27/08/2015

Mâle dans sa peau (30, fin)

 Elle se redresse, pose la lavette et le flacon  sur  la chaise, s’assied sur le bord du lit et m’avoue:

 - Je vous aime. Je vous aime dès l’instant où je vous ai vu pour la première fois. Il y a de cela... Mais voilà, vous m’avez regardée sans me voir comme quelqu’un qui lit sans lire...

 Instantanément Madame Rosenberg surgit des ténèbres. Et je me souviens de la scène de mon rêve où elle prononça les mêmes paroles. Lire sans lire. Être là tout en étant ailleurs, sûrement.

 - C’était où? je lui demande tout affolé.

 Elle est étonnée de ma réaction.

 - Sur une plage en Égypte, me répond-elle.

 L’image d’une jeune fille blonde apparaît dans mon esprit. Elle est face à la mer. Je  me trouve à une dizaine de mètres derrière elle. Elle porte un tee-shirt blanc. Large. Qui flotte au vent. Grâce à Éole, je découvre  une partie se son sein droit. Elle contemple l’horizon. Puis elle se retourne vers moi et me dévisage. Je suis troublé.
 
 - C’était à Hurghada?

 - Oui, à Hurghada, après la révolution.

 - Je commence à voir clair. C’était vous?

 - Oui, c’était moi, la fille sur le sable blanc et brûlant.

 - Si j’avais su...

 - Su quoi?

 - Que j’avais une chance... Mais j’ai pensé le contraire. Votre beauté m’a paralysé. M’a plongé dans ce monde onirique où les personnages sont des énigmes impossibles à résoudre.

 Elle s’approche de moi, prend mes mains dans les siennes et me dit:

 - La véritable journaliste, d’investigation, dans cette aventure, c’est finalement moi. Car ce que j’ai à vous dévoiler encore est au-delà de tout. Presque diabolique. Et ça vous choquera sans aucun doute. 

 Je la tire vers moi et nous nous embrassons. L’éternité ouvre grandes ses portes. L’autre n'existe plus. L’autre s’est transforme en nous. Ce nous si nécessaire pour vaincre la monotonie de l’existence. Et le vous en tu.

 - Tu n'as pas besoin de me dévoiler quoi que ce soit de plus car j’ai tout compris, je lui chuchote à l’oreille après ce langoureux baiser.

 Et j’ajoute avec un sourire digne de l’homme le plus comblé de la terre:

 - Seule une femme amoureuse ou, si tu préfères, mâle dans sa peau, est capable de me faire venir dans ce bled sous prétexte qu’une  révolution est en train de mijoter dans le pays voisin... En somme, mon patron et mon ami Iouri, se sont moqués de moi. Ils ont trahi ma confiance et mon amitié...

 - Non, ils ont joué le jeu, corrige-t-elle. Par pure sympathie.

 - Mais un coup de fil aurait suffi!

 - Je sais. Malheureusement de jours tout se crée et se défait rapidement grâce et à cause du portable. Et je voulais que notre histoire soit unique. Reste gravée à jamais dans notre mémoire.

20

 Rien n’est éternel. Alors ne nous compliquons pas la vie! Celui, qui se complique la vie, passe son temps à défaire des nœuds... C’est facile à dire. Tout est facile à dire. Mais la réalité est tout autre.

 Un pied dans le réel, l’autre dans le rêve, l’homme patauge constamment dans l’inconnu.

Mâle dans sa peau.jpg

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Commentaires

En effet Cher Monsieur Vogel comme vous l'écrivez si justement ,on casse son fil au départ et on passe sa vie à refaire des nœuds
Concernant les nœuds karmiques certains pensent pouvoir les défaire mais très souvent un testament post mortem les ramènera à la case départ et ceci même après plus de 60 ans de recherches
Ils finissent tous par se retrouver à nouveau chevillés au fil qu'ils pensaient détruit
Et le vide qu'ils pensaient pouvoir combler par des réponses sera à nouveau rempli de nœuds supplémentaires
Très belle soirée pour Vous Cher Monsieur et encore merci pour cette charmante histoire

Écrit par : lovejoie | 27/08/2015

Très bonne soirée à vous, chère Lovejoie.

Écrit par : hank vogel | 27/08/2015

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