31/12/2013

Mâle dans sa peau (6, à suivre)

8
 Je téléphone à mon ami Iouri Ivanovitch Ivanov. Un Russe pas du tout orthodoxe mais un Russe tout de même. Nous nous donnons rendez-vous dans un café. En ville. Proche de son travail... Il commande un bière. La vodka, ça se boit seulement en famille et à la maison, selon lui. Moi, je commande un ristretto.

 - Il y a des bruits qui courent au sujet d’une proche révolution dans ton pays, c’est vrai ça? je lui demande.

 Iouri me sourit puis il  me répond avec sérieux:

 - La Russie n’est plus mon pays, elle a été vendue au plus malins...

- Tu as pas répondu à ma question.

 - Je sais.

 - Alors?

 - Alors rien.

 - Comment ça rien?

 - La jeunesse pense toujours à la révolution. Je veux dire les jeunes qui ont les yeux grands ouverts et qui ne se laissent pas endormir par les beaux discours de ces charlatans qui promettent monts et merveilles...

 - Mais y a-t-il un mouvement qui cherche à...

 - Oui, il y a un mouvement... il y en a même plusieurs. Et c’est un problème. Certains commettent des attentats...

 - Nous sommes tous au courant de ça. Mais y a-t-il un mouvement sérieux dont le gouvernement a terriblement peur?

 Iouri se croise les bras et me demande:

 - C’est le journaliste ou l’ami qui me parle?

 - Les deux, je réponds.

 - Alors, vas sur place pour satisfaire ta curiosité... et tu seras gâté.

 - Où ça?

 - À Vyborg. Mais entre en douce en Russie. Comme l’a fait notre cher Lénine, à l’époque. C’est le seul moyen. Pour un fouille-merde de ton style... à suivre

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | |

29/12/2013

Mâle dans sa peau (5, à suivre)

7
 Une société qui s’embourgeoise devient ridicule aux yeux de ceux qui ont le sens du discernement. À la télévision, on ne cesse de mettre en avant les sportifs, les banques, les sociétés d’assurances, les produits pharmaceutiques et le chocolat. L’art est souvent importé. Cet art d’importation est superficiel et forcément aussi superficiel que ceux qui l’importent... Une révolution se prépare en Russie. Mais mon pays ne mérite-il pas aussi que l’on y fasse un grand nettoyage?  De fond en comble. Du plus grand au plus petit. Mon pays? Cette  démocratie, faussement aboutie, où les loups et les moutons chantent ensemble l’hymne national mais où ils ne partagent jamais le même repas... Vas, cherche, fouille! Sois un fouille-merde ailleurs afin que je puisse dormir sur mes deux oreilles... et sur mes lingots d’or! Ici, dans mon petit coin adoré. Bien à moi. C’est ainsi que doit penser mon cher patron. Ce pistonné de père en fils. Ce fils de parti. Ce vaurien propulsé au rang de rédacteur en chef. Eh bien, oui, j’irai jusqu’au bout de l’enfer afin de te prouver que le monde est monde partout... à suivre

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

28/12/2013

Mâle dans sa peau (4, à suivre)

6
 Les lois ne sont et ne seront jamais parfaites. Car elles ne protègent toujours qu’une partie de la population... Les volés contre les voleurs. Ou les voleurs contre les volés. Les pauvres contre les riches. Ou les riches contre les pauvres. Elles ne peuvent pas être parfaites parce que l’homme n’est pas parfait. Si l’homme était parfait, elles n’auraient aucun sens, elles n'existeraient tout simplement pas. Nous vivrions dans une société paisible et harmonieuse. Où tous les hommes et toutes les femmes auraient le sens de l’autre, le sens du partage. Malheureusement, nous vivons dans une société gérée par des esprits égoïstes, avides et cupides. Où l’on pousse l’individu à la compétition, à la concurrence... à n’être qu’un produit de production et de consommation. Créant ainsi des désordres sociaux. Des inégalités. Des injustices... Et un jour tout part en éclats! La révolution est là avec ses craintes et ses crimes... à suivre

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | |

27/12/2013

Mâle dans sa peau (3, à suivre)

5
 Mon patron, entre guillemets, le rédacteur en chef du journal Le Multicolore pour lequel je travaille, me convoque dans son bureau.  Le jeune homme, journaliste pistonné par un parti de droite au pouvoir dans la région, confortablement installé dans son fauteuil me dit:

 - Je vous ai fait venir parce que j’ai quelque chose à vous dire en privé.

 - En privé? je demande, tout surpris.

 - Oui, façon de dire... Les collègues ne doivent pas être au courant de ce projet.

 - Quel projet?

 -  Une enquête journalistique.

 - Mais nous avons juré loyauté et transparence...

 - Oui, oui, je sais... Mais si vos collègues sont au courant de ce projet, vous ne découvrirez jamais la vérité. Car, vous le savez comme moi, certains journalistes sont comme nos chers politiciens... ils sont trop bavards.

 - Oui, je l’ai souvent constaté. Ils pètent la moindre rumeur...

 - Et c’est justement pour cela... La rumeur qui m’est venue aux oreilles ne doit pas devenir une information chargée de rumeurs... 

 Mon patron se gratte la tête puis il me dit:

 - J’ai confiance en vous. Vous êtes un journaliste honnête. Vous vous informez avant d’informer. Avec beaucoup de tact et de sérieux. Et vous ne prenez parti pour personne.

 - Dans la mesure du supportable, dis-je.
 
 Mon patron sourit puis il me dit avec un profond sérieux:

 - Une révolution se prépare en Russie... à suivre

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | |

26/12/2013

Mâle dans sa peau (2, à suivre)

4
 Je me réveille. Quel rêve! Pourquoi les rêves déforment-ils tant la réalité? Dans mon enfance, j’ai connu une vieille dame qui se prénommait Esther et qui attendait chaque samedi soir la première étoile avant de fumer... et une autre vieille dame qui s’appelait Mathilde Rosenberg mais jamais d’Esther Rosenberg. L’une était pauvre et pratiquait le chabbat. L’autre était riche et ne pratiquait rien du tout. Pourquoi donc ce rêve? Pas de réponse. Je m’habille. Je me brosse les dents. C’est souvent le matin, jamais le soir. Je me rase. C’est deux fois par semaine. Mon métier me le permet. Heureusement! Pas comme mon ami Fred qui travaille dans une banque. Le pauvre! Toujours impeccable de la tête aux pieds. Paraître! Être le représentant ou l’ambassadeur d’une institution qui se veut sans la moindre tache! Parfaite. Honnête. Foutaises! Je me méfie toujours des hommes trop bien habillés. Comme des trop mal habillés d’ailleurs. Car ils cachent quelque chose. Une souffrance physique. Une misère mentale. Ou une dette vis-à-vis de la société. Je me regarde. Dans le miroir, bien entendu. Et toi qui es-tu pour te permettre de juger les autres? J’avale un verre de lait et je claque la porte de mon chez-moi... à suivre 

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

24/12/2013

Mâle dans sa peau (1, à suivre)

Mâle dans sa peau.jpg1
 Rien n’est éternel. Alors ne nous compliquons pas la vie! Celui qui se complique la vie, passe son temps à défaire des noeuds... Je retourne au pays. Chez les miens, les Occidentaux. Bien que je n'appartiens à personne. A aucune tribu. A aucun clan. Je suis un enfant de nulle part. Avant hier, j’étais blanc comme neige. Hier: transparent. Aujourd’hui, je plane dans les sphères de l’indifférence. Hier, j’étais aux confins du Tibet. Chez les Hunzakuts. Qui parlent le bourouchaski. Les gamins m’ont surpris. Leur regard. Clair. Intelligent. Leur connaissance des langues. L’ourdou, le khowa, le shina et l’anglais. Aujourd’hui, je suis aux confins de mon espérance. Mon entourage, quand il y en a un, me semble sombre. Pas la moindre trace d’une quelconque sensibilité. Le vide. C’est le vide culturel. Le vide dans la création artistique, bien entendu. Qu’ils aillent se faire foutre, mes semblables! Surtout les politiciens et leurs camarades fonctionnaires. Qui n’ont pensé et ne cessent de penser qu’à leur propre profit.

2
 Dieu créa l'homme à son image, m'a-t-on dit un jour. Vu le nombre incroyable, qui ne cesse d'accroître, d'humains qu'il y a sur terre, je me sens obligé de penser que notre Seigneur est un grand fornicateur... sans limites. Donc, je me sens obligé de penser aussi que les chastes et les homos ne font pas partie du bordel de Dieu.

3
 Je sonne à la porte de Madame Esther Rosenberg.

 La porte s’ouvre.

 - Vous? s’exclame la vieille dame.

 - Vous me reconnaissez? je demande.

 - Bien sûr! Il faut être aveugle pour ne pas vous reconnaître. Vos yeux bleus sont inoubliables... Mais entrez, entrez!

 Nous nous installons au salon.

 - Je pense que vous venez pour la chambre, n’est-ce pas? me dit-elle.

 Je confirme par un petit mouvement de tête.

 - Vous connaissez mes convictions...

 - Je sais, vous êtes juive et pratiquante.

 - Juive, oui. Pratiquante, pas tout à fait. Mais ce que je demande à mes locataires, c’est de respecter le chabbat. Mon chabbat.

 - C’est-à-dire?

 - C’est-à-dire: du vendredi soir, dès l’apparition de la première étoile, au samedi soir, toutes les lampes, y compris celles des chambres des locataires, doivent être éteintes...

 - Je peux voir la chambre?

 - Bien entendu...

 La chambre est vide.

 - Et les meubles? dis-je, tout étonné

 - Quelles meubles? me demande la vieille dame.

 - Pas de lit, pas de table... pourtant, c’était écrit...

 - Chambre à louer non meublée.

 - Vous êtes certaine?

 Madame Rosenberg sourit puis elle me dit:

 - Comme d’habitude, vous avez lu sans lire... à suivre

07:02 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

23/12/2013

Joyeuses fêtes et bonne année 2014

Mon prochain roman, c'est l'histoire d'une femme... bonne année 2014.

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

22/12/2013

Des mots pour survivre (4, fin)

91
 Celle ou celui qui vous dit que vous l’aimez trop souffre de trop d’imagination.

92
 Si l’amour était le fruit du péché nous serions tous les fleurs du mal.

93
 Tu es trop ceci et pas assez cela! Voilà les premiers mots d’une probable rupture.

94
 Pour certaines, je suis beau et brillant. Pour les autres, je ne suis qu’un étrange bonhomme qui fume la pipe et qui marche en regardant les femmes comme un navigateur qui scrute l’horizon. Y a-t-il encore une île sauvage semblable au paradis?

95
 Les cloches sonnent: prière de vous consacrer à Dieu. Hélas! Dieu n’est pas une cloche.

96
 Philosopher? Se raconter des histoires de plus en plus absurdes pour n’arriver qu' au point de départ où toute question est sans réponse.

97
 La rose sent la rose et l’oeillet sent l’oeillet. Alors ne me demandez pas de sentir ce que je ne ressens pas. Mes mains ne seront jamais des ailes et mes pieds ne marcheront jamais sur les eaux. Je suis ce que je suis et cela me contente à merveille.

98
 Croire en l’amour, c’est comme croire en Dieu, on se nourrit d’espoir et on digère,  souvent mal, le désespoir.

 L’amour et Dieu, cela se respire en silence.


99
 L’argent, c’est le pouvoir d’un cloué au sol.

100
 Toute la richesse du monde ne vaut pas une poignée d’eau lorsqu'on crève de soif dans le désert. Alors, homme couvert d’or, tu n’es qu’un mirage à mes yeux. Car je connais trop bien le désert pour que je me laisse vaincre par lui.

101
 J’aime rougir au soleil. Sûrement pour oublier la tête brûlée que je suis.

102
 On n’aime qu’une seule fois dans sa vie. Les autres fois, on essaye de reproduire ce que l’on a vécu. Quel triste programme pour un rêveur!

103
 Les gens qui arrivent toujours en retard sont-elles des victimes du temps?


104
 Qu’il est est agréable de se sentir libre, de n’appartenir à personne, à rien... La vie est alors un voyage plein de surprises.

105
 Que d’yeux doux, que d’yeux brillants me regardent quand on ne sait pas qui je suis!

 Que de paroles élogieuses me chatouillent  les oreilles quand on pense que je suis un homme qui flirte avec la gloire!

 Mais quand je déclare en toute simplicité que je ne suis rien, que d’yeux se ferment et que de bouches se taisent!

 Conclusion: la réalité vaut une ombre.

106
 Celui qui aime trop les femmes risque gros. Celui qui aime sa femme risque de devenir gros. Y a-t-il un juste milieu?

107
 Le jour de ma mort, je ne souhaite qu’une seule chose: que l’on plante, au-dessus de ma tombe, des fleurs bleues,  d’un bleu comme ciel... afin que je puisse croire encore que l'éternité ne cesse de me regarder.

108
 La femme qui ne vous réclame jamais le moindre centime vaut de l’or. Celle qui vous réclame sans cesse de l’argent, des bijoux ou des fourrures ne vaut pas plus qu’un décor.

109
 Je n’attends rien d’une femme, si ce n’est qu’un vague sourire de complicité... comme une promesse qui ne dure que quelques secondes, quelque chose de pur et forcément de limité dans le temps. Ainsi, je  ne suis jamais déçu.

110
 Je n’ai ni château, ni compte en banque, je  n’ai que des pipes et des stylos. Je ne peux donc vous offrir que des mots envoûtants et de la fumée sentant la vanille et autres essences exotiques. En somme des moments de rêve, si vous aimez voyager dans votre tête.

111
 La vie est faite d’étranges rencontres grâce auxquelles ou à cause desquelles l’on finit par croire que le pire ennemi de l’homme, c’est l’homme.

112
 On épouse une femme... puis une famille...  puis une rue... puis une ville... puis un pays... puis un beau jour, on se retrouve tout seul dans la rue d’une ville déserte d’un pays totalement inconnu. Tel est le destin d’un homme au coeur ouvert au monde.

113
 J’ai soif, j'ai faim... de tout et de rien. Cela explique bien que je suis un aventurier.

114
 Sommes-nous en train de communiquer? Voilà une question qui risque de stopper toute communication.


115
 Avec les ailes du savoir, on ne peut que s’envoler pour un voyage chargé de pages banches.

116
 Un pet d’éléphant vaut un discours du plus éminent des philosophes face à une foule désenchantée. On sourit, on fait des grimaces, on ne pense qu’à foutre le camp...

117
 On m’a accueilli comme un frère et on m’a chassé comme le pire des ennemis. On m’a embrassé avec une tendresse infinie et on m’a craché au visage sans la moindre vergogne. On a dit des choses élogieuses à mon sujet et on m’a attribué des qualificatifs propres à un vaurien. On a dit et redit, on a fait et refait des choses avec une légèreté qui m’incitent à croire aujourd’hui que la pensée de l’homme est aussi instable qu’un nuage.

118
 Au-delà des mots, il y a encore des mot. Tu grattes, tu grattes... il n’y a que du vent.
119
 Aujourd’hui, je ne sais pas quoi écrire. Je suis sans doute envahi pas la vie. Passé, présent, futur... il y a trop d’images dans ma tête.

120
 La sagesse, je m’en fous comme de l’an quarante. Suis-je devenu sage?

121
 L’école... puis le collège... puis l’université... puis le travail... On passe d’une guerre à l’autre.

122
 Oui, maman! Oui, papa! Oui, maîtresse! Oui, chef! Oui, oui, oui... Il n’y a qu’à Dieu que l’on puisse dire non sans histoires.

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

21/12/2013

Des mots pour survivre (3, à suivre)

61
 Le jour où je serai jaloux de la jalousie, j’aurai fait un grand pas dans le monde de l’indifférence.

62
 Les rusés meurent dans le mépris.

63
 L’homme inventa la poudre. La femme le poudrier.

64
 Je n’ai rien à vous dire. Voilà une vraie déclaration d’amour.

65
 Les relations humaines? Une forêt obscure chargée de pièges.

66
 Femme! Derrière quoi te caches-tu? Les miroirs connaissent la réponse.

67
 Mieux avoir une femme qui a de la barbe qu’une femme qui a un poil dans la main.

68
 Pour le pire et le meilleur? Une promesse qui devient vite un mensonge.

69
 La mort d’un homme vaut celle d’un porc. Les institutions humanitaires en savent quelque chose.

70
 Toujours et jamais, voilà deux mots qui nous empêchent de voir les êtres tels qu’ils sont.

71
 La haine? La face cachée de l’amour. De cet amour qui flirte avec l’éternité.

72
 Qui a inventé l’amour? Un ange attiré par un démon.


73
 Le vrai amour? Tout est là, rien n’est ailleurs.

74
 Celui qui a trop soif d’amour finira par plonger dans les eaux troubles de la perversité.

75
 La philosophie? Une sucette pour grande personne.

76
 La sagesse? Un retour à l'innocence.

77
 Un sage? Un homme qui explique tout en se taisant.

78
 Un politicien? Un homme qui confond société et humanité.

79
 Évolution? Une certitude chargée d’incertitudes.

80
 La misère dans le monde? La première des  maladie que l’on n’a jamais su anéantir.

81
 Les religion? On a mis Dieu en compétition.

82
 Un prêtre? Un complexé de Dieu.

83
 Un policier? Un complexé de l’ordre.

84
 Rupture? Un attachement à la liberté.

85
 Celui qui a tout compris n’explique rien.

86
 Chaque être, chaque chose a son charme. Il faut pour cela être attentif.

87
 Celles qui préfèrent les chiens aux hommes ont de fortes chances d’entrer dans les ordres.

90
 Les beaux discours? Des pièges ou encore mieux: des démons qui entrent par les oreilles et qui sortent par les yeux... à suivre

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |

20/12/2013

Des mots pour survivre (2, à suivre)

31
 Il y a plus de misère dans le coeur d’une femme qu’il n’y a de ruelles sales.

32
 Les hommes ont tué la femme en la mettant sur un piédestal.

33
 Celui qui a trop soif de vérités, crèvera de faim dans le mensonge.

34
 Le plus beau cadeau que puisse offrir une femme à un homme, c’est son corps. L’homme n’a que sa faiblesse à offrir à une femme.

35
 L’alcool allège la souffrance. La femme allège l’homme. L’écriture allège les pensées.

36
 Je perds toute imagination lorsqu’une femme me raconte sa vie.

37
 Le verbe aimer se conjugue plus facilement au passé composé.

38
 Celui qui croit avoir tout inventé, souffre d’un manque d’imagination.

39
 L’attente me rend fou. Les départs me rendent triste. Je ne suis heureux que quand je communique. Et sublimement heureux quand je suis dans les bras de ma bien-aimée. Sans doute quand je n’imagine ni début, ni fin.

40
 Une larme n’est souvent qu’une larme. La douleur est une pluie invisible.

41
 La vie est une légende. Où les héros rient à rebours.

42
 Attachements-détachements, voilà tout le secret de l’amour.

43
 Les sages ont raison de s’éloigner de ces lieux où l’alcool, les épices et les femmes mènent le bal.

44
 Ma meilleure compagne, c’est l’écriture. Avec elle, je communique à merveille.

45
 Un échec, c’est terrible. On croit avoir épousé la folie.

46
 Hier, j’avais une femme pour moi tout seul. J’étais fier mais souvent absent. Aujourd’hui, je n’ai plus qu’ une ami qui refuse de se donner à qui que ce soit. Tout me semble absent.

47
 Dieu est cruel. Il m’a fait rencontrer la plus belle des femmes mais la pire des maîtresses. J’ai l’impression d’aimer une sainte.


48
 Un être amoureux rumine du matin au soir. Pourtant l’amour n’est pas un pré.

49
 La lune tourne autour de la terre. L’homme autour de la femme. Les éclipses sont inévitables.

50
 La passion, une histoire de fou. Où tout s’infiltre et rien ne s'installe. Joie comme souffrance.

51
 Attendre! J’en ai mis du temps à comprendre son inutilité.

52
 Il y a dans notre notre coeur plus de vérités que dans tous les livres saints. Mais faut-il aussi que notre coeur s’ouvre.

53
 Je ne crois plus à rien, plus à personne. Ainsi, j’ai plus de chance de ne pas me faire piéger par quoi que ce soit, par qui que ce soit.

54
 L’amour est un rêve. Au réveil, plus rien n’est certain.

55
 Où est-elle cette complice, cette soeur, cette mère, cette fille, cette femme qui fermera un jour mes yeux à jamais? Est-ce la mort elle-même?

56
 Je t’aime? Trop multiple pour être sincère.

57
 Le sexe? Une tragédie qui se se termine en comédie. Ou inversement.

58
 Dieu est un farceur. Il me fait tantôt rire, tantôt pleurer.

59
 Échec! C’est dur de perdre une bataille. Mais c’est encore plus dur de se laisser abattre.

60
 Mourir au passé, c’est renaître à la vie... à suivre

08:40 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

19/12/2013

Des mots pour survivre (1, à suivre)

Des mots pour survivre.jpg

1
 J’ai sans doute trop écrit... Ainsi, je me suis souvent perdu dans des paysages de nulle réalité. C’est ce qui explique que mes pensées semblent ne ressembler à rien. Au vide. Au néant. Que Dieu vienne à mon secours!

2
 Quand les rêves s’évaporent, la vie n’est que pourriture.

3
  J’ignore encore tout de l’amour car il me fait terriblement souffrir.

4
 Ma mère me mit au monde, les femmes me jetèrent à la mer, je ne suis donc qu’un naufragé qui cherche toujours son île.

5
 Les femmes ne se donnent pas pour rien. Et actuellement, je ne possède rien, je ne suis rien.
 
6
 Je n’ai qu’un véritable désir: devenir... non, être un bouddha. Afin d’être à l’abri de tout désir même de celui d’être un bouddha.

7
  Au bout de toute illusion, il y a l’échec, le vide, une ruelle qui mène nulle part.

8
 Toute croyance est un piège.

9
 Un amour sans sexe, c’est comme un jardin sans fleurs. Papillons et abeilles ne n’y arrêtent jamais.

10
 Aimer une femme qui n’apprécie que votre image, c’est la pire des choses qui puisse vous arriver si vous êtes un homme sensible aux fruits de l’existence.

11
 Il y a plus de fantômes dans le coeur d’une femme (ou d’un homme) que dans un cimetière.

12
 Une vie chaste, c’est comme un temple abandonné. Dieux et croyants ont pris la fuite.

13
 Mourir à l’amour, c’est mourir au devenir. On est face au désert.

14
 Les mots sont souvent chargés de faux espoirs. Le silence est plus honnête.

15
 Les dieux sont cruels. Les femmes sont malignes. Les hommes sont idiots.

16
 À mon anniversaire, j’ai reçu cent francs, une paire de pantoufles et une boîte de cigares. Je n’ai plus qu’à m’endormir devant la télévision comme une vieille prostituée.


17
 Chaque fois qu’une cloche sonne, je pense à l’idiot que je suis.

18
 La fierté d’une femme paralyse l’intelligence d’un homme.

19
 Celui qui croit à l’amour doit s’attendre au pire.

20
 Quand l’amour est là, il est là tout simplement. Il n’y a ni pensées, ni craintes.

21
 Celui qui prend des risques en amour a tout vaincu.

22
 Où va l’amour, va la vie.

23
 Il y a plus de morts-vivants sur terre que de morts sous terre.

24
 La vie est un cirque où les clowns sont à la place des spectateurs.

25
  Les couples qui n’ont rien à se dire s’inventent des histoires.

26
 On veut souvent faire croire aux autres ce que l’on est incapable de croire.

27
 La femme est plus absente que présente lorsque l’homme est trop présent.

28
 Le désir tue le plaisir. Le plaisir est sourd au désir.

29
 Démon, on me me reprochait de ne pas être un ange. Ange, on me propose d’être un démon. À qui faut-il croire?

30
 Une femme vertueuse cache ses misères.

07:02 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

18/12/2013

La vraie déclaration d'un homme de droit (15, fin)

16
  16 mars. Les singes imitent l’homme. Les hommes imitent Dieu. Dieu est tout gêné, il se croyait parfait. Et les philosophes continuent de philosopher. Cesseront-ils le jour du jugement dernier? La réponse est nulle part. Wanda a soif d’espace. Moi de bouleversements. Et notre vie actuelle est un long et étroit couloir surveillé par des yeux polissons et policiers.

 - On part quand en vacances? me demande Wanda.

 - Quand les vautours cesserons de nous guetter, dis-je.

 - Pourquoi pas la semaine prochaine.

 - Un départ prématuré réveillerait les esprits endormis.

 - Personne ne nous soupçonne.

 - Oh si, oh si! Peut-être pas toi mais moi certainement.

 - Comment cela est-ce possible? La police est nulle dans ce pays.

 - C’est justement le danger. Ne sachant qui condamner, elle finit par condamner la victime ou la soi-disant victime, pour elle. Il y a dans ce pays autant de faux coupables que de mauvais flics.

17
 31 mars. Le peuple est peuplé d’individus qui adorent les peupliers. Le printemps est encore timide. Trop timide pour les fanatiques du soleil dénudé de tout nuage. Les politiciens se consultent en secret. Les problèmes sont complexes. On décrète des lois hors bon sens, hors de tout... et on ne parle  plus de La vraie déclaration de l’homme de droit. Apparemment. Les journalistes ont cessé de faire graver leurs mots acides et avides de fausses vérités. Wanda sert ses éternels cafés crème et cafés noirs aux intoxiqués de la caféine. Et moi, je plane dans un univers totalement silencieux. Bouddha en serait jaloux. Je fait un saut à la campagne. Las de ce silence intérieur, je me colle à un vieil arbre, un vieux chêne qui a perdu tous ses glands, et je lui déclare à son oreille, une oreille imaginaire bien entendu:

 - Pourquoi l’homme est-il un être si capricieux? Au nord, il rêve du sud. Au sud, il rêve du nord. Les scientifiques se compliquent l’existence. Ils divisent tout et multiplient les divisions. Pour eux l’Unique est une maladresse incontestable. Et le merveilleux un sifflement enfantin qui dérange les lois de la raison. Les littéraires pensent au style avant de penser aux mots. le verbe qui vient du coeur est rare. Et rares sont les lecteurs qui arrivent à sentir le parfum d’un texte. L’homme de rue réclame la liberté en s’enfermant dans des locaux obscurs. Il condamne la violence avec violence. Il éduque sans éducation. Il suit le premier venu qui a su légitimer sa doctrine dévastatrice. Il collectionne les compliments et crache à la figure de celui qui lui montre les chemins de la simplicité et de la raison...

18
  Après des mois de silence. Après des mois de méditation. Après des mois d’indifférence. Après des mois sans après, j’abandonne le combat. Je me constitue prisonnier. On me condamne à une infinité de saisons en enfer. Je déclare en savoir trop sur les secrets de l’état. l’état se met à trembler. On m’aide à m’évader.

 19
 Actuellement, je suis sur une île déserte  au milieu de l'océan Indien. Tous les matins, Wanda se baigne toute nue dans une eau agréable et limpide. Les indigènes n’ont pas inventé la poudre mais leurs sourires me réchauffent le coeur. De temps en temps, un singe, totalement inconnu des  zoologistes et des éthologues, s’approche de ma cabane et me déclare à sa façon, par des singeries bien entendu:

 - Ici, l’homme et le singe vivent en liberté. Ils n’ont rien à cacher, rien à dévoiler. Car ils habitent loin du cirque des hommes.

20
 Aucune vérité n’est bonne à croquer. Aucune littérature n’est bonne à avaler. Les bonnes choses se sucent en cachette. Seul. Ou en compagnie d’une douce campagne rasée de prêt et de loin pour plaire aux anges venus tout droit d’un ciel parfumé d’amour. J’aime rire de mes dictées de l’âme. Juin est là. Les fêtes estivales s’annoncent en beauté. Ce qui a écrit, demain n’existera plus. Tout s’envole avec le temps. même la vraie déclaration d’un homme de droit ressuscitée pour le plaisir de l’art, pour le plaisir de quelques pages.

07:04 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

17/12/2013

La vraie déclaration d'un homme de droit (14, à suivre)

15
 Les têtes grises, plus chauves que grises, autorisées à me donner des directives, concernant l’organisation de mon service, sont dans mon bureau. Elles sont sept. Comme les sept jours de la semaine. À l’inverse des exploités qui travaillent six jours sur sept, voire sept jours sur sept, les têtes grises, ou plus familièrement les chefs des chefs, travaillent un jour sur sept. C’est pour cela que la partie consciente de la population a baptisé ces gens-là: Monsieur Lundi, Monsieur Mardi, Monsieur Mercredi, Monsieur Jeudi, Monsieur Vendredi, Monsieur Samedi et Monsieur Dimanche, le ministre ou le chef des chefs du temps libre.

 Monsieur Lundi s’adresse à moi, logique oblige:

 - On veut réduire en miettes un morceau qui ne peut pas être partagé...

 Monsieur Mardi suit le mouvement vocal:

 - La censure isole les impertinents de la patrie...

 Monsieur Mercredi intervient:

 - La police préventive, il ne faut pas la  confondre avec un préservatif.

 Monsieur Jeudi déclare:

 - Ce qui a été refoulé doit rester refoulé.

 Monsieur Vendredi pleurniche:

 - Les magistrats ne font que leur métier.

  Monsieur Samedi réplique:

 - C’est finalement le peuple qui nous a élus.

 Monsieur Dimanche termine l’entrée en matière du discours:

 - Celui qui déterre un cadavre commet un sacrilège.

 Et moi, j’annonce:

 - Octave Pianissimo, métaphysicien diplômé de l'université de cette cité, responsable de ce service, engagé uniquement pour mes compétences professionnelles, j’estime que cette fuite n’est qu’un accident de parcours.

 Monsieur Lundi sursaute et me dit:

- Un petit accident de parcours? Mais c’est l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. Nos institutions en ont pris un coup.

 - Vraiment? Comment est-ce possible? dis-je avec naïveté.

 Les sept jours de la semaine... pardon, les sept chefs des chefs se regardent entre eux, se sourient puis le moins fatigué des sept, Monsieur Dimanche bien entendu, m’explique:

 - Celui qui ne fait pas de politique ignore tout de la puissance du peuple. Une boule de neige provoque vite une avalanche. Trois pancartes et deux drapeaux... et c’est une manifestation. Un simple coup de feu et c’est la guerre civile. Les larmes engendrent des hurlements. Et les hurlements engendrent des sourires amers... Et les sourires amers engendrent des sifflements de colère... Et les sifflements de colère engendrent des gestes violents...

 - Pourquoi vous me dites tout ça? dis-je. Je ne suis que le conservateur de ce magistral nid à poussière où des pensées réformatrices bouillonnent dans un un silence morbide créé par des esprits craintifs et hypocrites.

 Le sept lucidités présumées ripostent simultanément:

 - Vous soutenez ces salauds?

 - Pourquoi des salauds? je demande... Ils sont peut-être allés  au bout de leur convictions profondes. Le courage mérite récompense. La pureté des sentiments est si rare de nos jours.

 Le protecteur de ces lois justifiées par la minorité bien portante cherche à me faire peur:

- Soutenir, c’est être complice en quelque sorte.

- Je demanderai alors à l'académie française de rectifier son tir. Ils ont dû en faire des erreurs, les pauvres académiciens.

 Les sept illuminés du peuple, craignant devoir plonger dans des eaux philosophiques trop troubles pour eux, abandonnent le discours et vont alourdir l’atmosphère d’un autre local subventionné. Je respire... à suivre

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |

16/12/2013

La vraie déclaration d'un homme de droit (13, à suivre)

12
 Le mois de février s’approche de sa fin. Les étudiants et tous les jeunes aux idées réformatrices applaudissent l’auteur et les diffuseurs inconnus de La vraie déclaration d’un homme de droit. Les conservateurs du sèchement intellectuel sont choqués. Certains sont prêts à prendre les armes pour combattre une armée ennemie... oui, des ennemis qui se cacheraient parmi la population. Les autorités, elles, se grattent la tête. Que faire pour ne pas se trouver dans la rue aux prochaines élections? Cela explique que la jeunesse est bel et bien l'âme d’un peuple. Je dirais même: le propulseur susceptible de mener toute une civilisation vers de nouveaux horizons.

13
 La presse est divisée en deux. Les journalistes en trois. Les non mais. Les oui mais. Et les oui tout simplement. Les rédacteurs obéissent aux ordres des autorités qui se tâtonnent. Donc les rédacteurs se tâtonnent aussi. Et tous ceux qui sont aux postes-clé se tâtonnent également. On se tâtonne du matin au soir et du soir au matin. La société toute entière semble refléter un tâtonnement gigantesque.

14
 Wanda et moi, nous nous tâtonnons dans l’obscurité. Mais pour d’autres raisons. Moins philosophiques. Sa joie est immense. Et mon plaisir n’est pas moindre.

 - J’aime tes pieds.

 - J’aime tes mains.

 - J’aime tes seins.

 - J’aime tes bras.

 - J’aime tes fesses.

 - J’aime ton nez.

 - J’aime ton odeur.

 - J’aime ton parfum.

 - J’aime tes je t’aime.

 - J’aime que tu m’aimes.

 - Je t’aime.

 - Je t’aime...

  Même les présumés terroristes ont le droit de conjuguer le verbe aimer à la première personne d’un présent multiple, plein de découvertes et de sensations. Non?... à suivre

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

15/12/2013

La vraie déclaration d'un homme de droit (12, à suivre)

11
 La police est vraiment sur le pied de guerre. Elle a déjà brossé les portraits-robots d’une dizaine de soi-disant malfaiteurs de passage soupçonnés par des citoyens zélés d’être les auteurs de la diffusion de ce dossier interdit. Pour la ixième fois, le commissaire chargé de l’enquête, le visage carré, les cheveux en brosse, la moustache courte et la ceinture obligatoire, me rend visite et me déclare, pour la ixième fois également:

 - Vous n’y êtes pour rien. Mais on aurait dû  prévoir. Quelques caméras deci delà ne sont la ruine d’aucun service.

 - Vous prêchez un converti, dis-je. Malheureusement dans un système, comme le nôtre, les esprits avant-gardistes sont mal écoutés.

 - Hélas!... Dans quelques mois, je fêterai mes trente années d’activité au sein d’une équipe de laxistes alcooliques. J’ai hâte de me trouver à la retraite. Mais avant que l’administration me retire mon permis de fouineur, il faut que je prouve à tous ces incapables que rien est impossible sur terre pour celui qui a de la volonté et de la persévérance. Je trouverai les coupables coûte que coûte... à suivre

08:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

14/12/2013

La vraie déclaration d'un homme de droit (11, à suivre)

8
 Jour J de la distribution. Wanda et moi, nous avons recruté des citoyens insoupçonnables pour ce boulot clandestin. Pierre, Paul, Jacques et les autres. Des humains au sourire d’ange. Des êtres de bonne volonté qui ont travaillé pour des organismes humanitaires et post-religieux. Pierre distribue à gauche, Paul à droite, Jacques au centre et les autres un peu partout. Dieu est avec nous. Il est toujours présent quand on sème les graines du bien. Le diable se frotte déjà les mains. Les graines ne tarderons pas à germer.

9
 Pour que tout soit clair entre nous, je tiens à vous faire savoir que le dossier  Le pachomètre est sous le phacochère fut rangé à sa place et que mes empruntes digitales furent effacées aussitôt après la première séance de photocopiage. Et que la serrure de la porte de mon bureau fut volontairement griffée de mes propres mains  par un tournevis d’occasion. Pour des raisons que vous n’ignorez pas...

10
 23 février. Un peu de poésie. Noblesse d’âme oblige. Wanda et moi, nous sommes allongés sur un drap de soie bleu. En face de nos yeux vagues un ciel étoilé. Décor inhabituel en cette saison. La société s’interroge. Et la police est à la recherche du présumé groupe de terroristes qui a diffusé par courrier direct la fameuse thèse de La vraie déclaration d’un homme de droit devenue célèbre par la force du poignet. Les héros contemplent l’océan céleste. Les héros: Wanda et moi. Héros totalement inconnus. Heureusement. Donc: la police cherche les terribles coupables. La  pauvre.  Mais il ne faut pas la sous-estimer malgré ses faiblesses d’imagination. C’est vrai, il serait indécent de mal considérer cette institution déjà mal considérée.

 - J’ai le sang qui bouillonne, me dit Wanda.

 - Les étoiles apaisent la douleur, dis-je. Regarde comme elles brillent. En toute liberté. En pleine innocence. Leurs scintillements sont les battements de coeur de l’univers. Un fleuve de paix invisible passe majestueusement de l’une à l’autre. Charriant des messages poétiques. Messages captés par les poètes d’une rare pureté. Regarde les étoiles et oublie tes actions. Nous avons agi tels des laboureurs qui retournent la terre afin que les anges de l’air et de la lumière redonnent à celle-là un souffle nouveau. Ni plus, ni moins.

 Et, après ces quelques mots venus du ciel par ma bouche, nous nous endormons... à suivre

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

13/12/2013

La vraie déclaration d'un homme de droit (10, à suivre)

7
 La photocopieuse, reproductrice infatigable, se met à fonctionner tel un Germain qui se prend pour un messie multiplicateur. Wanda est aux commandes. Moi, j’anticipe. Je voyage dans le futur. Je m’imagine déjà les vieux cocus rougissant de honte face à cette thèse sortie des ténèbres de mon cimetière à dossiers. Je m’imagine aussi les vieux cons rougissant de colère face à cette thèse ressuscitée pour déranger leur tranquillité mal acquise. La photocopieuse chante, danse d’un pas régulier. Le papier blanc se laisse noircir pour blanchir une mémoire salie par une négligence préméditée. les piles s’entassent. Les neurones s'agitent. Faudra-t-il louer un camion pour déplacer ces imprimés? Prudence. Je décide d’interrompre provisoirement ce miracle de la technologie moderne.

 - Nous en avons assez fait pour aujourd’hui, dis-je à Wanda.

 - Je peux travailler toute la nuit si tu veux, me dit-elle.

 - Pas la peine. Le zèle ne mène à rien. En pleine révolution, les zélés finissent dans l’ombre de la gloire. Car il y a toujours un tordu qui se place à la dernière minute... Donc, soyons attentifs. Des observateurs attentifs. Des agitateurs attentifs... à suivre

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

12/12/2013

La vraie déclaration d'un homme de droit (9, à suivre)

6
 Finalement, séduite par mon langage d'outre nulle part, Wanda accepte de me suivre et de devenir ma complice. Pina, déçue de ma folie et contente de retrouver sa liberté juvénile, retourne chez sa chère maman au pays des mille et une négligences. Je me sens un autre homme. Frais. Prêt à tout. Les yeux grands ouverts. Seconde après seconde, je découvre les puretés et les impuretés d’un corps qui ne demande qu’à être apprécié. Seconde après seconde, je découvre les puretés et les impuretés d’une âme qui ne demande qu’à être aimée. Et, afin que le plaisir ne s’use pas trop vite, je ne dévoile à personne mes secrets intimes. Car je sais par expérience que nos pires ennemis sont les esprits jaloux qui nous entourent et non pas ceux qui nous observent le doigt sur la gâchette à des années-lumière d’écoute.

 - C’est le moment de surchauffer la planète, dis-je à Wanda.

 - En faisant quoi? me demande-t-elle.

 - En diffusant La vraie déclaration d’un homme de droit. Mais tout d’abord cette thèse ou antithèse s'appellera pour nous Le pachomètre est sous le phacochère.

 - Ça sera notre mot de passe?

 - Oui, notre mot de passe... Nous photocopierons Le pachomètre est sous le phacochère avec une volonté de révolutionnaire, d’un révolutionnaire aux heures fraîches de son premier combat.

 - Et qui payera?

 - Celui qui a toujours payé.

 - Je ne vois pas.

 - Alors, c’est bon signe. C’est le peuple! Ou l'état, si tu préfères, ma chère... à suivre

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

11/12/2013

La vraie déclaration d'un homme de droit (8, à suivre)

 - Non, non, je suis très sérieux, dis-je... Ce soir, je me saoulerai jusqu’à l’aube.

 - Je vous plais autant que ça? me demande-t-elle.

 - Vous me plaisez d’ici jusqu’au ciel... Je disais ça à ma maman quand j’étais petit.

 - Qu’est-ce que vous faites dans la vie?

 - Je suis fonctionnaire.

 - Dans la police?

 - Presque. Une sorte de gardien de la paix. Je stocke les idées révolutionnaires. Afin que la société n’explose pas. Afin qu’elle n’éclate pas en mille morceaux. Afin que les petits bourgeois continuent de mener leur vie de petit bourgeois et que les antibourgeois se gargarisent avec leurs phrases empruntées aux manuels de gestion politique.

 - Vous êtes heureux?

 - Pas en ce moment.

 - À cause de moi?

 - À cause de votre indisponibilité... Je vous trouve vraiment très belle, vous savez.

 Elle rougit. Ça ne dure pas pas longtemps.

 - Dommage que vous soyez prise, dis-je. Promise à un type qui ne tient pas ses promesses. Vous méritez mieux. Vous méritez un homme qui pourrait faire de vous la femme du siècle.

 - Rien que ça? me demande-t-elle avec ironie.

 - Beaucoup plus.

 - C’est-à-dire?

 - Vous méritez un homme comme moi. Capable de vous exploiter pour la bonne cause.

 - C’est une blague?...

 - Le monde a besoin d’idéalistes. Des gens qui se battent pour la bonne cause, c’est beau! Non?

 - Non.

 - Pourquoi?

 - Pourquoi certains doivent se sacrifier pour les autres? Où est l’égalité? Notre société est un grand merdier...

 - C’est pour cela que nous devons nous battre.

- Nous. Nous tous. Tout le monde et non pas seulement quelques uns.

 - Je ne demande pas mieux... Venez avec moi.

 - Où?

 - Là où les héros vont seuls.

 - Mais où?

- Aux antipodes d’où les rois vont seuls... à suivre

09:15 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

10/12/2013

La vraie déclaration d'un homme de droit (7, à suivre)

 Je veux refaire le monde. Avec des si, des peut-être, des oui et des non. Je veux réussir là où les autres ont échoué. Par quoi et par où commencer? Par le début ou par la fin? Le départ est important. Toute réussite dépend, souvent essentiellement, d’un bon départ. Je me laisse aller. Sobrement. Sans chichis. Tel un fakir qui ne craint ni le froid, ni les clous. La mémoire se met aussitôt au travail avec ardeur. Stimulée sans doute par cette étrange idée de vouloir refaire le monde. Cercle vicieux. Cercle ou spirale? Ou labyrinthe? Je refuse de répondre, de me répondre. Voilà un grand pas de fait! Savoir dire non ou oser refuser n’est pas donné à tout le monde. On dit souvent oui par faiblesse, par timidité. J’ai donc franchi un mur. J’ai posé la première pierre dans le nouveau royaume.

 Une longue respiration.

 Le mot confusion me vient à l’esprit. Que se passe-t-il? J’ai un trou de mémoire. J’ai les ailes de mes espérances légèrement brûlées par le doute, par ce quotidien désespoir qui se pointe à chaque seconde face à un vide, face à un flou, face à un trou noir. Pourquoi? Est-ce le désir, ou mon désir, de voir à tout prix le bout du chemin, qui déclenche ce processus mental? Je refuse de répondre, de me répondre. La clé se trouve au sein de la non-réponse. J’en ai trop dit.

 Une petite pause.

 L’erreur est humaine. L’erreur inhumaine est-elle aussi humaine? En répondant oui, je pardonne tous les crimes de guerre. J’accepte la folie du monde. Et en répondant non, j’encourage la jeunesse au crime?

 Wanda s’approche de moi et me dit:

 - Vous osez écrire sur votre passeport?

 - J’écris sur n’importe quel bout de papier, je réponds.

 - Mais ce n’est pas n’importe quel bout de papier, c’est un passeport.

 - Il ne ne me sert plus à rien. J’ai cessé d’exister depuis tout à l’heure. À cause de vous.

 - À cause de moi?

 - Parce que vous n’êtes pas libre.

 Elle sourit... à suivre

07:02 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |