07/05/2015

Entrez sans frapper (3, à suivre)

 Je suis en plein désert.  Ma mémoire est en pleine forme. J’ai de la peine à me découvrir. Mes habits sont lourds. Ils sentent la transpiration due à l’effort et non pas  à l’émotion. Je pleure en cachette. Intérieurement. Vieillard, je mourrai sous un palmier. Un fusil déchargé à mes côtés.  Loin des lions et des hyènes de la ville. Proche de la brousse et de la savane véritables.  Mon dernier tabac aura un goût de rose. Et sentira bon la figue et la vanille. Verrai-je défiler devant moi à grande vitesse tous mes merveilleux moments passés sur terre? Je n’attends aucune récompense, ni aucune dérogation de la part du Grand maître de l’univers. Je n’aurai pas la moindre seconde pour remercier ma compagne pour tout le mal qu’elle se sera donné pour me comprendre. Car la porte de l’au-delà sera toute  grande ouverte et la lumière si attirante. On brûlera pour moi quelques bougies, certainement, mais elles ne charmeront que quelques papillons nocturnes. Après moi, il y aura quelqu’un d’autre dans la maison. Et mes manuscrits serviront à faire revivre la cheminée. La nudité du corps aura la transparence de l’intelligence. Et la vertus aura sa place parmi les banalités. Ce jour-là, la nuit aura les couleurs claires du jour et le jour les couleurs sombres de la nuit. Je communiquerai avec quiconque voudra m’entendre. Avec celle ou celui qui voudra entendre le message de la vie éternelle. Mais maintenant? La chair est faible et elle insiste à me le faire constater. L’esprit est vagabond et il me le démontre très bien.

 Je quitte le café.  Les rues sont désertes.

08:46 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Commentaires

Très beau texte auquel on pourrait ajouter mais pourquoi se complique t'on autant l'existence ou pourquoi tant d'autres prennent un malin plaisir à la compliquer ceci juste pour leurs propres satisfactions personnelles ?
Nous sommes sans doute des milliers à métaphoriser ou métaphysiquer de cette manière mais peut-être que grâce à nos âges avancés les voies dites impénétrables s'ouvrent peu à peu dès que nos ressentis font face au futur détachés de nombreuses craintes
Comme de nombreux anciens disaient, après nous le déluge et finalement n'avaient -ils par raison surtout en voyant ce monde qui se dit fraternel mais dont l'égoisme n'a jamais été aussi perceptible
Alors autant écrire ce que nos yeux ne peuvent projeter ce que nous pensons réellement .Tout le monde connait l'expression heureusement que ces yeux ne sont pas des fusils /rire
Très bonne fin de journée pour Vous Cher Monsieur Vogel

Écrit par : lovejoie | 07/05/2015

Très bonne journée à vous, chère Lovejoie.

Écrire, c'est plus que le bonheur, c'est être libre et pouvoir planer dans un ciel infini, sans frontière. Ceci ne concerne que moi.

Le vrai bonheur échappe à toute statistique... et surtout aux statistiques onusiennes réalisées par des fonctionnaires ou des bureaucrates qui ont tendance à oublier les vrais préoccupations des peules. Ce qui me fait penser à la phrase du Grand Charles: L'ONU, c'est quoi ce machin?

Écrit par : HanK Vogel | 07/05/2015

Cher Monsieur Vogel en voyant l'air crispé signe d'égoisme chez certains politiciens prenant toujours le peuple en otage mais dans l'espoir en tout premier d'assurer leurs arrières je pense que pour eux une bonne cure d'œufs cuits durs de chez Joséphine ne serait pas de trop /rire
Je me suis marrée en regardant la vidéo en pensant, c'est bizarre j'ai comme l'impression d'entendre plusieurs disparus applaudir face à ce qu'ils n'ont jamais osé dire de vive voix.
Toute belle soirée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovejoie | 07/05/2015

Ah, les œufs de Joséphine! Quel plaisir tout de même quand on n'a pas les moyens de se payer une steak tartare ou une belle saucisse bourgeoise.

Belle soirée à vous, très chère Lovejoie.

https://www.youtube.com/watch?v=JfBO4JLoPpE

Écrit par : HanK Vogel | 07/05/2015

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