31/03/2016

Le roi vert de la mandarine (32, à suivre)

Hank Vogel, Le roi vert de la mandarine.jpg- Marche et tais-toi!... Regarde devant toi!... Ne te retourne jamais!... Ni par la droite, ni par la gauche...

- Pourquoi donc?

- Tu te poses trop de questions, cher ami. On dirait que ton cerveau a été mathématisé. Soit par ton insolence, soit par ton éducation.

- Mathématisé? Je n’ai jamais entendu ce terme de ma vie.

- Probablement parce qu’il faisait partie de l’équation.

- Qui ça?

- Ta petite cervelle.

- Je ne comprends rien à tes salades.

- Il ne fallait donc pas quitter la sphère du raisonnable... Pourquoi désires-tu autant rencontrer le Yéti? Pour anéantir et enterrer à jamais une légende ancestrale récupérée à plusieurs reprises aussi bien à l’ouest qu’à l’est? Et te pavaner ensuite face aux médias? Comme tous ces ridicules inventeurs de béchamels?...

- Qui?

- Qui! Qui! Mais les riquiqui, bon sang!

- Les riquiqui?

- Tous ces politiciens, philosophes, artistes, sportifs et autres connards qui ont tendance à dévoiler les secrets de leur cul, à la presse écrite et télévisuelle, dans le but de se faire des couilles en or...

- Ça va! J’ai compris... Tes propos m’ont choqué.

- Cela ne m’étonne pas.

- Qu’est-ce qui te fait dire ça?...

- Ta pureté... non, ta naïveté.

- Suis-je vraiment naïf?...

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30/03/2016

Le roi vert de la mandarine (31, à suivre)

Hank Vogel, Le roi vert de la mandarine.jpgEt une voix me chuchote à l’oreille gauche:

- Aux yeux de la montagne, même les rois les plus glorieux ne sont que de petits cailloux à côté du plus singulier rocher. Qu’ils soient verts, rouges, bleus ou multicolores, ils risquent tous la dégringolade une fois arrivés au sommet. Au même titre que le petit péquin. Là où la terre embrasse le ciel, la justice est une et les préférences inexistantes. Le vide attire aussi bien le fou que le sage. Une fraction de seconde d’inattention et te voilà perdu à jamais! Sois donc prudent, enfant des bas-fonds! Car les anges ont reçu l’ordre de ne retenir personne. Ni chat, ni chien. Seul l’oiseau n’a pas besoin de mes conseils. Être créé avant les premières tempêtes. Quand la Grande Horloge tournait encore au ralenti. Tic... tac... tic... tac...

- Mais qui es-tu? Où es-tu?

- Marche et tais-toi!... Regarde devant toi!... Ne te retourne jamais!... Ni par la droite, ni par la gauche...

17:42 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

29/03/2016

Le roi vert de la mandarine (30, à suivre)

Hank Vogel, Le roi vert de la mandarine.jpgJe grimpe, je grimpe...

Les pensées vont et viennent. Des images du passé, du présent et du futur. L’avenir! Quel avenir? Il se construit petit à petit en fonction de nos pas. En avant, en arrière... et d’innombrables hésitations. Comme un mur, brique après brique. Si cette jeune journaliste n’était pas venue me voir, je me serais peut-être pas souvenu du Yéti et je ne serais pas maintenant là en train de le chercher. Des paroles en l’air poussent souvent les êtres humains à commettre des actes insensés. Les mots sont tantôt des vents violents qui dévastent tout sur leur passage. Le cerveau ne s’arrête jamais de ruminer. Il rumine, rumine les herbes sèches de nos inattentions. Elles sont incalculables. Elles flirtent avec les collines de l’éternité.

Mon front est en sueur. Je tremble. Je ne sens plus mes jambes. Que m’arrive-t-il? J’ai l’impression que je vais m’envoler...

 

07:41 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |

27/03/2016

Le roi vert de la mandarine (29, à suivre)

Hank Vogel, Le roi vert de la mandarine.jpgAprès plusieurs heures de voyage, en bus et à pied, me voici à l’endroit précis où il m’a semblé apercevoir le Yéti. Je me trouve donc face à une monstrueuse montagne qui ne porte pas de nom. Selon les habitants de la région. Des animistes et des chamans.

Et tout d’un coup, comme poussé par une force mystérieuse, je décide d’atteindre la cime.

C’est là qu’il rode l’homme à l’état brut, me dis-je.

Et je me mets à grimper...

J’aime ces lieux déserts, de sable et de pierres, où la civilisation n’a jamais pris racine. Où les esprits du vent nous murmurent parfois des mots d’ailleurs...

 

# Voici la région qui m'a inspiré ce récit:

16:05 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

26/03/2016

Le roi vert de la mandarine (28, à suivre)

Hank Vogel, Le roi vert de la mandarine.jpg- Qu’est-ce que tu as contre les personnes religieuses?

- Rien... Je sais, nul n’a le droit d'empêcher quelqu’un d’autre de croire à ce que bon lui semble et d’adhérer à une mouvement idéologique ou spirituel aussi bizarre soit-il. Nul! Malheureusement nombreux sont ceux qui n’acceptent ce principe et veulent à tout prix imposer leurs idées aux autres. Surtout ceux dont le cerveau est imbibé de légendes et de dogmes stupides... La religion n’est pas faite pour moi et je ne suis pas fait pour elle. Mon unique et réelle épouse, c’est toi et cela me suffit largement pour me mettre régulièrement en question.

Ma femme me sourit puis me dit:

- Vas donc là où tu désires aller! Mais ne te laisse pas trop charmer par les fées des hauts sommets.

08:42 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

25/03/2016

Le roi vert de la mandarine (27, à suivre)

Hank Vogel, Le roi vert de la mandarine.jpg- Comment peux-tu penser ça de moi?

- Penser quoi?

- Que je puisse regretter un tel geste... Offrir, c’est plus gratifiant que de recevoir. Surtout quand on a passé toute son enfance dans la richesse. Où les plus incroyables jouets de la terre se précipitaient à mes pieds, si tu permets cette expression, avant même que je ne les réclame... L’opulence appauvrit mentalement l’être humain, surtout l’enfant, au même titre que la misère... Non, mon seul souci, ce sont mes plus proches compagnons de route. Je crains qu’en mon absence, ils décident de s’approprier des champs. Et, au nom de Dieu ou de la démocratie, ils transforment ce royaume tranquille en une république corrompue.

- Mais ce sont eux et le peuple qui t’ont proclamé roi. Et vert par-dessus le marché, en raison de tes sympathies envers les écologistes...

- Non, envers un mode de vie plus sain... et plus respectueux vis-à-vis de la nature. Bien que...

- Bien que?

- Le vert, ici, n’est pas trop à sa place. C’est le gris qui domine.

- Je ne te suis pas.

- Le choix de cette couleur n’est pas si anodin que ça. Il est a double tranchant ou plutôt à double sens.

- Vas droit au but!

- Certains souhaitent que je devienne un chef spirituel... et tu sais très bien ce que je pense de la religion.

- Nous n’avons jamais approfondie cela ensemble.

- En effet.

- Et pourquoi donc?

- Parce que le monde des croyances est un la labyrinthe où l’on ne s’en sort jamais...

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24/03/2016

Soif et brûlures (34, fin)

Hank Vogel Soif et brûlures.jpg- Votre mère est une sorcière. Dans le bon sens du terme, bien entendu...

- Cherchez-vous à détourner la conversation?

- Non, je préfère aller droit au but.

- C’est comme ça que j’aime les gens...

- Votre chère maman m’a si souvent parlé de vous après l’accident de votre fils que j’ai eu envie de... de...

- De vous effondrer non loin de ma yourte.

- Ça, ce n’étais pas voulu...

- Vous savez, elle m’a également beaucoup parlé de vous...

- Pourtant...

- Je sais! Certainement, vous ne lui avez pas fait part de vos intentions mais la vieille est une prophétesse. Elle lit à travers les yeux. Elle lit entre les ligne et à travers les paroles. C’est une vraie magicienne. Qui ressent tout. Qui capte tout. Sans le moindre instrument. En observant tout simplement. Mais en observant attentivement... C’est fou comme elle vous a si bien décrit!

- Comment suis-je selon elle?

- Fragile comme tout artiste.

- C’est tout?

- Une femme Kazakhe n’espère pas plus.

Et de mot en mot, de geste en geste, de sensation en sensation, naquit entre les deux êtres la soif de l’autre. Permettant ainsi à quelques-unes de leurs brûlures existentielles de disparaître aux confins de l’oubli...

Puis le poète, après s’être réconcilié avec son ami d’enfance et avoir redemandé pardon à son père, multiplia ses marches forcées, forcés par lui-même, à travers les plaines sablonneuses du Kazakhstan sous l’œil admiratif de l’éblouissante Alina.

Soif et brûlures
Brûlure et soifs
Au-delà du bien et du mal
Il y a toujours un horizon recherché

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23/03/2016

Soif et brûlures (33, à suivre)

Hank Vogel Soif et brûlures.jpgÀ la fin de ce simple repos improvisé, le poète demanda à la belle Kazakhe:

- Est-ce que vous croyez au hasard?

- Pas plus qu’à la chance, répondit-elle.

- Et au destin?

- Mais pourquoi toutes ces questions?

- Pour rien... Juste pour savoir.

- On ne pose de pareilles questions juste pour savoir. Cela cache quelque chose...

- Mais... mais...

- Crachez ce que vous avez à cracher. Je sens bien que vos lèvres brûlent d’envie d’exprimer vos pensées.

- Elles sont sincères.

- Je le sais car je sais aussi qui vous êtes.

- Vous avez fouillé mes poches?

- Est-ce une insulte?

- Vous auriez pu.

- Pu ou dû?

- Les deux pour votre propre sécurité.

- Dans ce cas, je vous aurais laissé crever dans la steppe.

- Milles pardons!

- Un me suffit.

Alina dévisagea Nikolaï puis lui avoua:

- Ma mère vous a dépeint à la perfection.

- Votre maman, c’est la dame à qui j’achète souvent...

- Des tomates et des concombres? Oui, c’est elle... Elle me raconte tout mais, parfois, elle a tendance à amplifier et à anticiper les évènements.

- Au fait, comment va votre fils?

- Rien de grave, merci. Il a été brûlé au premier degré, Dieu sois loué!

- Pourtant...

- Parlez-moi plutôt de vos pensées sincères...

 

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21/03/2016

Soif et brûlures (32, à suivre)

Hank Vogel Soif et brûlures.jpg

- C’est quoi?

- Du lait de jument fermenté légèrement alcoolisé. Ça vous tente?

- Pourquoi pas.

- ...

- En avant avec cette boisson qui me fera courir comme un zèbre! s’exclama inopinément Nikolaï, surprenant ainsi la jeune femme.

- Eh bien! Il semblerait que tout va pour le mieux, fit-elle en souriant.

- En effet.

Et ils burent et mangèrent ensemble.

À la fin de ce simple repos improvisé, le poète demanda à la belle Kazakhe:

- Est-ce que vous croyez au hasard?

- Pas plus qu’à la chance, répondit-elle.

- Et au destin?

- Mais pourquoi toutes ces questions?...

09:14 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer |  Facebook | | | |

19/03/2016

Soif et brûlures (31, à suivre)

Hank Vogel Soif et brûlures.jpg- Désolé.

- C’est un mot que j’entends souvent... et qui ne m’apporte aucun réconfort.

Les mots vont et viennes, pensa sitôt Nikolaï. Comme ces oiseaux qui passent au-dessus de notre tête. Impossible de les capturer vivants. Ils passent, disparaissent à l’horizon puis réapparaissent. Ne reconnaissant aucune frontière. Et ne subissant que l’usure du temps. Mais ils sont libres. Éternellement libres. Pareilles au vent. À la poésie...

- Que vous arrive-il de nouveau? lui demanda la Kazakhe. Vous paraissez si inquiet.

- Au contraire. Ma mémoire commence à revenir petit à petit...

- Et l’appétit?

- C’est que...

- Osez! La faim n’est pas une honte, vous savez.

- Je sais.

- Ça vous dirait des mantis et un bol de koumis?

- Du koumis?

- Vous n’aimez pas?

- C’est quoi?...

10:20 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |

18/03/2016

Soif et brûlures (30, à suivre)

Hank Vogel Soif et brûlures.jpg- Mon fils et moi, nous vous avons trouvé allongé sur le sol. Dans un drôle d’état. Non loin d’ici.

- Je ne me souviens de rien.

- Vous parliez de...

- De qui?

- De votre femme.

- Je ne suis pas marié.

- De votre frangine...

- Impossible, ma sœur est décédée, il y a fort longtemps...

- Alors de votre petite amie...

- Laquelle?

- Vous êtes un drôle de personnage.

- Pourquoi vous dites ça?

- Votre façon d’affronter la réalité. Peut-être, je me trompe...

- Et vous?

- Et moi quoi?

- Vous n’avez pas peur?

- Peur de quoi, de qui? De vous? Des hommes? Je n’ai plus peur de personne...

- Même pas de votre mari?

- Je suis veuve.

- Désolé.

- C’est un mot que j’entends souvent... et qui ne m’apporte aucun réconfort...

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17/03/2016

Soif et brûlures (29, à suivre)

Hank Vogel Soif et brûlures.jpgNikolaï, totalement épuisé, après plusieurs heures de marche forcée, s’écroula par terre.

Et il s’endormit...


- J’ai soif, murmura-t-il en se réveillant. Après une journée de sommeil.

Une jeune et belle Kazakhe s’approcha aussitôt de lui et lui tendit un verre d’eau.

Il se désaltéra comme quelqu’un qui venait de traverser le désert. Secouru de justesse. A moitié fou. L’esprit entre la vie et la mort. Vidé de tout espoir ou presque.

- Eh bien! fit la jeune femme. Si vous continuez comme ça, vous allez épuiser tout mon puits.

Le poète remarqua qu’il était ailleurs. Un ailleurs bien particulier, d’une blancheur inhabituelle.

- Suis-je mort? demanda-t-il.

- Pas encore, répondit-elle en souriant.

- Qui êtes-vous?

- Je m’appelle Alina et vous?

- Nikolaï... mais où sommes-nous?

- Bienvenu dans ma yourte!

- Votre yourte?

- Oui, ma yourte. Mon habitat, ma maison, si vous préférez.

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16/03/2016

Encre violette et stylo vert / Lapine Story

Hank vogel, Encre violette et stylo vert.jpg

Lapine story

Dans le nord-américain
Un petit lapin
Très coquin
Attendait sous un sapin
Sa petite copine
Une lapine
Des Philippines
Quand subitement un malandrin
Déguisé en pèlerin
Friand de lapin
S’arrêta à quelques mains
Du sapin
Où le petit lapin
Très coquin
Attendait sa petite copine
Des Philippines
Le vilain
Au visage zinzolin
Posa sa bouteille de vin
Et son vieux morceau de pain
Puis son derrière de faux républicain
Puis après avoir bu tout son vin
Et mangé un petit morceau de pain
Il se coucha la tête sur un bouquin
À quelques mains
Du petit lapin
Qui attendait sa petite copine
Des Philippines
Quand le petit lapin
Vit l’immense morceau de pain
Il perdit son latin
Mais aussitôt son instinct
Lui dit de ne pas quitter son souterrain
Et il fut contraint
À ne pas bouger de son coin
Jusqu’au petit matin
Jusqu’à ce que le malandrin
Voyageur libertin
Opérant sur n’importe quel terrain
S’en allât prendre le premier train
Ouf! cria le petit lapin
Une fois que le monstrueux assassin
Disparut dans le lointain
Mais qu’il advint
De la lapine
Des Philippines?
Pauvre petit lapin
Il eut énormément de chagrin
Lorsqu’il apprit que sa petite copine
Des Philippines
Avait croisé sur son chemin
L’ignoble malandrin
Moralité mes chers bambins
Lorsque quelqu’un vient d’un autre pays, même voisin
Pour ne pas mourir de faim
Pour améliorer son gain
Retrouver un cousin germain
Ou comme la lapine
Des Philippines
Son petit copain
Sachez qu’il passe de rudes examens
Face aux aigrefins
Aux châtelains
Et au dédain
Des aériens
Et des historiens
Qu’il croise sur son chemin
Et que l’on a tort de croire ces politiciens
Qui aboient comme des chiens
Et qui disent que ces galériens
Viennent nous voler notre pain quotidien
Enfin mes chers copains
Juifs, musulmans ou chrétiens
Sachez aussi que le petit lapin
Qui attendait sa petite copine
Une lapine
Des Philippines
Sut se protéger du malandrin
En restant dans son coin
De son propre terrain
Qu’il connaissait si bien
Mais mourut de chagrin

10:40 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

14/03/2016

Soif et brûlures (27, à suivre)

Hank Vogel Soif et brûlures.jpgJe cours, je cours...
La soif dans le sang
La soif dans l’âme

Je cours, je cours...
L’espace s’ouvre à moi
La liberté m’appelle

Je cours, je cours...
Le soleil brûle ma peau
Une fontaine jaillit de mon front
La vie récompense ma folie

Je cours, je cours...
Ma pensée s’agite
Tel un oiseau affolé
Qui a fui son premier nid

Je cours, je cours...
Les collines du passé
Se mêlent aux montagnes du présent
Et les couleurs aux sons

Je cours, je cours...
Où suis-je réellement?
Qui suis-je vraiment?
La réponse est au bout du chemin
Derrière le mur de la raison

Nikolaï, totalement épuisé, après plusieurs heures de marche forcée, s’écroula par terre...

08:55 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

12/03/2016

Soif et brûlures (26, à suivre)

Hank Vogel Soif et brûlures.jpgUn malin sourire se dessina sur le visage du caduc éducateur.

- Ton métier t’a perverti, lui dit le poète.

- Sans aucun doute et j’en suis conscient, affirma le vieil homme... Mais à cause de qui? Veux-tu en connaître la raison?...

- Réponds d’abord à ma question.

- Quelle question?

- Pourquoi hier et non pas aujourd’hui.

- Comment?

- Pourquoi tu as dit: pourquoi hier et non pas aujourd’hui?

- J’ai dit ça, moi?

- Oui, tu as dit ça, toi!

- C’est une erreur de ma part... par maladresse...

- Es-tu certain?

- Quoi d’autre?

- Une éventuelle insinuation?

- Pour sous-entendre quoi?

- Qu’il est grand temps que je foute le camp de la baraque.

- C’est n’importe quoi! Je me demande finalement qui est le plus perverti des deux... Bon sang! Je n’ai jamais mis quelqu’un à la porte. Jamais de ma vie! Jamais! Personne! Ni étudiant, ni intrus, ni voleur... même pas sous l’emprise de la colère ou de la peur et tu oses craindre maintenant que je suis capable d’une telle bassesse?...

- Ça va, ça! Toutes mes excuses!... Je te demande pardon.

- Pas besoin de te disculper! Ta croix est assez lourde comme ça...

12:54 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |

11/03/2016

Soif et brûlures (25, à suivre)

Hank Vogel Soif et brûlures.jpgNikolaï tomba des nus.

- Tu es ingrat et imbu de toi-même comme la plupart de mes élèves, continua l’ancien maître d’école... Chaque fois que tu t’adresses à moi, j’ai l’impression d’avoir en face de moi un agent du KGB ou un...

- Le KGB n’existe plus, il a été remplacé par le FSB, lui fit remarquer son fils.

- Je sais bien qu’il a été remplacé! Je ne suis pas encore sénile, tu sais... Vas! Vas trotter dans les steppes... comme un âne qui rêve de devenir cheval...

- C’est tout?

- C’est tout quoi?

- Tes blasphèmes.

- Tu te prends pour un dieu maintenant?

- Dieu, dieu! Tu as un problème avec la divinité?

- Comme tout le monde.

- Moi, je ne suis pas tout le monde. Et Dieu, je l’emmerde!

- Ma parole! J’ai affaire à un communiste de l’époque soviétique...

- Mais qu’est-ce vous avez tous à me traiter de coco? Je n’adhère à aucun parti et je ne suis rien. Alors cessez de me casser les couilles avec vos suppositions et vos croyances à la gomme!...

- Oh, oh! Ne me mélange pas à ta bande de dépravés! Un peu de respect envers celui qui t’a hébergé et nourri jusqu’à hier.

- Hier? Pourquoi hier et pas aujourd’hui?

09:14 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

10/03/2016

Soif et brûlures (24, à suivre)

Hank Vogel Soif et brûlures.jpgFédor Tsouliakov se frotta le menton puis expliqua avec beaucoup de sérieux à son unique descendant:

- Le jour de ma mort, si les dieux de cette société en pleine effervescence et mutation, te le permettront bien entendu, tu hériteras cet appartement où tu pourras enfin recevoir en plein jour les filles les plus respectables de Sibérie... A moins que tu ne sois devenu, faute d’amour de ma part, misogyne, amateur de prostituées ou homosexuel...

- Mais...

- Non, ne m’interromps pas, s’il te plaît! Pour une fois, écoute-moi attentivement. C’est très important pour toi et pour moi... Avant que tu arrives à la maison, dans mon sommeil, j’ai rencontré...

- Stop, stop et stop! Je connais déjà la suite.

- Quelle suite?

- Tes théories concernant l’univers onirique.

- Mais comment peux-tu être aussi crétin que ça?

- Tu m’insultes maintenant?

- Oui, je t’insulte et j’ai même envie de te cracher à la figure.

Nikolaï tomba des nus.

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09/03/2016

Soif et brûlures (23, à suivre)

Hank Vogel Soif et brûlures.jpgNikolaï rentra chez lui, claqua la porte, sans le vouloir, et forcément son père, qui somnolait collé à son éternel fauteuil, sursauta.

- C’est vous inspecteur? balbutia le vieil homme, l’air égaré.

- Non, c’est Kolinka, dit son fils.

- Ça me rassure.

- C’est encore un de tes bizarres rêves?

- Mais quelle heure est-il?

- Trois heures et des poussières...

- Tu as pris congé?

- Non, on m’a foutu dehors.

- Foutu dehors? Mais qui et pourquoi?

- Mon meilleur copain et pour des conneries.

- Je ne te crois pas.

- C’est pourtant la vérité.

- Viktor a osé te faire ça? Pour des bagatelles?...

- Des conneries.

- Surveille ton langage, fiston! La vulgarité n’arrange jamais rien, au contraire...

- Ça va, Papa, ce n’est le moment de me donner un cours de philosophie sociale...

- C’est génial!

- Mais de quoi parles-tu?

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08/03/2016

Bonne fête les femmes!

C'est la journée de la femme! Il faut donc fêter cela. Au nom de l'amour et de tout le reste. Et que tous les misogynes aillent en enfer!...

(Cette vidéo a été réalisée l'année passée mais, pour moi, elle est toujours d'actualité.)

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07/03/2016

Soif et brûlures (22, à suivre)

Hank Vogel Soif et brûlures.jpg- C’est Rouslane, mon petit-fils, répondit-elle enfin.

- Que lui est-il arrivé?

- Un accident, un terrible accident.

- ...

- Il a été gravement brûlé, dit la voisine de gauche.

- Un bidon d’essence a explosé, expliqua la voisine de droite.

- Puis-je faire quelque chose? demanda Nikolaï, ne sachant quoi dire d’autre face au désarroi de cette vieille femme pour laquelle il avait beaucoup de sympathie.

- Seul Dieu est capable de réparer l’irréparable, murmura-t-elle.

Mais pour le poète, Dieu était totalement impuissant, absent depuis longtemps. Depuis le jour où sa mère partit pour toujours.

Ce jour-là, il l’avait supplié pour qu’elle restât encore quelque temps auprès des siens. Mais le Créateur de l’univers lui avait fait comprendre qu’il ne pouvait rien faire pour personne car il avait mis en route une machine, incontournable, l’horloge de l’existence, et que c’était elle et elle seule maintenant qui décidait de tout.

- Pourquoi faut-il que la disgrâce s’abatte toujours sur les mêmes? dit la Kazakhe, en regardant le ciel. Ma fille a perdu son mari, il y a à peine six mois et voilà que son fils...

- Je...

- La vie est injuste. Ce sont toujours les mêmes qui payent.

- J’aimerais vraiment vous aider, madame...

Mais la vieille femme n’entendit rien ou d’étranges paroles. Lointaines et inaudibles. Parce qu’elle était ailleurs. Elle était dans cet ailleurs chargé d’images confuses, étourdissantes, affolantes et souvent paralysantes: le malheur...

07:31 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (10) |  Imprimer |  Facebook | | | |