27/01/2016

Soif et brûlures (2, à suivre)

Hank Vogel Soif et brûlures.jpgC’était l’été. Il faisait très chaud. Plus chaud que les autres années. Caprice de la nature ou conséquence due à la folie des scientifiques? Les réponses étaient sur toutes les lèvres. Elles se multipliaient à l’infini et engendraient d’autres questions et bien entendu d’autres réponses encore plus invraisemblables les unes des autres.

Ce jour-là, Viktor arriva en retard à son kiosque.

- Excuse-moi, camarade, ma Lada est tombée en panne, dit-il à Nikolaï.

Nikolaï ne répliqua pas mais remarqua les mains de son ami toutes noires de graisse.

- Je suis vraiment désolé, continua Viktor. C’est probablement cette sacrée chaleur qui a foutu le moteur en l’air.

- Va te laver les mains et cesse de débiter des inepties, lui conseilla Nikolaï.

Et il alla se laver les mains aux toilettes publiques de la gare.

Au bout d’une demi-heure, il revint et dit:

- Excuse-moi, camarade, mais il y avait un monde fou. C’est certainement à cause de cette sacrée chaleur.

Nikolaï sourit.

- Pourquoi ris-tu? lui demanda Viktor, qui semblait un peu froissé.

- Je ne ris pas, j’ai souri.

- Alors pourquoi tu as souri?

- Parce que tu me fais rire. Mais j’ai préféré sourire pour ne pas te vexer. Tu es satisfait de ma réponse?

- Tu m’as vexé tout de même.

Nikolaï sourit de nouveau.

- Tu veux vraiment me foutre en colère, n’est-ce pas? dit Viktor en haussant la voix.

- Pour un sourire? fit calmement Nikolaï... La canicule a déjà tué pas mal de personnes, tu as vraiment envie qu’elle te tue aussi?

- Excuse-moi, je ne comprends pas ce qu’il m’arrive...

- Alors, afin te faire pardonner pour ton retard, vas acheter deux bonnes bières bien glacées et oublie ta panne, la chaleur et tout le reste.

- Tu crois ça?

- Vas te dis-je!

Et Viktor alla acheter les bières bien glacées.

Quand il revint au kiosque, une bouteille dans chaque main, Nikolaï lui lança d’un ton amusé:

- C’est comme ça que j’aime mon patron. Obéissant, généreux et convaincu d’avoir eu tort.

Viktor ne réagit pas. Il décapsula les bouteilles avec un gros clou tout rouillé, en tendit une à son ami et les deux hommes avalèrent leur boisson préférée, bien fraîche, sans prononcer le moindre mot...

11:40 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

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