03/09/2015

Saïouda, la fille du portier (15, à suivre)

 Saïouda, la fille du portier.jpg- Tu n’es pas italien?

 Je ne réponds pas. Mon esprit voyage. Comment est-il mon pays que je ne connais pas? Qui se trouve au-delà de la mer, au-delà des nuages. Il navigue à travers les paysages flous proches de l’univers du dessin et des caricatures.

 - Tu as le droit de ne pas me répondre. Alors comment se fait-il que tu parles l’italien  avec ta mère et Fardossa?

 - Parce que ma mère est italienne.

 - Et ta bonne?

 - Elle l’a appris avec ma mère.

 Saïouda se gratte l’oreille.

 - Et toi, qui t’a appris l’arabe? me demande-t-elle.

 - Dans la rue, je réponds d’un air pas convaincu.

 - Mais tu n’es jamais dans la rue comme moi. Ou très rarement...

 - C’est en me promenant avec Zio Georges.

 - Le Syrien qui a épousé la femme qui n’arrête de se laver les mains?

 - La femme, c’est Zia Lina, la sœur de ma maman... Mais d’où tu sais tout ça?

 - Il parle souvent avec mon père. Ils ont certainement des affaires ensemble.

 - Mon oncle parle avec tout le monde...

 - C’est vrai qu’il s’est échappé de la Syrie lorsqu’il était jeune?

 - Il a fui les Turcs qui massacraient tout sur leur passage. Femmes, enfants, chiens, chats... Comme le docteur Nazarian.
 
 - L’Arménien qui t’a sauvé la vie?

 - Oui, comme lui.

 Saïouda se met à pleurer...

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Commentaires

Bien le bonjour Cher Monsieur Vogel en lisant ce billet on devine l'esprit d'un grand papa en or
Et le récit du jour confirme bien qu'un humain est une ruche d'êtres
Super jeudi pour Vous Cher Monsieur

Écrit par : lovejoie | 03/09/2015

Super jeudi à vous, chère Lovejoie.

Écrit par : hank vogel | 03/09/2015

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