14/06/2013

Ombres naïves (10, à suivre)

 Un jour, en caressant son visage, je récitai à Eva:

 - Paysages noircis par les idées noires. Paysages pleins de soucis, dévastés par la gloire. Paysages obscures, sans amour, sans secours. Paysages remplis de murs, séparant les hommes, l’amour. Paysages sans sagesse. Paysages sans paysage. Paysages de tristesse. Paysages de nos visages.

 - C’est ce que tu viens d’écrire? me demanda-t-elle.

 - Non, c’est vieux, je l’ai écrit à un moment de lucidité, il y a très longtemps, lui répondis-je.

 - Combien, cinquante ans? fit-elle ironiquement.

 - Qui sait, peut-être... Nous connaissons si peu de choses de nous-mêmes. L’homme est un océan de mystères, ne crois-tu pas? 
 

 Eva ne me répondit pas.

 Puis elle se blottit contre moi et me dit:

 - J’ai peur, Jean.

 - Peur de qui, de quoi? lui demandai-je.

 - De personne et de rien mais j'ai peur, me répondit-elle, d’une voix grave... C’est difficile à exprimer. Je me sens parfois perdue, alors je cherche à m'accrocher à quelque chose et c’est difficile, pénible, obsédant. Et plus j’insiste, plus mon esprit devient confus. C'est horrible, Jean... à suivre

08:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

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