29/11/2015

Nous sommes le pouvoir

En attendant que Monsieur Guy Parmelin adhère au clan des 7 sages helvètes, selon le présage de la fée des Alpes, j'espère qu'elle ne se trompe pas, regardez et écoutez surtout, si vous le désirez bien entendu, cette vidéo riche en vérités...

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Les pommes et l'arbalète (6, à suivre)

Hank Vogel, les pommes et l'arbalète .jpgLa rouquine fait surface et, quasi la larme à l’œil, certainement une comédienne au chômage, nous déclare:

- Toutes mes excuses, les garçons! Je suis vraiment désolée mais j’ai totalement omis de vous demander...

- Mais à quoi bon? Puisque vous devinez tout, d’après Gugus, rétorque Roby.

- Gugus? C’est qui, c’est quoi?

- C’est moi, je répond tout gêné. Gugus, c’est le sobriquet de Guglielmo. Guillaume en français.

- Il vous va à merveille.

- Qu’est-ce qui vous incite à penser ça?

- Vos larges épaules et votre front volontaire... Vous me rappelez le fameux héros d’Uri.

Roby éclate de rire.

- Qu’y a-t-il de si hilarant, j’ai fauté? me demande-t-elle, étonnée par le comportement exagéré de Roby.

- Parce que d’après lui, je serais la version spaghetti de Tell, je lui explique.

- Ce n’est pas tout à fait ça, réplique Roby... Mille pardons, Mademoiselle, vous n’êtes en rien responsable.

La belle hoche la tête en signe d'incompréhension et de déception. Puis, comme si de rien n’était, elle nous propose:

- Un stout made in chez nous, la brune qui vaut dix blondes... n’a jamais émoussé personne.

- OK pour elle! dis-je.

- OK pour lui! corrige Roby en insistant sur le lui...

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28/11/2015

Les pommes et l'arbalète (5, à suivre)

Hank Vogel, les pommes et l'arbalète .jpgRoby en profite pour lancer une de ses réflexions existentielles préférées:

- Avec tous ces milliards de belles femmes qu’il y a sur la terre, je ne comprends pas que l’on puisse devenir pédé.

- Ne cherche pas trop à comprendre car tu finirais par le devenir, je lui conseille.

- Qu’est-ce tu veux dire par là? Que j’en suis un à l’état latent?

- Je parle en général, il ne s’agit nullement de toi.

- Alors de qui?

- De personne! Je voulais dire par là que parfois l’approfondissement des connaissances pouvait nous pousser à l'adhésion.

- Je trouve que les études t’ont rendu compliqué, mon cher Gugus.

- C’est pourtant simple, celui qui étudie à fond la médecine devient médecin comme celui qui étudie la folie...

- Devient cinglé.

- C’est presque ça.

- Mais ce n’est pas ça.

- Bon, bref! Changeons de disque! Le canon arrive.

La barmaid se pointe avec un plateau dans les mains...

- C’est pour nous toutes ces mignonnes petites assiettes, nous qui adorons les immenses plats orgiaques? ironise Roby.

Elle ne répond pas, son esprit semble être ailleurs. Elle pose deux coupelles devant nous et elle repart aussitôt.

- Les chips pour toi, les cacahouètes pour ma pomme, comme d’habitude! dit Roby.

- Comme d’habitude! je répète... En attendant nos bières.

- Au fait, elle n’a pas sollicité notre préférence.

- Sollicité?

- Si on désirait une blonde ou une brune...

- Pas besoin.

- Et pourquoi donc?

- Parce que les rousses sont de parfaites sorcières, elles lisent dans les pensées des hommes. Surtout quand ils sont aussi niais que toi.

- Merci! Je te trouve très sympa aujourd’hui...

12:17 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

27/11/2015

Les pommes et l'arbalète (4, à suivre)

Hank Vogel, les pommes et l'arbalète .jpgUne belle rousse, pâle comme le lait et une myriade d’éphélides sur le visage à faire fondre un poète, s’approche de nous.

- Tu crois que son coussinet galant est aussi flamboyant? me chuchote Roby à l’oreille.

- C’est certainement une Écossaise ou une Irlandaise, je lui répond à voix basse...

- Hi!

- Hi! Simultanément, Roby et moi.

- Beer or whisky?

- Two beers please, dis-je.

- What else?

- On se croirait à la télévision! échappe de la bouche de Roby.

- Enfin des gars normaux! s’exclame-t-elle sans le moindre accent... Vous êtes français?

- Pas encore, dis-je.

Elle sourit puis elle disparaît pour aller chercher nos bières, sans doute...

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26/11/2015

Les pommes et l'arbalète (3, à suivre)

Hank Vogel, les pommes et l'arbalète .jpg

Nous entrons les mains dans les poches dans ce lieu de perdition. Selon les adeptes des eaux gazeuses et autres boissons, artificiellement colorées, qui font roter. Mais philosophiquement pensant, nous nous y engouffrons les yeux aux aguets et les mains sur nos colts, prêts à dégainer au moindre geste malintentionné. Comme dans les westerns à la sauce bolognaise. C’est-à-dire: une marre de coulis de tomate pour un misérable morceau de viande et hachée par-dessus le marché. C’est-à-dire aussi: une sérénade de pif paf pouf pour trois fois rien. Et nous nous installons au bout du comptoir.

Désemparé par les nombreuses affiches étrangères collées aux murs, Roby me dit:

- J’ai l’impression de vivre un cauchemar. Je crois que je vais commander une aspirine et un verre d’eau.

- Et en quelle langue vas-tu t’adresser au garçon ou à la barmaid? je lui demande.

- Quelle question! Mais en français comme d’habitude...

- Alors ferme ta gueule! Car ici, on ne parle que l’anglais. Par habitude, tradition et forcément par obligation. L’une ne va jamais sans l’autre.

- Mais c’est scandaleux! On n’est plus chez nous!

- C’est pour cela que nous sommes ici. Mais pour l'instant: pas un mot in french ni en javanais. D’accord?

- Motus et bouche cousue!...

*

Bonus!

11:34 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | |

25/11/2015

Les pommes et l'arbalète (2, à suivre)

Hank Vogel, les pommes et l'arbalète .jpgFaute d’intégration, les Amerloques les Rosbifs finiront par se fossiliser avant les autres. Ce qui donnera raison, pour une fois ou une fois de plus, à la parole biblique: les derniers seront les premiers. Les pauvres! Les pauvres? Faut pas exagérer! Ce sont eux qui bouffent la part la plus cerisée du gâteau national. Bien qu’il n’ont que rarement profité de la charité sociale. Soit par orgueil. Soit par ignorance linguistique. D’après les statistiques fédérales dont le commun des mortels s’en fout comme de l’an quatorze. Non, pardon, quarante. Pourtant le premier chiffre énoncé serait plus crédible, plus évocateur actuellement que le suivant. Il nous rappelle la Grande Guerre, tandis que le second, rien du tout ou la fameuse quarantaine que plus aucun gouvernement n’utilise au profit des sanctions économiques... L’anglais suffit largement à satisfaire leurs fantasmes langagiers et de la langue, l’organe bien entendu, c’est pourquoi ces êtres adorables se rencontrent toujours entre eux dans des cercles fermés où dans des pubs où coulent à flots la bière et le whisky de chez eux. Eux, eux, rien qu’eux et personne d’autre!

Pour défier ces ennemis de la patrie, malgré eux, je décide de me rendre au Patrick Brothers and Sons, un bar bien connu de la ville, en compagnie de mon meilleur ami d’enfance, Robert Gutenberg dit Roby le Troubadour. Un ancien fromager qui a abandonné les petits suisses pour se consacrer davantage aux grands de ce monde...

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24/11/2015

Les pommes et l'arbalète (1, à suivre)

Hank Vogel, les pommes et l'arbalète .jpgNous sommes en l’an de grâce... Cela n’a aucune importance car les vraies histoires sont éternelles. Elles n’ont ni commencement ni fin. Alors? Je voulais dire un début bien précis... Tout prélude est flou. Seul les historiens fonctionnarisés pensent que l’histoire est une science exacte nullement manipulée par les autorités... Bon, bref! Ça vient ou quoi ta chanson? dirait ma concierge, la reine des emmerdeuses et du vite fait sur le gaz.

Je recommence donc. Nous sommes dans une période de l’histoire de notre pays où un citoyen sur deux est d’origine étrangère. Je suis un pur Suisse par rapport à certains de mes compatriotes, vu la date de naturalisation de ma famille. Mes anciens vieux grands-parents étaient des émigrés italiens qui avaient fui les barbares, les ecclésiastiques, le fascisme ou la misère. Je m’appelle Guglielmo Tello. Je suis diplômé en agronomie appliquée et expérimentale. Je travaille actuellement pour une firme helvétique agro-alimentaire qui collabore avec de nombreuses ONG humanitaires. Le rêve de mon patron, c’est de pouvoir transformer un jour une pomme en pastèque et cette cucurbitacée en lingot d’or. J’ignore totalement l’origine de mon boss. Tout ce je sais de lui c’est qui se prénomme Alfred et se nomme Vogelstein. Pourquoi un tel amalgame nominal? me demanderiez-vous. Probablement parce que cela arrangeait énormément certaines personnes... Je m’explique: ce processus, qui n’est plus en vigueur de nos jours, est né à l’époque ou le mari pouvait accrocher le blason culturel de sa femme au sien et inversement. Une marque, étiquette, quelque chose de plus valorisant politiquement ou religieusement. Exemple: un Vogel mal considéré qui épousait une Stein appréciée devenait, automatiquement aux yeux du public, un Vogel-Stein estimable ou un Stein-Vogel acceptable ou encore, avec plus de contraction et de décontraction, un Vogelstein notable. Mais comme les fonctionnaires avaient et ont toujours tendance à faire des fautes d’orthographe, plus que les écrivains qui ont la littérature aux fesses, le système des amalgames nominaux a passé à la trappe. Mais tout cela n’explique pas pourquoi mon mandarin préfère paradoxalement les oranges aux mandarines, me dirait ma concierge...

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23/11/2015

La mouche de Saint Pierre (33, fin)

Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpgJ’ouvre un œil. Puis l’autre. Où suis-je? L’éternelle question! Toujours elle, rien qu’elle face à... Face à quoi au fait? Je lève légèrement la tête et je constate que je suis allongé sur un lit. Petits regards par-ci par-là. On dirait une chambre d’hôpital. Je décide d’explorer, de comptabiliser, d’énumérer pour me sentir en sécurité. Échapper au vide. A ce vide si inquiétant. Je découvre un lavabo, trois chaises, une table de chevet, un flacon brun, un goutte-à-goutte, au-dessus de moi, un tuyau transparent et une aiguille enfoncée dans mon bras gauche. Mes doigts obéissent à mes ordres. Tout semble fonctionner. A la perfection. Comme une horloge suisse. Je l’espère! Je pianote alors un air improvisé sur le drap blanc. Je pense à Beethoven. La musique était dans sa tête. Il la voyait comme moi je vois cette chanson née de nulle part ou de l’espoir. Le musicien est-ce l’artiste le plus proche de Dieu? Je m’interroge sur tout et sur rien. C’est bon signe. Car seul les morts ne se posent plus de question. Bien que... rien n’est certain. Une ombre passe. J’entends divers petits bruits. L’ouverture ou la fermeture de quelque chose. Impossible de me dire quoi. Puis un beau visage me regarde. Celui d’une jeune fille vêtue d’une blouse blanche. Une infirmière certainement. Une débutante probablement. Elle me caresse l’oreille droite. Pourquoi pas le nez?

- Que m’est-il arrivé? je lui demande.

- Docteur, mes sœurs, venez! Il est vivant! crie-t-elle aussitôt.

- Que m’est-il arrivé? je répète.

- Rien de grave, un simple petit accident, me répond-t-elle d’une voix rassurante et avec un jolie sourire.

Un médecin se pointe suivi de deux autres infirmières. On dirait des nonnes. L’homme me dévisage un bref instant puis il me dit:

- Bonjour, je m’appelle Pierre Parsisod, je suis spécialiste en neurologie, je m' occupe de vous...

- Très évocateur, je murmure.

- Plaît-il?

- Votre nom me fait penser à quelqu’un.

- À qui?

- À Saint Pierre, le concierge du paradis.

Il me sourit. Plusieurs fois.

Qu’y a-t-il dans sa caboche? Des questions sur l’état de mon cerveau, inéluctablement. Il n’a jamais été aussi bien, j’aimerais lui dire. Mais à quoi? Si je lui racontais mon extraordinairement aventure, comme c’est un esprit rationnel bien formaté par ses paires et les dieux sans pardon ni pitié de la science, j’assisterais inévitablement à mon premier festival de rictus et grimaces et rien de plus.

Puis il se gratte superficiellement la gorge, se retourne sèchement vers la jeune fille et lui lance avec sévérité:

- Pourquoi vous avez fermé la fenêtre? Je vous ai pourtant dit qu’il fallait la laisser ouverte avec une chaleur pareille...

- C’est à cause des mouches et des moustiques, docteur, explique-t-elle... Je ne sais ce qu’il se passe cette année mais il y en a tellement...

- Et alors? Excepté en Afrique, ces pauvres créatures n’ont jamais tuer le moindre comateux, que je sache!

 

*


Entre la vie et la mort, il y a le rêve. Si cher au poète. Si bénéfique à tout être, aussi minuscule soit-il!

Alors celui qui aime vraiment la vie n’a aucune raison de détester la mort. De toute façon, elle nous attend les bras ouverts.

Et les mouches seront nombreuses pour nous tenir compagnie...

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22/11/2015

La mouche de Saint Pierre (32, à suivre)

Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpgEt mon âme se met à pleurer:

- Si tu savais combien je t’ai aimée, j’ai pensé à toi, j’ai rêvé de toi... Encore aujourd’hui, réincarné en mouche, je me souviens souvent de toi, du mûr que je devais grimper pour entrer dans ta chambre et des tendres nuits que nous avons passées ensemble jusqu’à l’aube. En cachette. Parce que ton père me détestait. Nous nous sommes adorés comme des voleurs. A l’abri de tout regard. J’en ai encore la chair de poule...

- Pourtant, tu ne m’a reconnue tout de suite, me dit-elle.

- Pourquoi t’a-t-on transformée en négresse, toi qui étais si blonde? Si belle avec tes cheveux longs.

- D’après tes nombreuses déclarations, Saint Pierre n’est-il pas une sorte de farceur qui s’amuse à nous poser des devinettes...

- Lui et ses complices, j’en conviens.

- Alors lorsqu’on traite quelqu’un ainsi, il ne faut pas s’attendre à ce qu’il nous livre sur un plateau d’argent la réponse avant la question. Non?

- Plausiblement. Mais rien n’explique ta noirceur.

- Si, tout.

- Je ne vois pas.

- Cela m’étonne beaucoup de ta part... Moi, avec une imagination aussi fertile que la tienne, j’aurais déjà tout deviné. Dommage! Mais j’admets qu’avec le temps le papier blanc devient jaune et que les images ternissent... Quelle était la couleur qui m’allait le mieux? Tu te souviens encore?

- Le noir. Mais ta chevelure...

- Ma chevelure! Tu t’es trop focalisé sur elle. Elle, c’était moi et moi c’était elle.

- En amour, comme pour tout sentiment, il y a forcément un point de départ. Un élément déclencheur. Que l’on ignore la plupart du temps. Ça peut être la beauté. La forme. La couleur. La ressemblance. La gestuelle. La situation sociale. Le fric. Le cul... Un être normalement constitué ne tombe jamais amoureux d’une identité transparente, invisible ou impalpable. Personne. Ni humain ni animal. Sauf les cinglés et les onanistes fortement atteints...

- Mais je ne reproche rien. C’était juste une constatation.

- Et maintenant, que faisons-nous? On s’embrasse comme avant?

- Ce serait une bonne idée.

Mais à ce moment-là, tout d’un coup, un éclair m’aveugle et un tonnerre éclate dans ma cervelle. C’est le néant et...

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21/11/2015

La mouche de Saint Pierre (31, à suivre)

Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpg- Tu zigzagues trop près d’un cendrier rempli de cigarettes.

- Elles sont éteintes et ce ne sont que des mégots.

- Cigarette ou mégot, je suis sensible à la nicotine. A l’odeur qu’elle dégage.

- Tu aimes le vin?

- Ce n’est pas ma tasse de thé.

- Alors posons-nous sur... sur le rasoir Gillette. Tu le vois?

- Tu fais de la publicité maintenant comme mon vieux père et mon ex mari?

- Je déteste ça mais cette marque a tellement marqué mon enfance que...

- Alors posons-nous sur le manche...

- Et non sur le fil du rasoir.

- Tu n’as pas changé... Zzzzzzzzzzzzb...

- Bzzzzzzzzzzzz...

Et je me trouve face à une mouche ébène.

- Bonjour!

- Salut!

- Serais-tu un ou une Bibio marci? je lui demande.

- Je préfère le terme de mouche de la Saint Marc, me répond-t-elle avec le sourire.

- On se connaît?

- Tu ne te souviens plus de moi?

- Tu es si noire.

- Dieu adore les contrastes, les contraires et tous ceux qui s’opposent à lui. Et il passe des heures et des heures à jouer aux échecs.

- Avec qui joue-t-il?

- Avec celui ou celle qui a envie de jouer avec lui.

- Gagne-t-il toujours?

- Jamais.

- Pourquoi?

- Parce que.

- Ce n’est pas une réponse.

- Sache que toute question n'est qu’un souhait de mise à mort. La mort du doute. De l’incertitude. La fin du non-savoir...

- Mais qui es-tu?

- Celle que tu rêvais d’épouser. Ta moitié. Ton miroir...

Subitement, mon cœur se met à battre très fort. Je suis totalement envahi par la panique. J’ai l’impression que esprit est prêt à s’échapper de mon corps.

- Serais-tu... ? je balbutie.

- Stop! Ne prononce jamais mon nom! me dit-elle aussitôt.

- Mais... mais... mais pourquoi?

- Pour ne pas attirer les mouches de mon passé... elles sont si jalouses. Oui, je suis ton premier amour. Celle que tu as embrassée dans cette maison, il y a si longtemps.

Un silence s’impose. Une éternité s’inscrit à nouveau dans ma mémoire...

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20/11/2015

La mouche de Saint Pierre (30, à suivre)

Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpgLe vide, le beau et l’éternité! J’ai connu cela dans l'Himalaya. Sur un route déserte près de Skardou. Une sensation étrange qui n’a duré qu’une fraction de seconde. Mais quelle fraction! Un éclair de béatitude. Le passé, le présent et l’avenir ne faisaient qu’un. L’unique. L’indivisible. Pas de question et forcément pas de réponse. C’était ce qui est: la vie. Tout était possible. Et pourtant avancer et reculer n’avaient aucun sens. J’étais bien dans ma peau. Parfait dans mon esprit. Je volais, je planais...

- Bzzzzzzzzzzzz...

Qui encore dans cet autre vide qui sens l’absence et l’abandon?

- Zzzzzzzzzzzzb...

- Tu as du plomb dans l’aile, l’ami?

- Zzzzzzzb... Bzzzzzz... C’est un problème dû à la pollution, camarade!

- Où es-tu? Je ne te vois pas.

- Moi, je te vois.

- Alors approche-toi de moi.

- Je ne peux pas.

- Pourquoi?

 

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19/11/2015

La mouche de Saint Pierre (29, à suivre)

Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpg- Quelles options?

- La voie de la fausse vérité ou celle du vrai mensonge.

- Tu parles vraiment comme une parfaite politicienne de l’époque prodigieuse du communisme.

- Choisis!

- Elle est bonne celle-ci! Tu me traites de compliqué mais tu ne l’es pas moins.

- Il y a pourtant une différence fondamentale.

- Dans ma vie d’homme, j’ai souvent constaté que celui qui avait beaucoup de facilité à critiquer les autres avait énormément de difficulté à accepter la moindre critique à son égard...

- Ton discours ne m’intéresse pas... Veux-tu savoir ce qu’il s’est passé ensuite? Yes or niet?

- Bien entendu.

Alors elle me confie:

- Un matin d’été, après une semaine de fugue... j’étais tantôt avec mon petit Enrico Caruso d’occasion, tantôt seule couchée sur l’herbe à méditer et à contempler le soleil de minuit... j’ai découvert le corps inerte de mon Viking, pourtant si adoré, dans une marre de skyr pourri... Chute et suicide selon le premier inspecteur de police. Noyade et meurtre selon le second. Chute et noyade dues a un accident cardio-vasculaire selon le rapport du médecin légiste... J’ai vécu tout le reste de ma vie dans le doute et le mensonge et Heim m’a réincarnée en Piophila casei afin que je découvre la vraie vérité.

- Résultat?

- Nul pour le moment. Et toi?

- C’est la surprise.

- Bonne chance alors! Bzzzzzzzzzzzz...

Et je me retrouve seul face au vide...

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18/11/2015

La mouche de Saint Pierre (28, à suivre)

Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpgLa mouche du fromage se frotte le côté gauche de sa face, l’autre reste attentif et imperméable à toute émotion question de survie, et me dit:

- Un jour, un joueur de mandoline, un Italien qui adorait sa mamma et la mortadella, est venu jouer un chanson napolitaine sous mon balcon. Alors... Alors...

- Alors?

- Je suis tombée dans le panneau.

- Quel panneau? Celui du magasin?

- Mais d’où tu viens, toi? Tu confonds streptocoque et coque, lactobacille et facile...

- Je pensait que ton ex était homosexuel.

- Pas plus homo que moi lesbi.

- Tu veux dire lesbienne?

- Ma parole! Tu est aussi compliqué et pointilleux qu’un professeur de français qui n’a jamais écrit un poème de sa vie. Tout tourne autour de la précision et rien de lui ne dégage le moindre parfum littéraire. La langue doit vibrer et ne pas stagner...

- Une vibration et non pas une stalactite. Ou une stalagmite quand on fait tout à l’envers.

- J’ai l’impression que tu as compris...

- Et après?

- Après quoi?

- Après que tu es tombée dans le piège.

- J’en ai la certitude maintenant, bref!... Pour satisfaire ta curiosité maladive, j’ai deux options.

- Quelles options?

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17/11/2015

La mouche de Saint Pierre (27, à suivre)

Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpg- Forcée, condamné à me cloîtrer chez moi comme une nonne à cause des vents glaciaux et paralysants de ce désert blanc qui est la Norvège en hiver et des moustiques sataniques en été, pour tuer le temps, je me suis mise sérieusement à la lecture.

- C’est tout?

- Laisse-moi finir...

- Pardon...

- Et dans un souci d'intégration, j’ai ainsi avalé des tonnes de livres... De petits textes et de grands textes. De la première page à la dernière. Des lignes et des lignes. De mots, de verbes, d’adverbes, d’adjectifs, de virgules, de points... Tout sur la mythologie nordique. En vieux norrois, en norvégien et en anglais. Jour et nuit. Nuit et jour, je lisais. Pendant que mon cher et tendre époux, durant des heures et des heures, lui, trempait ses mains et ses bras dans le lait et flirtait avec des streptocoques thermophiles et des lactobacilles...

- Il te trompait à ce point-là?

- Pire, il me délaissait.

- Et qu’as-tu fait pour remédier à ça?...

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

15/11/2015

La mouche de Saint Pierre (26, à suivre)

Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpg- Skyr un jour, skyr toujours! lance-t-elle avec une joie immense... Tu en a déjà goûté?

- Pas encore. Mais ma fille oui lors d’un séjour en Islande. Nous avons tous été de grands voyageurs dans la famille...

- Puisque tu es ouvert au monde, je vais te dire pourquoi Hallinskidi m’a réincarnée en mouche. C’est ce que tu veux savoir, n’est-ce pas?

- Oui. Pour comprendre peut-être l’énigme de ce voyage.

Alors elle me raconte:

- J’étais la fille unique d’un chocolatier suisse qui rêvait de faire fortune comme n’importe quel fabricant de chocolat. Un jour, un fromager norvégien, qui produisait essentiellement du skyr, est venu nous rendre visite pour les mêmes fantasmes capitalistes que ceux de mon père... De fil en aiguille, un peu poussée par mes parents, je suis tombée enceinte avant de tomber amoureuse et j’ai épousé ce Wiking aux yeux plus bleus que le ciel. Quand il est immaculé forcément et quand il fait jour, entre dix heures et...

- Prive-moi des détailles, s’il te plaît!

Elle poursuit:

- Bon, bref!... Comme il est traditionnellement admis qu’une femme suit toujours son mari, j’ai suivi le mien. Je suis donc allée vivre à Brønnøysund. Dans un trou perdu, en quelque sorte. Et... et...

- Et?...

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14/11/2015

Les Moscovites rendent hommage aux victimes des attentats de Paris

Dans de pareilles circonstances, les mots sont de trop... Regardez et méditez... 

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La mouche de Saint Pierre (25, à suivre)

Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpg  La mouche du fromage me regarde avec tristesse et brusquement une larme de sang jaillit de l’une de ses ommatidies et s’étale à ses pattes.

- Ai-je dit quelque chose qu’il ne fallait pas? je lui demande, troublé par ce spectacle désolant.

- Ce n’est pas de ta faute, me répond-t-elle. C’est une scène de ma vie antérieure qui a subitement traversé mon esprit...

- C’est... pardon, c’était douloureux?

- À en crever les yeux comme tu as pu le constater. Mais heureusement pour nous le Grand Horloger amateur d’architecture nous a créés avec une infinité de mirettes.

- Puis-je me permettre de... ?

- Je sais ce que tu veux.

- Excuse-moi...

- Pourquoi mon vécu t’intéresse-t-il tant?

- Pour mieux te connaître.

- C’est l’erreur que commettent tous les humains. Fouiller dans les poubelles de son voisin afin de découvrir un objet illicite qui pourrait le mettre à mal... bref! Mais tu es un insecte à présent et les heures comptent plus que jamais.

- Sans aucun doute mais je suis avant tout une mouche envoyée par Saint Pierre.

La Piophila casei éclate de rire. Puis, en souriant, elle me dit:

- Avec la bénédiction de la Sainte Vierge, bien entendu.

- Tu as le droit de ne pas me croire comme moi d’affirmer que ton Heim est un peu cucul la praline, je réagis.

- Je ne pensais pas que tu pouvais être aussi rusé.

- Dans un monde perpétuellement en guerre, la ruse est l’arme la plus essentielle pour un combattant pauvre.

- Tu rumines et tu sens la mort comme la plupart des hominiens.

- Et toi le skyr pourri.

Et aussitôt des milliers de ses ommatidies se mettent à briller comme des diamants d’Afrique du Sud taillés à Amsterdam.

- Skyr un jour, skyr toujours! lance-t-elle avec une joie immense...

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13/11/2015

La mouche de Saint Pierre (24, à suivre)

Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpg- Des bordels à Genève?

- À l’époque de l’ ayatollah Calvin, il fallait aller à Soral pour se payer une pute, paraît-il. Maintenant, il n’y a plus qu’à se promener au centre-ville, les mains dans les poches, pour se faire accoster par une gourgandine...

- Une quoi?

- Une péripatéticienne, une prostituée, une cochonne...

- Et il y en a beaucoup?

- D’après mes statistiques... pas assez pour servir les nombreux obsédés qui rodent dans les rues...

- Mais qui sont-ils?

- Toute la racaille bourgeoise.

- C’est-à-dire?

- La racaille, c’est la racaille.

- Je sais, je ne suis idiot... mais elle est composée de quoi?

- De juges, d’avocats, de policiers, de politiciens, de chefs d’entreprise, de bas et de hauts fonctionnaires, urbains et internationaux, d’universitaires, de collégiens, de femmes au foyer...

- Des femmes au foyer qui ont déserté leur foyer? Comment est-ce possible?

- Le lesbianisme, ça ne te dit rien? Et puis elles ont les mêmes droits que les hommes, non?

- À Genève, il y a tout ça? Je ne te crois pas...

- Et je n’ose pas te parler des conséquences dues à la prostitution masculine qui est en plein essor.

- Mais c’est épouvantable! C’est à cause de quoi?

- Du chômage principalement. Le fric comme le manque de fric mène à tout.

- Et la dignité dans tout ça?

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12/11/2015

La mouche de Saint Pierre (23, à suivre)

Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpgJe ne réponds pas. Alors la Piophila casei décide d’exécuter mon ordre, elle amerrit sur une flaque de vin qui se trouve près de moi.

- Comment me trouves-tu? Suis-je belle ou dépourvue de toute beauté? me demande-t-elle.

- Noire et petite, je réponds sèchement.

- Tu ne m’apprends rien de nouveau. Pourquoi es-tu si méchant et raciste envers moi?

- Je ne suis ni méchant ni raciste.

- Alors quel est ton problème?

- Je n’ai aucun problème... Mais je préfère les grandes, les blondes et les rousses.

- Rien que ça? Eh bien, tu auras du mal à en trouver dans le coin...

- Il n’y a personne dans cette maison?

- A part nous, une araignée gâteuse et de temps en temps un ou deux chats squatteurs, personne d’autre... Mais ne crains rien car ces ronronneurs sont plus intuitifs, plus intelligents que les humains. Ils sont capables de reconnaître une mouche malsaine d’une diptère en bonne santé.

- Pourquoi, tu es malade?

- Probablement. Car j’ai fréquenté plusieurs bordels avant de venir m’isoler ici.

- Des bordels à Genève?...

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11/11/2015

La mouche de Saint Pierre (22, à suivre)

Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpg- Qui t’a permis d’atterrir ici? Saint Pierre ou Calvin?

- Ni l’un, ni l’autre.

- Alors qui?

- Heimdall.

- C’est qui?

- Hallinskidi.

- Cela ne m’éclaire pas davantage.

- C’est un des gardiens du paradis.

- Depuis quand?

- Depuis la création de l’union...

- Européenne?

- Ne prononce plus jamais ce faux et maudit qualificatif, Heim déteste que l’on évoque cette tragédie absurde...

- Heim, c’est qui ou quoi encore?

- C’est le diminutif de Heimdall ou Heimdallr alias Hallinskidi.

- Je ne comprends rien à ton charabia.

- Normal! Tu as trop été évangélisé quand tu étais un homme... C’est pourquoi, on t’a confié à Saint Pierre afin qu’il s’occupe de ton cas. Ou à Calvin...

- Et toi?

- Je suis issueeeeee d’une vieille famille scandinave. Païenne, d’après les chrétiens.

- Pourquoi as-tu insisté sur le e?

- Pour que tu piges que je suis une femelle.

- Mais tu viens de prétendre le contraire...

- Bzzzzzzzzzzzz...

- Cesse de tourner autour de moi comme un hélicoptère militaire qui gaspille des tonnes de litres de kérosène pour rien. Pose-toi devant moi!

- C’est pour percevoir mon sexe?...

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