

- Es-tu prête à recommencer? Car seul le criminel est vraiment capable de juger le crime. S’il n’est pas taré, bien entendu.

- Recommencer quoi? me demande-t-elle, une peu perdue dans ses nuages...

11:41 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

19/04/2016

Partir, c'est mourir un peu

Lettre audiovisuelle... J'aime bien cette phrase d'Alphonse Allais... P.S. Attention! Mer rouge = mer noire.

08:56 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (21) |  Imprimer |  Facebook | | | |

17/04/2016

Le serment d'hypocrite (10, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpg

Après ce bizarre malaise passager, je demande à ma copine d’un air narquois:

- C’est quoi pour toi exactement une cochonnerie?

Elle hésite un bref instant puis elle me répond un peu embarrassée:

- Nous n’avons pas dépassé les frontières.

- Quelles frontières?

- Les frontières du raisonnable.

- Et c’est quoi le raisonnable d’après toi?

- De toute façon, ce que peuvent faire deux femmes entre elles est mille fois moins dégueulasse de ce que peuvent faire deux hommes...

- D’après qui?

- Serais-tu devenu flic ou quoi?

- Dans certaines circonstances, nous le sommes tous un peu.

- Je croyais que tu détestais l’univers de la flicaille.

- Tu as raison, je commence à m’égarer. Changeons de disque!

- Bonne initiative.

- A force de regarder par le trou de la serrure, on risque de se ramasser la clé dans l’œil.

Aline éclate de rire. Une façon comme une autre pour s’éloigner à jamais, si possible, d’un futur bourreau et de ses incertains démons du passé.

16:20 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |

15/04/2016

Le serment d'hypocrite (9, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpg- Tu veux la vraie vérité ou tu préfères que je te balance, comme une hypocrite qui a prêté serment, une vérité à la sauce du jour?

- Sois plus précise!

- J’ai couché avec elle.

Aussitôt, mes yeux se mettent gonfler, mon cœur à battre comme un fou et mes jambes à trembler.

- Que t’arrive-t-il? me demande Aline tout affolée, me voyant dans cet état... Tu veux que j’appelle au secours?

- Surtout pas!...

- Une ambulance?

- Ça passera...

- Un médecin?...

- Juste le silence et la nature fera rapidement son travail...

Après ce bizarre malaise passager, je demande à ma copine d’un air narquois:

- C’est quoi pour toi exactement une cochonnerie?

Elle hésite un bref instant puis elle me répond un peu embarrassée:

- Nous n’avons pas dépassé les frontières.

- Quelles frontières?

- Les frontières du raisonnable.

- Et c’est quoi le raisonnable d’après toi?

 

17:32 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer |  Facebook | | | |

14/04/2016

Le serment d'hypocrite (8, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpg- Elle?

- Une de mes amies.

- Laquelle?

- Miroslava.

- La lesbienne?

- Elle n’est pas plus lesbienne que toi et moi.

- M...

- Ce n’est pas parce qu’elle participe à des scènes érotiques avec des filles qu’elle l’est... Tout est faux au cinéma. Comme dans la vie, lorsqu’on tente une petite expérience.

- Par exemple?

- Lorsqu’une fille embrasse une autre fille juste pour voir.

- Voir quoi?

- Rien... Je me suis rendu compte que les baisers sont tous pareils.

- Si j’ai compris, tu as embrassé Miroslava sur la bouche, n’est-ce pas?

- Oui... et un peu plus.

- C’est-à-dire?

- Tu veux la vraie vérité ou tu préfères que je te balance, comme une hypocrite qui a prêté serment, une vérité à la sauce du jour?

- Sois plus précise!

18:25 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

13/04/2016

Le serment d'hypocrite (7, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpg- Et de maman, j’ai hérité quoi selon toi?

- Le goût du voyage, de l’aventure, des grands espaces, de l’infini et le sens du partage, de la transparence, de l’honnêteté...

- En somme une femme parfaite, n’est-ce pas?

- Presque.

- Et que cache ce presque?

- Un petit défaut qui pour moi n’est un défaut.

- Drôle d’explication... En d’autres termes?

- Tes hurlements dérangent la vieille d’en face.

- Je hurle moi?

- Oui, quand nous faisons l’amour.

- C’est une blague?

- Non, c’est la vérité. Et tu évoques également le nom de ta mère...

- Quand je... je...

- Parfaitement quand tu jouis... Tu cris, tu donnes des coups de poing un peu partout, contre le mur, les coussins... et tu appelles souvent ta maternelle...

- Je te frappe aussi?

- Rarement.

- Je suis vraiment désolée.

- Tu n’y peux rien, c’est inconscient, contraire à ta volonté... Quand la jouissance est extrême, l’esprit s’envole vers des cieux magiques et le corps se met à paillonner, à gesticuler. Puis, de retour sur terre, l’un et l’autre s’arrangent pour tout oublier ou presque...

- Donc, elle ne me racontait pas des mensonges.

- Elle?

11:42 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |

12/04/2016

Le serment d'hypocrite (6, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgEt, pour ces mêmes esprits friands d’explications, je poursuis:

- Et toi pourquoi mon cactus préféré et non pas mon gros cochon adoré?

- Parce que tu te rases une fois par semaine et j’aime ça. Et... et...

- Et?

- Je déteste les cochonneries.

- Lesquelles?

- Toutes.

- C’est-à-dire?

- Je préfère ne pas les énumérer.

- Par dégoût ou par crainte?

- Les deux... Ces pratiques-là, c’est comme la drogue, il suffit occasionnellement d’un timide essai pour que l’on devienne accroc.

- Certaines tares héréditaires rendent parfois service.

- Pourquoi tu dis ça?

- Parce que côté sexe, tu es bien la fille de ton père. Le conservatisme jusqu’au bout des ongles!

- Et alors? Ça te dérange?

- Au contraire, ça m’arrange, ça me convient...

- Ça te rassure surtout.

- Il y va de soi.

- Et de maman, j’ai hérité quoi selon toi?

09:03 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |

11/04/2016

Le serment d'hypocrite (5, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgPour ceux qui, dans leur enfance, préféraient la leçon de choses à celle de dessin et qui, dans leur jeunesse, ont choisi un métier scientifique, j’ajoute:

- Pourquoi papillon et pas libellule? me demande Aline.

- Parce que le premier des deux insectes me fait penser à l’ange, à la légèreté, à la liberté, je lui réponds, tandis que le second... le second...

- À quoi?

- À un hélicoptère, à la police, à l’armée, à la guerre, aux conflits actuels, à la panique, à l’affolement...

- Tu trouves vraiment que je ne m’affole jamais?

- Oui. Tu es une fille très équilibrée. Pas du tout capricieuse. Une perle pour un homme non fortuné.

- Ce n’est l’avis de mon père.

- C’est normal, ton père est un conservateur patenté qui déteste les socialistes, les écologistes, les Juifs, les Arabes, les sans-papiers, les réfugiés...

- Et les Gagaouzes!

- Sûrement...

- Sauf ma mère.

- C’est à n’y rien comprendre...

08:49 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (17) |  Imprimer |  Facebook | | | |

10/04/2016

Le serment d'hypocrite (4, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgPour moi, Aline est la plus belle femme de l’univers. Ou plutôt, pour être plus modeste dans la voie du jugement, une des plus ravissantes femelles de la race blanche.

Mais toute beauté, aussi incontestable soit-elle, a sa part d’imperfection. Vu que nous sommes destinés à vivre sur terre. Propulsés malgré nous de la chair à la lumière. Ce qui a provoqué des séquelles irréversibles et inexplicables à notre égard. Autrement dit, nous naissons tous parfaits, à l’image de Dieu ou de nos chers parents mais avec un ou plusieurs petits défauts diaboliques visibles ou invisibles dus à l’accouchement. La ou les blessures de la première trajectoire!...

Ma copine n’a donc pas échappé à cette règle. En conséquence, elle est venue au monde avec un léger handicap: au moindre frôlement avec un objet solide, c’est le bleu assuré. Et comme notre studio est minuscule, elle se cogne partout.

Suite à cela, il m’arrive souvent de l’appeler ainsi:

- Viens mon doux papillon bleu, viens te poser sur ton cactus préféré!...

09:31 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |

09/04/2016

Je serai un réfugié politique et économique

Je quitte la Suisse... et je m'installe en Russie, au bord de la mer Noire...

 

13:39 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Le serment d'hypocrite (3, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpg- Vous la battez?

- Comment pouvez-vous penser ça de moi?

- On ne sait jamais et je ne vous connais pas personnellement...

- Vous avez raison... C’est le problème entre voisins...

- Êtes-vous certain?

- Certain.

- Jamais de petites gifles ou fessées?

- Jamais.

- Pourtant, il y a des femmes qui adorent ça.

- Pas ma copine.

- Mais alors pourquoi hurle-t-elle si souvent?

- Parce que nous faisons souvent l’amour.

- Et vous n’êtes pas épuisé?

- En ai-je l’air?

- Non, en effet.

- Que voulez-vous! L’accouplement donne du plaisir, libère le cerveau et crée de la bonne fatigue. Une fatigue physique et mentale que l’on récupère rapidement. Contrairement à celle due au travail professionnel. Surtout qu’on se crève le cul pour un patron à la con.

La vielle dame, pas choquée du tout par mes propos, me fixe droit dans les yeux, le temps de me mettre bizarrement mal à l’aise.

Puis elle hausse les épaules, me tourne le dos brusquement et me quitte en marmonnant:

- Tous des communistes, ces jeunes...

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08/04/2016

Le serment d'hypocrite (2, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgFaire l’amour avec une femme qui a du sang gagaouze et scandinave dans ses veines et une peau aussi douce que celle des fesses d’un bébé, c’est copuler avec la soeur de Dieu. Même un homo fanatisé à l’extrême changerait son fusil d’épaule et quitterait sans remord sa famille fécondée par procuration. A condition qu’il veuille bien, soit par pure curiosité soit pour rendre jaloux son partenaire, se lancer dans une telle aventure, bien entendu. Ou qu’il souhaite follement un héritier de chair par la voix la plus traditionnelle qui soit. Mais voilà! La face cachée de la lune semble plus attirante à son esprit que la lueur paisible de cet astre qui ne cesse pas d’équilibrer notre cerveau...

Bon! Sincèrement, ne m’en voulez pas trop, chers adeptes des amours sans frontière, le corps féminin est trop sacré à mes yeux pour que j'ose m’approcher par intellectualisme du temple de vos libertés.

Mais revenant à mon champ de bataille, si vous permettez cette expression.

Aline pousse un cri si fort que le pot de chambre de la Portugaise d’en face éclate en mille morceaux.

- La maison finira par s’effondrer, me dit la vielle dame, en la croissant par hasard dans la rue le lendemain matin. Après m’avoir informé de l’incroyable incident regrettable, forcément... Votre copine est magnifique à regarder mais ses gémissements sont des calamités, de véritables dangers pour notre société.

- Je suis vraiment désolé, chère madame, je bafouille.

- C’est plutôt elle qui devrait l’être, vous, vous n’y êtes pour rien. A moins que... à moins que...

- Que quoi?

- Vous la battez?

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07/04/2016

Le serment d'hypocrite (1, à suivre)

Hank Vogel, Le serment d'hypocrite.jpgJe m’appelle Alanus Zinzibus. C’est mon nom de guerre. Ou de combat, pour vous rassurer un peu. Dans ce monde où le terrorisme est en pleine expansion, ce qui, entre nous soit dit, convient à merveille à la presse à sensations fortes et aux partis populistes bien ancrés dans l’univers de la peur.

Je vais donc essayer en toute honnêteté de vous raconter l’histoire de ma famille. Oui, essayer dans ce sens! Car, selon le poète, l’honnêteté côtoie souvent et sans vergogne le mensonge dans les moments de doute ou d’incertitude certaine. Et comme je suis quelqu’un de très réglo, d’après ma concierge d'origine espagnole naturalisée suisse,  je tenais à vous le signaler.

Mais en plus de cela, je suis un libre penseur très pragmatique. Pour les incultes et me rafraîchir la mémoire: c’est-à-dire quelqu’un qui se base sur la réalité des faits et qui, de se fait, considère toute croyance, religieuse ou autre, comme pure foutaise.

Bref, allons de l’avant, camarade lecteur! Plongeons ensemble dans les feux de l’action, ami invisible! Vous qui permettrez pourtant à ce récit d’exister, de vibrer en suivant sa trajectoire dans les sphères de l’imaginaire...

Ready Steady Go!

Un jour de pleine lune, il y a fort longtemps, au bar d’un dancing archi bondé, je me trouve par hasard nez à nez avec une jeune fille d’une beauté angélique.

- Vous êtes très belle, mademoiselle, lui dis-je spontanément, comme poussé par une force mystérieuse

- Vous ne l’êtes pas moins, me répond-t-elle en souriant.

- Ensemble, on pourrait alors avoir de merveilleux enfants.

- Certainement.

- Comment vous appelez-vous?

- Aline et vous?

- Alain.

- Alain et Aline! Ça sonne bien. Vous ne trouvez pas?

- Oui... Formidablement bien.

Et grâce à ce “ça sonne bien” je me retrouve au lit avec cette créature hors du commun, deux semaines plus tard.

Moralité passagère: il suffit parfois d’une simple phrase pour bâtir un empire. Trois mots! Ça, sonne et bien. C’est tout de même dingue la vie! Non?

 

 

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06/04/2016

Le roi vert de la mandarine (38, fin)

Hank Vogel, Le roi vert de la mandarine.jpgProfesseur, docteur, maître, mon lieutenant, mon colonel, mon général, son altesse royale, illustrissime, sérénissime, son éminence, sa sainteté... et quoi encore? Sa divinité? Foutaises! Bande de babouins vaniteux! Allez tous vous faire cuire un œuf aux entrailles de l’enfer!... Et toi, mon pauvre sauveur, adepte certain d’une OMG humanitaire, il te faudra franchir encore de nombreuses montagnes avant de te trouver au balcon du ciel. Encore et encore!

Le lendemain matin, le médecin chef de la clinique en personne m’ausculte, me prie de rentrer sagement à la maison et me conseille de ne plus jamais me balader seul dans une région désertique, mal équipé et sans provisions.

Arrivé chez moi, ma femme me saute dessus et me dévore de baisers.


Puis, rassurée que je suis sain et sauf, elle me pose un tas de questions, avec un sourire plein de tendresse et de jeunesse:

- Alors! Tu l’as rencontré? Tu as trouvé ce que tu cherchais? Es-tu satisfait de ton voyage? Ce n’était pas trop dur? Es-tu enfin heureux?...

Et je lui réponds avec beaucoup de sérénité:

- Non, je ne l’ai pas revu et c’est tant mieux... Mon père me disait souvent: je préfère la lune du poète à celle du scientifique. Et il avait raison.

Quelque temps plus tard, je renonce définitivement à tout pouvoir, titre et privilège, aussi anodin soit-il, et je m’installe avec Diki dans un coin perdu... A l’abri des médias et des débats trop souvent infructueux de la politique. Loin, très loin de la folie des hommes.


- Pour vivre heureux, vivons cachés, disait Jean-Pierre Claris de Florian.

 

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05/04/2016

Le roi vert de la mandarine (37, à suivre)

Hank Vogel, Le roi vert de la mandarine.jpg- Les repas sont-ils équilibrés?

- Comment le savoir, je viens à peine de me réveiller.

- Eh bien! Vous en aviez sérieusement besoin...

- Mais où suis-je?

- À l’hôpital de Skardou.

- Non! Et on m’a trainé jusqu’ici?

- Transporté. En hélico... Vous étiez totalement inconscient.

- Je me souviens de rien... Qui m’a découvert dans cet état?

- Mes deux coéquipiers et moi.

- Que Dieu vous bénisse alors!...

- C’est drôle, plus je vous regarde, plus vous me faites penser à lui.

- À qui?

- Au roi vert de la mandarine.

- J'en ai entendu parler. Vous le connaissez bien?

- Pas du tout mais j’ai vu un reportage sur lui, il n’y a pas si longtemps... C’est fou comme la ressemblance est frappante!

- Ce sont des choses qui arrivent... Les animistes prétendent que les sosies sont des créatures créées par les fées des montagnes pour semer la zizanie parmi les habitants des vallées pour amuser les enfants.

- Une croyance comme une autre!

- Je ne vous le fait pas dire... Et que divulguait-on dans ce reportage? Des vérités ou des mensonges à son sujet?

- Comment le savoir quand on ne connaît pas le personnage.

- Ce qui signifie que la liberté de la presse n’a rien à voir avec la vérité de la presse. Surtout quand elle utilise trop de superlatifs... Et qu’a-t-il de si particulier, ce fameux roi de je ne sais quoi?

- Rien de spécial... Mais la journaliste craint qu’on lui fasse un jour la peau.

- Pour quelle raison?

- Parce que tout le monde ne partage pas ses idées.

- Quelles idées?

- Sa façon d’imaginer l’avenir, son sens aigu du partage...

- Aigu?

- Ou exagéré... Selon elle, c’est l’homme d’état presque parfait qu’aucun homme d’état ne souhaite devenir.

- C’est très intéressant.

- Bon! Il faut que je vous laisse maintenant, mon devoir de bénévole m’appelle ailleurs. Heureux d’avoir fait votre connaissance, cher professeur.

- Idem pour moi, cher docteur...

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03/04/2016

Le roi vert de la mandarine (36, à suivre)

Hank Vogel, Le roi vert de la mandarine.jpgMieux vaut devenir sourd qu’aveugle. À moins que l’on soit musicien. Un vrai. Capable de capter et reproduire les mélodies harmonieuses, sublimes de l’au-delà. Hélas! Ils sont rares ces génies de la musique qui cherchent, malgré eux, à nous propulser dans les sphères des béatitudes passagères. Rares, rarissimes...

Je me réveille paisiblement et je me retrouve, sans le moindre affolement, allongé sur un lit d’hôpital. À en juger le décor. Plafond, murs et draps blancs. Et l’odeur! Un étrange parfum fabriqué involontairement par les vapeurs de chloroforme renversé lors des opérations chirurgicales et les émanations des boules de naphtaline cachées dans les coins des armoires mal fermées.

Je suis seul dans la chambre.

Il m’est sûrement arrivé quelque chose, me dis-je.

Un homme, un Européen au visage brûlé par le soleil, entre, me sourit et me signale d’une voix héroïque mais avec beaucoup de difficulté, soit en anglais avec un fort accent français, je traduis donc:

- Vous avez eu beaucoup de chance. Heureusement que nous étions dans les parages...

- Ne vous fatiguez pas trop, je parle votre langue, lui dis-je en français, forcément.

Et, tout surpris, il se présente en me serrant la main:

- Philippe de la Rocaille, médecin, guide de haute montagne et reporter à l’occasion...

- Enchanté.

- Et vous?

Vais-je lui dévoiler ma véritable identité, au risque de devoir subir un nouvel interrogatoire journalistique, ou lui balancer un petit mensonge digne d’un politicien en cavale?

- Et vous? répète-t-il.

- Professeur de langues occidentales et tibétaines, je réponds non sans hésitation.

- Très honoré.

- Moi de même...

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