31/10/2015

La mouche de Saint Pierre (11, à suivre)

 Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpg- Bzzzzzzzzzzzz...

 Dans quelle galère me suis-je fourré? Sacré Saint Pierre!  Il s’est vraiment moqué de moi. Et dire que je croyais que c’est quelqu’un de sérieux. De rassurant. Penses-tu! Une fois loin du public, loin de la masse des communs des mortels, le sage médiatisé ou propulsé sur un piédestal imaginaire, redevient ce qu’il est vraiment. C’est-à-dire un individu capricieux qui fait caca comme tout le monde... J’espère qu’il ne m'entend pas! Car il serait capable de me transformer en ver solitaire pour mon insolence. Et je n’ai nullement l’envie de broyer du noir sur les champs de bataille gastronomiques. Berk! Non, loin de ces enfers quotidiens!...   Vivement que je rencontre une femelle de ma race! Mais au fait, où suis-je? Où m’a-t-il posé miraculeusement ce grand bâtisseur de cathédrales malgré lui? Parce que question miracle et déguisement, c’est un fortiche...

 - Bzzzzzzzzzzzz...

 Tout à coup, une mouche verte atterrit devant moi, à une distance de trois ou quatre pattes, et me demande avec arrogance:

 - Qu’est-ce que tu fous-là,  dans ces parages?

 - Pourquoi, tu étais flic avant? je lui demande.

 - Comment le sais-tu?...           

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30/10/2015

La mouche de Saint Pierre (10, à suivre)

 Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpg- Ce type d’exercice est plus que possible. Je dirais même qu’il est nécessaire pour certaines âmes particulières... comme la tienne.

 - Qu’a-t-elle de si particulier?

 - Elle est imbibée de nostalgie. N’ai-je pas raison?

 - Vu votre statut, il m’est impossible de penser le contraire.

 - Est-ce un compliment ou une insulte?

 - Pas de commentaire.

 Saint Pierre se met à rire. Puis il m’explique:
 
 - Je peux t’expédier sur ta planète d’origine mais à condition que tu acceptes deux spécificités.

 - Les lesquelles?

 -  Courte durée et petite dimension.

 - C’est-à-dire?

 - Sous l’aspect d’une mouche, par exemple. Mâle ou femelle.

 - D’accord mais pas en mouche à merde.

 - Non, je n’irai pas jusque là pour toi. La  métamorphose en scatophage du fumier est spécialement et de force réservée aux politiciens de droite ou de gauche, mais surtout de droite, qui ont sous-estimé la pauvreté ou ont sur-évalué le niveau de vie des plus démunis... Et ce afin...

 - Afin quoi, Saint-Pierre?

 - J’ose?

 - Mais vous en as le droit et le devoir vis-à-vis du Grand Barbu...

 - Soit! Afin que ces enfants de salauds sachent vraiment ce que c’est de vivre dans la merde.

 - C’est fou comme l’humain refait surface quand la réalité crève les yeux!

 - Même la sagesse a besoin d’être dosée. Ici comme ailleurs. Et puis, comme dirait le plus vulgaire des saints, un pet dans une église n’a jamais fait fuir le moins pieux des fidèles...  

 - Ou le plus constipé...

 - Bon, bref! Passons aux choses sérieuses! Sinon le Grand Chef me filera une nouvelle corvée... Où en étais-je?

 - À la mouche. De préférence domestique...

 - Tu serais parfait en musca domestica... Mâle ou femelle?
 - C’est important?

 - Question de temps. Tout dépend de ce que tu as l’intention de fabriquer là-bas... La durée vie de la femelle est de trois semaines tandis que celle du mâle n’est que d’une quinzaine jours, plus ou moins?

 - Mais c’est de l’injustice!

 - Pour l’amour du Ciel, n’utilise plus ce mot!

 - Pourquoi?

 - Parce que en le prononçant tu craches sur  les bases mêmes de la création. Que je t’expliquerai peut-être à ton retour... Alors mâle ou femelle?

 - Mâle!

 - Quel égo! Je le savais!...

 - Que dois-je faire maintenant pour cela?

 - Rien... ou croire que tu es une mouche tout simplement.      

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29/10/2015

La mouche de Saint Pierre (9, à suivre)

 Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpg- Puis-je vous poser une question un peu embarrassante Saint Pierre?

 - À ce point-là?

 - Oui, parce que...

 - Tu n’as nullement besoin d’hésiter. La parole est libre dans ce royaume. Libre et pure. Elle découle directement de ton âme sans devoir franchir le moindre obstacle. Pas de barrage. Pas de filtre. Rien. Elle coule comme une rivière, un fleuve en direction de la mer... Mais pourquoi toutes ces questions inutiles?

 - Inutiles?

 - Chaque bonne réponse n’est qu’un baiser que l’on pose sur ton front pour t’encourager à mieux affronter les problèmes de la vie et poursuivre ton voyage sur terre. Mais tu es arrivé au bout de ta grande balade où les réponses ne servent plus à rien. La nuit est faite pour dormir et non pas pour te battre contre les fantômes du passé, tes propres créations.

 - ...

 - Tu as l’air inquiet.

 - J’ai l’impression que la vie vibre encore en moi.

 - Qu’est-ce qui te fait dire ça?

 - Certains mots.

 - Lesquels?

 - Noir et blanc... nuit et jour... question et réponse... utile et inutile... En vérité, je ne suis pas mort, n’est-ce pas?

 - Pour la deuxième fois, je te réponds: pas de commentaire... C’était donc ça ta question embarrassante?

 - Non.

 - Je t’écoute.

 - J’aimerais retourner parmi les...

 - Les vivants?...

 - Pour une certaine durée...

 - Combien de temps? Une année, quatre mois, trois semaines ou quelques jours?

 - C’est possible?...

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28/10/2015

La mouche de Saint Pierre (8, à suivre)

 Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpg- Et, et, et!... Pourquoi tout, ou presque tout, me semble plus compréhensible dans l’univers des songes que dans la réalité?

 - Parce que dans ce milieu vaporeux rien n’est solide. La matière y est totalement exclue et les matérialistes se rongent les ongles. Car les lois et les règlements souvent contradictoires, au profit des plus malins sur terre, n’ont aucune raison d’être. Il n’y a ni interdiction ni protection. Tout est basé sur la légèreté et forcément sur le partage.

 - Je ne vous suis pas.

 - Plus je partage, plus je me sens léger. Et plus mon voyage devient agréable...

 - Et ainsi tout me semble plus compréhensible. C’est ça?

 - C’est exactement ça.

 - En somme le rêve et la mort, c’est bonnet blanc, blanc bonnet.

 - Ou bonnet noir, noir bonnet, me corrige-t-il en ricanant.

 Cela a sans doute une signification, me dis-je. Mais laquelle? Après tout, je n’ai plus rien à perdre, je me lance: 

 - Puis-je vous poser une question un peu embarrassante Saint Pierre?

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27/10/2015

La mouche de Saint Pierre (7, à suivre)

 Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpg- Il y a des choses que je ne peux pas t’expliquer. Ou plutôt... Pas avec des mots mais éventuellement avec des signes.

 - C’était donc vous?

 - Moi ou sa représentation. S'agit-il de tes rêves?

 - Puisque vous le savez pourquoi me posez-vous la question?

 - Je ne sais pas tout... Celui qui sait tout ne se montre jamais.

 - Vous ne m’avez pas répondu, c’était vous ou quelqu’un d’autre?

 - Tu parles de quel personnage? Et de quel rêve?

 - De celui où un homme barbu s’est présenté à moi et m’a montré une immense tablette sur laquelle on avait gravé tous les signes mathématiques plus...

 - Plus la clé de l’existence.

 - Oui, c’est ça, ça me revient... La fameuse clé qui permet de comprendre le sens de la vie. De résoudre son mystère.

 - Et?

 - J’avais tout compris. Mais une fois réveillé... impossible de me souvenir comment était ce foutu signe.

 - Et?

 - Et, et, et!... Pourquoi tout, ou presque tout, me semble plus compréhensible dans l’univers des songes que dans la réalité?...

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26/10/2015

La mouche de Saint Pierre (6, à suivre)

 Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpg- Encore un barbu!

 - Pourquoi, il y en a beaucoup dans ce... trou?

 - Assez pour effrayer les petits anges. Mais ce n’est qu’un jeu.

 - Vous jouez à ça?

 - Il faut bien que l’on s’amuse de temps à autres. Il y a trop d’âmes qui broient du noir dans cette demeure. C’est incroyable comme les êtres humains peuvent se plaindre sur leur sort!

 - Demeure? Je pensait que c’était le purgatoire...

 - Encore un mot inventé par certains religieux  pour faire peur aux enfants et aux naïfs...

 - Vous n’êtes pas Saint Pierre?

 - Si, si cela te fait plaisir... Ceux qui adorent plaisanter m’appellent souvent le concierge de la grande baraque.

 - Et vous acceptez une telle insulte?

 - Ils plaisantent... Mais, entre nous soit dit, ils n’ont pas totalement tort.

 - Vous regrettez d’avoir quitté la Palestine?

 - Tu sais bien qu’à l’époque on criait sur les toits que tous les chemins menaient à Rome.

 - En somme, vous vous êtes fait piéger par les rumeurs, la publicité de l’époque.

 - Peut-être...

 - Un peu comme tous ces réfugiés irakiens ou syriens qui pensaient ou qui pensent encore que l’Allemagne c’est l’avenir, leur avenir...

 - Dont nombreux sont venus pleurer à mes pieds.

 - Pour y trouver un meilleur refuge certainement, n’est-ce pas?

 - Mais ce n’est pas le but de création.

 - Quel but?...

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25/10/2015

La mouche de Saint Pierre (5, à suivre)

 Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpg- La justice du Ciel est digne. Elle  pardonne et oublie. Celle des hommes est vile. Elle condamne et torture. Car elle n’efface pas les blessures et leurs cicatrices que tu as infligées aux autres, ainsi qu’à toi-même... elle t’oblige à plonger davantage aux sources du morbide. La prison, c’est comme essayer à tout prix de réduire le rocher en poussière pour punir la montagne...

 - Je sais tout cela.

 - Alors pourquoi persistes-tu à mentir?

 - C’est faux!

 - Jouer avec les mots, n’est-ce pas une méthode subtile pour camoufler la vérité?

 - Je joue avec les mots, moi?

 - Oui, toi, comme tous les philosophes.

 - Mais ne ne suis pas philosophe!

 - C’est ton jugement, pas le mieux.

 - Cite-moi un exemple!

 -  Tu as préféré cacher la vérité en utilisant la non appartenance au lieu de la dévoiler en employant plus simplement l’adhésion.

 - Oui, c’est vrai, il y a très longtemps, je m’étais...

 - Hier, c’est déjà demain quand l’horloge recule...

 - Je me suis inscrit au parti communiste mais j’ai très vite senti que mon communisme à moi était totalement différent de celui de mes camarades.

 - En es-tu certain?

 - Je les ai quittés parce qu’ils me donnaient l’impression qu’ils stagnaient dans une sorte de mare infestée d’idées archaïques et... préfabriquées. Ou, si tu préfères,  artificielles. Utopiques...  Aussi, ils parlaient trop souvent d’argent et du pouvoir d’achat. Et des théories de leur père spirituel.

 - Encore un barbu!

 - Pourquoi, il y en a beaucoup dans ce... trou?

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23/10/2015

Saïouda, la fille du portier (17, à suivre)

 Hank Vogel, Saïouda, la fille du portier .jpgLe collège Saint-Marc d’Alexandrie est un établissement privé catholique qui a été fondé en 1928 par les Frères des Écoles chrétiennes et inauguré en présence du roi Fouad Ier le 6 octobre de la même année. Dont le dernier compagnon de Lady Diana, la si regrettée Princesse de Galles,  fut un écolier.
 
 Chaque samedi, on récompense les trois plus braves élèves de chaque classe en épinglant une décoration sur leur petit tablier noir. La médaille rouge est attribuée au premier, la bleue au deuxième et la verte au troisième.

 Un jour, après un mois d’école, mon frère Ouly rentre à la maison avec une médaille dont la couleur a totalement disparu de mes souvenirs. Et, le soir de ce même jour, pour l’encourager à poursuivre la voie du succès, Zio Georges lui fait cadeau dix piastres.

 - Et à moi, on me donne rien? je demande.

 - Quand tu iras à l’école et que tu rapporteras de bons résultats, me répond mon oncle.

 Déçu,  je vais dans la cour, je m'assieds par terre et je me mets à pleurer.

 - Tu es injuste, je murmure en pensant à  la vie, à Dieu ou à mon ange gardien. Tu récompenses toujours les mêmes. Pourquoi?

 Une minute plus tard, une boule de poussière s’approche de moi. Comme soufflée par une bouche mystérieuse et invisible. Je la prends dans mes mains et, avec stupéfaction et une immense joie, je découvre à l’intérieur de cette étrange enveloppe un billet de dix piastres tout froissé.

 Le Ciel répond souvent aux enfants que les grandes personnes ne comprennent pas...

19:12 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

La mouche de Saint Pierre (4, à suivre)

 Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpgPlötzlich! Pourquoi ce terme? Un homme avec une petite moustache noire, comme une tache en pleine figure, apparaît devant moi.

 - Bonjour ou bonsoir, je murmure timidement ne sachant pas du tout l’heure.

 - Deutschland über alles! crie-t-il.

 - Geh zum Teufel avec ton über alles, je crie à mon tour.

 L’homme disparaît aussitôt. 

 Ce n’est pas parce que, dans mon enfance,  j’ai tant aimé la chanson de Lili Marleen que les démons du passé ont le droit d’insinuer que j’étais des leurs. Je n’ai appartenu à aucun mouvement. Aussi envoûtant et divin fût-il. Jamais. Ni par sympathie, ni par intérêt.

 Et une voix me dit:

 - La vérité sort souvent de la bouche des enfants mais rarement de celle des vieillards.

 - Toi aussi, tu veux me salir davantage? je lui demande.

 - Au contraire, te laver de tous tes péchés, me répond-t-il avec une douceur rassurante.

 - Et comment?

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22/10/2015

La mouche de Saint Pierre (3, à suivre)

 Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpgTic, tac, tic, tac... Retour en arrière. Dans le temps. Dans le grenier de mes brouillons littéraires. Que c’est étrange! Un texte, que j’ai écrit il y a fort longtemps,  s’approche de moi. Comme un nuage confectionné de phonèmes et de signes.  
 
 - Viens, viens vers moi. Tu n’oses pas m’envahir? je lui dis... J’aime les mots. Surtout les parfums qu’ils dégagent.       
 
 Et il me répond musicalement:
 
 - Quand je crois ne pas savoir, je fais appel aux hommes. Quand je crois savoir, je fais appel aux anges de la création. Quand je ne sais pas, j’implore le ciel. Quand je sais, je flirte avec l’enfer.

 - Pourquoi cet énoncé?

 - Par pur plaisir.

 - Le plaisir?

 - Oui, lui... Car est il est en train de disparaître petit à petit..

 - Alors, je ne suis pas vraiment mort! Suis-je dans le coma?

 - Pas de commentaire...

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21/10/2015

La mouche de Saint Pierre (2, à suivre)

 Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpgMais qui est-il? Où pourrait-il se trouver? Difficile à savoir. Tout me semble noir. Non, tantôt noir, tantôt blanc. Un blanc légèrement violet. Ou à peine rose. L’imagination nous joue souvent de mauvais tours. Les couleurs de la mort ne ressemblent guère à celles de la vie... J’ai l’impression que quelques unes de mes cellules cérébrales brillent, comme des étoiles, encore en moi. Ce moi qui est en perte de vitesse. Ou qui s’enfonce tout droit dans le trou noir de l’existence. Telle une galaxie qui voyage vers l’infini. En direction du commencement. Quel commencement? L’éternel recommencement. Là où une force incroyable, due à un frottement hasardeux entre deux vides opposés, ou entre le coin plus concave de l’espace et l’antimatière, fit jaillir la lumière. Embryon de la matière.  Peut-être. Sommes-nous des voies lactées de chair et de sang? Peut-être. Peut-être, peut-être! Que de peut-être bondissent de notre mémoire pour apaiser notre esprit! Si avide de connaissances. Mais qu' y a-t-il après ce gigantesque ramassis d’informations? Rien. Celui qui sait ou ne veut pas savoir s’endort sur ses deux oreilles et s’efface du monde. Celui qui ne sait pas et qui veut savoir se tue à apprendre et à comprendre. L’ignorance est malgré tout une qualité, une force méconnue enfuie dans nos entrailles, qui nous pousse souvent à aller de l’avant. Par-dessus le mur, il y a le jardin. Face au mur, il n’y a que des graffiti. Lance-toi à fond et enjambe tous les obstacles, si tu tiens à gagner la course, me dit un jour un athlète, ami de vieille date. D’accord mais à condition qu’elle ne soit pas la dernière, je lui ai répondu. Après la médaille, il y a une autre récompense qui nous attend...

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20/10/2015

La mouche de Saint Pierre (1, à suivre)

 Hank Vogel, la mouche de Saint Pierre.jpgJe suis mort. Donc: adieu les problèmes financiers! Cette soumission étatique, soi-disant démocratique, aux impôts et aux assurances maladie. Me concernant, étant citoyen helvétique. Un ex Suisse parce que je ne suis plus rien.  Pour l’instant. Car je ne sais pas ce que me réserve la vie.  Adieu également les copains, les bonnes femmes, les salopes, les salauds, les conards et toute la racaille de tous les gouvernements de la planète Terre! Je suis intouchable maintenant. En conséquence, je me permets de dire sans crainte ni vergogne tout ce qui me passe par la tête. Non, par mon âme. Ici, tout est différent. Les sensations et les sentiments ne passent plus par le cerveau et c’est plus rassurant. En quelque sorte. La légèreté des êtres et des choses plane constamment comme un parfum qui... difficile à définir! Le monde des vivants me colle encore au cul. Un philosophe, fort médiatisé, dirait que je stagne à l'intersection de deux mondes bien opposés. Foutaise! Que des foutaises, ces intellos qui prétendent tout savoir. Mais il ne savent rien. Ils se gargarisent avec des mots savants et ils étales leurs concepts souvent contradictoires, empruntés ou volés aux autres la plupart du temps. C’est tout ce qu’ils savent faire. Oui, ils crachent régulièrement dans la soupe de ceux qui leur permettent d’exister. Les bourgeois! Parce que le paysan et l’ouvrier, ils n’ont rien à foutre des problèmes existentiels. Pour eux, c’est la bouffe et la baisse qui comptent...

 - Du calme, du calme, mon enfant! me dit une voix masculine, je crois.

 - Qui êtes-vous? Où êtes-vous? je lui demande. 

 - Tu veux me voir?

 - Oui.

 - Alors, tu n’as qu’à m’ imaginer.

 - Comment?

 - Te moques-tu de moi ou est-ce la peur qui sommeille encore dans ta carcasse?

 - Quelle carcasse? Je n’ai plus de corps, je suis invisible.

 - Pourtant, je te vois.

 - Vraiment?

 - Tu doutes de moi?

 - ...

 - Pauvre mortel!

 - Je suis déjà mort.

 - Tu es comme tous les autres! Guère mieux... Tu critiques les philosophes et tu  agis comme eux. Trouves-tu cela cohérent?

 - Je ne comprends pas.

 - Le pinaillage verbale est le propre du métaphysicien. À cause de deux mots, proches comme mort et mortel, il est capable de faire exploser sa cervelle...

 - Je comprends maintenant... Je suis désolé. Vous avez raison, je ne me suis pas totalement débarrassé de ma carcasse.

 - Totalement, totalement! Il faut du temps pour cela.

 - Je croyais que le temps n’existait pas ici.

 - Qui t’a dit cela? C’est certainement encore un de ces faux chercheurs de la sagesse, n’est-ce pas?    

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Le coolboy (27, fin)

 Hank Vogel, le coolboy*.jpgDeux semaines plus tard, le professeur   chirurgien convie secrètement, à la stabula jesus forcément, trois éminents vieux chercheurs en l’honneur de sa performance scientifique. Un Européen, un Asiatique et un Africain. Soit: un blanc, un jaune et un noir. Pas de nom,  toujours pour la même raison! J’espère que vous avez compris.

 Les savants, chacun à son tour, examinent mon fils avec curiosité  et délicatesse. Ils le touchent, le palpent, le caresse...

 - J’espère qu’ils se sont lavés les mains, murmurent ma tendre concubine.
 
 Puis ils se retournent vers Vanina et moi et celui, qui donne l’impression d’avoir attrapé la jaunisse, nous demande, d’un ton bizarre: 

 - Avez-vous contacté quelqu’un par téléphone ces dernières heures?

 - Ils vivent comme des ermites, explique Cible-rouge. Pas de portable ni d’ordinateur.  

 Le plus bronzé sourit.

 - J’ai une question essentielle à vous poser, dit le plus pâle d’un air un peu perdu, ne sachant pas vraiment à qui s’adresser... A vous, cher monsieur... non, à vous très chère demoiselle... 
 
 - Je vous écoute.

 - Êtes-vous Juive?

 - Je ne sais pas, je suis orpheline de mère et de père. Mais je vous certifie que j’ai tendance à être agnostique. 
 
 Le vieil homme lève les bras au plafond et dit à haute voix:

 - Grand Architecte de l’Univers! Parfait Horloger du Mouvement Perpétuel! Père Céleste! Dieu Tout Puissant! Grand Barbu! Pour l’amour de l’humanité toute entière, je vous en prie, faites que personne ne découvre la vraie vérité et que votre fameuse histoire ne se répète pas une seconde fois... Car un dogme infernal de plus suffirait à faire déborder le vase de nos croyances actuelles et propulserait ainsi la science à des années-lumière en arrière.    

 Et mon ange gardien me chatouille l'esgourde gauche et me dit:

 - Ah, ces sacrés scientifiques! Ils ne pensent qu’à eux.

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19/10/2015

Le coolboy (26, à suivre)

 Hank Vogel, le coolboy*.jpgLe grand jour a sonné!... Il faut que vous sachiez tout de même ceci: craignant de plus en plus le froid à cause du manque de mazout livré au compte-gouttes à la Suisse à un prix exorbitant par les barbus sanguinaires et pour des raisons de sécurité entre autres, Vanina Vanita a abandonné son poste nocturne, fort bien rémunéré, de stripteaseuse et se consacre maintenant à l’art du tricot et au yoga afin de conserver toute son élasticité. Car sortir et entrer la nuit au bercail comme une voleuse, déguisée en nonne pour ne pas se faire démasquer, c’est amusant au début mais au bout d’un certain temps cela devient pédant. Et puis, il y a l’image de la mère! Que penserons les voisins et surtout les voisines en regardant le futur enfant? Que lui cacheront-elles au visage en le croisant au parc ou dans la rue? Tu es mignon mais ta maternelle est une salope! Ou encore: tu mériterais que l’assistance publique s’occupe de toi. Bon, bref! On peut imaginer les pires atrocités lorsqu’il s’agit des autres. L’autre est la face cachée de la lune où séjournent les êtres les plus démoniaques. Berk! J’en ai parfois la nausée.

 Donc, donc, donc! Comme dirait le plus énigmatique de mes compagnons de ce voyage forcé. Après quarante semaines de saine gestation, le professeur, sans son stéthoscope mais avec son éternel bistouri, m’ouvre le ventre et ma création, mon ange tant attendu, jaillit de mes entrailles et accepte malgré lui de vivre dans le monde des humains et de subir toutes les calamités qui lui réservera l’avenir.

 Le chirurgien remet, en quelque sorte, le bébé à sa mère biologique-non-porteuse, l’adjectif est encore à trouver.
 
 - Merci Seigneur! s’écrit Vanina. Il est magnifique.

 Elle le regarde longtemps avec beaucoup d’admiration, quasi avec adoration, le berce doucement puis, tout à coup, une légère grimace se dessine sur son visage.

 - Qu’y a-t-il? je lui demande, avec inquiétude.

 - Je crois qu’il n’a qu’une seule pouette pouette, me répond-t-elle.

 Cible-rouge saute au plafond et dit:

 - Dieu créa l’homme, l’homme le peperit masculum. J’espère que le terme est correct. C’est-à-dire: le mâle qui enfante. Car sa couille porteuse est déjà à l’intérieur.

 - Comment est-ce possible? Qu’est-ce que vous avez fait pour ça? interroge Vanina.

 - Je n’ai strictement rien fait mais la nature est souvent complice des salubres découvertes scientifiques, explique-il. Dieu et la science sont comme cul et chemise.

 - Cul et chemise! Tu entends ça, mon adorable petit bonhomme? murmure l’ex stripteaseuse à l’oreille de son lardon.

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17/10/2015

Le coolboy (25, à suivre)

 Hank Vogel, le coolboy*.jpgLa nuit, tous les chats sont gris, dit-on. Mais pour leur sécurité, il faudrait qu’ils soient noirs. Totalement noirs. D’un noir ébène, d’ivoire ou d’acétylène. De la pointe des oreilles au bout de la queue. Car de nos jours, faute de lois qui permettraient aux juges bien-pensants et indépendants de condamner et d’interdire toute pratique étatique d'autodéfense préméditée, l’armée et la gendarmerie n’hésitent à tirer sur tout ce qui est grisâtre, cendré ou sombre. Tout y passe. Chats de gouttière, chiens sans collier, voleurs clandestins,  clandestins volés, drogués et prostituées illégales qui ne rapportent rien à l’administration fiscale. On tire sur toute cette racaille, ces déchets de la civilisation. Selon les bien installés de nos cités bourgeoises, bien entendu. On tire à volonté comme lorsqu’on est entre copains au bistro au tour d’une fondue bourguignonne ou chinoise à gogo. On bouffe, on bouffe, on bouffe... jusqu’à ce que le patron se décide à nous dévorer des yeux. Plus par colère que par désir. Les sensibles se calment alors, les inconscients persistent. Et Dieu est absent. Ou on fait croire aux caqueux et aux idiots du village que le Grand Barbu est toujours du côté des puissants, des riches et des mainteneurs de l’ordre. Même quand l’ordre sème le désordre.

 - On y va ou on n’y va pas? demande Vanina, d’une voix quasi silencieuse.

 - Un bon soldat ne part jamais au combat la vessie pleine. Une balle dans le sac et c’est l’infection assurée. Donc, mes chers  camarades, pissons avant de nous lancer à l’assaut de cette bizarre cachette militaire, conseille le professeur, fébrilement.

 Et chacun, dans son coin, se met à se rappeler ce qu’il a bu ou pas bu durant la journée, sous le regard innocent des étoiles.

 Puis, une fois libérés également de toute obligation physiologique pouvant perturber le silence, je lève mon bras au ciel et je crie malgré moi et la consigne:   

 - Mousquetaires de l’arène politique de demain, à nous le fortin!

 Et, sans une goutte de sang ni la moindre égratignure, la stabula jesus est finalement à nous...

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16/10/2015

Le coolboy (24, à suivre)

  Hank Vogel, le coolboy*.jpgArrive à son tour Quatre-sous, portant péniblement un jerrican.

 - On a eu de la chance, il y a une station-service juste derrière la petite colline, devant vous, dit-il.

 - Donc, donc, donc, on ne doit pas être très loin de notre bunker, marmonne le professeur.

 - C’est à trois minutes d’ici, à pied. L’entrée se trouve de l’autre côté du petit tas de terre qui se trouve en face de nous, explique l’assistant.

 - Comment savez-vous tout ça? lui demande le chirurgien, tout affolé.

 - Ne craignez rien, chef, je suis peut-être un cornuto d’après vous, parce que je sais qu’un soir d’ivresse vous avez sauté ou essayé de sauter ma petite copine, mais je ne suis pas assez con pour tout foutre en l’air pour une simple question de vengeance.
 
 - Alors comment...

 - L’entrée du bunker est visible depuis la station. On peut même lire sur la porte: stabula jesus. Toute la parois est taguée...

 -  C’est un mauvais présage.

 - On ne bouge pas de là jusqu’à la tombée du jour, je propose... Une fois décidés à  affronter n’importe quel obstacle, nous nous approcherons silencieusement du talus, sans allumer nos lampes de poches, comme des GI et nous pénétrerons à l’intérieur du bunker sur la pointe des pieds, comme des voleurs.     

 - Bonne initiative, pour éviter de nous faire repérer, poursuit Cible-rouge... Il n’y a pas mieux pour notre sécurité.
 
 - Et dès à présent, on ne parle plus, on chuchote quand c’est vraiment nécessaire, murmure Vanina...

17:30 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

15/10/2015

Le coolboy (23, à suivre)

 Hank Vogel, le coolboy*.jpg- Je vous écoute.

 Et il me raconte:

 - Quand j’étais interne à Boston, un jour, lors d’une auscultation, un patient m’a arraché mon stéthoscope des mains et a essayé de s’étrangler... Une semaine plus tard, même scénario avec un autre malade. Suite à ces deux fâcheux évènements qui firent de moi la risée numéro un de mes collèges, j’ai décidé de ne plus utiliser cet instrument de mauvaise augure et je me suis mis à étudier une méthode révolutionnaire, totalement inconnue des médecins occidentaux: la méthode dite de l’observation profonde. Où même la mort est annoncée à l’œil nu. Vous me suivez?

 - ...

 - Tout est sur le visage de celui que l’on examine. Battements cardiaques, thrill artériel, murmure respiratoire, tout y est. Même les bruits fœtaux. Mais pour cela, la connaissance ne suffit pas,  il faut aussi avoir le sens du diagnostic. Et ça, tous les toubibs ne l’ont pas et ne l’auront jamais. Car c’est magique, inné. Comme avoir de l’oreille pour un musicien... Et c’est en vous regardant avec une intensité telle, dont je ne puis déterminer sa puissance, que je sais que votre testicule droit est en bonne voie.

 - Le gauche, je corrige.

 - Vu d’ici, il est bien à droite, confirme-t-il.

 Arrive Vanina:

 - On vous entend à un kilomètre à la ronde.

 - Soignez plutôt votre cystite au lieu de vous préoccuper de nous, lui lance Cible-rouge.

 - Tu lui a dit quelque chose? me demande-t-elle, toute surprise.

 - Non, rien. C’est l’observation profonde.

 - C’est quoi pour une combine?    

13:31 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | |

14/10/2015

Le coolboy (22, à suivre)

 Hank Vogel, le coolboy*.jpg- Que faisons-nous maintenant? demande Quatre-sous.

 - Nous rien. Mais vous ce qu’un assistant dévoué et dégourdi aurait déjà fait depuis longtemps, répond le professeur.

 - Soyez plus explicite, chef!

 - Lève ton cul et trouve de la benzina, cornuto, lui crie-t-il.

 Et sur-le-champ, nous sortons tous de la voiture. Quatre-sous court d’un côté, Vanina de l’autre.

 - Ah, les femmes! C’est comme les chiens, il faut qu’elles se vident partout où elles se trouvent, dit le chirurgien.

 Puis il s’adresse à moi:

 - Et vous, ça va? Pas trop de difficultés pour uriner?

 Je souris.

 - Qui y a-t-il? Il y a un problème?

 - Aucun. Je peux vous poser une question vous concernant? je lui demande.

 Il fonce les sourcils.

 - Pourquoi vous vous comportez différemment que vos confrères? Vous êtes unique dans votre genre.
 
 - Unique dans quel sens?

 - Je ne vous ai jamais vu avec un stéthoscope.

 - Jamais?

 - Jamais, jamais.

 - Est-ce suffisant pour me traiter d'incompétent?

 - Je n’ai jamais pas prononcer ce mot...

 - Jamais, jamais! On dirait que vous êtes en train de sucer une sucette dont la couleur est jamais... Mais vous n’en pensez pas moins.
 
 - C’est faux.

 - Vous voulez vraiment savoir pourquoi j’ai horreur de me balader avec un stétho?

 - Je ne demande que ça.

 - Alors ouvrez bien vos deux oreilles...

14:15 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

13/10/2015

Le coolboy (21, à suivre)

 Hank Vogel, le coolboy*.jpg- Vous paraissez bien songeur, me dit Cible-rouge derrière le volant de sa énième voiture de location.
 
 - Je pensais aux réfugiés, je lui réponds.

 - La vie est mal faite.

 - Je pensais aussi à mon sosie.

 - L’écrivain?

 - Oui, lui.

 - Qu’est-ce qu’il a encore fait?

 - Il n’a rien fait. Mais, contrairement à nombreux de ses condisciples, écrivains ou blogueurs, la plupart du temps, il n’écrit que ce qu’il a véritablement connu.

 - Quoi par exemple? me demande Vanina qui est assise à côté de moi, derrière le professeur.

 - Par exemple: la Russie, le monde arabe, l’Égypte, le Liban, la Syrie, la Jordanie...

 Quatre-sous ouvre la bouche:

 - Wadi Ram, Pétra, le désert, les bédouins, Jérusalem, l’Himalaya, le Baltistan, la misère, la pauvreté, la richesse...

 - Eh, bien! Vous en savez des choses sur lui. Vous avez lu tous ses livres? je lui demande, tout étonné.

 - Aucun. Mais c’est mon oncle.

 - C’est une blague?

 - Non, c’est une question de sécurité.

 - La vie est mal faite, répète le chirurgien.

 Après trois heures de courtes conversations sans queue ni tête, de longs silences et de route, des routes convenables et des chemins biscornus, la voiture tombe en passe d’essence en plein milieu d'un terrain vague.

 - Enfin la Suisse que j’aime! s’exclame Vanina, le visage rayonnant de joie...

11:13 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer |  Facebook | | | |

12/10/2015

Le coolboy (20, à suivre)

 Hank Vogel, le coolboy*.jpgPartir. Fuir. Tout abandonner. À cause des autres. De ceux qui ne souhaitent qu’une seule chose: vous voir disparaître. Pour leur bien personnel. Question d’égoïsme. Intoxication mentale. Due à l’éducation. Au fanatisme religieux ou idéologique.

 Partir avec rien ou presque rien. Quelques  habits et quelques objets précieux. Des souvenirs d’enfance ou de jeunesse. Rien de plus. Mais avec un ciel inondé d’images dans la tête. Des images qui vont et qui viennent comme des oiseaux de passage. Tantôt lugubres. Tantôt allègres.

 Avant hier, il faisait bon vivre. Hier, c’était la guerre, l’horreur, la peur, la peur de la mort... Aujourd’hui, c’est l’incertitude la plus totale.

 - Vous paraissez bien songeur, me dit Cible-rouge derrière le volant de sa énième voiture de location.

 - Je pensais aux réfugiés, je lui réponds...

10:53 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |