27/03/2013

L'odyssée d'un rêveur (23, à suivre)

 Le lendemain matin, après un petit déjeuner à la britannique en compagnie de James James, c’est ce qui explique la nature du petit déjeuner, je monte dans la voiture de mon nouvel associé de voyage, un véhicule de location.

 - Si nous trouvons l'avion, vous aurez droit à la Victoria Cross, me dit James en mettant la voiture en marche.

 - Je ne saurai pas où la mettre, je lui réponds.

 -Ça s'épingle au costume les soirées de gala.

 - Si ce n'est que ça, je dois encore avoir une vieille veste...

 Arabes, Palestiniens, Kurdes, Arméniens peut-être et prophètes inconnus, se croisent, se suivent, entrent et sortent des maisons dont certaines, pas forcément les moins blanches, sont imprégnées de préjugés et de murmures, de ces murmures qui font éclater une révolution.

 Mais bien vite nous voilà en plein désert: océan de sable et de chaleur aimé des mystiques et des solitaires.

 Je regarde ce tableau naturel avec méfiance par crainte de voir surgir de derrière une dune un monstre légendaire crachant du feu et des cadavres.

 - Quel effet ça vous fait d'être dans cet enfer? me demande James James, le visage en sueur.

 - Je suis surpris.

 - Surpris?

 - Oui, surpris.

 - En bien ou en mal?

 - Ni l'un, ni l'autre. Je suis surpris, surpris tout simplement.

 - Une autre réponse de votre part m'aurait  étonné, me déclare James James.

 Puis il me dit:

 - Je me demande comment vous faites pour supporter une chaleur pareille.

 - Je suis insensible aux températures, je lui réponds.

 James James s'essuie le front avec la manche de sa chemise.

 - Vous en avez de la chance, me dit-il. Mais finalement à quoi êtes-vous sensible? D'après le rapport du service de contre-espionnage londonien, vous êtes également insensible à la douleur mentale?

 - Qu'est-ce que vous voulez dire par là?

 - Il faut me pardonner pour mon français, je veux dire par là que si on insulte votre pays ou votre président vos réactions sont nulles.

 - Heureusement.

 - Mais il y a tout de même un domaine pour lequel vous êtes particulièrement sensible.

 - La femme.

 - Un homme normalement constitué l’est forcément. Et à part ça?

 -Mes rêves.

 - James James sourit.

 - Un esprit matérialiste ne se plie qu’aux lois de la physique, lui dis-je.

 - Vos rêves ont fait sourire bien des personnes de mon service, me dit James James.
 
 - N’empêche que c'est grâce à eux que nous sommes ici, n'est-ce pas camarade?

 James James ne répond pas.

 Au bout de deux heures, James James arrête la voiture.

 - Le voyage se termine là, me dit-il.

 - C’est ça Pétra? je lui demande ne voyant autour de moi que désert et immenses rochers.

 - Le reste on le doit faire à pied, me dit-il en retirant de la boite à gants de la voiture un petit appareil.

 - Quel bizarre appareil de photo, dis-je pour en savoir plus.

 - C’est un compteur Geiger, me corrige l’envoyé de la reine.

 - Un compteur Geiger pour l’or?

 - C’est une invention purement japonaise.
 
 Nous marchons, nous marchons...

 Puis nous traversons une gigantesque faille séparant deux immenses morceaux de roches et c’est le spectacle, un spectacle de beauté et de mystères: des façades de maisons creusées dans le roc, un roc d'une couleur rose et des colonnes debout et couchées, temples et maisons en ruine, dégagent une atmosphère étrange.

 Un bédouin, sorti de je ne sais où, s’approche de nous.

 Lorsque l’homme se trouve à cinq mètres de moi, je dis à James James:

 - L’homme doit tout savoir. Il faut le questionner. Vous parlez l'arabe?

 - Forcément, la reine n'a pas envoyé n'importe qui, dit-il avec humour. Mais pourquoi ce bédouin?

 - Parce que j'ai rêvé de lui.

 - N'importe quoi! dit James en haussant les épaules.
 
 - Demandez-lui où se trouve le mur près duquel il a enterré une brebis noire née mal formée, dis-je à James avec insistance.

 - C’est de la folie.

 - Demandez-lui. Qu'est-ce qu'on risque?

 James James hésite quelques secondes puis fait tout un discours en arabe.

 Le visage du bédouin se met subitement à rayonner de joie.

 Le bédouin s'approche de moi, me frappe amicalement sur l'épaule, se débarrasse de son sabre et me le tend en disant quelques mots en arabes.

 - Prenez-le, c’est un cadeau, m'explique James James. Vous êtes un homme remarquable. Un envoyé de l'ange Gabriel.

 Je prends le sabre et remercie l'homme d'une chaleureuse poignée de main.
 
 Puis l'homme nous fait signe de le suivre.
 
 Nous le suivons pendant un bon quart d’heure à travers les ruines et finalement nous arrivons devant un mur isolé entouré de plusieurs tas de sable.

 James James met son petit appareil en fonctionnement et aussitôt on entend un bruit sonore suivi de très rapides tic tac.

 James James me regarde et me dit avec un sourire jusqu’aux oreilles:

 - Vous avez la Victoria Cross. Également l’inventeur de ce nouveau petit appareil... à suivre

08:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

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