20/05/2014

À la poursuite du vent (17, à suivre)

    Le lendemain matin Jules se réveilla vers huit heures. C’était dimanche et pour ce jour-là il ne mettait jamais de réveil. Il se leva, puis ouvrit pleinement la fenêtre.
    Comme c’est calme, se dit-il en respirant profondément.
    Il dirigea son regard vers le ciel qui semblait annoncer un jour de beau temps.
    Des gens iront à l’église, pensa-t-il. Ils iront écouter la parole de Dieu. La parole des hommes! La parole de Dieu? L’homme a personnalisé l’incompréhensible, l’infini;  l’a limité dans son imagination. Il s’est mis à le vénérer par besoin de protection, de sécurité. Il a divisé les choses. Il s’est créé la notion du bien et du mal. Au début des temps, l’homme craignait l’éclair et le tonnerre parce qu’il ignorait les causes de ces phénomènes. Pour lui, c’était l’esprit du mal. Puis lorsqu’il commença à utiliser le feu, provoqué par la foudre, il se mit à l’adorer. C’était l’esprit du bien. En somme, tout ce qui est un bienfait à l’homme fait partie du bien et automatiquement tout ce qui lui est néfaste appartient au diable. Que s’est-il passé dans ma tête? Ça me travaille. Toutes ces idées, qui me pénètrent comme des lumières qui cherchent à me guider sur le chemin de la vérité, m’intriguent follement. Oui, Dieu est au-delà de toute compréhension humaine. Frank m’a-t-il mis la puce à l’oreille? Je ne sais pas. C’était destiné? C’était peut-être destiné? J’ai dû mourir un instant au passé et renaître dans un autre monde. J’ai dû aussi oublier l’ancien monde. Oui, je crois que c’est ça, on peut mourir au passé et devenir quelqu’un d’autre, quelqu’un de neuf comme une eau qui s’évapore et qui retombe en pluie...  C’est drôle, c’est venu à un moment où je n’attendais rien de la vie. J’ai laissé pousser la barbe comme ça, sans aucune envie. Je suis encore lourd, fatigué intérieurement. J’aimerais mourir encore bien des fois pour retomber comme la pluie, plus que neuf et pur. Mais comment faire? Frank m’intrigue. Il est comme l’arbre sain qui donne des fruits propres. Il peint parce qu’il doit peindre. C’est ce qu’il a dit. Il doit parce qu’il ressent et il agit parce qu’il fait Un avec le «ressentir».
    Jules contempla le vol d’une mouette qui passait. Son cœur se mit à palpiter. Il posa la main sur sa poitrine et celui-ci mystérieusement se calma.
    Heureusement, se dit-il, heureusement. J’ai cru comprendre..., mais la liberté n’est pas émotionnelle... à suivre

08:55 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Commentaires

Pauvre Jules que de questions métaphysiques /rire
De fait à peine libre l'humain actuel s'empresse de s'enchainer au système carte de crédits,bancaires etc etc
Ou pire espionnite tous azimuts
Seuls les artistes sont libres dans leur tête eux seuls peuvent exprimer vraiment leur ressenti sinon c'est retour à la case départ des obligations courantes et de plus en plus archaïques celles-là mêmes que nos arrières grands parents se sont dêpéchés d'anéantir pour permettre au monde futur d'évoluer plus librement
Heureusement il reste la liberté de penser seule vraie richesse que personne ne pourra jamais nous enlever mais qui hélas peut aussi être objet de convoitise
Et quand on sait les dégâts cérébraux grâce la judéo chrétienté ,se sentir vraiment libre dans sa tête exige des heures de déprogrammation à remettre tous les jours sur le métier de la vie
Ce qui me fait songer à Jules dont les réflexions rejoignent nombre d'humains après ces votes de plus en plus stupides et qui n'auront si on continue de la sorte plus rien à envier aux campagnes Napoléoniennes
Très belle soirée pour vous Monsieur Hank

Écrit par : gavoche | 20/05/2014

Bonne soirée, chère Madame.

Penser, c'est souvent flirter avec les fantômes du passé.

Écrit par : Hank Vogel | 20/05/2014

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