29/08/2015

Saïouda, la fille du portier (12, à suivre)

 Je suis seul dans ma chambre. En train de dessiner. C’est la voie la plus directe qui mène à l’écriture. Concentré à imaginer, à créer un monde parfait. Tout à coup, j’entends un claquement de fouet suivi d’un cri humain venant du dehors. Aussitôt, je cours regarder par la fenêtre et je découvre à ma stupéfaction, non pas pour la première fois, des squelettes  vivants en file indienne, des noirs, des barbarins pour la plupart, enchaînés l’un à l’autre, marcher péniblement en direction du caracol (poste de police). Ces pauvres créatures, sales, pieds nus et vêtues de lambeaux, sont menées à la baguette par un chawich (gendarme) qui affiche de la fierté et du plaisir sur son visage.

 Fortement attristé par la cruauté de ce spectacle, je fonce dans la rue, m’approche de ce bizarre individu et lui dis:

 - J’aimerais aider tes prisonniers.

 Instantanément, il ordonne au groupe de s’arrêter. Totalement épuisés, certains captifs, les plus courageux probablement, en profitent pour s’asseoir, en se laissant presque tomber par terre. Sur l’asphalte brûlant.

 - Comment? me demande-t-il, tout étonné.

 - J’ai de l’argent.

 - Des millimes?

 - Non, des piastres.

 - Où sont-elles?

 Je tends le bras droit. Main fermée.

 - Ouvre-la!

 J’obéis... Le gendarme et les prisonniers me dévisagent un instant. Puis ils se mettent tous à rigoler.

Saïouda, la fille du portier*.jpg

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Commentaires

Cette belle image captive vraiment le regard.Merci de nous la proposer à nouveau
Très belle fin de journée pour Vous Cher Monsieur Vogel

Écrit par : lovejoie | 29/08/2015

Très belle fin de journée à vous, chère Lovejoie.

Écrit par : Hank Vogel | 29/08/2015

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