15/12/2014

Lettre à un mendiant indien (1, à suivre)

mendiant.jpgCher Ami,
 Je suis confortablement assis dans un fauteuil. Des paysages de ton pays défilent sous mes yeux. Ce sont des images que j’ai captées avec mon caméscope, mon instrument de travail. C’est le seul appareil qui m’apporte encore un peu de joie. Un jour peut-être, je n’aurai plus besoin de lui. Dans dix, cent ou mille ans. Le temps, quelle importance! N’est-ce pas? Attendre, se dépêcher, attendre, se dépêcher... ce sont les effets du temps, ses méfaits.  Toi, tu ne connais plus ça. Ce perturbateur, tu l’as banni de ta vie comme on chasse les esprits malfaisants, en les ignorant totalement. Quelle chance tu as, mon ami! Moi, je ne peux pas en dire autant. Car ce provocateur ne cesse de me courir après. Ça commence le matin par la sonnerie de mon réveil et ça  se termine le soir en réglant l’alarme. Oui, je suis prisonnier du temps. Tic, tac, tic, tac... Cette misérable et monotone musique fait partie de ma vie, comme d’autres bruits d’ailleurs. Le son du téléphone, par exemple, lorsqu’on m’appelle pour me vendre un aspirateur génial, un millésime fabuleux, de la gelée royale miraculeuse et d’autres choses soi-disant exceptionnelles. Ou quand on sonne à ma porte et que je devine que c’est le facteur, cet oiseau de mauvaise augure qui transporte avec lui les lettres recommandées, les commandements de payement, les actes de poursuite et les autres calamités engendrées par le divorce et le chômage. Toi, tu ne connais plus tout ça. Ta famille, ce sont les gens qui passent et ton travail, c’est le fruit de leur générosité. Une ou deux roupies. Rarement plus. Quelle importance! N’est-ce pas?... à suivre        

14:06 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Commentaires

le mendiant est dans l'oeil du voyeur
cette photo n'est elle celle d'un croyant -voeux de non possessions matérielles?

Écrit par : genevois déshérité | 16/12/2014

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