31/08/2013

Schiberen (14, à suivre)

28
 Une femme en cache une autre. Une voix en cache une autre. Une nudité en cache une autre. C’est quoi ce pipi intellectuel? me demanderait ma concierge. Et je lui répondrait: vous avez raison, chère Madame, j’ai tendance à me perdre souvent dans le flou car les choses ne sont toujours très claires. Par exemple, quand j’étais jeune, il y avait des femmes qui  habillées me donnaient l’impression d’être nues. Comme si la nudité leur collait à la peau. Et  des femmes qui nues me donnaient l’impression d’être encore habillées. Comme si un voile épais les protégeait de tout regard. Tout cela n’a rien à voir avec la beauté et le succès. Car une femme laide, laide à mes yeux, peut avoir plus de succès auprès des hommes qu’une femme d’une immense beauté. La beauté et la laideur ne sont qu’apparence. La femme... la voix... la nudité en cache une autre. Vous me comprenez maintenant? La vérité est dans le regard de l’autre. Son jugement. Dans le bouillonnement de son âme. Le désir. Le plaisir. Le rêve... Les pièges de la séduction sont multiples et souvent dangereux, parfois même mortels. Mais le pire dans tout cela, c’est que ces attrape-nigauds ne se trouvent pas chez l’Autre mais en nous. L’Autre n’est qu’un miroir. Un de nos nombreux miroirs... à suivre

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30/08/2013

Schiberen (13, à suivre)

27
 A force de fouiller sur Internet, je découvre un autre numéro de téléphone. Concernant cet hôtel qui se trouve à ou près de Schiberen. Je compose le numéro et une agréable voix féminine me déballe tout un discours en allemand. Vous parlez le français? je lui demande. Un nein désolé sort de sa bouche. Ça va être compliqué. Finalement, grâce à des arabesques linguistiques, je comprends que cette jeune créature n’a jamais entendu parler de Schiberen mais que son hôtel se trouve au bord d’une route qui s’appelle Schibernstrasse... Sur Internet, le périmé a, malheureusement, de la peine à disparaître, du jour au lendemain. Comme ces vieilles coutumes qui ne cessent de nous encrasser... à suivre

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29/08/2013

Schiberen (12, à suivre)

26
 Qui n’est pas philosophe quand il se heurte à des questions existentielles? L’adepte. Celui qui adhère... et adopte une doctrine. Les idées de quelqu’un d’autre. Même à mes moments de totale ignorance, je préfère me perdre dans le noir de mes idées que trouver refuge... Attention! C’est là le danger. Mes pensées ne sont bonnes que pour moi. Et les pensées de mon voisin ne sont bonnes que pour lui. Si un promeneur égaré me demande où se trouve le chemin qui mène tout droit à l’église, si je le sais, je lui indique le chemin. Mais jamais j’oserai lui poser la question: pourquoi faire? Car je ne sais pas ce que ce promeneur solitaire a dans la tête. Cherche-t-il Dieu? Cherche-t-il sa femme, sa maîtresse ou un ami? Cela ne me regarde pas. J’indique sans poser de question. Contrairement  aux idiots du village qui, eux, vous posent un tas de questions et vous jugent du premier regard. Mais qui sont-ils ces idiots du village? Ils sont nombreux! En général, ils portent la cravate parce que leur chef en porte une. Ou une casquette, un foulard... ou rien du tout quand  leur chef ne porte rien du tout. L’idiot du village, on le reconnaît tout de suite dès qu’il ouvre la bouche. Soit quand il vous questionne, soit quand il parle de lui. Un lui qui n’est pas un lui véritable mais un lui préfabriqué. Fabriqué par son chef. Quand les idiots du village se réunissent, on a l’impression de voir un troupeau de moutons. Les moutons bêlent. Les idiots du village applaudissent. Leur chef bien entendu. Malheureusement, les idiots du village ont envahi aussi les villes. Heureusement, il y a encore le désert et la montagne pour échapper à leurs indiscrètes questions souvent sans queue ni tête... à suivre

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28/08/2013

Schiberen (11, à suivre)

24
 Depuis que j’ai fait ce rêve étrange où un officier suisse avait reçu l’ordre d’exterminer toute ma famille, chaque matin, en me levant, je me demande: pourquoi Schiberen m’intrigue autant? Soyez patient, les choses viennent d’elles-mêmes lorsqu’elles doivent venir, dirait ma concierge.

25
 Que de peuples ont voulu, et veulent encore, exterminer d’autres peuples!... Les historiens ont, la plupart du temps, falsifié l’histoire. Par intérêts. Par conviction. Ou par peur. L’histoire n’est pas le passé mais un passé recomposé. Arrangé au goût des vainqueurs. Des puissants. Les livres d’histoire sont truffés de dates, de noms de lieu et de noms propres. Point de sentiments. Des  noms propres plus sales que propres. Des hommes qui, par leur vanité ou leur folie, ont déshonoré l’humanité.  Malheur à eux! Malheur à tous les dictateurs! Morts et vivants. Qu’’ils aillent tous au Diable! En enfer pour l’éternité! Ces êtres sont pires que les virus. Et les virus ne font pas partie des espèces à protéger. Je me méfie donc des libres d’histoire comme des livres religieux. Car la guerre y est omniprésente. Les guerres sont toutes truquées parce que, des deux côtés, il n’y a que des perdants, disait Boris Vian. Et il avait raison. Les guerres rapportent gros. Elles rapportent gros aux fabricants de pansements, de prothèses et, surtout, aux fabricants de canons. Mais elles rapportent aussi aux gros fonctionnaires de ces institutions dites humanitaires. La misère du monde est devenue un marché juteux. J’ai envie de vomir quand je pense à toutes ces personnes qui s’enrichissent grâce à ce marché. Bon Dieu, que l’homme est vile... à suivre

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27/08/2013

Schiberen (10, à suivre)

23
 Y a-t-il une école à Schiberen? L’école! Lieu de massacre et de rédemption. Où l’enfant terrible se libère des griffes de ses parents. Où l’enfant secret plonge davantage dans le monde obscur de la connaissance. L’école, c’est l’abattoir de l’enfance. Un lieu où l’on apprend, certes, mais où l’on apprend selon des règles. La plupart du temps étatiques. Le système. Le conditionnement! Un conditionnement mis en place par des esprits conformistes. Les élus de la société. Ceux qui ont su de faire une belle place au soleil. Combien d’enfants rentrent de l’école le mal au ventre? Combien? Je me souviens de mon fils, aujourd’hui chercheur scientifique établi aux États-Unis, qui se plaignait souvent des  cris hystériques de sa maîtresse, en première année d’école primaire. Elle crie pour rien, me disait-il. L’enfant ne comprenait pas. Les enfants ne comprennent pas la colère des grands. Quel massacre!... L’école, c’est le premier pas vers l’avenir mais c’est aussi le dernier sourire au jardinier de Dieu. L’enfance. Où la beauté est indéfinissable, n’a pas de nom. L’école, au contraire, c’est le grand étiquetage des êtres et des choses qui nous entourent. C’est l’entassement des connaissances. C’est la porte ouverte vers le monde des rusés où la compétition est sans pitié. C’est le lieu sacré où l’enfant frustré, devenu enseignant, se venge de ses blessures. Où le professeur bavard ne cesse de se gargariser, tout en jouissant de ses discours. Des discours souvent empruntés. Des discours volés aux hommes célèbres. Où le doyen cocu retrouve sa virilité face à ses élèves. Grâce à eux. Grâce à Dieu! Dans sa naïveté, l’enfant attend tout de l’école. Malheureusement, l’école ne lui donne que ce qu’elle veut bien lui donner. Ou peut lui donner. L’école est-elle différente de notre société? Elle a été crée par l’homme. Donc... Elle changera quand l’homme aura changé... à suivre

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26/08/2013

Schiberen (9, à suivre)

22
 Dans ma jeunesse, un soir d’été, sous un ciel étoilé et le regard des anges, une très jolie jeune fille, que j’essayais de séduire,  me dit après quelques minutes de conversation:

 - Je suis lesbienne.

 Troublé, sans doute, par cette déclaration inattendue, je lui demandai:

 - De Lesbos?

 - Les deux, me répondit-elle.

 - Vous en avez de la chance.

 - Pourquoi dites-vous ça?

 - Parce que vous avez le passé et l’avenir derrière vous.

 - Je ne vous comprends pas.

 - Cela n’a aucune importance... C’est normal, nous ne raisonnons pas de la même façon. Tout est une question de raisonnement.

 - Si j’ai bien compris, vous n’avez rien contre moi, n’est-ce pas?

 - Rien. Au contraire...

 - C’est-à-dire?

 - J’ai un petit secret à vous confier. Puis-je?

 - Vous pouvez.

 - Eh bien, j’ai toujours rêvé de faire l’amour avec deux lesbiennes.

 - De Lesbos? me demanda la jolie jeune fille avec un sourire au bout des lèvres.

 - De Lesbos ou d’ailleurs, répondis-je d’une voix un peu cassée. Cassée probablement par un sentiment de frustration... à suivre

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25/08/2013

Schiberen (8, à suivre)

21
 En vérité, je ne suis rien. Et je n’appartiens à aucun groupe. Ni politique. Ni religieux. Je suis un homme libre. Du moins, j’espère l’être. La couleur de la peau et l’attachement à une religion, aussi brutale soit-elle, n’ont jamais été des obstacles pour séduire l’Autre. La seule chose dont j’ai horreur, c’est la jalousie. Une personne jalouse est, à  mes yeux, une personne malade qui prend plaisir à soupçonner son ou sa partenaire afin de faire éclater sa propre colère et d’apaiser ainsi sa peur. C’est un jeu mental infernal. Sans fin. Qui peut vivre avec une telle personne? Un saint ou une sainte. C’est pourquoi, j’ai toujours fui les femmes jalouses. Car ce sont des castratrices. Elles transforment l’homme en mollusque... à suivre

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24/08/2013

Schiberen (7, à suivre)

19
 Je téléphone à la mairie de Vitznau. Personne ne répond. Je téléphone à l’hôtel situé à Schiberen ou non loin de là. Une voix enregistrée me répond: l’abonné ne peut répondre pour le moment. En français! C’est blizzard. Non, c’est alémanique.

20
 Les Suisses alémaniques sont-ils plus intelligents ou plus instruits que les Suisses romands? Si je réponds oui, tous mes amis me traiterons de traître. Mais je suis suisse allemand, bon Dieu! Issu d’une vieille famille glaronnaise. Le premier bourgmestre de Glaris, c’est un mon arrière arrière arrière grand-père. Mon ancêtre. Alors pourquoi je devrais dire non? Au nom de quel lobby? Mais vous êtes né à l’étranger et vous avez épousé des femmes étrangères, me dirait ma concierge. C’est vrai et alors? Cela ne m’empêche pas d’avoir le sens de l’observation. De la constatation. J’ai donc envie de répondre: le canton de Glaris ne compte plus que trois communes. Glaris Nord. Glaris Centre. Glaris Sud. Cela signifie que le peuple glaronnais a fait  preuve d’une grande intelligence. C’est tout? Oui, c’est tout. Mais les Glaronnais ne représentent pas tous les Alémaniques. C’est dommage. Ils devraient les suivre dans leurs démarches civiques. Comme tout le monde d’ailleurs. Transparence, ouverture et progrès social. Les trois piliers d’une société saine...  à suivre

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23/08/2013

Schiberen (6, à suivre)

17
 Attendre, dirait ma concierge. Mais qui est donc cette femme dont tu nous parles si souvent? me demanderait mon fils ou ma fille. Et en bon père, je serais obligé de répondre. Et je répondrais: Ma concierge, c’est la femme la plus naïve que j’ai connue de ma vie. C’est quelqu’un qui a mis la presse sur le même piédestal que les évangiles. La presse, c’est la vérité. La pravda. C’est l’oeil gauche de Dieu. L’oeil sensible où les larmes ne cessent de couler. Ma concierge, c’est aussi cette femme qui a toujours dit oui à son père et au curé du village. Cette jeune fille obéissance qui a toujours refusé de se masturber et de se faire sodomiser, par peur de se voir, le jour de sa mort, refuser l’accès au paradis. Mais c’est surtout la femme la plus fidèle et la plus pure de la terre. Elle n’a jamais trompé son mari. Elle n’a jamais vendu la moindre parcelle de son corps. Et ça, c’est rare, dirait ma concierge. Car il ne faut pas oublier que naïf ne veut pas dire aveugle.

18
 A l’opposé de ma concierge, il y a le faux cul. Le lèche-bottes. Le mendiant de la culture. Le fonctionnaire de l’art. Le mignon de la princesse. Le fils à papa du système. L’infiltré. Le salaud des régimes. Cet étrange individu qui applaudit les dictateurs en pleine gloire et qui insulte les dictateurs déchus. Ma concierge est donc loin de cette faune. C’est pour cette raison-là que j’aime cette femme au comportement singulier. D’un amour réservé, bien entendu... à suivre

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22/08/2013

Schiberen (5, à suivre)

15
 Comme je fais partie de la race des altruistes, je suis forcément tolérant. Dans le pire des cas, l’Autre n’est jamais un ennemi mais un être inquiétant. C’est vrai, je suis un altruiste dangereux pour ma famille. Ma femme me dit souvent: Cesse de donner tout aux autres. Tout? Non, pas tout. Ma deuxième paire de chaussures, ce n’est pas tout. Le jour où je donnerai la paire que je porte, alors on pourra dire tout... Quand j’étais petit,  je voyais souvent, par la fenêtre de ma chambre, défiler des prisonniers enchaînés l’un à l’autre comme des esclaves. Ces pauvres créatures, sales et couvertes de tissus tout déchirés, étaient menées à la baguette par un gendarme qui affichait de la fierté et du plaisir sur son visage. Un jour, attristé sans doute par la cruauté de ce spectacle, je m’approchai du gendarme et lui dis:

 - J’aimerais aider ces prisonniers.

 - Comment? me demanda le gendarme, tout étonné.

 - J’ai de l’argent.

 - De l’argent?

 - Oui, de l’argent.

 - Où est-il?

 - Dans ma main.

 - Ouvre-la!

 Quand j’ouvris ma main droite, les prisonniers me firent un grand sourire... La suite, je m’en souviens pas. Tout ce que je sais, c’est que mon geste, quelques misérables piastres, le geste d’un enfant blond aux yeux bleus, d’un enfant venu d’ailleurs, donna quelques secondes de joie à des prisonniers, noirs, enchaînés comme des esclaves.

16
 Non convaincu de mon résultat en Sibérie concernant Schiberen, j’allume mon ordinateur et je cherche à nouveau... Je tombe sur une photographie d’un coin au bord d’un lac. Sur le bord inférieur du cadre, on a noté: Near Schiberen Switzerland 2011. L’écriture est belle. C’est sûrement celle d’une femme. Je dis cela parce que, en tant qu’enseignant, j’ai pu constater que l’écriture des filles est en général plus belle que celle des garçons. Souvent plus claire. Plus lisible. Pus harmonieuse. Je clique ensuite sur Maps et je tombe cette fois-ci sur une carte géographique... au milieu de laquelle un point rouge m’indique Schiberen. Un endroit non loin de Vitznau. Au bord du lac des Quatre Cantons. Dans le canton de Lucerne. Ciel! Le mot existe, je ne l’ai  pas inventé. Que dois-je faire? me dis-je... à suivre

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21/08/2013

Schiberen (4, à suivre)

13
 Retour en Suisse. Sur ma terrasse. Les montagnes sont belles à regarder. A y vivre, c’est une autre histoire. Il faut avoir beaucoup de courage pour un citadin... Un bourgeois de mon espèce. Avide de curiosité. De nouveautés. La montagne, c’est bon pour les montagnards et les rapaces. Seulement. Le citadin, ou le bourgeois de mon espèce, n’aime pas le silence, il préfère le bruit de la ville au souffle de Dieu. C’est vrai, Dieu est montagnard sourd aux lamentations des enfants des plaines. Dieu aime ceux qui lui ressemblent. C’est-à-dire: ceux qui grimpent sans se plaindre. Ceux qui avancent sans se retourner.

14
 On ne peut pas contempler le beau toute sa vie. Ce serait injuste. Le laid mérite une part du gâteau. Sa part, ses heures. Le laid nous encourage à protéger le beau. Il nous met sur nos gardes. Attention! Le laid détruira la terre et ses terriens, dirait ma concierge. Notre société. Notre civilisation. Le laid ne connaît aucune limite de destruction. Aucune loi. Ses horizons se perdent à l’infini. Le laid s’est approprié les mots: liberté, démocratie et humanité. Au nom de ces mots, il nous pousse à flirter avec le diable et ses démons. Grâce au sexe, il a ouvert les portes de l’enfer. Les flammes de Satan réchauffent les coeurs endormis. Endormis par trop d’éducation. Trop de recommandations. Trop de conseils inutiles. En brandissant le drapeau de la liberté, les pervers ont pris le pouvoir. Bientôt, je pourrai épouser mon chien, dirait ma concierge. Ou mon singe. C’est un cousin éloigné. Les politiques à la mode adhèrent sans vergogne à la philosophie du laid. Ce qui compte le plus pour eux, c’est d’être élus. Élus pour satisfaire leur ego. Pour atteindre le sommet de la gloire. Ou s’assurer une retraite à l’abri de la misère. L’Autre n’est qu’un prétexte. Un outil de travail. Le laid rivalise sans cesse avec le beau. Tel un serpent, il se glisse dans le camps des faibles. Jamais dans celui des forts. Car il sait que dans ce lieu protégé, le beau est invincible. Le beau est divin... à suivre

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20/08/2013

Schiberen (3, à suivre)

8
 Les voyages forment la jeunesse, dit-on. Les rêves forment la vieillesse, dis-je. Quelle pensée absurde! Pour certains: certainement. Pour les autres: aucune réaction, du vent ou un petit vent sorti de nulle part.

9
 Nous sommes en voiture sur la route qui mène à Novokouznetsk, en Sibérie... Chaque fois qu’une église pointe à l’horizon, je commence à la dévorer des yeux.

 - Tu aurais dû devenir prêtre, me dit Rouslan Garipov, le fils de ma belle-soeur Tania.
 
 - C’est vrai, j’adore les églises mais malheureusement Dieu ne se trouve pas dans ces lieux sacrés. Il est là où on le cherche pas. C’est son secret, dis-je.

10 
 - J’avais pour mission de vous supprimer, me dit un officier suisse.

 - Moi?

 - Toute votre famille mais, comme vous pouvez le constater, je n’ai pas exécuté les ordres. J’ai simulé le crime.

 - Mais c’est un crime contre l’humanité, dis-je à mon père.

 - Il faut avoir des preuves avant de porter une telle accusation, me dit mon père.

- Quel est votre nom? je demande à l’officier.

 - Schiberen.

 - Schiberen?

 - Oui, Schiberen.

 Je me réveille à ce moment-là... et sans perdre une seconde, j’écris le nom de l’officier suisse dans mon carnet de voyage.

11
 Je me rends, avec ma femme, dans une clinique dentaire publique. Le chirurgien dentiste m’arrache une dent pourrie. Anesthésie et extraction: trois cents roubles, environ dix francs suisses. Trois fois rien ou le prix d’une bouteille de vodka.

12
 Karina Aratunian, ma nièce, la fille de ma belle-soeur Zoé, me prête son ordinateur. Je cherche sur Google Schiberen. Résultat: nul. Rien, rien du tout... à suivre

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19/08/2013

Schiberen (2, à suivre)

4
 Le premier de ces personnages, je l’ai rencontré dans un cimetière. A Alexandrie, en Egypte. Je vagabondais à travers les tombes, pendant que mon père nettoyait celle de mes grands-parents, quand subitement, je vis un un homme creuser quelque chose qui ressemblait à un tunnel, près d’une tête de cheval en marbre. Je m’approchai de cet inconnu et lui demandai pourquoi il creusait cet énorme trou. Il ne me répondit pas. Il fit comme si je n’existais pas. Déçu de son silence, je courus vers mon père et je lui racontai ma petite mésaventure... Après avoir parcouru, de long en large, le cimetière, mon père et moi, nous retrouvâmes la tête de cheval en marbre mais point cette chose  qui ressemblait à un tunnel, ni la moindre trace humaine.

5
 A mes yeux, ce trou noir a bel et bien existé, était réel. De l’avis de certains psychiatres et autres psys, cette chose n’était pas réelle. C’était une fabulation, le fruit de l’imagination dû a une surcharge émotionnelle.

6
 Les spécialistes de la psyché, dont la plupart sont des ignorants face aux phénomènes paranormaux, ont tendance à médicaliser les expériences métaphysiques. Sans doute, sont-ils trop en contact avec le monde de la folie? Qui s’assemblent, ne finissent-ils pas par se ressembler? Je me le demande sincèrement.

7
 Le deuxième personnage est... Non, commençons par le commencement... à suivre

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18/08/2013

Schiberen (1, à suivre)

 1
 Je suis sur la terrasse de ma maison mobile. A Martigny. En Valais. Je viens d’acheter un stylo. Nouveau stylo, nouvelle aventure. C’est ma devise. J’espère que le mot est juste. Aucune importance. L’important, c’est d’écrire sans trop réfléchir. C’est-à-dire: sans trop se demander si ce que l’on vient d’écrire est vrai ou faux, plausible ou invraisemblable. Car, quoi que l’on dise ou quoi que l’on fasse sur cette terre, il y aura toujours quelqu’un pour critiquer, dénigrer ou prouver le contraire. Je dirais donc: l’homme n’aime pas l’homme. Mais il adore ou admire celui qui le rassure et déteste celui qui le déstabilise. Pourtant, le doute est nécessaire pour se mettre en question. Comme la reconnaissance d’une erreur, d’ailleurs. C’est pourquoi, j’essaye de n’adorer et de ne détester personne. En attendant Dieu...

2
 Que vient faire ici celui-ci? dirait ma concierge. Rien pour l’instant, je lui répondrais. Mais un jour, il sera la réponse à toutes les questions, à toutes nos questions. Existentielles et scientifiques. Un jour? Quand?

3
 Répondre à cette question, c’est se prendre  pour Dieu. Ou l’un de ses prophètes. Et je n’ai nullement l’âme d’un tel individu. Bien que dans mon enfance et ma fraîche jeunesse, le hasard a voulu que je flirte avec des messagers venus d’ailleurs... à suivre

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Black & White (3, à suivre)

 Ils ont dû le tuer, se dit-elle. Ses idées, je les connaissais, elles n’étaient pas mauvaises.

 Et dans sa tête apparaît une scène.

 ... Art se jette dans ses bras et lui dit:

 - Demain, il n’y aura plus de frontière et la terre toute entière sera un paradis...

 India Black ferme le livre, le range soigneusement dans la bibliothèque et elle va se coucher.

 Une semaine plus tard. Les pigeons sont là et acceptent volontiers les graines que leur jette White. Le clochard, lui aussi est là mais à l'autre bout du banc, comme d’habitude.

 - Des livres, des livres, rien que des livres, dit le clochard.

 - As-tu bien regardé? demande White.

 - Oui, j'ai bien regardé. Des livres et quelques albums de photos... des souvenirs de vacances.

 - Aucune personnalité suspecte sur ces photos?

 - Aucune

 - Pas de lettres?

 - Aucune lettre.

 - Et parmi les livres?

 - Romans, poésies et des livres de psy...

 - Pas de livres politiques?

 - Aucun.

 - Pourtant.

 - Pourtant?

 - Art Black adhérait à un parti politique.

 - Quel parti?

 - C’est sans importance, dit White d'un air un peu absent.

 - Et mon enveloppe? demande subitement le clochard.

 - Ta mission n'est pas terminée, répond sèchement White.

 - Qu'est-ce que je dois encore faire?

 - Surveiller Madame Black.

 - Jusqu’à quand?

 - Jusqu’à la semaine prochaine.

 - Et mon enveloppe?

 - La semaine prochaine. Tu peux partir maintenant...

 India Black entre dans un café et commande un thé citron.

 Elle vient de retirer de l’argent de sa banque, juste de quoi vivre un mois, sainement et sans luxe. India ne travaille pas, car à la mort de son mari, grâce à l'assurance que celui-ci avait contracté, elle a touché une petite fortune, assez pour vivre sans travailler jusqu’à l'âge de la retraite. Pourquoi donc travaillerait-elle? Lorsqu'on est intelligente, on sait toujours occuper son temps, sans avoir besoin de le consacrer à un quelconque imbécile de patron qui, comme la plupart des patrons, ignore tout de la vraie valeur de la vie. C'est son avis.

 India Black boit un gorgé de thé.
 
 Puis elle sort un livre de son sac, Paradis perdu d’Ernest Hemingway, et elle se met à lire.

 Cinq minutes plus tard, ses yeux quittent  le livre et son regard se perd à l'infini... à suive

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17/08/2013

Black & White (2, à suivre)

 Les heures passent...
 
 Dans un parc, White, assis sur un banc, est en train de donner à manger aux pigeons.

 Un clochard, un vieux journal sous le bras, s’approche de White et lui dit:

 - Pour l'affaire Smith, les carottes sont cuites.
 
 - Assieds-toi, imbécile! Et parle-moi en lisant le journal, dit White en grinçant des dents.

 Le clochard s’exécute.

 - Smith était déjà mort lorsque nous sommes arrivés: crise cardiaque, explique-t-il, ses yeux fixant le journal.

 - Un boulot de moins à payer.

 - Mais nous savons tout de même pris des risques, dit le clochard nerveusement.

 - N' insiste pas, dit White sèchement. C’est moi qui décide et tu le sais bien... Autre chose. As-tu entendu parler de l’affaire Black?

 - Le jeune professeur?

 - Oui, c’est ça.

 - Ce n 'est pas moi qui à...

 - Je sais bien que ce n’est pas toi, coupe White... Il faudrait que tu ailles rendre visite chez Madame Black.

 - Rendre visite à Madame Black! s’exclame le clochard.

 - J’ai dit: rendre visite chez et non pas à. Tu saisis la nuance?

 - J'ai compris. Mais...

 - Mais?

 - Et si on me chope et que la police locale me fout dedans?

 - Eh bien, on te sortira, comme d’habitude, imbécile!

 - C'est que...

 - Je ne veux rien savoir, dit sèchement White.

 Le clochard baisse son journal .

 - Et qu' est-ce que je dois faire chez Madame Black? demande-t-il énervé.

 - Le maximum de renseignements... Madame Black semble être une femme silencieuse, donc pas besoin de brancher quoi que ce soit à son téléphone. Nous l’avons déjà mise sur écoute. Aucun résultat. Madame Black semble ne se douter de rien, mais nous aimerions en avoir la certitude. Compris?

 - Compris.

 - Tu peux partir.

 - Et l’enveloppe?

 - La prochaine fois .

 - La prochaine fois, la prochaine fois!

 - A jeudi prochain! dit Whit en haussant  la voix.

 Le clochard se lève nonchalamment et quitte le parc sans jeter le moindre regard vers White .

 Des tableaux un peu partout contre les murs. Une bibliothèque pleine de livres. Des romans, des plaquettes de poésie et des traités de psychanalyse. Une lampe à abat-jour et un bon canapé pour y passer des soirées entières à lire et à rêver, loin de la cohue et de l'hypocrisie des hommes.Tel est le salon d’India Black.

 India baisse son livre, elle est en train de lire un roman policier.

 - Inconscients, murmure-t-elle.

 Elle se replonge dans le livre puis le rebaisse aussitôt... à suivre

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16/08/2013

Evolène

Hier, 15 août 2013, jour de l' Assomption de Marie, mon stylo audiovisuel s'est laissé aller à Evolène...


Evolène, 15 août 213 par hankogel

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15/08/2013

Black & White (1, à suivre)

  Quelque part sur la terre, non loin d'un lac et d'une société richement organisée par des gens riches, une femme jeune, belle et intelligente entre dans un petit cimetière...

 Quelque part ailleurs, au sein de cette même société richement organisée par des gens riches, un homme, d'une quarantaine d'années, au visage dur, s'installe dans un fauteuil...

 Elle, elle s'appelle India Black. Son mari, Art Black, est mort suite à un accident de la route, c'est ce qu' a déclaré la presse.

 Lui, il est inspecteur de police, attaché au  service de la sécurité de l’état, et il s’appelle Vic White.

 India Black est maintenant au bord de ce lac. Elle a donc quitté le petit cimetière où elle a déposé, comme tout les jeudis matin d'ailleurs, des fleurs sur la tombe de son mari.

 Elle regarde le lac. Ses yeux sont brillants. Ils étaient plus brillants avant, avant la mort de son mari. Disons: avant, ils n‘avaient pas le même éclat, la même brillance.

 India Black baisse les yeux...

 White, confortablement assis dans son fauteuil, tire un cigare de la poche de son veston et l'allume.
 
 Il regarde le bout de son cigare et pourtant son esprit est ailleurs...

 ... i1 fait gris. Des hommes sont en train de balayer la rue. C'est le matin très tôt. Art Black, casquette de marin sur la tête, lunettes de soleil et cigare au bec, s'assied au volant de sa voiture...

 White décroche le téléphone, compose quatre numéros et dit d'un ton sec:

 - Rapportez-moi le dossier Black.

 India Black est derrière le volant de sa voiture. Elle conduit avec prudence car c'est une femme prudente. Mais tout en conduisant, elle regarde les passants qui traversent avec imprudence d'un trottoir à l'autre.

 - Inconscients, moutons, aveugles, murmure-t-elle.

 White, toujours confortablement installé dans son fauteuil, feuillette le dossier Black.

 La voiture d’India Black s'arrête à la lisière d'un bois...

 India fait quelques pas puis subitement elle retourne dans sa voiture.

 Sans perdre une seconde, elle met la clé dans le contact et fait démarrer la voiture  à toute pompe.

 White, assis sur la terrasse d’un restaurant, boit son premier café et fume son deuxième cigare de la journée.

 Les oiseaux chantent et la rivière coule.... Pas un bruit, que des sons naturels et naturellement harmonieux. India Black est là mais tout en étant là elle est ailleurs. Le vieux Black, le père d’Art, est aussi là et lui aussi tout en étant là il est ailleurs.

 - Vous avez peut-être raison, dit le vieux Black en bourrant nerveusement sa pipe.

 - Je suis certaine, dit India. White n'est pas un simple inspecteur de police, il doit occuper un poste important, c'est mon intuition. Pourquoi un inspecteur de police viendrait-il prendre des nouvelles d'une...?

 Les yeux d’India se mettent à briller.

 Le vieil homme s’approche d’India et entoure de son bras osseux les épaules de sa belle fille.

 - Ça était dur pour tout le monde, dit-il. Oui, ça était dur pour le monde. La vie est injuste.

 White, qui a repris ses activités de fonctionnaire, après son premier café et son deuxième cigare, est penché sur le dossier Black... à suivre

10:33 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

14/08/2013

Les fraises de Sibérie

... C'est vrai, en Sibérie, les fraises ont un gôut particulièrement doux...

09:47 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

13/08/2013

Festivals, Locarno, Cannes...

... Des clubs, des gens qui essayent de politiser l'art...

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11:51 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |