30/06/2014

Un vide trop plein (16, à suivre)

26
 - Qui êtes-vous exactement? me demande Codo.

 - Je suis un auteur en quête de justice, je lui réponds. Ou un philosophe. Ou un chercheur. Je cherche la vérité. Ou un rêveur. Mes rêves sont nombreux. Ou un poète. Mes poèmes inachevés se ramassent à la pelle. J’ai écrit un millier de poèmes mais je ne me sens pas poète pour autant. Et pourtant... et pourtant une voix intérieure me dit... On me chuchote des mots qui ne sont pas des mots. On me pousse à imaginer, à agir... Dans quel but? Mystère. Je suis un cas psychologique intéressant. Pour les médecins inexpérimentés. Pour l’étudiant adepte de Freud et compagnie.

 - Vous souffrez.

 - Si au moins. Si seulement... Non, je ne souffre pas.

 - Vous devriez alors remercier le ciel.

 - Le ciel, le ciel! Une masse de vide qui s’étend à l’infini... Vous êtes croyante?

 - Question difficile.

 - Les jeunes scientifiques se refusent de croire à l’existence de Dieu. Ils ont tort.

 - Et vous, à quoi ou à qui croyez-vous?

 - Aux anges. À mon ange. Mon bien-aimé ange. Mon conducteur. Mon conseiller nocturne.

 - Que cherchez-vous exactement?

 - Exactement?... Vous. Vous dans le trou noir de mon subconscient. Je vous ai aimé il y a deux ou trois mille ans. En ce temps-là vous vous appeliez Néfertiti.

 Codo sourit.

 - Il ne faut pas sourire, c’est la vérité, dis-je. Votre cou ressemble au sien...

 - Vous croyez à la réincarnation? me demande-t-elle.

 - Je suis obligé.

 - Comment ça obligé?

 - C’est une certitude. Une vague certitude, une incertaine certitude.

 - En somme, vous n’y croyez pas... pas plus que de moi.

 - Je n’en sais rien.

 Et la conversation, plus un  monologue que d’un dialogue, se poursuit dans tous les sens. Tantôt  dans l’abstrait. Tant dans le concret. Avec des interrogations. Avec des sourires. Avec des soupirs. Je parle, je parle. Codo m’écoute, attentivement. Arriverai-je à la séduire avec mes mots, avec  mes théories hors du commun ou avec mes histoires d’outre-tombe? J’aimerais crier victoire. Oui, j’aimerais... à suivre

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29/06/2014

Un vide trop plein (15, à suivre)

22
 Tic, tac, tic, tac... Attendre, attendre, toujours attendre. C’est l’enfer quand on est pressé. Pour échapper à ce système social où l’accélération est le mobile principal, le poète préfère remonter le temps. Grave erreur?

23
 Qui cherche trouve. Qui trouve cherche encore. Pour en savoir plus. Toujours plus. Le service des renseignements téléphoniques m’a communiqué le numéro de l’inconnue de la page 73 et celui de Codo.

24
 - Excusez-moi, j’aimerais parler à Codo.

 - C’est moi.

 - C’est Jean Delarue. Vous vous souvenez de moi?

 - Très bien.

 - J’ai retrouvé dans mes papiers...  une de vos analyses sur un des mes textes. Vous vous en  souvenez?

 - Très bien.

 - Il faut que je vous revois. On peut se revoir?

 - Oui, bien sûr, pourquoi pas. Quand?

 - Quand vous voulez, quand vous pouvez.

 - Jeudi à seize heures. Ça va pour vous?

 - Où ça?

 - En face du palais de justice, il y a un petit café... le nom m’échappe. Vous voyez où?

 - Je trouverai.

 - Alors à jeudi...

 - Ça me fera plaisir de vous revoir.

 - À moi aussi.

 - À jeudi.

 - À jeudi.

 - Au revoir.

 - Au revoir.

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 J’aime les conversations simples. Faites de phrases courtes et de longs silences. C’est à ces moments-là que les grandes émotions se préparent... à suivre

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28/06/2014

Un vide trop plein (14, à suivre)

20
 Suis-je en train de chasser deux lièvres à la fois? Suis-je en train de m’orienter vers deux directions à la fois? Deux directions opposées? Que suis-je en train de poursuive? La poursuite du bonheur est-ce la fuite du malheur? Vers qui dois-je aller? L’inconnue de la page 73 ou Codo?

21
 Genève, la serveuse du café, Jules Vernier, l’inconnue de la page 73, Codo et Jean Delarue, le je de ce récit: des personnages purement imaginaires, des fabrications de l’esprit. Elles ne sont pas nées par hasard, elles sont nées suite à un besoin. Un désir de vérité et de mensonge. Chaque phrase, chaque mot peut être analysé. Une fois mis sur le papier, le mot détient le secret de son origine, il cache un souci, une interrogation, une détresse, une envie plus ou moins folle, une réclamation de justice, un baiser d’amour, un sentiment flou ou net et, ou un tas d’autres choses. Veuillez m’excuser pour  cette parenthèse. Pour l’auteur, cette déclaration nécessaire est une mise en garde. Pour le lecteur, une puce mise à l’oreille. Car tout mensonge frise la vérité et toute vérité, le mensonge. Et puis, n’y a-t-il pas songe dans mensonge?... à suivre

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27/06/2014

Mariage, homosexualité et polygamie

"Ce que je fais de mon corps et de mon âme ne regarde que moi car je n'appartiens à aucune nation et à aucune religion. Je suis un enfant, un produit de la terre, cette perle si proche du ciel. Mais les sorciers du village m'empêchent de grandir."

Ou autrement voir la vidéo...

 

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26/06/2014

Un vide trop plein (13, à suivre)

19
 - Tous les moyens sont bons, me dit Jules Vernier.

 - Je trouve que j’exagère tout de même, je lui dis.

 - On n'exagère jamais dans la vie. C’est la vie qui exagère la plupart du temps. Il n’y a aucune philosophie qui soit dans le vrai.  Il n’y a rien de véritablement logique. Celui qui stagne dans l’ignorance  accepte les lois des autres, des lois soit-disant logiques. Du vent. Ce sont des bâtons que l’on te glisse en douceur dans les roues. Souvent par jalousie. N’écoute jamais personne. N’écoute que ta conscience. Si l’envie est forte et si le fait de réaliser cette envie ne risque pas de mettre en danger la vie des autres, alors vas-y les yeux fermés. Vas-y pleinement!... à suivre

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25/06/2014

Un vide trop plein (12, à suivre)

17
 L’automne, le véritable automne avec ses pluies et ses feuilles mortes collées au sol, est enfin là.  Je prends plaisir à regarder les passants marcher sous leur parapluie. La plupart de ces engins de protection sont noirs et esquintés. C’est la période où l’on apprécie les feux de cheminée. Je suis bien dans ma peau. Petite illusion passagère. J’écrase involontairement les petits et grands soucis. Également petite illusion passagère.

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 J’entre dans une église. Elle est pleine de saints et Dieu est absent. C’est mon sentiment. Je m’éloigne de ce lieu hostile à ma béatitude. La rue est un miroir gris. Il reflète bien mon état d’âme. Je vagabonde. Je bourre ma pipe. Je l’allume avec un briquet que j’ai dû ramasser sur une table d’un bistrot... Au bout d’une heure, j’arrive chez moi. Je pense à l’inconnue de la page 73. Je fouille dans mes papiers, dans mes vieilles notes d’il y a dix ans ou plus. Je découvre, entre autres, des adresses et des numéros de téléphone. Que sont-ils devenus? Que sont-elles devenues? Qui sont-elles? Qui sont-ils? À quel jeu suis-je en train de jouer? Parmi ces fameuses notes, un texte sort  du lot: L’analyse de Codo est un baiser d’amour. Jamais personne ne m’a fait une telle offrande. Un jour je tomberai amoureux de Codo. Au bon moment. Que les anges fassent leur travail. Je me souviens de Codo. Mieux de son âme que de son corps. Je me souviens qu’elle était mince, un peu fragile. Mais je ne me souviens pas très bien de son visage. Je m'installe dans mon fauteuil. Je me frotte le front. Je me croise les bras. Je les décroise. Je me lève. Je fais les cent pas. Les idées vont et viennent. Les Et si? arrivent au galop. C’est trop idiot, trop absurde. Je change de décor... à suivre

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24/06/2014

Un vide trop plein (11, à suivre)

16
 Écrire ou ne pas écrire? Les terres lointaines intriguent le poète, l’aventurier, le chercheur d’une autre vie. Pour lui, là-bas, la femme est parfaite et le paysage paradisiaque. L’eau est pure et fraîche et l’air sent bon l’humidité. Le berger prend soin de ses brebis. On sème, on récolte et on partage dans la bonne humeur. Toujours dans la bonne humeur. Cette inconnue, pour raison d’une lacune de mémoire, dont le nom fut inscrit de ma main en haut de la page 73 de ce roman qui relate l’histoire de deux inconnus, me donne beaucoup à réfléchir. Je ne suis pas fier de ma cervelle. J’aurais besoin d’un sérieux repos. Dans un ailleurs au-delà de toute citadelle. Oui, mais où? Dans quelle région? Dans quel pays? Dans quel désert? Sur quelle planète?... à suivre

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23/06/2014

Un vide trop plein (10, à suivre)

15
 - Je vous trouve rêveur, me dit Genève.

 - C’est sans doute la saison qui me rend ainsi, je réponds pour répondre.

 Genève sourit.

 - Vous ne me croyez pas? je lui demande.

 - Plus ou moins, me répond-t-elle.

 Genève se doute de quelque chose. Je m’en moque. Éperdument. Je refuse pourtant de me séparer d’elle. Définitivement. Je couche avec elle par hygiène. Pour ne pas devoir me masturber. Nous couchons ensemble et nous continuons à nous vouvoyer. Bizarre relation... à suivre

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22/06/2014

Un vide trop plein (9, à suivre)

14
 Le dommage de la serveuse m’est revenu plusieurs fois à l’esprit. Durant le trajet du café à mon chez moi. A-t-elle prononcé ce mot avec une arrière-pensée? Quelle arrière pensée? Ou machinalement? Je plonge sur mon lit. Tout habillé. Nu, ce serait plonger pour rien. Bien que... Je plongerais volontiers nu avec Genève. Mais elle n’aime pas ça. Elle est trop traditionnelle. Trop calviniste. Je me suis trompé de cible. De compagne. La solitude me convient mieux. Seul, j’ai la possibilité de rêver, les yeux ouverts, à qui je veux. Adieu mon lit! Je m’allume un cigare. Un havane. Un Romeo y Julieta. Je me sens riche. Un faux riche devenu pauvre d’esprit. Le temps d’une fraction de seconde. Aucune importance. Je me regarde dans la glace. Je me trouve superbe. Plus beau que mon ami Jules vernier. Je pense à la serveuse. À notre conversation. Vaguement. À son dommage. Un autre dommage s’ajoute au sien devenu mien. Le dommage de ne pas avoir été plus loin dans la conversation. Et puis davantage. C’est ridicule. Je frise l’obsession. Je contemple ma bibliothèque. L’alignement parfait de mes bouquins. Il est vrai que pour certaines choses je suis maniaque. Je prends un livre. N’importe lequel. C’est le roman d’un auteur inconnu qui relate l’histoire de deux inconnus. Je l’ouvre et je tombe sur la page 73. En haut de cette page, une annotation. Le nom d’une jeune fille ou d’une jeune femme et son numéro de téléphone. Qui est-ce? C’est le noir total. Pourtant, c’est mon écriture. J’en suis certain. Je compose le numéro de téléphone. Un vieux monsieur me répond. C’est le père de la jeune fille devenue femme depuis... Le vieux monsieur me demande qui je suis. Je lui déclare que je suis un vieil ami de sa fille et que je souhaiterais la revoir après tant d’années. Il me croit. Il m’avoue que sa fille a quitté la maison familiale. Ça fait déjà deux ans. Elle est maintenant en Italie. Elle donne des cours de dessin à la campagne. Et il me communique son adresse si je désire lui écrire. Je prends note. Précieusement. Je remercie le vieux monsieur et nous nous quittons... à suivre

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21/06/2014

Un vide trop plein (8, à suivre)

13
 Que m’est-il arrivé? Aimer pour chasser un vide est-ce un bel acte d’amour? Qu’est-ce que l’amour? C’est quoi aimer? Est-ce chercher à être agréable envers celle ou celui qui nous paraît agréable? Que je suis intéressé!

 J’entre dans un café. Je commande un thé au lait. On me sert un thé-citron. Je ne dis rien, j’accepte. J’ai sans doute tort. On a tort d’accepter les erreurs des autres. Par paresse. Ou pour se simplifier la vie. Mais on la complique, on accumule des contradictions. Je bourre ma pipe. Je l’allume. Je l'éteins. Je la rallume. J’ai l’impression que la fumée dérange mon voisin. Je cesse de fumer. Je range ma pipe dans la poche de mon blouson. Je bois mon thé. La serveuse s’approche de moi et me dit:

 - Ne seriez-vous pas le frère de Jules par hasard?

 - Je n’ai ni frère ni sœur, je lui réponds. Mais j’ai un ami qui s’appelle Jules...

 - Il a une barbe?

 - Oui, il a une barbe.

 - Blanche?

 - Oui toute blanche. Il s’appelle Jules Vernier. C’est de lui qu’il s’agit?

 - Je ne sais pas, je ne connais que son prénom.

 - Il est peintre?

 - Je ne sais pas. Tout ce que je sais c’est qu’il s’appelle Jules et qu’il vous ressemble.

 - Il ne doit pas s’agir de la même personne. Le Jules que je connais ne me ressemble pas. D’après moi en tout cas.

 - Dommage.

 Pourquoi dommage? La serveuse se retire. Je paye. Je me lève, je salue la serveuse avec un sourire et quitte l’établissement... à suivre

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20/06/2014

Un vide trop plein (7, à suivre)

12
 Victime d’une culture calviniste, Genève s’adonne aux jeux de l'érotisme dans l’obscurité la plus totale. Pour elle, le sexe est un instrument quasi divin qu’il faut manipuler avec délicatesse et précaution. Je suis dans les bras de Genève. Je suis en elle. Dans son temple. Mes mains caressent son corps avec une curiosité digne d’un collégien. Genève, elle, ne me caresse que la tête. Nos bouchent s’échangent leur salive. Mon cœur bat très fort. Le sien également. Je vibre. Elle vibre également. Finalement, c’est l’explosion. La double explosion. Miraculeusement au même moment. Puis c’est silence, un petit silence...

 - Nous aurions dû attendre, me dit Genève.

 - Attendre pourquoi? je lui demande.

 - On fait les choses trop à la hâte.

 - Je ne pense pas.

 - Et maintenant qu’avons-nous de plus?

 - Nous nous connaissons mieux. On ose plus. Nous avons brisé d’énormes barrières.

 - Jusqu’à quand?

 - Jusqu’à... Ça dépend de tout.

 - C’est-à-dire?

 - Avons-nous l’intention de faire un bout de chemin ensemble?

 - Le désirez-vous?

 - Probablement. Mais vous?

 - J’aime l’âme avant le corps.

 - Vraiment?

 - Sûrement... à suivre

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19/06/2014

Un vide trop plein (6, à suivre)

7
 - Vous aimez les enfants? je demande à Genève.

 - J’aimerais en avoir, me répond-t-elle.

 - Pourquoi ne vous êtes-vous jamais mariée?

 - Parce que je n’ai jamais trouvé chaussure à mon pied.

 Il est vrai, pour que tout aille bien il faut que ça marche!

8
 25 octobre 1989. L’automne a été magnifique cette année. Il l’est encore. Les feuilles or et cuivre donnent à la nature une allure d’irréalité. C’est si rare. C’est si plaisant. J’adore les parcs en cette saison. L’apparition d’une fée n’est pas à exclure. Et Roméo et Juliette planent au-dessus des rares nuages. Face à ce grandiose spectacle naturel , il n’y a qu’une seule chose à faire: ne rien faire, se taire et avaler la vie.

9
 Une idée met un frein à une autre idée, plus ancienne, et le voyage devient plus difficile. Être libre, vivre librement, ne serait-ce pas finalement mourir et renaître seconde après seconde?

10
 Genève, que souhait-elle? Ma mort ou ma résurrection?

11
 On colle une étiquette avec un simple coup de langue. Mais on la décolle avec des grincements de dents... à suivre

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18/06/2014

Un vide trop plein (5, à suivre)

6
 On parle pour parler. On déclare pour déclarer. On essaye de croire dans l’espoir de se persuader. Un pied sur terre, l’autre dans les airs. Constamment ici et ailleurs. Adulte, l’homme est un papillon qui rêve encore comme une chenille. La victoire, sa victoire sur lui-même, sur ses préjugés, sur ses craintes, sur ses égoïsmes, est loin d'éclater dans sa cervelle. Le vent de l’éternelle hésitation souffle encore trop souvent à travers les champs de sa conscience. Quelle conscience? La sienne. Uniquement la sienne.

 - Qu’est-ce que vous recherchez exactement? me demande Genève.

 - Exactement, je ne sais pas, je réponds.

 - Mais vous avez une idée?

 - Une vague idée.

 - Exprimez-vous davantage.

 - Disons, je cherche une fontaine aux eaux pures.

 - Afin?

 - Afin de purifier mon âme. Ou afin de vivre autrement.

 - Il faudra chercher longtemps.

 - Pessimiste!

 - Réaliste!... Notre société est une société hostile aux poètes, aux artistes, aux réformateurs ou aux chercheurs comme vous.

 - Je ne cherche qu’une fontaine aux eaux pures. Je ne demande que ça.

 - C’est ça le problème. Ce que demandez est au-delà de tout.

 - Et pourtant c’est si simple.

 - Trop simple et trop compliqué à la fois.

 Les conversations se terminent souvent en queue de poisson ou ne se terminent jamais. Chacun suit son chemin la tête gonflée d’images floues. On rentre à la maison et on ne garde que ce que bon nous semble. Chacun fabrique sa philosophie à son avantage. On récolte le plus et on rejette le moins. Drôle de comportement que celui de l’homme, animal avide de bien-être... à suivre

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17/06/2014

Un vide trop plein (4, à suivre)

4
 Il n’y a rien d'excitant dans les yeux d’une religieuse. Il n’y a ni Dieu ni diable. Il n’y a que des larmes acides séchées par le soleil noir et brûlant des hommes. Je dis cela parce que Genève sent la nonne. Elle sent tantôt le savon de Marseille et tantôt la moisissure et la poussière d’un vieux château. Et tout cela me paralyse. J’ai l’impression d’être un archéologue face à un monument historique. Je rêve avec le passé. Je rêve avec la mort.

5
 - De quel signe êtes-vous?

 - Ce n’est pas sérieux.

 - Ça peut l’être.

 - Vous voulez dire: ça dépend comme on présente la chose.

 - C’est exactement ça. Un bon orateur est capable d’envoûter qui il veut quand il veut.

 - Et un poète?

 - Encore plus facilement mais malgré lui. Il convainc sans le savoir, sans le vouloir.

 - Je préfère cela.

 - Moi aussi.

 Sur certains points, nous nous rejoignons. Forcément. L’autre n’est jamais aux antipodes du comportement humain. L’autre n’est jamais totalement différent. L’autre n’a que quelque chose en plus ou quelque en moins qui nous paraît plus ou inversement.

  - J’ai le cœur et l’esprit fatigués.

 - À cause?

 - Je me suis trop investi.

 - J’ai trop donné et j’ai trop cherché à recevoir.

 - L’erreur est humaine.

 - Trop de mauvais choix.

 - Et maintenant?

 - Eh bien, je contemple l’océan. Et je refuse de m’y baigner.

 - Êtes-vous certain?

 - Si seulement!... à suivre

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16/06/2014

Un vide trop plein (3, à suivre)

3
 Étrange? Comme c’est étrange! Pour quelques mots sortis de ma bouche, une bouche capricieusement généreuse voilà que Genève m’a classé comme une vieille bâtisse... Il faut que cela change. Genève n’est pourtant pas si idiote que cela. D’après ce que je sais d’elle, d’après mes voisins, mes amis et mes ennemis. À Genève, Genève est aussi connue que le jet d’eau lorsqu’il ne fonctionne pas. Les touristes le cherchent partout. Et ceux qui ne l’on jamais vue la confonde avec le pisseur belge. Excusez-moi pour ma façon de m’exprimer. Elle reflète un désir de profonde et volontaire masturbation cérébrale. J’aime les erreurs car elle font partie de la vie. La perfection n’est que divine. La littérature, elle, s’approche du monde des démons. Non, je suis en train de tricher. Ce que je viens de vous dire sur Genève n’est qu’une vague explication qui m’a été communiquée par un ami jaloux, qui boit un litre de vin rouge à chaque repas. C’est compréhensible, non? La vraie vérité personne ne la saura. À moins que je décide de découvrir Genève au sens propre et au sens figuré. Quelle aventure!... à suivre

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14/06/2014

Un vide trop plein (2, à suivre)

2
 - Quel est votre nom?

 - Genève Page.

 - Genève comme la ville et le canton?

 - Oui, Genève comme la ville et le canton?... Mes parents sont des originaux. Ils ont un sens très poussé du l’humour. Et vous?

 - Je n’est pas tellement le sens de l’humour...

 - Non, comment vous appelez-vous?

 - Jean Delarue.

 - C’est facile à retenir.

 - Comme les gens de la rue.

 - Comment ça?

 - Jean Delarue comme les gens de la rue. C’est trop banal n’est-ce pas?

 - C’est une une banalité dont on se souvient facilement... Et qu’est-ce vous faites dans la vie?

 - Rien.

 - Rien du tout?

 - Rien du tout.

 - Vous êtes riche alors?

 - Pas plus qu’un autre. Je travaille tantôt là, tantôt ailleurs. Je travaille pour survivre. 

 - Et à part ça?

 - Eh bien, je crois que je ne fais rien d’autre.

 - Aucune passion? Lecture? Cinéma? Musique?

 - Le silence le plus total.

 - Mais c’est infernal!

 - Pas pour moi.

 - Vous êtes étrange... à suivre

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13/06/2014

Un vide trop plein (1, à suivre)

Un vide trop plein-couv.jpg1
 Rires. Larmes. Aucun récit ne me convient. Aucune philosophie n’est susceptible de me séduire totalement. Les dieux me charment. Seul Dieu est un casse-tête. Et les hommes, des casse-pieds de la tête au pieds. Tandis que les femmes sont des casse-foyers de la tête aux fesses ou des  pieds aux fesses. J’aimerais prendre racine à l’aube d’un hiver glacial quand la mort refuse tout compromis. Aux heures creuses de ma mémoire, de préférence. Le vite fait sur le gaz ne m’intéresse plus. Il me faut la gloire ou le verbe aimer conjugué à la perfection pour moi tout seul. Il me faut du temps à plein temps. Il me faut un toit sans  toi ni moi. Un toit avec nous, un nous sans vous ni les autres. C’est compliqué. Les gens viennent puis repartent. Leurs images demeurent. Pas forcément pour l’éternité mais elles demeurent dans ma si douce et agréable demeure. Ma chambre à coucher est inondée de vieilles énergies réduites au silence. Tout ce qui a été fait n’attire plus personne. La promesse et le geste poétique font salle vide, ils ne font plus la une des journaux. Même pas la une de la rubrique des chiens écrasés. Qui suis-je? Que fais-je là? Questions sans réponse. Probablement. À moins que je décide d’être quelqu’un, quelqu’un de bien. Un poète célèbre, un artiste célèbre, un chercheur célèbre, un charmeur célèbre ou un révolutionnaire célèbre. À moi de décider. Vais-je décider? En disant cela, ai-je déjà décidé? Probablement. Que de probabilités dans une existence!... à suivre

 

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12/06/2014

Comparer et haut-parleurs (5, à suivre)

21
 Le poète miaule ce que le politicien aboie.

22
 Un poète en exile est plus à craindre qu’un poète couronné.

23
 Mieux vaut passer une soirée avec un poète qu’avec un politicien.
 Le poète promet la lune; le politicien, lui, ne promet que monts et merveilles.

24
 Mieux vaut un homme qui ronfle la nuit qu’un homme qui grogne le jour.

25
 On n’est jamais seul avec un livre.
 On est seul avec sa bibliothèque... à suivre

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11/06/2014

Comparer et haut-parleurs (4, à suivre)

17
 L’hermétisme, c’est comme une attirante maison sans aucune fenêtre. On y entre volontiers mais on en sort aussitôt pour avaler un bol d’air pur.

18
 Celui qui se dit poète insulte la poésie.

19
 Mes idées fermentent dans mon esprit.
 Une fois dehors, elles se dissipent dans le vent.

20
 Tantôt vous, tantôt tu. Quelle importance! Nous descendons tous du même arbre... à suivre

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10/06/2014

Comparer et haut-parleurs (3, à suivre)

11
 Un moraliste, c’est un homme droit, fidèle qui ne trompe que sa femme de chambre ou de ménage.

12
 J’ai perdu ma femme lors d’un combat sans arme ni parole.
 Aujourd'hui, je suis totalement désarmé face au silence.

13
 On s’invente mille dieux pour échapper à la solitude.
 Mais d’où viennent-ils ces dieux?

14
 La femme qui couche avec son garagiste a une très grande estime pour la mécanique et l’humanité.
 Elle est plus souvent au garage que sur les routes. Ça limite ainsi les accidents.

15
 J’ai le cul entre deux chaises, une fois de plus.
 Si je l’avais entre deux ponts, je serais déjà en plein dans la rivière, à me rafraîchir les idées.

16
 Je préfère dire que je suis plus proche du singe que de l’homme.
 On m’accorde ainsi plus de singeries... à suivre

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