19/06/2013

Ombres naïves (15, à suivre)

 J’étais en train d’écrire...
 
 - Tu as trouvé quelque chose? me demanda Jacques.

 - Non, rien d’intéressant, ce ne sont que des notes, lui répondis-je.
 
 - Lis-les moi.

 - Ça ne vaut pas la peine.

 - Ça ne fait rien, lis-les moi tout de même.
 
 - Je n’aime pas lire ce que j’ai écrit.

 - Alors, passe-les moi.

 Je passai mon cahier à Jacques et il lut à haute voix:

 - Comme un chien chassé de partout, comme une rivière polluée par mille usines, comme un arbre saigné par des promeneurs sans pitié, comme un enfant abandonné par des parents trop occupés, comme un soldat blessé, entouré de macabés, comme un ivrogne pourchassé par une rogne, comme un vieillard enfermé dans un asile, comme un mendiant affamé qui se fait tant de bile, je tends ma main et tu ne dis rien. Je te regarde tristement mais tu ne me vois pas. Alors, je baisse ma tête doucement, calmement et je pleure tout bas. Je pleure sur moi,  sur toi, ma société.
 
 Jacques me foudroya des yeux  puis il me dit quasi avec colère, car il pensait à son film:
 
 - T'appelles ça des notes? Tu te rends compte, ça fait bientôt un mois!... à suivre

08:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

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