18/03/2015

Le rat de goût (7, à suivre)

 Subitement, le commissaire crie:
 - Gardes! Au trou ce con!
 Et je me retrouve flanqué de mes deux amis de fortune.

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 - Si tu permets, de quoi avez-vous parlé? me demande gentiment Labourette.
 - De l’intelligence des flics, de Talpiot et de Jésus...
 - Tu connais?
 - Qui ça?
 - Jésus de Nazareth.
 Je souris.
 - Pourquoi ce sourire?
 - Parce que j’ai menti au commissaire... Je lui ai fait croire que j’ignorais tout de ce bonhomme...
 - Comment peux-tu parler de lui ainsi?
 - Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi! Laissons le Christ aux chrétiens, Bouddha aux bouddhistes et tâchons plutôt de discuter sur nos propres et actuels philosophes!
 Conard sort de son ignorance préméditée et nous révèle avec assurance:
 - Ils ont tous été tués.
 Labourette se met aussitôt à trembler comme une feuille de papier en plein courant d’air.
 Il poursuit avec fierté:
 - Morts et enterrés pour l’éternité... Ils ont été exécutés pour le bien de notre société.
 - Mais pourquoi? sort presque silencieusement mais musicalement de nos bouches, de ma gueule et celle de Labourette bien entendu.
 - Parce qu’ils s'intéressaient trop aux théories de l’âme humaine et à leurs dérives.
 - Cela ne justifie pas une telle condamnation, dis-je.
 - Qui pète plus haut que son cul empoisonne les hautes sphères, explique-t-il.
 - Quelles sphères? s’autorise-t-elle à haute voix malgré le choc d’une telle révélation.
 Conard part dans un discours digne d’un bleu en politique, voire très bleu ou bleu marine:
 - Nos têtes et nos nuques ne doivent pas être souillées par des idées qui sont nées au-delà de nos frontières. Car ces monstres invisibles n’ont qu’un seul but: l’anéantissement à petit feu de notre espèce, en commençant par l’adoucissement, ou la sublimation selon elles, de notre gestuelle sociale.
 - C’est-à-dire?

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Commentaires

L'histoire de ces rats du bon peuple tombe à pic pour délasser les esprits saturés de politique voire même de religiosité et je m'en régale
En lisant les propos tenus par Con et ses acolytes on se croirait revenu au temps des bistrot ou un chat était appelé un chat
Très belle soirée pour vous Monsieur Vogel

Écrit par : lovejoie | 18/03/2015

Très belle soirée à vous également, chère Madame.

La politique est devenue une foire aux idées où les stands sont tenus par de bavards épiciers qui ont de la peine à compter juste.

Écrit par : HanK Vogel | 18/03/2015

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