19/12/2014

Lettre à un mendiant indien (5, fin)

 Je pense souvent a toi, mon Ami, vers la fin de chaque mois. Surtout quand je constate que je dois verser plus d’argent à mes créanciers (loyer, impôts, assurances, électricité...) que je n’en ai gagné. Je pense à toi et je me dis: “ Il n’a rien et on ne lui demande rien. Moi, j’ai tout mais on me réclame tout et souvent d’avantage.” Et je dors mal. Je passe des nuits blanches à trouver des solutions mais aucun mécène ne vient à mon secours. Les sauveurs sont ailleurs. Dans les légendes. Je me dis aussi:  “J’aimerais bien être à sa place mais qu’arriverait-il si tout le monde faisait comme lui?” La question est ardue. Sincèrement, elle m’est difficile car je n’ai pas de réponse. Toi, tu es un mendiant, tu tends ta main pour recevoir quelques roupies. Moi, je suis un artiste, j’étends mon art pour acquérir quelques francs. Finalement, nous sommes  presque semblables. Nous sommes pile et face d’une même une pièce de monnaie. Nous attendons beaucoup des autres. Énormément d’admiration, d’amour. Espérons-nous des autres ce que les dieux refusent de nous donner? Sommes-nous des enfants capricieux, des poètes, des rêveurs d’une vie nouvelle, toute autre? Que sommes-nous en définitive? 

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

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