22/03/2013

L'odyssée d'un rêveur (18, à suivre)

 Intrigué dès mon réveil, vers huit heures, par le nom de Pierra, je vais à la bibliothèque municipale et je me mets à enquêter sur cette mystérieuse personne.

 Et c’est au bout de plusieurs heures, après avoir fouillé dans une vingtaine d’ouvrages historiques et de dictionnaires, que je tombe sur un nom qui pourrait être la clé de mon énigme.

 Je lis et relis:

 Pétra: ville de l'Arabie ancienne, capitale des Nabatéens... Vestiges de monuments taillés dans le rocher... Nabatéens: peuple de l'Arabie septentrionale qui constitua un état puissant à l'époque hellénistique...

 Je décide alors d'approfondir ma connaissance.

 Je feuillette un livre d'archéologie parlant de Pétra quand subitement une main sur mon épaule me fait sursauter. C’est le commissaire!

 - Vous vous intéressez aux vieilles pierres? me demande-t-il avec humour.

 - La réponse est là, dis-je.
 
 Le commissaire sourit.

 - Dans ce livre? dit-il.

 -Tant de choses échappent aux yeux des lecteurs, je réponds.

 - Je ne savais pas qu'un avion pouvait se transformer en un objet antique.

 - Vous le savez maintenant.

 Le commissaire me demande en changeant de ton:

 - Est-ce qu'on a essayé de vous contacter?

 J’hésite puis je réponds avec fermeté:

 - Oui, j'ai reçu une lettre anonyme.

 - Ce matin?

 -Non, le jour-même où vos gendarmes sont venus me chercher.

 Le commissaire est un peu étonné.

 - Pourquoi ne me l'aviez-vous pas dit tout de suite? me demande-t-il

 - Question d'envie.

 - Et lors de notre réunion, en présence de la haute autorité, c’était aussi une question d'envie?

 - Non, de méfiance.

 - De méfiance?

 - Oui, une question de méfiance.

 - De qui vous vous méfiez?

 - De tout le monde.

 - Non, il y a une raison.

 - Même plusieurs.

 - Citez-en une.

 - Un traître n'est pas à exclure.

 - Tout de même!

 - Je fais confiance à mes rêves, Monsieur le commissaire.

 - Vous exagérez.

 - La vie ne pardonne pas, le rêve encore moins.

 - Vous n'êtes pas sérieux.

 - Je suis très sérieux. Oui, un traître n'est pas à exclure. Car l'argent pourrit l'homme. Et puis, il y a le problème des sympathies politiques et religieuses...

 - Bref, bref! Que disait cette lettre?

 - Je devais téléphoner...

 - A qui?
 
 - Inconnu.

 - L'avez-vous fait?

 - Non.

 - Pourquoi?

 - Parce que j'étais en prison chez vous à ce moment.

 - Nom de Dieu! Mais pourquoi ce silence? Nous serions maintenant sur une piste.

 - Pas forcément. Le silence est notre meilleur allié.

 - Et depuis, avez-vous essayé de téléphoner?

 - Je viens de vous le dire, le silence est notre meilleur allié.

 Le commissaire se gratte la tête puis il me dit sèchement:

 - Quel est ce numéro?

 - Pas question.

 - Je vous ordonne de me le donner.

 Je serre les poings et lui dit:

 - Une lettre scellée se trouve chez mon avocat. Remettez-moi en prison et toute la presse sera au courant de cette histoire.

 Un léger grincement de dents et l'ennemi du désordre me déclare avec humour:

 - Si toutes les sorcières avaient votre ruse à la place de leur balai, je me serais déjà converti à l'occultisme.

 Et il ajoute avec sérieux:

 - N’oubliez pas que nous devons nous voir cet après-midi.

 - J’ai une mémoire d'éléphant, je lui réponds avec un sourire au bout des lèvres. Surtout lorsque je n'ai rien à gagner... à suivre

08:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.