31/08/2015

L'homme de Skardou (1, à suivre)

Pré-texte

1

 Salut à toi, Grand Barbu! J’ai envie de rire. Malheureusement, mon âme est monotone. Ma psy me l’a dit. Sans doute parce que je le lui ai dit. Je lui ai donné cette image. D’homme monotone. D’homme qui voit tout en gris. Gris comme l'asphalte. Gris comme le béton. De cette ville où je vis... Où j’avance à petits pas. Ou un pas en avant et la moitié d’un autre pas en arrière. C’est possible, non? Mais j’avance. À ma manière. Avec mes moyens. Avec mes souffrances. Avec ma monotonie dans la tête. Et l’image que j’ai donnée à ma psy. Personne reconnue par l’autorité de ma ville. Ou plutôt de mon village. C’est plus juste. Car après une heure de marche, on est déjà à la campagne. Au contact de la nature. Mais cela est une autre question... Oui, je marche, mon ami. Mon père, mon frère, mon fils, mon meilleur complice. Je marche dans ma ville. L’air perdu. Le ventre vide. Les poches légères... Les souliers à peine cirés. Oui, je marche dans ma ville et rien ne se passe. Que dois-je faire, Seigneur? Je veux juste rire. Rire un peu. Rire de moi, éventuellement. Ou ne rire que de moi. C’est plus correct via-à-vis des autres. Ces autres qui ne m’ont jamais fait rire. Ces autres si préoccupés par leurs problèmes. Leurs histoires sans queue ni tête. Ou leurs histoires avec trop de queues et peu de têtes. Que dois-je faire, camarade? Oublier l’asphalte et le béton? Oublier tout ça et regarder le ciel? Ton ciel. Mais il est gris aussi. Gris comme l’asphalte. Gris comme le béton. Gris comme la grisaille. Gris comme la poussière qui s’accumule sous mon lit. Gris  comme ce gris fait de noir et de blanc. Gris comme cette barbe que je pourrais laisser pousser. La tienne est blanche. Toute blanche. Pareille à la blancheur de ma page blanche. Vierge. Avide d’amour et d’éternité. Oui, c’est vrai, j’attends beaucoup de ma page blanche. Beaucoup de mots venant de toi. Et passant par moi. Par ma cervelle. Par cet instrument si fabuleux. Que tu m’as offert à ma naissance. Que tu m’as offert si modestement. Si naturellement. Que dois-je faire, Seigneur? J’aimerais rire un peu. Juste quelques rires. Même un rire me suffirait. Cela me permettrait d’oublier l’homme gris que je suis.  Et peut-être aussi l’asphalte, le béton, ton ciel gris et la poussière sous mon lit. Oui, j’aimerais oublier tout ça. Que dois-je faire, mon ami? Que dois-je faire, Bon Dieu?

L'homme de Skardou.jpg

09:01 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

30/08/2015

Saïouda, la fille du portier (13, à suivre)

 Saïouda, la fille du portier.jpgSaïouda et moi,  nous sommes assis, l’un en face de l’autre, sur l’herbe sauvage du jardin de la Socony-Vaccum. L’inoubliable benzina! Station-service qui se trouve derrière nos maisons. Je lui parle de ce que je viens de vivre.  Mais j’ai l’impression que ma mésaventure ne l’intéresse pas du tout car elle est train d’observer un gros scarabée noir qu’elle tient entre ses doigts. Qui lui semble beaucoup plus important...

 À la fin de ma narration, elle s’approche de moi et, en me montrant le coléoptère, me demande:

 - Tu crois qu’il sera bientôt blanc comme nos chers chawichs?

 - Les chawichs sont habillés en noir l’hiver et en blanc l’été.

 - Je sais. C’est justement pour ça que je te pose cette question.

 - Je ne te comprends pas.

 - Tu ne me comprends pas ou tu te refuses de me comprendre parce que tu songes trop à ton histoire... C’est normal, tu es quelqu’un de trop gentil. Et, comme le répète souvent mon père à ses naïves épouses, les gens gentils réfléchissent plus que les autres mais se font rouler davantage...

 - Tu penses vraiment que le chawich n’a pas distribué mes sous aux prisonniers? Qu’il a gardé l’argent pour lui?

 - Je ne sais pas. Peut-être oui, peut-être non... Mon oncle Farouk estime que la police égyptienne est mille fois plus malhonnête que la police anglaise.

 - Il dit ça parce qu’il adore les Anglais.

 - Là, tu raisonnes comme mon vieux.

  Subitement, elle se lève, lance le scarabée dans une broussaille et s’écrie:

 - Vive la liberté et occupe-toi de ta famille avant qu'un vautour ne vienne te croquer!

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29/08/2015

Saïouda, la fille du portier (12, à suivre)

 Je suis seul dans ma chambre. En train de dessiner. C’est la voie la plus directe qui mène à l’écriture. Concentré à imaginer, à créer un monde parfait. Tout à coup, j’entends un claquement de fouet suivi d’un cri humain venant du dehors. Aussitôt, je cours regarder par la fenêtre et je découvre à ma stupéfaction, non pas pour la première fois, des squelettes  vivants en file indienne, des noirs, des barbarins pour la plupart, enchaînés l’un à l’autre, marcher péniblement en direction du caracol (poste de police). Ces pauvres créatures, sales, pieds nus et vêtues de lambeaux, sont menées à la baguette par un chawich (gendarme) qui affiche de la fierté et du plaisir sur son visage.

 Fortement attristé par la cruauté de ce spectacle, je fonce dans la rue, m’approche de ce bizarre individu et lui dis:

 - J’aimerais aider tes prisonniers.

 Instantanément, il ordonne au groupe de s’arrêter. Totalement épuisés, certains captifs, les plus courageux probablement, en profitent pour s’asseoir, en se laissant presque tomber par terre. Sur l’asphalte brûlant.

 - Comment? me demande-t-il, tout étonné.

 - J’ai de l’argent.

 - Des millimes?

 - Non, des piastres.

 - Où sont-elles?

 Je tends le bras droit. Main fermée.

 - Ouvre-la!

 J’obéis... Le gendarme et les prisonniers me dévisagent un instant. Puis ils se mettent tous à rigoler.

Saïouda, la fille du portier*.jpg

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28/08/2015

Saïouda, la fille du portier (11, à suivre)

 Saïouda, la fille du portier.jpg- Mon père ne m'a jamais frappé.

 - Parce qu’il est gentil.

 Elle relève sa robe et me montre un gros bleu sur sa cuisse.

 - Ça, c’était avant-hier je crois, avec son soulier, m’explique-t-elle.

 - Tu as mal? je lui demande.

 - Plus maintenant. Heureusement. Autrement...

 - Autrement quoi?

 - Autrement, je me serais jetée par la fenêtre. Comme le font la plupart des servantes qui travaillent chez les riches arabes. Ils sont pires que les Européens, paraît-il.

 - Pourquoi font-elles ça?

 - Pour en finir avec la vie. Parce du matin au soir, on les traite comme des esclaves. On les insulte, on leur crache dessus et on les bat...   
 
 - Mais on ne meurt pas en tombant du rez-de-chaussée.

 - Moi, j’habite tout en bas mais elles, elles logent tout en haut... Tu le sais bien, la chambre de la bonne se trouve toujours sur la terrasse (toit). Bien que souvent, elle  dort la nuit dans un coin de la cuisine...

 - Qui t’a raconté tout ça?

 - Mon oncle Farouk.
 
 - Comme le roi?

 - Oui, il s’appelle comme notre roi. Et comme lui, il adore les Anglais... Il dit que le jour où ils partiront, ça sera d’abord l’anarchie puis la dictature dans ce pays.

 - Je ne comprends rien à ces mots.

 - Moi non plus. Mais je les ai retenus dans ma tête car on ne sait jamais. Ça pourra me servir quand j’irai à l’école.

 - Quand? Bientôt?

 - Pas tout de suite. Une fois que je serai grande.

 - Ça me rassure.

 - Pourquoi tu dis ça?

 - Parce que l’école nous empêchera de nous voir tous le jours. Elle nous éloignera l’un de l’autre.

 - Tu as raison, je n’y avais jamais pensé. Alors je n’irai pas!
 
 - Mais ton père te frappera...

 - Tant pis! Une fois de plus, une fois de moins, quelle importance! Je commence à m’habituer.

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27/08/2015

Mâle dans sa peau (30, fin)

 Elle se redresse, pose la lavette et le flacon  sur  la chaise, s’assied sur le bord du lit et m’avoue:

 - Je vous aime. Je vous aime dès l’instant où je vous ai vu pour la première fois. Il y a de cela... Mais voilà, vous m’avez regardée sans me voir comme quelqu’un qui lit sans lire...

 Instantanément Madame Rosenberg surgit des ténèbres. Et je me souviens de la scène de mon rêve où elle prononça les mêmes paroles. Lire sans lire. Être là tout en étant ailleurs, sûrement.

 - C’était où? je lui demande tout affolé.

 Elle est étonnée de ma réaction.

 - Sur une plage en Égypte, me répond-elle.

 L’image d’une jeune fille blonde apparaît dans mon esprit. Elle est face à la mer. Je  me trouve à une dizaine de mètres derrière elle. Elle porte un tee-shirt blanc. Large. Qui flotte au vent. Grâce à Éole, je découvre  une partie se son sein droit. Elle contemple l’horizon. Puis elle se retourne vers moi et me dévisage. Je suis troublé.
 
 - C’était à Hurghada?

 - Oui, à Hurghada, après la révolution.

 - Je commence à voir clair. C’était vous?

 - Oui, c’était moi, la fille sur le sable blanc et brûlant.

 - Si j’avais su...

 - Su quoi?

 - Que j’avais une chance... Mais j’ai pensé le contraire. Votre beauté m’a paralysé. M’a plongé dans ce monde onirique où les personnages sont des énigmes impossibles à résoudre.

 Elle s’approche de moi, prend mes mains dans les siennes et me dit:

 - La véritable journaliste, d’investigation, dans cette aventure, c’est finalement moi. Car ce que j’ai à vous dévoiler encore est au-delà de tout. Presque diabolique. Et ça vous choquera sans aucun doute. 

 Je la tire vers moi et nous nous embrassons. L’éternité ouvre grandes ses portes. L’autre n'existe plus. L’autre s’est transforme en nous. Ce nous si nécessaire pour vaincre la monotonie de l’existence. Et le vous en tu.

 - Tu n'as pas besoin de me dévoiler quoi que ce soit de plus car j’ai tout compris, je lui chuchote à l’oreille après ce langoureux baiser.

 Et j’ajoute avec un sourire digne de l’homme le plus comblé de la terre:

 - Seule une femme amoureuse ou, si tu préfères, mâle dans sa peau, est capable de me faire venir dans ce bled sous prétexte qu’une  révolution est en train de mijoter dans le pays voisin... En somme, mon patron et mon ami Iouri, se sont moqués de moi. Ils ont trahi ma confiance et mon amitié...

 - Non, ils ont joué le jeu, corrige-t-elle. Par pure sympathie.

 - Mais un coup de fil aurait suffi!

 - Je sais. Malheureusement de jours tout se crée et se défait rapidement grâce et à cause du portable. Et je voulais que notre histoire soit unique. Reste gravée à jamais dans notre mémoire.

20

 Rien n’est éternel. Alors ne nous compliquons pas la vie! Celui, qui se complique la vie, passe son temps à défaire des nœuds... C’est facile à dire. Tout est facile à dire. Mais la réalité est tout autre.

 Un pied dans le réel, l’autre dans le rêve, l’homme patauge constamment dans l’inconnu.

Mâle dans sa peau.jpg

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26/08/2015

Mâle dans sa peau (29, à suivre)

 Mâle dans sa peau.jpgJe lève le doigt, comme à l’école, pour lui poser une question.

 Mais elle poursuit:

 - N’ayez crainte, je ne suis pas lesbienne. Loin de là. Ou je ne sais pas. Parce que le hasard, l’éducation reçue ou mes hormones ont voulu que je choisisse la voie de la différence. La voie dite de la normalité. Celle qui permet à l’espèce humaine de continuer à survivre. La vraie, la seule qui soit bénie de Dieu et de ses saints, selon certains... Malheureusement, elle ne nous conduit pas obligatoirement au bonheur.

 Une petite larme coule de son œil droit. On dirait une Madone. Je la trouve sublime.

 - Ça, c’est la femme qui est en moi qui réagit, dit-elle en souriant.

 Elle se redresse, pose la lavette et le flacon  sur  la chaise, s’assied sur le bord du lit et m’avoue: ...

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25/08/2015

Mâle dans sa peau (28, à suivre)

 Mâle dans sa peau.jpgKyllikki joint les mains et ferme les yeux. Soudainement, j’ai l’impression que j’ai affaire à un ange. Prêt à m’embarquer pour un lointain voyage. Au pays des fées et des beautés éternelles. Puis elle me déclare:

 - Si mon père ne m’avait dit un jour que je me comportais comme la majorité des hommes...

 - Vous me l’avez déjà...

 Elle ouvre les yeux.

 - Je sais, riposte-t-elle. Mais je pensais que vous ne vous souveniez plus de rien.

 - Presque tout...

 - S’il vous plaît!

 - Qu’y a-t-il?

 Elle se gratte la tête. Puis elle me supplie:

 - Pour l’amour du Ciel! Écoutez-moi sans m’interrompre. Laissez-moi m’exprimer sans intervenir. C’est très important pour moi. Et peut-être pour nous...

 Nous? Que veut-elle insinuer?

  - ... La déclaration de mon père, c’est l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. Elle déclencha en moi le désir profond de ne plus jamais me comporter comme mes copines d’école... Une phrase, un mot suffit parfois pour bouleverser notre vie. Question de contexte. De terrain. De poudrière en quelque sorte. Si celle-ci est totalement inondée d’eau, forcément aucune explosion ne pourra se produire. Mais chez moi, ce fut le Grand Boum. Et, après de sérieuses réflexions, j’ai décidé d’agir, de réagir, d’être un mâle. Si cela vous chante, vous pouvez dire à tous vos amis: j’ai rencontré au pays des Samis une blonde qui est mâle dans sa peau.

 Je lève le doigt, comme à l’école, pour lui poser une question.

 Mais elle poursuit:...

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24/08/2015

Mâle dans sa peau (27, à suivre)

 Mâle dans sa peau.jpgElle me fixe des yeux. On dirait que c’est son truc à elle. Pour déstabiliser son adversaire. Que je suis méfiant à l’égard de ma bienfaitrice! Comme à l’égard des autres. Qui sont-ils ces monstres qui m’ont forgé ainsi? Puis, d’un air désinvolte, elle me lance:

 - Vous pensez trop, jeune homme, votre pensée s’égare aux confins de l’impossible.

 Je suis surpris par la beauté de cette phrase. Selon moi. Je réagis donc:

 - Ou vous écrivez ou vous lisez beaucoup. Je me trompe?

 Pas de réponse. Verbale. Mais une grimace. Puis:

 - Vous êtes une étrange personne. Pleine de contradictions. Vous avez peur du loup et en même temps vous ne cessez pas de le chercher pour essayer de flirter avec lui. C’est de naissance ou est-ce par déformation professionnelle?

 Je me tais malgré mon irritation. J’attends la suite:

 - La laideur vous attire donc plus que la beauté? La folie plus que la sagesse? Je crois que vous êtes un journaliste sincère mais con.

 Vexé, je m’apprête à me lever pour la deuxième fois.

 - Écoutez la suite avant de fuir l’insupportable vérité, cri-t-elle aussitôt.

 Je suis très étonné. Pourquoi cette colère subite?

 - Pardon, murmure-t-elle... C’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Il faut que j’arrête de tourner autour du pot. Je vais vous dire toute la vérité...

 Un long silence. Elle hésite. Elle hésite vraiment.

 - Concernant qui, quoi? dis-je pour l’encourager à se lancer.

 Kyllilli joint les mains et ferme les yeux. Soudainement, j’ai l’impression que j’ai affaire à un ange. Prêt à m’embarquer pour un lointain voyage. Au pays des fées et des beautés éternelles. Puis elle me déclare:...

13:06 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | |

23/08/2015

Mâle dans sa peau (26, à suivre)

 Mâle dans sa peau.jpgJe me réveille. Kyllikki est assise sur une chaise, à ma gauche, à une mètre du lit. Elle me regarde d’un air bizarre.
 
 - Que m’est-il arrivé? je lui demande en m’apprêtant à me lever.

 - Restez couché, m’ordonne-t-elle gentiment.

 J’obéis machinalement. Pour ne pas la contrarier, certainement. Je constate qu’elle tient une lavette dans une main et un flacon dans l’autre.

 - Que m’est-il arrivé? je lui demande pour la deuxième fois... Je ne me souviens plus de rien.

 - Cela ne m’étonne pas, me répond-t-elle en se pinçant les lèvres. C’est comme... Bref! Vous avez déliré, transpiré, roté, pété, et vomi. Et j’ai ramassé toute votre merde. Et, en tant que parfaite samaritaine scandinave, je me suis sentie obligée de vous essayer  la bouche et de vous laver le visage avec une sorte d’eau de Cologne inodore mais rafraîchissante.  Êtes-vous satisfait de mes explications?

 - Ce n’est pas possible.

 - Non, ce n’est possible, c’est certain.
 
 - Je suis sincèrement désolé.

 - Vous êtes toujours désolé. Sauf qu’on c’est vraiment nécessaire.

  - Je ne vous suis pas.

 - ...

 - Tout à l’heure, vous avez dit: c’est comme... puis bref. De quoi vouliez-vous parler?   

15:10 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

22/08/2015

Mâle dans sa peau (25, à suivre)

 Mâle dans sa peau.jpgTout à coup, j’ai la tête qui tourne et envie de vomir.
 
 - Qu’y a-t-il? me demande Kyllikki, s'apercevant de mon malaise. Vous voulez un verre d’eau?

 - Non, rien... C’est probablement la vodka. Ou autre chose.

 - Vous pensez que le saumon n’était pas frais?

 - Pas ça. Une image... un scène d’un rêve...

 Elle me tire par la main et me dit:

 - Venez! Je vous propose que vous vous allongiez un moment... vous êtes blanc comme neige.

 Malgré cette nausée, je la corrige:

 - Blanc comme une aspirine, dit-on peut-être. La neige c’est quand on est innocent.

 - Le français, c’est parfois trop compliqué pour moi.

 - C’est compliqué pour tout le monde.

 Elle me conduit dans sa chambre à coucher et me signale avant que la moindre pensée douteuse ne vienne troubler mon esprit:

 - N’ayez crainte, je ne fais jamais l’amour dans mes propres draps la première fois... Profitez de vous reposer pendant que je m’occupe un peu de mon appart...

 Ni une ni deux, je me laisse tomber sur le lit. Le sien, forcément. Et étrangement, je m’endors aussitôt.

10:55 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

21/08/2015

Saïouda, la fille du portier

Ou la naissance d'un roman...

Les évènements du présent réveillent souvent de vieux souvenirs. Et le poète considère cela comme un devoir à accomplir. Mettre en musique, en images ou en mots les cadeaux qu'il a reçus du Ciel afin de remercier ce dernier.

09:40 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

20/08/2015

Mâle dans sa peau (24, à suivre)

 Mâle dans sa peau.jpgElle pose sa main droite sur ma main gauche. Puis elle m’explique:

 - Souvent, pour fuir la médiocrité de la quotidienneté, nous nous propulsons  dans des sphères au-delà de toute réalité... Et nous prenons plaisir à nous balader dans ce nouvel univers, toujours nouveau, toujours autre, fait de songes et de désirs légers. Car là, libérés du poids de nos préoccupations, de nos gloires et de nos échecs,  nous pouvons agir sans agir. Comme lorsque nous lisons sans lire.

 Tout à coup, j'ai la tête qui tourne et envie de vomir.
 
 - Qu’y a-t-il? me demande Kyllikki, s'apercevant de mon malaise. Vous voulez un verre d’eau?

 - Non, rien... C’est probablement la vodka. Ou autre chose.

 - Vous pensez que le saumon n’était pas frais?

 - Pas ça. Une image... un scène d’un rêve...              

13:13 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | |

19/08/2015

Mâle dans sa peau (23, à suivre)

 Mâle dans sa peau.jpgAprès un long baiser, chargé de nombreuses interrogations et de troublantes sensations pour ma part, Kyllikki me dit:

 - Excusez-moi, je n’aurais pas dû mais c’était plus fort que moi.

 - C’était un cadeau inattendu, je réponds en esquissant un léger sourire.

 - Vous dites ça parce que vous êtes quelqu’un de très poli.

 - Pas forcément. C’est vrai, c’était inattendu...

 - Parce que d’habitude, c’est l’homme qui fait ou qui doit faire le premier pas, n’est-ce pas?

 - D’après ce que...

 - D’après n’importe quoi! J’espère que je ne me suis pas trompée à votre sujet.

 - Mais vous me connaissez à peine.

 Subitement son visage se fige et ses yeux se mettent à me fixer. Comme lorsqu’on contemple un objet et que l’on pense à autre chose. Puis elle revient à elle et m’avoue:

 - Vous vous trompez. Je vous connais depuis très longtemps. Depuis très très longtemps.

 Je commence à avoir peur. Ai-je affaire à une folle?

 Elle poursuit:

 - Si mon père ne m’avait dit un jour que je me comportais comme la majorité des hommes... que j’étais un mâle dans une peau de femelle, vous ne seriez pas là, en face de moi maintenant. L’avenir appartient toujours aux garçons et jamais aux filles, n’est-ce pas?

 - Je ne comprends pas où vous voulez en venir.

 - À la vérité.

 - Quelle vérité?

 - Celle qui vous a toujours aveuglé.

 - Soyez claire.

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18/08/2015

Mâle dans sa peau (22, à suivre)

 Mâle dans sa peau.jpgFaire l’amour? Après le premier baiser, n’importe quel individu, normalement constitué ou formaté selon les règles occidentales ou orientales de son environnement, est capable de faire ça. Avec art ou brutalité. Comme aller à bicyclette, dirait ma concierge. Au début, on a de fortes chances de se casser la figure. Mais par la suite, à force de pédaler, la circulation ne nous fait plus peur. On se permet même de zigzaguer souvent pour éviter les cacas...

 Le premier baiser ne doit être le carouble qui ouvre toutes portes vers l’autre mais une serrure dont il faut trouver la bonne clé  pour entrer en douceur, silencieusement, religieusement même, au saint des saints de l’être adoré.

 Le plaisir sain naît d’un désir sincère et réfléchi, prêt à s’effacer si nécessaire pour le bien-être de l’autre. Tandis que le plaisir démoniaque n’est que le fruit d'intentions perverses, destructrices. L’un engendre l’amour, la paix. L’autre la violence, la guerre. Toute notre société est construite sur ces deux principaux piliers du comportement humain. Qu’on le veuille ou non. Le bien et le mal. Souvent mal étiquetés à cause d’une éducation trop exclusive. L’avenir est entre nos mains. Et, malgré un manque total d’indépendance, de liberté pour certains, nous choisissons toujours le chemin qui nous convient le mieux ou qui nous semble être le meilleur. Pour le salut de notre âme. Afin d’exister tout simplement. Exister, exister Bon Dieu! 

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16/08/2015

Mâle dans sa peau (21, à suivre)

 Mâle dans sa peau.jpg- Est-ce que vous travaillez pour les services secrets? je lui demande.

 Elle éclate de rire.

 Puis, après un long silence, les yeux brillants, elle me déclare quasi avec violence:

 - Vous êtes un grand naïf. Comme tous les autres, d'ailleurs. Par déformation professionnelle sans douce. À la moindre rumeur, vous courez tout affolé pour vérifier si ce que l’on raconte est fondé ou pas.  Soi-disant, au nom de la vérité! Au nom de l’information! Oui, vous courez les yeux fermés et les pieds liés, permettez-moi cette expression, pour être le premier sur place et faire un scoop. Quelle mentalité!

 - C’est pour mieux m’insulter que vous m’avez invité chez vous? je lui demande sèchement.

 - Non, pas pour ça.

 - Alors pourquoi?

 Alors... Kyllikki se lève d’un bond, s’approche de moi et sans la moindre hésitation colle ses lèvres aux miennes.

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14/08/2015

Balalaïka et kalachnikov

62
 Dans le cœur des poètes russes, il y a toujours une balalaïka et une kalachnikov...

 Quand l’une sommeille l’autre veille.

 Et dans le mien? À vous de deviner!

63
 Dans le cœur des artistes suisses, il n’y a plus qu’une tirelire remplie de subventions.

 Car le cor des alpes et l’arbalète n'enflamment plus que les touristes et les nostalgiques.

Balalaïka et kalachnikov.jpg

12:52 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

13/08/2015

Quand mon stylo est fatigué

 Quand mon stylo est fatigué, je dégaine mon caméscope et je n'hésite pas à abattre tous les tricheurs et les menteurs qui se trouvent sur mon passage. Mais face aux enfants et aux innocents, je tire toujours à blanc...

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11/08/2015

Saïouda, la fille du portier (10, à suivre)

 Saïouda, la fille du portier.jpgLa femme la plus belle de tous les temps, c’est Néfertiti. Encore vivante à mes yeux. Et non pas Cléopâtre comme certains historiens l’ont prétendu ou le prétendent encore. Car elle était mince, souple comme un roseau et avait un doux et long cou où, les jours de forte chaleur, la sueur de son labeur, de son moindre effort, se permettait de ruisseler avant de disparaître. Davantage que chez les autres reines. Et cela plaisait aux dieux de l’Égypte. Et ce qui plaît aux dieux plaît aux poètes et aux hommes de bonne volonté.

 - Un femme qui ne transpire pas en travaillant ne mérite pas que l’avenir prenne soin d’elle, me dit Saïouda.

 - Qui t'a dit ça? je lui demande.

 - Mon père.

 - Il est docteur?

 - Comme tous les hommes. Ou plutôt comme tous les portiers.

 - Tu l’aimes?

 - Qui ça?

 - Ton père.

 - Je le déteste.

 - Pourquoi?

 - Parce qu’il me frappe tous les jours.

 - Tous les jours?

 - Oui... et parfois plusieurs fois par jour...

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10/08/2015

Désolé, un peu de pub (pour mon roman le plus roman)

Où trouver "La vieille femme et l'enfant" de Hank Vogel

Publié le 28 juillet 2015 par Ikor Editions

Où trouver "La vieille femme et l'enfant" de Hank Vogel

Caractéristique du livre :

Pages : 132

Format : A5 - 14,8 x 21 cm

Couverture : couleur souple

Intérieur : Illustré noir et blanc

Langue : Français

ISBN : 979-10-93133-08-9

Poids : 180 g

Prix : 13.40 euros

Pour le commander (délais de réception généralement constatés : 72 heures )

Vous trouverez nos ouvrages dans de nombreux magasins en ligne et sur commande dans toutes les librairies de France.

http://ikor.over-blog.com/2014/11/librairies-qui-proposen...

Et aussi :

  • Sur Amazon : à venir
  • Format kindle : à venir

En savoir plus :

Premières pages : http://ikor.over-blog.com/2015/07/la-vieille-femme-et-l-e...

Retours de lecture : à venir

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09/08/2015

Mâle dans sa peau (20, à suivre)

Mâle dans sa peau.jpg La belle Finlandaise pose sur la table une grande assiette contenant des canapés au saumon, deux petits verres et une bouteille, de vodka certainement, sortie du congélateur.

 - Voilà, c’est moins cher mais c’est aussi bon qu'au restaurant, s’exclame-t-elle en s’asseyant en face de moi.

 - Fabuleux, dis-je, pour ne pas rester muet.

 - À vous l’honneur!

 - ...

 - À vous de servir la vodka. Comme l’exige la tradition...

 - Chez moi, il n’y a rien qui exige quoi que ce soit.

 - Alors si vous permettez...

 Et, quasi avec jubilation, elle ouvre la bouteille et remplit les verres. À ras bord. Contrairement aux bonnes habitudes, probablement.

 - Et maintenant que... Ahti nous accompagne tout au long de ce modeste repas, dit-elle en levant son verre.

 - À... c’est qui?

 - Le dieu de la mer et de la pêche.

 - Pourquoi pas.

 Et nous trinquons, buvons, mangeons et parlons de tout et de rien. Et, en particulier, de tous ces riens que nous avons emmagasinés et crachés avant notre conversation... Jusqu’à ce qu’une de ces minuscules et insignifiantes étoiles cérébrales ne se transforme subitement en une intrigante nébuleuse et ne vienne chatouiller mon esprit.

 - Est-ce que vous travaillez pour les services secrets? je lui demande.

 Elle éclate de rire

11:15 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |