14/03/2013

L'odyssée d'un rêveur (10, à suivre)

 Quelques heures plus tard, je quitte l’Angleterre dans un avion à destination mon pays natal.

 Enfin la liberté, me dis-je. En Suisse, on n’aurait  jamais agi avec tant de violence envers une personne soupçonnée de sabotage.
 
 Mais bien vite le doute m’encourage à penser autrement.

 La folie des hommes se propage à la vitesse de la lumière, me dis-je alors. Il suffit d'une faiblesse au sein d'un mouvement menant le bal et nous voilà propulsés dans les gouffres de l'inconscient humain. Nulle société n'est à l'abri d'une révolution.

 Une stewardess penche sa tête vers moi et me dit à voix basse:

 -Vous désirez du champagne? C'est offert par la compagnie.

 - Comment se fait-il que l'on soit si gentil? je lui demande.

 Elle est tout gênée.

 - Vous avez reçu des ordres? C'est le dernier verre du condamné?

- Je ne sais pas de quoi vous parlez, me répond-t-elle, le visage rouge tomate.

 C'est vrai j'avais oublié, l’homme a toujours eu de la sympathie pour les bandits de grands chemins. À se demander s’il préfère le diable au bon Dieu.

 - Tant pis pour la civilisation de demain, j'accepte le champagne.

 Et on m’apporte un quart de champagne bien frais.

 Iris aurait aimé ça, me dis-je en regardant pétiller ce vin mousseux dont la renommée a fait plusieurs fois le tour de la terre. Oui, Iris aurait aimé se voir servir du champagne allongée dans un fauteuil d'avion. Mais elle doit être dans un avion! Morte ou vivante? Vivante, le contraire je l'aurais déjà rêvé. Mais où? D'après mon rêve, elle est prisonnière dans un avion en plein désert. Quel désert? Un désert avec un grand mur. Ou un pays avec un grand désert et un grand mur.

 Une main se pose à ce moment sur mon épaule. Je sursaute.

 - Excusez-moi, me dit le pilote ou le co-pilote, je ne savais pas que vous étiez en train de dormir.

 - Non, pas du tout, je pensais.

 - Excusez-moi quand même.

 Il s'approche de mon oreille et me dit:

 - S'il vous faut quelque chose, n'hésitez pas à nous le demander, nous sommes là pour ça. Nous sommes toujours fier lorsque nous pouvons être agréable à un homme de
marque.

 - Il ne faut tout de même pas exagérer...

 - Si, si...

 - Le monde m'inquiète de plus en plus. J'ai parfois honte d'être un être humain.

 - Je vous comprends.

 - Vous dites ça par politesse.

 - Non, non, je suis sincère.

 - Probablement... mais il est fort possible que nous soyons à des milliers de kilomètres l’un de l’autre.

 - Expliquez-vous.

 - On a sûrement dû vous raconter des salades à mon sujet. Par besoin de sécurité. Le besoin de sécurité est une des grandes faiblesses des sociétés dites civilisées... Que vous ont-ils dit sur moi, exactement?

 - Que vous êtes le plus jeune savant du monde, un futur prix Nobel.

 Je souris.

 - Vous devez être très modeste, me dit l'aviateur suite à mon sourire.

 - Peut-être, dis-je.
 
 Nous sommes vraiment à des milliers de kilomètres l’un de l’autre. Mais vais-je lui dire la vérité? Et puis me croirait-il? Sûrement pas. Car, à ses yeux, l'auteur de ce mensonge est indigne d'une telle bassesse. Le service de sécurité britannique est un élément sacré.

 Et grâce aux mystérieuses révélations de White et de ses complices, le restant de mon voyage se déroule sous les regards admirateurs des stewardess et de quelques passagers informés par celles-ci... à suivre

08:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

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