06/05/2015

Entrez sans frapper (2, à suivre)

 Le ciel s’est éclairci. Les rues sont ensoleillées. Les vitres des magasins vibrent et reflètent avec gaieté le va-et-vient des passants. Le temple de Dieu est un temple de sagesse et non pas une kermesse où les prêtres faussement illuminés s'exhibent à la la face du Silencieux en faisant des singeries et des discours insensés. Je suis à deux doigts de rater le merveilleux. Il m’échappe. Je ne suis pas assez sûr de moi. Mes convictions religieuses et politiques sont au point mort. Le soleil est trop magnifique. Je passe à côté de l’essentiel. Aucune importance. La femme est une montagne de curieuses douceurs qui allaitent mon savoir. Je suis une machine à remonter les siècles. Je me sentirais mieux dans la peau d’un vieillard préhistorique. Ou dans celle d’un prophète au terme de son mandat. J’ai hâte de me retrouver dans une situation ambiguë. Socialement, je n’ai rien à dire. Le minimum me suffit. Le maximum est derrière mes horizons. J’ai tout de même réussi quelques exploits philosophiques. Par la force de la simplicité. Je ramasse les miettes du festin des autres sans vergogne. Puis je les avale avec un immense plaisir. Je n’aime pas le mot plaisir. Il me rappelle des sexes insatisfaits. L’amour n’est pas un jeux mais un devoir. La sexologie est la science des obsédés et des insensibles. J’aimerais faire l’amour avec les yeux.

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15:23 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

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