04/03/2013

Désordre (suite)

 Suite. Une tasse de café. Un verre d'eau. Du tabac. Une pipe. Un briquet. Un cahier. Un stylo. Le vent souffle légèrement. Assis sur une terrasse d'un tea-room helvétique, j'attends que les fleurs sacrées de l'enfer de mon âme m'obligent à suivre un sentier... Quel sentier? Pas de panique! J'aime l'aventure littéraire. J'aime le désert des probabilités créatrices ou imaginaires. J'aime plonger dans ces eaux tièdes et opaques de ma conscience d'artiste. L'homme a tué mon ciel aimé. Ce ciel qui me permettait d'espérer et de me perdre dans les nuages de l'espérance. L'homme structuré et insensible aux beautés nouvelles a tué mon ciel tant aimé. Ma plume telle une canne pour vieillard est le seul instrument, le seul ami encore disponible. Je n'ai plus que la vue des choses pour échanger mon plaisir contre un peu de tendresse. Je souffre. Est-ce possible? Mon café est devenu froid. Mes mains brunies par le soleil violent mais agréable de l'été soutiennent ma pipe et ma plume. Je suis un écrivain des temps absurdes. Ma mémoire rumine de vieilles légendes et des histoires troubles. Des histoires à moitié vécues et à moitié rêvées. Le mot est roi dans mon univers poétique. Le personnage central est un chercheur avide de connaissances et de sagesse. Un peu de silence. C’est ma prière quotidienne.  Silencieusement, l'avenir se trace à l'horizon. L'ange de l'écriture est le plus miséricordieux des anges.

 Hier, j'avais honte de déclarer ce que je souhaitais être. Aujourd'hui, je suis indifférent au faiseur d'images que j'étais. J'ai grandi dans l'exemple de l'honnêteté. J'ai mûri dans la jalousie et le mépris des bien installés. Un tram passe. Le monde va et vient. Le monde dit et ne fait rien. Le miracle est secret. La perle est rare.

 Une histoire n'est jamais la vie. L'amour bouillonne dans les veines. Je contemple le vide. J'ai soif de réalité. Je décide d'entrer chez moi. Un tiroir rempli de cahiers remplis de mots m'attend. Je décide de revivre le passé.

 Première lecture. Résultat nul. Je voulais voler quelques pensées anciennes pour bâtir une citadelle futuriste. Résultat doublement nul. La mort est un doux remède contre les passions inachevées. Je meurs. Je revis. La nouvelle vie me conduit vers un ailleurs coloré de jouissance. J'accepte. Librement. Qui vais-je rencontrer? Une femme? Un homme? Une vierge? Une sainte? Ou un prophète? Le fardeau de ma première existence est encore présent. Je me cache derrière un arbre. Est-ce la peur? Probablement. J'ose à peine trembler. Par crainte de me faire remarquer. Par qui? L'invisible est éternel. Je commence à comprendre l'importance du non-savoir. Je marche. J'avance avec nonchalance. Mes pieds écrasent l'herbe fraîche. Cela m'attriste. Que faire? Je n'ai pas d'ailes. Je ferme les yeux. Pour trouver une réponse. Je les ouvre. Un château est là. À quelques mètres de moi. Je pose mon stylo. Sur mon bureau. J'allume ma pipe. Elle est bleue. Bleue comme aucune autre. Je l'ai peinte par plaisir. A un moment de courage. Enfin, quelque chose de neuf!

 Deuxième lecture: non, merci. Je continue: non, merci. C'était une suite pour tromper l’ennemi. Vraiment? Avais-je de la peine à ressortir du monde du désordre? Il fallait finir pour finir. Question d'ordre. Le désordre ne finit jamais. Je continue alors?...

08:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Commentaires

Merci d'avoir passé à l'écriture. Je vous lirai dorénavant.

Écrit par : Mère-Grand | 04/03/2013

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