31/12/2015

Saïouda, la fille du portier (18, à suivre)

Hank Vogel, Saïouda, la fille du portier.jpgLes jours passent, les semaines passent... Rafad, le meilleur copain de mon grand frère Freddy, un photographe qui a figé sur du papier glacé, pour l'éternité j'espère, les larmes et les grimaces les plus tendres de mon enfance, meurt d’une péritonite.

- Pourquoi, il est mort, je demande à mon père.

- Parce qu’il est arrivée trop tard à l’hôpital, me répond-t-il tristement, d’une tristesse pareille à celle d’un père qui vient de perdre un fils.

- Et pourquoi, il est arrivée trop tard à l'hôpital?

- Parce qu’ il a préféré aller s’acheter un appareil de photo au lieu de se rendre tout de suite chez le médecin, nous ont dit ses parents.

- Je ne le verrai donc plus? Plus jamais?

- Quand tu seras très très vieux, peut-être.

- Comme toi?

- Beaucoup plus vieux que moi. Le jour où tu seras mort toi aussi.

- C’est dans très longtemps alors?

- Des dizaines et des dizaines d’années...

- Et je le verrai où? En enfer ou au paradis?

- Au paradis.

- Il me reconnaîtra après tout ce temps?

- Les gens qui s’aiment se reconnaissent toujours... C’est probablement lui qui t'accueillera là-haut.

- Avec son appareil de photo?

- Malheureusement sans.

- Pourquoi, c’est interdit...

- Non, mais... Au fait qui t’a parlé de l’enfer?

- Zia...

- Qui?

- Je ne me souviens plus.

- Tu ne t’en souviens plus ou tu ne veux pas me le dire?

- Un secret est un secret.

Ma mère, toute affolée, se pointe à ce moment et dit à mon père:

- Pataud a disparu... Tu l’as vu quelque part?

Et mon père d’un air digne d’une mage, lui répond:

- La fidélité d’un chien est pharaonique. Rafad aimait Pataud plus que nous tous. Alors, l’animal a suivi son meilleur ami jusqu’aux portes des ténèbres.

Et personne ne pourra jamais prouver le contraire...

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30/12/2015

Les pommes et l'arbalète (31, fin)

Les pommes et l'arbalète de Hank Vogel.jpgTrois ans plus tard. Quelque part en Afrique. Je suis confortablement assis sur la terrasse de mon bungalow en bambou contemplant la beauté du paysage, qui n’est rien d’autre qu’une immense plantation de bananes roses, quand Ivy rapplique et me dit:

- Je viens de recevoir un téléphone de Papa et Maman.

- Comment vont-ils?

- Très bien. J’ai l’impression que mon père pense plus à toi qu’à moi.

- Tu es jalouse?

- Au contraire, je préfère ça...

- Et ta mère?

- Elle m’a demandé comment va s’appeler notre bébé.

- Et qu’as-tu répondu?

- Que nous avons encore sept mois pour réfléchir

- La prochaine fois, tu pourras lui dira: que si c’est une fille, on la baptisera Amy, Abby ou Peggy mais en aucun cas Sony.

- Pourquoi pas? Sony, Sony! C’est court et ça sonne bien.

- C’est vrai mais à la longue, ça devient obsessionnel et on finit par croire que l’on est constamment à la recherche de sa caméra.

-...

- Sony!

- J’avais compris.

Ivy se retire... Puis, un quart d’heure plus tard, elle m’apporte un spritz, s'installe à côté de moi et me dit en admirant les bananiers:

- Tu as fait du beau travail, chéri.

- Ce n’est pas moi qu’il faut féliciter mais les Africains et le climat africain, je souligne.

- Tu as raison... Mais grâce à l’argent de Papa.

- Eh, oui! Il faut le reconnaître.

- Kodwa ngikhetha apula.

- Tu parles le zoulou maintenant?

- La cuisinière m’apprend de temps en temps quelques mots... Il faut bien, si on a l’intention de vivre longtemps dans ce pays...

- Et qu’est-ce ça signifie ce que tu viens de dire?

- Ça veut dire: mais je préfères ses pommes.

- Tu a la nostalgie de la Suisse.

- Pas spécialement... C’est l’odeur, le parfum des pommes de nos pommeraies qui me manque. Et toi?

- C’est l’arbalète de ton père.

- Tu veux rire?

- Je suis sérieux, même très circonspect... J’ai besoin de la voir, de la toucher et de tirer avec...

- Mais c’est un jouet dangereux!

- Pour celui qui ne sait pas s’en servir.

- Et pour quelle raison, tu as besoin de tout ça?

- Parce qu’elle est magique.

- Là, tu n’es pas sérieux.

- Encore plus.

- Soit explicite, dirait le vieux.

- Eh bien, si le vieux, comme tu le qualifies si bien mais à tort, ne n’avait pas mis mis cet engin dans les mains, je n’aurais jamais compris le vrai sens de la liberté.

- Et comment tu te l’imagines, cette liberté?

- Je ne me l’imagine pas, elle vibre en moi. C’est dur à expliquer. C’est plus fort que la foi... L’arbalète n’est qu’un symbole, belliqueux pour certains. Pourtant, elle a réveillé en moi une voix qui me dit régulièrement que l’homme est condamné à se battre, jour et nuit, contre ses ennemis, qu’ils soient de chair ou des fantômes qui hantent son esprit. Il n’y a pas de liberté sans lutte, il n’y a que de la soumission ou la mort.

- Tu es devenu croyant, ma parole!

- Quel importance que je le sois ou pas! L’essentiel, c’est de marcher droit dans la bonne direction. Pour toi, pour moi et tous les autres.

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29/12/2015

Les pommes et l'arbalète (30, à suivre)

Les pommes et l'arbalète de Hank Vogel.jpgLe soir, je me rends au Patrick Brothers and Sons, seul... et inévitablement la belle rousse, pâle comme le lait et une myriade d’éphélides sur le visage à faire fondre un poète, est là.

- J’espère que ce n’est pas mon père qui vous envoie, me dit-elle, en me servant son fameux stout made in chez nous, la brune qui vaut dix blondes, avec un beau sourire.

- Il n’y a aucun risque, je lui réponds.

- Et pourquoi?

- Parce je suis au chômage depuis midi.

- Je ne vous crois pas. Le vieux est cinglé mais pas à ce point-là.

- C’est justement pour ça que j’ai donné mon congé.

- Je ne vous crois toujours pas.

- Tel père, telle fille!... Au fait, comment vous prénommez-vous?

- Ivy.

- Avec un i grec à la fin?

- Oui, comme lierre en anglais. Vous n’aimez pas?

- Si.

- Ma drôle de mère adorait, et adore toujours, les prénoms qui finissent par i. Comme Beverly, Cindy, Daisy, Kimberly, Lily, Sony...

- Heidi.

- Non! Pas Heidi.

- Pourtant, c’est un joli nom.

- J’en conviens. Mais pas pour elle.

- Peut-on savoir pourquoi?

- Parce que la typesse de mon dad est anglaise. Un pur produit britannique qui déteste tout ce qui est d’origine germanique.

Je reste bouche bée. Mais elle ne s'aperçoit de rien.

- Mes parents se préoccupent trop de moi et je déteste ça, me confie-t-elle... Et je veux leur prouver que je n’ai pas besoin d’eux pour réussir ma vie... Mais pourquoi, je fais ça?

- Par fierté simplement, dis-je.

- Non, je voulais dire pourquoi je répète ce que je vous ai déjà miaulé hier soir...

- Cela me dérange pas.

Puis, comme piqué par un moustique, elle sursaute et me demande:

- Comment va Maria?

- Qui?

- Votre épouse.

- Mon épouse?

- Vous n’êtes pas marié?

- Pas plus qu’un curé.

- Le salaud!

- C’est votre père qui vous a raconté ça?

- Oui, lui...

- Et vous, vous n’êtes pas non plus épileptique, maniaco-dépressive et cleptomane?...

- Il a osé me salir?

- Oui, il a osé.

- Le double salaud!... Mais pourquoi autant de mensonges?

Alors, poi, dann, so... valmuefrø!

Les méchancetés des uns font parfois le bonheur des autres, me dis-je en découvrant miraculeusement devant moi ma future seconde moitié.

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28/12/2015

Les pommes et l'arbalète (29, à suivre)

Hank Vogel, les pommes et l'arbalète .jpg

Puis, navré, je lui explique:

- Le virus de la granulose et le Bacillus de Thurengensis ne seraient d’aucune utilité... Il faudrait... il me faudrait votre arbalète.

- Vous plaisantez? me dit-il, tout surpris.

- Aucunement.

- Mais c’est absurde!

- Dans de pareilles circonstances, aucune idée n’est à exclure...

- Tout de même! On n’anéantit pas des insectes avec des flèches.

- Je suis tout à fait d’accord avec vous.

- Eh bien?

- Comme je suis un agnostique un peu particulier, j’ai besoin de votre engin pour me concentrer afin de trouver la clé de la solution...

- Mais enfin! Quelqu’un d’intelligent comme vous n’a pas besoin de ça pour réussir...

- Vous êtes bien le personnage que m’a décrit votre fille.

- Vous avez vu ma fille?

- Pas encore.

- Qu’avez-vous fait avec elle?

- Je ne connais même pas son nom.

- Ce n’est une raison pour... pour... vous voyez ce que veut dire...

- Vous me décevez, cher monsieur. Vous savez bien que l’on ne mélange jamais les torchons avec les serviettes et que la plupart des patrons s’en tiennent... à ce discriminatoire principe. Je ne connais rien de votre famille. Rien du tout. Comme tous vos employés d'ailleurs... La race des seigneurs méprise toutes les autres, n’est-ce pas?...

- Qu’ a-t-elle inventé?

- Votre gamine?

- Oui, elle et pas ma sœur.

- Vous faites de l’esprit maintenant?

- Que vous a-t-elle révélé?

- L’homme qui se cache derrière votre façade et pourquoi elle a décidé de travailler dans un bar.

- Soyez plus explicite!

- D’après elle, et je pense qu’elle n’a pas totalement tort, vous êtes, comme la majorité des politiciens, imbu de vous-même et plein de contradictions. Le matin, vous promettez la lune et le soir, vous déclarez qu’il faut se méfier d’elle. Car les coups de lune, c’est mauvais pour la santé. Vous êtes pour que l’on baisse tous les hauts salaires sauf le vôtre. Vous êtes pour «du cannabis en vente libre pour les adultes» sauf pour votre fille. Vous êtes pour le mariage pour tous sauf lorsqu’il s’agit de votre descendance. Vous êtes pour ceci, contre cela, mais toujours avec un sauf collé au cul. Pour vous, tout est permis pourvu que ça rapporte, pour les autres aussi mais à condition que ça ne mette pas votre vie ou celle de vos proches en danger. Vous êtes, vous êtes... finalement vous n’êtes rien. Votre fille a raison, votre argent sent mauvais. Allez au diable, vous, vos pommes et votre arbalète! Et que la onzième plaie d’Égypte s’abatte sur votre empire.

Et, avec rage, j’enlève ma blouse blanche, je la jette par terre et je m’en vais...

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27/12/2015

Les pommes et l'arbalète (28, à suivre)

Hank Vogel, les pommes et l'arbalète .jpgLe lendemain matin, dans mon laboratoire d’analyses phytologiques et bactériologiques des eaux, des terres et des airs, où aucun élément perturbateur n’échappe à mon contrôle grâce mon performant microscope, que j’ai acheté avec mes propres économies lors d’un voyage d’étude aux États-Unis et baptisé «l'œil irrémissible de Dieu», je découvre à ma plus grande stupéfaction une minuscule larve proche de celle du Carpocapse. Cydia pomonella, pour les scientifiques. Aussitôt, j’informe mon patron et lui dis avec un profond sérieux:

- Je crois que ça va papillonner sec dans les plantations.

Terrifié, tel Thoutmôsis III, le plus probable des pharaons de l’Exode, face aux sauterelles, Vogelstein me demande:

- Toutes, toutes et toutes?

- C’est-à-dire?

- Les miennes, celles de ma femme et les quelques-unes de mon futur gendre... Alors?

- Alors quoi?

- C’est grave docteur?

- Plus que grave, surtout que vous avez fait confiance à vos amis chimistes.

- Les salauds!

Je me gratouille le ciboulot.

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26/12/2015

Les pommes et l'arbalète (27, à suivre)

Hank Vogel, les pommes et l'arbalète .jpgLa belle rousse, pâle comme le lait et une myriade d’éphélides sur le visage à faire fondre un poète, pénètre dans la pièce et expédie à Vogelstein:

- Tu es un grand salaud, Alfredo.

- Mais qu’est-ce que j’ai fait de pas bien?

- Ne joues pas à l’innocent, ça ne te vas pas du tout... Si encore une fois tu viens chez moi sans me prévenir et que tu me fauches des clients pour leur faire subir ton numéro de cirque avec ton arbalète à la con, j’épouse sur le champs le premier négro que je rencontre dans la rue... Je t’aurais prévenu, hypocrite de raciste.

Petits échanges de regards entre Roby et moi.

- Quant à vous, sachez que quitter un établissement sans payer, c’est considéré comme un vol. Si c’est intentionnel, il y va de soi.

Roby s’apprête à sortir son porte-monnaie de la poche intérieure de son veston...

- Laissez tomber, dit-elle, le vieux payera la note avec un très très gros pourboire. Radin comme il est, ça lui fera les pieds.

Puis la belle me contemple l’espace d’une seconde et me demande:

- Ne seriez-vous pas Guglielmo Tello, le bras droit de mon paternel ici présent?

- Oui, c’est moi...

- Au bar, je me suis souvenue que j’avais rougi un jour en vous apercevant au labo de papa, quand j’étais adolescente... mais je n’ai pas osé vous en parler, confesse-t-elle ouvertement. Je crois que...

- Du champagne pour tout le monde! crie Vogelstein, coupant ainsi la parole à sa fille.

- Il a fatalement une idée derrière la tête, le trou de balle, me glisse à l’oreille l’ami d’enfance...

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25/12/2015

Joyeux Noël à tous!

J'ai le plaisir de vous souhaiter un joyeux Noël et, dans ce monde si numérisé où l'on pense malheureusement trop à l'argent, permettez-moi de vous offrir un de mes e-contes préférés que certains connaissent déjà sous un autre titre.

Cliquez!

L'homme émancipé, Hank Vogel, e.pdf

Bonne année 2016.jpg

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24/12/2015

Les pommes et l'arbalète (26, à suivre)

Hank Vogel, les pommes et l'arbalète .jpgRoby applaudit.

Vogelstein me foudroie du regard.

Tout à coup la sentence «L’employé qui insulte son patron risque de se trouver rapidement à la porte» se met à clignoter dans l'hémisphère maladroit de mon cerveau telle une pancarte publicitaire. Lumineuse. Mais quelques neurones d’une logique plus rassurante la biffe aussitôt et la remplace par «Le subalterne réfractaire mais indispensable à l’entreprise a de fortes chances de figurer sur une liste noire jusqu’à l'arrivée de son remplaçant»... La peur est là. Vicieuse et protectrice à la fois. Infatigable et épuisante. J’ai l’impression de nager dans une mer infestée de pensées morbides...

- Vous philosophez, cher collaborateur? me demande le boss, comme si de rien n’était, sans doute pour éviter que le disque dur où sommeillent nos bonnes relations ne s’efface à jamais.

Je souris. Il sourit. Roby sourit. Nous sourions tous les trois en même temps et c’est la surprise. La cerise sur le gâteau!...

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23/12/2015

Les pommes et l'arbalète (25, à suivre)

Les pommes et l'arbalète de Hank Vogel.jpg- Vive la Suisse libre! À bas les envahisseurs!

Et, simultanément, le carreau d’arbalète part comme une fusée en sifflant et fend en deux l’ersatz britannique.

Et, fier de mon exploit, après mûre réflexion, je balance:

- Deux questions. Primum: comment savez-vous que je ne supporte pas la mentalité des Amerloques et des Rosbifs? Secundo: se libérer est-ce un enrichissement ou une banalité?

Vogelstein hésite puis ose:

- La haine envers l’étrange, ça s’entend, ça se voit ou ça se sent à distance. C’est une odeur nauséabonde qui n’exalte que les petits cons, les grands connards et les colossaux abrutis...

Je me rebiffe et je gueule:

- Quisling! Collabo! Traître! Déserteur! Félon! Renégat! Embourgeoisé! Couille molle! Ce sont des mots que vous devriez retenir, à votre tour, camarade patron. Car vous confondez haine et délivrance. Patrie et liberté. Les libertés et la liberté. Les fruits de l’arbre et l’arbre lui-même. Le particulier et l’essentiel. Tell emmerda les conquérants de l’époque, moi j'emmerde les occupants d’aujourd’hui. A ma façon...

Roby n’en revient pas.

Et j’enchéris:

- Je ne suis pas contre le chapeau melon, la casquette Trucker, le pakol, le foulard ou la burqa, je suis contre tous ceux qui méprisent la langue de Molière, de Dante ou de Goethe, sous nos toits et nos cieux. Ni plus, ni moins. Quant au reste, je n’en ai rien à foutre.

Puis avec un souffle universaliste:

- On devrait pouvoir choisir librement son pays comme s’il s’agissait d’un mariage d’amour... Ce serait alors la parfaite union entre un individu convaincu et le peuple de toutes ses aspiration... Que les anges bénissent la démocratie de demain!

Roby applaudit...

 

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22/12/2015

Les pommes et l'arbalète (24, à suivre)

Les pommes et l'arbalète de Hank Vogel.jpgChute brutale dans la réalité. Soit aux sources de l’incertain et du provisoire. Pathologiquement, je secoue la tête et, béatement, j'ois les recommandations de Vogelstein:

- Poser, armer, lever, glisser, viser, inspirer, expirer, tirer, lâcher et recommencer... Retenez bien ces verbes. Mais l’essentiel, la perle des perles, c’est le désir profond de réussite. Atteindre le but. Lui, lui, rien que lui! Absolument! Coûte que coûte!... Le désir, cette force incroyable! C’est lui qui est la véritable flèche guidée par la pensée... C’est à vous maintenant, Tello. Songez à Tell et ciblez la boule qui incarne le pire de vos ennemis momentanés...

- La Pomme Rambo ou la Cox's Orange Pippin?

- Un seul ennemi à la fois. Commencez par le larbin de l’autre. C’est une tactique militaire.

- Je peux hurler en tirant?

- Si cela vous libère.

Je me prépare, je me concentre... et, und, e, and:...

 

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20/12/2015

Les pommes et l'arbalète (23, à suivre)

Les pommes et l'arbalète de Hank Vogel.jpgAlors l’élu de la déesse Pupilla, pour éviter une éventuelle altercation, lève le bras droit en l’air et nous propose:

- Que direz-vous si je vous dévoile le secret de ma réussite financière? Ne répondez pas tout de suite, les garçons! Ruminer avant de beugler et non l’inverse est meilleur pour la santé, m’a dit un jour un paysan non subventionné à Seelisberg, en grimpant sur un énorme cerisier. Cet homme libre avait tout compris. Malheureusement, ils sont peu nombreux des comme lui dans ce pays politiquement déchiqueté. Bref! Ce n’était qu’une parenthèse plus proche de la foutaise que la thèse. Finalement, en tant que philanthrope héréditaire malgré mon caractère peu altruiste, je vais vous offrir cette énigme qui fera de vous de probables héros dans le cosmos incontrôlable des affaires, des arts, des sciences et du farniente.

Il s’adresse à Roby:

- Débarrassez-vous de l’arbalète, qui risque de déformer votre épaule droite nonobstant votre patriotisme acharné, et posez-la soigneusement par terre... Prenez cette manivelle et armez-la en tirant la corde vers vous avec cet outil.

Étonnement, fier comme un soldat suisse prêt à se battre contre tout ennemi invisible, l’ex fromager, pourtant un objecteur de conscience convaincu, obéit sans la moindre protestation aux ordres de son commandant.

- Et main... tenant, mon lieu... tenant? bafouille-t-il, tout ébranlé par une émotion inattendue, probablement atavique.

- Voici une flèche, glissez-la...

Mais à cet instant, ma cervelle s’envole à des années-lumière de là.

Et une voix céleste me fredonne:

- L’homme est l’animal le plus imprévisible de la création...

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18/12/2015

Les pommes et l'arbalète (22, à suivre)

Les pommes et l'arbalète de Hank Vogel.jpgVogelstein se gratte la tête. Un singe ne ferait pas mieux. Pour une fois, je suis d’accord avec la théorie de Darwin.

Puis décontracté, en se dandinant presque avec grâce, tel un grand monarque scandinave qui s’est débarrassé à jamais de tout souci électoral et de gloire, il s’approche de la bibliothèque, rouvre le tiroir réservé à l’arbalète, y retire des flèches et une sorte de manivelle, se retourne vers nous d’un seul mouvement et nous déclare solennellement, statut oblige:

- Quand les serviteurs font leur travail à la perfection, les maîtres se laissent aller et oublient qu’ils ont eux aussi des obligations domestiques. Alors, en bon démocrate alémanique, je reconnais que je suis le principal responsable de la disparition provisoire de l’outil plus que symbolique de nos libertés et de notre souveraineté. Mais! Comme les mais existent pour nous permettre de nous déculpabiliser en partie de tout acte manquant...

Roby l’interrompt en lui disant:

- Vous ne pouvez pas vous exprimer plus naturellement, cher maître? Nous ne sommes pas au tribunal... ni au parlement où les serments coulent à flots pour amuser la galerie de babouins.

Et je continue:

- Il est tellement plus simple et moins coûteux de cracher la vérité d’un seul coup sur la table que de se gargariser pendant des heures pour se sentir obligé ensuite de devoir la servir à petit jet sur un plat d’argent.

Vogelstein nous fixe des yeux durant un vingtaine de secondes. Tantôt Roby. Tantôt moi.

Puis, en souriant, il nous révèle:

- Je suis un assassin en voie à le devenir car je suis responsable de nombreux homicides involontaires.

Petite pause dans atmosphère étrange, proche d’une exaltante séquence d’un film à suspens, puis:

- C’est moi qui a oublié l’arbalète près du lavabo en lapis et c’est moi aussi qui a laissé le tiroir ouvert qui fut refermé plus tard par un de mes domestiques... ce qui a déclenché en moi un sentiment de méfiance vis-à-vis de vous.

- Quoi? crie Roby.

Alors l’élu de la déesse Pupilla, pour éviter une éventuelle altercation, lève le bras droit en l’air et nous propose:...

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16/12/2015

Les pommes et l'arbalète (21, à suivre)

Les pommes et l'arbalète de Hank Vogel.jpgBrusquement, Vogelstein paraît totalement affolé et il se met à jurer en suisse allemand. Mais mes oreilles prudes et hostiles à cette langue barbare ne retiennent que Donnerwetter et Gopfertami.

Puis, quasi en pleurant, il marmonne:

- Ils l’ont volée, les salauds!

- Qui, quoi?

- Ma mimi, ma mini...

Richard rime avec pleurnichard. Car la possession, c’est le contraire de la liberté. Elle est engendrée par la peur. La crainte de ne plus avoir. De ne plus être. Quelqu’un d’important, de puissant face à... Face à quoi? A son miroir. Au vide, en réalité.

- J’ai eu tort de faire confiance à l’œil Moscou et aux oreilles de Washington, me confie Vogelstein. Ils aiment trop les armes ces deux là. Surtout le moins sourd qui confond arme de sport et arme de guerre... Non, ils n’ont pas pu me faire une chose pareille, ces voyous! Pas à moi. Ils l’ont certainement cachée quelque part.

- Mais de quoi parlez-vous, Alf?

- Mais de la mini baliste!

- Quelle baliste?

- Mon arbalète. L’unique, l’extraordinaire, la si performante...

À ce moment précis, Roby se radine tout décontracté le bidule enchanté sur l’épaule.

- Mais où donc l’avez-vous dénichée? lui demande Vogelstein, joyeux comme un petit garçon qui a retrouvé son pistolet préféré.

- Aux gogues.

- Aux gogues?

- C’est soit Gugus soit vous qui l’avez posée là, près du lavabo bleu dont le robinet est doré... avant qu’on se lave les mains pour le grand festin.

- Festin?

- Votre apéro minable mais purificateur, pour ne pas trop vous insulter.

- Ce n’est possible.

- Qu’est-ce qui n’est pas possible?

- Le lavabo en lapis-lazuli dont le robinet est en or se trouve dans les toilettes strictement réservées aux domestiques.

- Pourtant, c’est là me nous nous rendus avec vous pour pisser entre autres. N’est-ce pas, Gugus?

- Oui, je me souviens, mon ami a raison, j’affirme.

Vogelstein se gratte la tête. Un singe ne ferait pas mieux. Pour une fois, je suis d’accord avec la théorie de Darwin.

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15/12/2015

Les pommes et l'arbalète (20, à suivre)

Les pommes et l'arbalète de Hank Vogel.jpg- Ma grand-mère utilisait le psyllium pour traiter les hémorroïdes et les furoncles en Afrique.

- Quelle horreur!... Elle était soignante votre mémé?

- Non, nonne et médecin.

- Nonne? Vous plaisantez?

- Pas du tout, c’est la pure vérité.

- Mais les religieuses ne peuvent se marier qu’avec Jésus, d’après ce que l’on dit.

- Je sais.

- Alors?

- C’est simple comme bonjour. Ma chère mémé en rencontrant mon cher pépé, de fil en aiguille, ou plutôt de drap en drapeau, s’est rapidement rendu compte que le spirituel était moins excitant que le réel. Og, og, og... les deux tourtereaux ont fuit l’Afrique pour échapper aux colères des Pères blancs et se sont rendus au Danemark pour vite se jurer fidélité car mon très cher papa était pressé de venir au monde.

- C’est la première fois que j’entends une histoire pareille.

- Pourtant ce n’est ni la première ni la dernière. L’amour entre deux êtres triomphe sur tout...

- Au fait, ça veut dire quoi og? Est-ce une nouvelle version de OK?

- Et en danois.

- Et, la conjonction d’ordination?

- Non, de coordination.

- Oui, bien sûr...

- Lapsus linguae dû au conditionnement ecclésiastique.

Brusquement, Vogelstein paraît totalement affolé et il se met à jurer en suisse allemand. Mais mes oreilles prudes et hostiles à cette langue barbare ne retiennent que Donnerwetter et Gopfertami.

 

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14/12/2015

Les pommes et l'arbalète (19, à suivre)

Les pommes et l'arbalète de Hank Vogel.jpgQuel apéro! Pensez donc! Des cacahuètes et du jus de pomme. Un verre chacun. Pas plus. C’est à ces moments de prétendue grande distribution caritative que l’on reconnaît le riche du pauvre. Ou l’avare du généreux. Car l’égocentrique s’enrichit et l’altruiste s’appauvrit, matériellement. Tous les mathématiciens le confirment. L’un donne la pipette au bout des doigts et l’autre la pelle dans les mains. Quelle misère mentale! Et dire qu’au four crématoire nul mort n’a pu s’échapper des flammes de l’enfer, jusqu’à maintenant.

Et nous retournons dans la pièce où les pommes en bois et en faïence semblent s’ennuyer, à faire rougir de colère un biologiste, faute de balancements et de putréfaction.

- C’est où les chiottes? demande Roby... Car, entre nous soit dit, votre cidre prématuré vaut le psyllium condensé...

- Derrière vous, tout au fond du couloir, répond Vogelstein... Si vous vous perdez en cours de route, les tableaux aux murs vous serviront de guide.

Puis il s’adresse à moi:

- C’est quoi le psy et quelque chose?

- Plantago ovata, une plante dont les graines ont un pouvoir laxatif entre autres.

- Entre autres?...

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13/12/2015

Les pommes et l'arbalète (18, à suivre)

Les pommes et l'arbalète de Hank Vogel.jpgJ’approuve en hochant la tête mais je précise:

- À condition que ce dernier ait le sens du partage... Le ploutocrate ne me dérange pas spécialement car je sais par expérience qu’il est plus facile de s'habituer au luxe qu’à la misère mais... mais...

- Mais?

Que de mais interrogatifs dans la vie d’un homme! Que de parce que douteux! Que de termes qui nous empoisonnent l’existence! Que de vocales qui nous propulsent hors de nous-mêmes! Se taire et laisser braire nous ouvrirait peut-être les portes du sublime. Mais nous sommes condamnés à répondre. Lourdement condamnés à la réponse. Prisonniers de notre éducation maladive et ancestrale.

- Mais? bêle curieusement cette fois-ci Vogelstein.

Et illoco presto, je pointe l’arbalète en direction de la bibliothèque et je chante:

- Pomme verte! Pomme jaune! Pomme rouge! Quelle que soit ta couleur, ma flèche te coupera en deux! Moitié pour maman, moitié pour papa et les pépins pour moi! Et une fois dispensé de mon arc libérateur, je planterai tes graines dans des terres lointaines pour les enfants de demain.

Un merde alors s’échappe de la bouche de Roby.

- Où as-tu appris à chanter? me demande-t-il.

- Au catéchisme.

- Tu te fous de moi?

- Alors à l’école buissonnière.

- Ce qui prouve que vous étiez destiné à l'agronomie, me dit mon patron... Magnifique chanson! C’était exactement ce que j’attendais de vous. Désormais, vous appartenez au cercle des initiés et vous pouvez m'appeler Alf.

- Mais... Zut! Encore un...

- Plaît-il?

- Non, rien, je voulais dire: oui avec plaisir.

- Et moi? miaule Roby. Je n’ai pas droit aux mêmes prestations?...

- À chacun son heure, répond Alfred... Suivez-moi les garçons, il est temps maintenant de passer à l’apéro.

Bizarre! Le mot garçon me rappelle la belle rousse du bar...

14:16 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

12/12/2015

Les pommes et l'arbalète (17, à suivre)

Les pommes et l'arbalète de Hank Vogel.jpgEt pour en finir sans doute avec les images que les autres se font de lui, l’homme fortuné nous déballe tout ce qu’il a sur le cœur:

- Pour les minables, je suis un salaud parce que je suis un type huppé. Pour les cire-pompes, la grotte de Massabielle, à Lourdes pour ceux qui l’ignorent. Pour mes adversaires, le mur de Berlin avant sa démolition. Et pour les cons, un parfait trou de balle. Mais en vérité tout le monde se trompe. Car, à part ma femme dans des moments d’égarement, personne ne m’a vu assis sur le trône en train de me torcher... et tirer la chasse d’eau comme n’importe quel imbécile pressé de foutre le camp. Me découvrir, ne serait-ce qu’une fraction de seconde, dans une telle position et situation modifierait paradoxalement mais certainement en bien tout jugement biscornu à mon égard...

J’approuve en hochant la tête mais je précise:

- À condition que ce dernier ait le sens du partage... Le ploutocrate ne me dérange pas spécialement car je sais par expérience qu’il est plus facile de s'habituer au luxe qu’à la misère mais... mais...

- Mais?...

14:12 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

11/12/2015

Les pommes et l'arbalète (16, à suivre)

Les pommes et l'arbalète de Hank Vogel.jpgSoudainement, Vogelstein s’approche du meuble, nerveusement ouvre un tiroir, y retire une arbalète et nous la tend en criant:

- Prouvez-moi que vous êtes meilleurs!

J’avance vers lui et, quasi avec violence, je lui arrache des mains cette arme si chère à Tell.

- Personne n’est plus fort que moi au tir surtout avec cet engins, je lui dis.

Un sourire étrange se dessine sur son visage et il glose:

- Celui qui se vante trop d’un pouvoir qu’il maîtrise, passe pour un menteur le jour où il rate sa cible. Car nul n’est à l’abri d’une faiblesse... J'attendais de vous une verbalisation plus philosophique que guerrière, je suis terriblement déçu...

- Mais à quoi jouez-vous, Monsieur Vogeltruc? lui demande Roby en insistant sur le m.

- Vogelstein de père en fils depuis des siècles, corrige-t-il. Je ne suis pas un amalgame verbal comme le prétendent mes concurrents et certains de mes employés jaloux, jaloux à en mourir...

- Homo homini lupus est, coupe Roby d’un ton ironique, en le levant les yeux au plafond.

Je me sens visé. Bizarrement visé. Pourtant la jalousie ne m’a jamais effleuré l’esprit. Que je sache!...

11:16 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

09/12/2015

Bon vent Monsieur Parmelin!

Comme l’avait prédit la Fée des Alpes, lire ma note du 29 novembre, Monsieur Guy Parmelin est entré au panthéon des dieux helvètes où l'éternité ne dure qu’une dizaine d'années. Largement suffisant pour économiser une belle somme pour ensuite s'acheter une mignonne petite cabane en bois. Comme l’a fait la Barbie brune aux mèches décolorées dans un quartier sélect de Genève, la dépensière. Mais voilà! L’argent va à l’argent. Et la bouteille aux bouteille, j’ajouterais. Bien que certaines personnes se soient permises de déclarer qu’aucun des trois nouveaux candidats au Conseil fédéral n’avait de la bouteille. Soit par méchanceté soit par pure ignorance. Que voulez-vous les caves de Bursins, ce ne sont pas les rue de Berne! Bref!...

Étrangement, j’ai failli verser une larme lorsque la guillotine électorale est tombée. Propulsant le vainqueur au sommet de la gloire et les vaincus au périgée de l’oublie. Pourtant, politiquement parlant, mes convictions n'ont jamais flirté avec les leurs. Presque jamais, soyons honnêtes! Car je suis un homme libre. Libre de penser et de me contredire, en tant que penseur et auteur de mes propres actes et écrits. Mais, le parfait citoyen, qui sommeille en moi, affirme que si l’on accepte le jeux démocratique, on ne doit jamais essayer de s’écarter de ses règles...

Et c’est sans doute pour cela que beaucoup d’élus m’ont énormément déçu aujourd’hui (*) par leur comportement de petit soldat vert, rose ou de droite méprisant ainsi le peuple... et de leurs jugements souvent très insultants à l’égard de ces trois gladiateurs de l’arène politique suisse.

Alors j’exprime toute ma compassion envers ces combattants qui étaient pleins d’espoir! Car les fauves laissent toujours des cicatrises même quand ils ne griffent pas...

Et bon vent à Monsieur Parmelin! Et que notre navire ne chavire jamais!


* (9 décembre 2015, en regardant toute la matinée le déroulement des élections fédérales su Internet en direct)

19:55 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Les pommes et l'arbalète (15, à suivre)

Les pommes et l'arbalète de Hank Vogel.jpg- L’homme n’est ni blanc ni noir. Il est gris. Gris comme la poussière qui se balade sous mon lit quand ma femme de ménage se ballade ailleurs... Vous me suivez?

Je souris. Roby grimace. Mais le représentant de tous les démons poursuit avec indifférence:

- La chair est faible et l’esprit est influençable. Et c’est à cause de cela que la pluie, le vent et les graines ne font l'objet d’aucune retenue au sein de notre système mentale. Ni gouvernemental d’ailleurs...

Roby lève le doigt et j’interviens:

- Monsieur Vogelstein seriez-vous né avant votre père?

- Je ne comprends pas votre question.

- Moi, je l’ai très comprise, dit Roby. Comme deux fois deux font quatre. Ou cinq pour les tricheurs.

- Pourquoi un tel brouillard de mots entre nous? Où voulez-vous en venir, mes amis?

Alors afin de dissiper cette brume intellectuelle, je décide d’endosser le rôle du parfait petit prof:

- Celui qui est né avant son père n’est rien autre qu’un politicien qui utilise la langue de bois pour ne pas passer pour un crétin aux yeux de ses adversaires, de ses interlocuteurs ou des journalistes et qui prétend tout connaître mieux que ses prédécesseurs. Surtout les résultats des courses avant le signal de départ...

Soudainement, Vogelstein s’approche du meuble, nerveusement ouvre un tiroir, y retire une arbalète et nous la tend en criant:

- Prouvez-moi que vous êtes meilleurs!...

14:28 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |