03/04/2016

Le roi vert de la mandarine (36, à suivre)

Hank Vogel, Le roi vert de la mandarine.jpgMieux vaut devenir sourd qu’aveugle. À moins que l’on soit musicien. Un vrai. Capable de capter et reproduire les mélodies harmonieuses, sublimes de l’au-delà. Hélas! Ils sont rares ces génies de la musique qui cherchent, malgré eux, à nous propulser dans les sphères des béatitudes passagères. Rares, rarissimes...

Je me réveille paisiblement et je me retrouve, sans le moindre affolement, allongé sur un lit d’hôpital. À en juger le décor. Plafond, murs et draps blancs. Et l’odeur! Un étrange parfum fabriqué involontairement par les vapeurs de chloroforme renversé lors des opérations chirurgicales et les émanations des boules de naphtaline cachées dans les coins des armoires mal fermées.

Je suis seul dans la chambre.

Il m’est sûrement arrivé quelque chose, me dis-je.

Un homme, un Européen au visage brûlé par le soleil, entre, me sourit et me signale d’une voix héroïque mais avec beaucoup de difficulté, soit en anglais avec un fort accent français, je traduis donc:

- Vous avez eu beaucoup de chance. Heureusement que nous étions dans les parages...

- Ne vous fatiguez pas trop, je parle votre langue, lui dis-je en français, forcément.

Et, tout surpris, il se présente en me serrant la main:

- Philippe de la Rocaille, médecin, guide de haute montagne et reporter à l’occasion...

- Enchanté.

- Et vous?

Vais-je lui dévoiler ma véritable identité, au risque de devoir subir un nouvel interrogatoire journalistique, ou lui balancer un petit mensonge digne d’un politicien en cavale?

- Et vous? répète-t-il.

- Professeur de langues occidentales et tibétaines, je réponds non sans hésitation.

- Très honoré.

- Moi de même...

22:40 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Commentaires

Bien le bonjour Cher Monsieur Vogel il est vrai qu'il y aurait tant à dire et redire sur cette médecine que notre génération considérait comme presque Papale )rire
Aussi avec le recul en voyant le manque de médecins qui dit -on manque de plus en plus on est en droit de se demander si en voyant l'instrumentalisation par la peur qui faisait marcher au pas et l'armée et les patients qui elle aussi va en diminuant si finalement ce n'est pas une des raisons qui leur donne envie de soigner plutôt d'autres animaux que ceux à deux pieds
Je me souviens en riant des mimiques de certains patients tous hommes obéissant au moindre son de voix émis par une infirmière mariée à un médecin militaire Français et mort au champ d'honneur
Tout objet qui trainait sur le lit ou la table de chevet devait disparaitre ,ordre de la Chef
Magnifique début de semaine pour Vous Cher Monsieur

Écrit par : lovejoie | 04/04/2016

Pourquoi les trois quarts des infirmières paniquent face au chef de clinique? A-t-il le droit de cuissage, ce sorcier des temps modernes?

Bonne soirée, chère Lovejoie.

Écrit par : Hank Vogel | 04/04/2016

je vous remercie Cher Monsieur Vogel en l'occurrence et cela remonte aux années 60 ,les infirmières avaient pour mission d'épauler le médecin ,-de fait elles étaient leur bras droit ,voyez qu'on est loin de la cuisse
Quand au droit de cuissage sans doute y'a t'il eut des histoires très coquines mais on ne rentrait pas dans ce jeu là car à cette époque c'était on travaille et pas de commérages surtout dans un hôpital tenu par des religieuses Catholiques ... rire
Très belle soirée pour Vous aussi Cher Monsieur

Écrit par : lovejoie | 04/04/2016

Les commentaires sont fermés.