L'odyssée d'un rêveur (4, à suivre)

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 Nous entrons dans une de ces pièces qui se trouve derrière une de ces nombreuses portes. Au milieu de celle-ci, une immense table en bois massif, presque incrustée dans le sol et entourée d'un banc sans dossier, semble attendre tout un conseil de guerre.

 C'est mon impression. Pourtant sur la table pas un dossier, pas une papier, pas un crayon ne traîne.

 - Installez-vous au bout de la table, me dit la femme, je passe à côté pour préparer vos salés.

 Je m'assieds, croise mes mains et j’attends...

 Au bout de trois longues minutes, la femme revient, escortée par quatre vieux bonshommes, habillés en redingote et coiffés d’une perruque grise.

 - J'ai changé d’avis, me dit la femme, d’ailleurs une petite faim comme la vôtre n'a jamais tué un chat.

 - Qu'est-ce qu'un chat vient faire ici? je lui demande.

 Le plus gros des quatre bonshommes me répond:

 - Seul les chats rodent la nuit autour des châteaux. Les chats ou les voleurs. Et ces animaux ont un sixième sens qui nous dérange sérieusement. Et nous n’aimons pas être dérangés. Nous n'aimons pas non plus que ceux qui nous entourent soient dérangés. Ça nous pose trop de problèmes.

 - Mais qu'est-ce qu'un chat vient faire ici? je redemande. Je ne suis ni chat, ni voleur, alors?

 - Rien ne prouve rien, me dit la femme. Vous, vous avez vos idées, nous les nôtres. Et pour bien distinguer les unes des autres, il existe un élément qui s'appelle frontière. Et vous, vous êtes un élément contraire à toute frontière. Il  est nécessaire que chaque chose soit à sa place sur cette terre si l'on veut que la machine batte sa juste mesure.

 - Je trouve vos propos étrange, dis-je.

 Et le plus petit des hommes me dit:

 - Seul un feu éteint se moque du feu. Que vous arrive-t-il? Auriez-vous épuisé toutes vos richesses?

 - Quelles richesses?

 -N'ayez-crainte. Vos relations avec mademoiselle Iris ne nous intéressent guère. Il s'agit des richesses cérébrales. Bien que c'est très souvent une question de chance. Et la chance n'est pas votre rayon.

 - Quel est au juste votre rayon? je demande.

 - Le respect de la frontière entre le présent et l'avenir, me dit la femme. Nous luttons contre la vermine et les saboteurs.

 - Je ne comprends rien à vos salades, dis-je.

 - Aucune importance, de toute façon vous êtes coupable, me déclare la femme d'un ton très sévère. Coupable de trop d'imagination ou coupable d'avoir prévu des actes criminels. A moins que vous ne soyez l'auteur de ces actes.

 Je frappe du poing la table en signe de protestation.

 Brusquement, je fais surface: 1a réalité est plus bruyante dehors, un marteau-piqueur est en train de battre son record de décibels... à suivre

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