11/06/2013

Ombres naïves (7, à suivre)

 Quelques jours plus tard, mon père s’en alla à l’aventure. Pas le moindre  signe de regret de sa part, ni de la mienne. Nous nous quittâmes comme de bons vieux amis: en nous promettant de nous écrire en poste restante. Nous étions persuadés de nous revoir bientôt. C’était un drôle de sentiment, un sentiment sans sentiment, si je puis m' exprimer ainsi.

 Quant à moi, ce jour-là, il fallait que je parte. Partir! Partir! Je n’avais que ça dans la tête ce matin-là. Quitter mais aller où? Pas question de retourner chez ma logeuse et pas question de rester un jour de plus dans l'appartement de mon père, je devais remettre les clés à la concierge. Pas question non plus de retourner au travail. Je n’avais aucune envie de me faire prendre par la police et encore moins par la police militaire. Il ne me restait qu’une seule chose à faire: chercher asile auprès de quelqu’un. Oui, quelqu’un mais qui?

 Dans la vie, nous avons beaucoup d’amis, des amis de tout genre. Des riches, des pauvres. Mais lorsqu’on a sérieusement besoin d'aide, rares sont ceux qui apportent réellement secours d'une façon désintéressée. Beaucoup de personnes aident, beaucoup de sociétés organisées aident mais aucune d'entre elles n'aurait aidé un type comme moi. Personne n'aurait pris le risque de m'aider de peur d'avoir un jour des ennuis avec les autorités. Alors sachant cela, je n'avais qu'une chose à faire: vivre comme un clochard, vagabonder, passer des heures entières dans les cafés, bref vivre comme un désespéré. Et ce que je fis jusqu'au jour où le Dieu des pauvres décida d'agir... à suivre

08:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

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