28/07/2017

Sexbierum (28, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpgElle s’adresse à Cokkie:

- Tu crois que tu pourras posséder le gigolo de ta vie ainsi? S’il te plaît, au nom de notre respectable famille, range-moi ton attirail de fausse séduction sinon tu finiras par attraper une double mammite chronique... Et raconte à notre explorateur imberbe ce que tu as vu chez nos voisins et tout ce qui se passe dans leur pressoir.

Elle s’adresse à moi:

- Quant à vous, si vous avez l’intention de vous initier au nudisme avant d’aller vous faire bouffer chez les Papous, je vous conseille d’aller faire un tour du côté d’Ameland. Les dunes vous rappelleront certainement votre chère île des Caraïbes.

Aux deux:

- Si j’étais à votre place, il y a longtemps que j’y serais. Au lieu de chercher à jouer au chat et à la souris entre quatre murs pourris... Le soleil, le vent et le sable, c’est propre et c’est bon également pour le corps et la santé mentale. Ouste! Autrement, j’appelle le ministère de la jeunesse.

- Viens, foutons le camp d’ici! me dit Cokkie en me tirant par le bras...

 

 

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25/07/2017

Sexbierum (27, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpgTrois minutes plus tard, ma logeuse me dit, sereinement:

- Je vous avez prévenu, les Frisonnes sont de drôles de cocottes. Quand elles en veulent à quelqu’un, c’est pour l’éternité... Qu’avez-vous fait à ma filleule?

- Votre filleule? Quelle filleule? je m’étonne.

- Rose est également ma marraine, me précise Cokkie.

- Qu’avez-vous fait à ma filleule? répète la vieille dame

- Rien.

- Comment ça rien? Elle est bien à poil ma petite-fille, non?

- C’était pour... pour...

- Pour satisfaire la libido des voyeurs qui sautillent souvent sous la fenêtre, peut-être?

- N...

- Ou pour effrayer les sylphes et les géants qui surgissent du moulin d’à-côté?

- J’ignorais...

- Vous l’avez déjà visité?

- Non.

- Heureusement.

- Pourquoi?...

12:12 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

22/07/2017

Sexbierum (26, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg

Seigneur! Où ai-je atterri? Dans un asile de fous? Ou dans un club de comédiens amateurs, accros au théâtre absurde?

- Mais quelle pièce êtes-vous en train d’interpréter? Ne m’abandonnez pas dans mon ignorance de néophyte acculé! j’adjure.

Rose et Cokkies me toisent étrangement.

Puis, toutes les deux, simultanément, elle attrapent un fou rire magistral.

Que j’ai l’air niais!

L’image d’une pantoufle égarée entre deux chattes en délire, me traverse impunément l'esprit...

18:04 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (13) |  Imprimer |  Facebook | | | |

19/07/2017

Sexbierum (25, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- Tu confonds désir et soumission. Le je et le tu. Le sublime et le néant. Le plein et le vide. Et sur... tout...

- Surtout?

- La beauté, la splendeur du moment présent et la laideur des lacunes du passé... Le cul entre deux selles, tu galopes comme une bourrique. Tu paniques, tu trébuches au moindre appel de phare, perdu dans ton bric-à-bac mental.

D’un geste ultra rapide, entraînée sans doute depuis des lustres, elle se débarrasse de son t-short, me dévoilant ainsi sa naissante et prometteuse poitrine et m’ordonne presque:

- Caresse mes seins! J’en ai effroyablement envie. Le désir est en train de me dévorer. Obéis aux lois du règne animal! Ose transgresser les interdits arbitraires de notre société instable perverse ! Il y a ni caméra cachée, ni flic voyeur camouflé quelque part, Sexbierum est synonyme de jours tranquilles comme le tableau accroché au-dessus du lit. Ose, bon Dieu! Ose, fils de pute!

Et, foudroyé par son discours d’antinonne, l’index de ma main droite s’approche lentement, fébrilement de son téton gauche...

Mais, à deux doigts du but, patatras, voilà que la vielle dame jaillit en défonçant la porte.

Nous sursautons, inévitablement.

- C’est quoi pour une expérience thérapeutique? demande-t-elle à Cokkie d’un ton autoritaire. Je croyais que tu en avais fini avec tes exercices pour ton diplôme.

- Pas encore, pour la énième fois...

- Et ce patient, où l’as-tu pêché?

- C’est Alfred Nobel, ton locataire.

- Encore un mythomane?...

18:32 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (16) |  Imprimer |  Facebook | | | |

18/07/2017

Sexbierum (24, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- Si tu veux. Mais je n’ai nullement l’envie de me foutre dans la gueule du loup. La justice est tout sauf évidente. Tu n’as qu’à méditer sur ce que tu viens de me débiter... Au fait, pourquoi as-tu appris cette loi par cœur?

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles. Mais si réponse n’est point subite, réponse calamite. Tantôt ou derrière le dos.

Et, après une, deux, trois, quatre secondes, en pleine figure:

- Aurais-tu préféré que je m’emmagasine comme une éternelle pucelle quelques versets du Coran, le Notre Père qui est au ciel ou une fable de Monsieur de La Fontaine pour rassurer les hypocrites? me lance-t-elle, ses émeraudes diablement étincelantes... Pour qui me prends-tu? Je n’obéis à personne. Car je ne suis à personne. Je suis à moi, à moi seule et je fais de mon âme et de mon corps ce que bon me semble...

- Ce n’est pas ce que tu as prétendu tout à l’heure, je lui glisse à l’oreille... Les murs enregistrent tout.

- Vraiment?

- Ton objet! Ton trucmuche! Ta poupée gonflable! Ta bonne! Ton esclave! Tu as déjà oublié?

- Tu confonds désir et soumission. Le je et le tu. Le sublime et le néant. Le plein et le vide. Et sur... tout...

- Surtout?...

14:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (18) |  Imprimer |  Facebook | | | |

16/07/2017

Sexbierum (23, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- Je vois, je lis dans tes prunelles, comme un panneau d’interdiction flanqué à la figure des moutons du village, le fameux article qui te paralyse tant, me dit-elle.

- Quel article? je lui demande, tout perplexe.

- L’article 245 du code pénal de notre cher royaume.

- Et que stipule-il ce neurotoxique?

Elle récite à la perfection mais caustiquement:

- Toute personne qui, hors mariage, commet quelque acte indécent ou a un rapport sexuel avec une autre personne majeure de douze ans mais n'ayant pas atteint l'âge de seize, est passible d'un emprisonnement n'excédant toutefois pas huit ans ou d’une amende de cinquième catégorie.

- Eh bien, je soupire... Quelle mémoire!... Et pourquoi? On t’a violée?

- J’aurais voulu mais ça n’a pas marché.

- Pourquoi? Le 245... le bloquait à ce point-là?

- Au tant que toi.

- Peut-être.

- Certainement.

- Si tu veux. Mais je n’ai nullement l’envie de me foutre dans la gueule du loup. La justice est tout sauf évidente. Tu n’as qu’à méditer sur ce que tu viens de me débiter... Au fait, pourquoi as-tu appris cette loi par cœur?...

07:50 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

14/07/2017

Sexbierum (22, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- Qu’ont-elles de si particulier les Frisonnes?

- Jeunes, elles paraissent vieilles et vieilles, elles paraissent jeunes... Par exemple Rose, quel âge lui donnes-tu?

- Un peu plus de la soixantaine.

- Elle n’est pas loin de la centaine.

- Tu rigoles?

- Pas du tout. Tu n’as qu’à lui demander... Je pensais que tout Néerlandais qui se respecte est au courant de ça. Serais-tu un Afrikaner en exil?

- Loin de là. Ma famille habite sur l’île de Saint-Martin. Je suis né là-bas.

- Côté frouze ou côté à nous?

- A la frontière.

- Je comprends.

- Tu comprends quoi?

- Tu es à cheval entre deux civilisations.

- Tu te trompes carrément, le tourisme a anéanti toute sa culture.

- En bien ou en mal?

- Pour l’ethnologue et le nostalgique, c’est catastrophique mais pour le philosophe du dimanche, l’intello du soir et le cucu du coin qui écoute ces farfelus, c’est normal, les eaux stagnantes n’engendrent que des nids à problèmes...

- Tu me plais.

- Pardon?

- J’ai dit: tu me plais! Malgré tes nombreuses et inutiles excuses et remises en question de perpétuel vacancier.

- Serais-tu jalouse?

- Un peu. Et toi, aurais-tu reçu une noix de coco sur le ciboulot?

- Qui sait!

Nous nous sourions. L’amour est là. Tout est là. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

Moins pieusement, l’éternité m’ouvre à fond ses portes. Mais voilà, Cokkie n’a pas tort, je souffre de pusillanimité constante...

21:52 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

13/07/2017

Sexbierum (21, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- Tu as peur?

- Pourquoi devrais-je avoir peur? Peur de quoi?

Elle se lève, je m’assieds. Elle se rassied, je me lève. Elle se lève de nouveau, je me rassieds. Et ainsi de suite...

- A quoi tu joues-tu? je lui demande.

- A quoi jouons-nous! me corrige-t-elle.

- A quoi?

- Au professeur et à l’étudiante, au pasteur et à la paroissienne, au patron et à l’employée, au gendarme et à la voleuse, au juge et à la criminelle, au fort et à la faible ou... ou...

- Ou?

- A l’homme et à la femme... Mais, mais, mais...

- Mais?

- La révolution est en marche.

- C’est-à-dire?

- Fini ces diktats sans fondements créés de toute pièce par des marabouts châtrés et ces grues en chaleur! Les filles de mon âge revendiquent le droit de penser et d’agir librement...

- Quel âge as-tu?

- Tu joue au flic maintenant?

- Quel âge?

- Je te l’ai dit hier soir.

- En blaguant.

- Peut-être mais c’était la vérité. C’est pourquoi tu m’as conseillé de dormir sous le lit...

- Je doute fort... Ton comportement ne ressemble guère à celui d’une adolescente de quatorze ans.

- Qu’en sais-tu?

- J’ai une soeur.

- Mais elle n’est pas Frisonne.

- Et alors?

- Ça change tout.

- Qu’ont-elles de si particulier les Frisonnes?...

22:01 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

12/07/2017

Sexbierum (20, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- Cela ne m’étonne pas, tu étais à moitié ou totalement dans les vapes.

- A moitié ou totalement?

- Quelle importance?

- Au fait, vous avez raison, aucune...

- Arrête avec ton vous! Je suis ta chose maintenant.

- Ai-je bien compris?

- Oui, tu as très bien compris... Ton objet, ton machin, ton truc, ton trucmuche, ta poupée gonflable, ta bonne à tout faire ou ton esclave, si tu préfères.

- Est-ce un désir ou un constat?

- Les deux.

- Vous... en somme, tu me menaces?

Telle une enfant capricieuse, elle court s’asseoir sur une chaise, pose ses coudes sur la table et me déclare en pleurnichant:

- Tu es vraiment un connard fini. Tu me pelotes les fesses dans un bar, tu me caresses à fond le pubis, le clitoris et tout le bastringue dans la maison de mes grands-parents et tu oses prétendre que je te menace parce que...

- Mille excuses! je lui coupe la parole. Je suis navré, je me suis mal exprimé... Mais Rose n’est pas...

- Que veux-tu qu’elle soit d’autre, ma petite sœur peut-être? C’est ce qu’elle souhaite souvent. Bref! Avec mon oreille collée involontairement au parquet, j’ai tout entendu. De A à Z. Toute votre conversation de bourgeois à la con... Grand-maman perd la boule par moment. Sourde et à moitié gâteuse! Malencontreusement, tu ne t’es rendu compte de rien. C’est normal, tu es trop axé sur ta personne, d'intello de mes deux... En veux-tu la preuve?

- Comment?

- Allons la voir ensemble!

- Pas la peine, je te crois.

- Tu as peur?

- Pourquoi devrais-je avoir peur? Peur de quoi?...

08:15 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

10/07/2017

Sexbierum (19, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpgEt là, oui bien là et non pas au cinéma face à une scène surréaliste, effrayé et le cœur battant comme un collégien, je découvre Cokkie allongée sur le lit, toute décontractée, les bras derrière la tête.

- M... mais... p... par où... ê... êtes-vous... entrée? je bégaie.

- Par le trou de la serrure, plaisante-t-elle.

- Les portes n’ont pas de serrure dans cette maison.

- Je pensais que vous étiez un piètre observateur.

- J’ai l’impression d’entendre Rose mais avec des termes et des sous-entendus moins éloquents... Par où et quand êtes-vous entrée dans ma piaule?

- C’est un ultimatum?

- Pour la troisième fois, par où...

Brûle-pourpoint, elle se lève, s’approche de moi et me reproche quasi avec furie:

- Tu n’as pas trop insisté cette nuit pour que je ne dorme pas sous le lit après... après...

- Après quoi?

- Nous nous sommes embrassés et un peu plus.

- Un peu plus?

- Nous avons joué à touche-pipi, quoi!

- Vraiment?

- Pourquoi inventerais-je cela?

- Je ne me souviens de rien.

- Cela ne m’étonne pas, tu étais à moitié ou totalement dans les vapes.

- A moitié ou totalement.

- Quelle importance?...

09:02 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

08/07/2017

Sexbierum (18, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- Êtes-vous grand-mère, Rose?

- Oui.

- Combien de petits-enfants avez-vous?

La vieille dame agite ses mains et me répond:

- En comptant mes arrière-petits-enfants.

- Dix? je m’exclame.

- Plus que ça. Un doigt qui trépide en vaut deux.

- Vingt?

- Dix-huit, exactement... Mes pouces sont restés de marbre.

- Fallait le savoir!

- Je vous croyais meilleur observateur.

- Dans la vie, il y a les globalistes et les sérialistes... et, heureusement pour vous et malheureusement pour moi, ou le contraire, je fais partie de la première catégorie. Je ne m’acharne pas sur les détails.

- Vous ne vous y acharnez pas du tout! Et pourtant le diable est dans les détails, disait Nietzsche.

- Vous êtes pire que Cokkie.

- Celle qui se fait un plaisir monstre de clarifier son prénom à tout bout de champ, je présume, non?

- Donc vous la connaissez!... Or, ce n’était pas... ni une hallucination ni un fantôme...

- Ça, je ne peux pas vous le garantir. Avec tous les vents bizarres qui soufflent par là...

- Existe-t-elle, oui ou non?

- Pourquoi n’existerait-elle pas? Attendez ce soir pour le savoir.

- Ce soir?

- Ce soir ou demain... Ou dans un plus proche avenir, qui sait!

A-t-elle l’intention de me faire tourner en bourrique, cette brasseuse de cartes? me dis-je, en l’imaginant en cartomancienne.

Alors, je me lève d’un bond, je la remercie chaleureusement mais peureusement pour ses succulents poffertjes et je retourne comme une flèche dans ma chambre.

Et...

16:54 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

06/07/2017

Sexbierum (17, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- A quoi pensez-vous, Monsieur Nobel? On dirait que quelque chose vous tracasse... Avez-vous mal dormi?

- A tout et à rien, je réponds à la Frisonne.

- Impossible! me dit-elle sèchement, en me foudroyant du regard.

Me sentant quasi menacé, je concède:

- Depuis hier, tout s’embrouille dans ma tête. Un chat n’est plus un chat et un chien n’est plus un chien...

- Que voulez-vous qu’ils soient... une vessie pleine et une lanternes éteinte peut-être? m’interroge-t-elle, tel flic désabusé.

- Je vous en prie, soyez plus indulgente envers moi... ou plutôt moins sévère que votre petite-fille.

- Quelle petite-fille?

- Cokkie.

- Cokkie?

- Oui, Cokkie... avec deux k et un seul o.

- D’où sort-elle celle-là?

- Mais c’est votre petite-fille, la fille de votre fils ou de votre fille...

- Cokkie van Gils ou Cokkie van Molen?

- L’une des deux, je suppose.

- Malheureusement, je ne connais ni l’une ni l’autre.

- Comment ça? Pourtant, j’ai eu une conversation avant de...

- Longue et excitante?

- Plaît-il?... S’agit-il de la conversation?

- Quoi d’autre?... Vous pensiez à ses jambes, n’est-ce pas?

- Non.

- Mon œil!

- Pardon?

- Ne cherchez pas jouer à l’autruche avec moi, Monsieur le futur instituteur. Un léger frémissement du popotin est beaucoup plus révélateur que n’importe quelle grosse singerie du visage...

- Je vous l’accorde. Mais revenant à Cokkie, pour l’amour du ciel!

- Si cela vous fait plaisir.

- Êtes-vous grand-mère, Rose?

- Oui.

- Avez-vous des petits-enfants?...

21:16 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

04/07/2017

Sexbierum (16, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpgAvec le ventre rassasié, on ne raisonne pas de la même façon qu’avec l’estomac vide.

La vision du monde n’est que rarement identique dans les deux cas.

La plupart du temps, on passe d’une extrême à l’autre. Par exemple, du refus catégorique à la complaisance la plus totale.

Les fabricants... les marchands d’avions et de navires de guerre, de canons, de kalachnikovs, de drogues pour adultes malades et adolescents en bonne santé, tous ces hommes d’affaires, dont certains sont bénis par leur dieu et leur état, l’on très bien compris.

Connaissent parfaitement la chanson. Paroles et musique!

Malheureusement là, il manque la poupée après le dessert juste avant la signature...

- A quoi pensez-vous, Monsieur Nobel? On dirait que quelque chose vous tracasse... Avez-vous mal dormi?...

16:17 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (9) |  Imprimer |  Facebook | | | |

02/07/2017

Sexbierum (15, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpgLa vieille dame, toute souriante, se pointe à l’horizon en brandissant une fourchette à deux dents.

- Suivez-moi vite à la cuisine, m’ordonne-t-elle avec beaucoup de panache, les ultimes poffertjes m’attendent sur le feu.

J’obéis, forcément.

Silencieusement, l’une après l’autre, elle retire les mini crêpes de la poêle, spécialement fabriquée pour cette spécialité typiquement hollandaise, avec sa petite fourche certainement arrachée des griffes du diable, et les pose avec beaucoup de dextérité dans une belle assiette en porcelaine de Chine.

Puis, après avoir badigeonner de beurre frais et saupoudrer de sucre le tout, le plat y compris, elle me dit:

- Installez-vous à table et dévorez-moi ces minuscules soucoupes volantes gastronomiques. Ce n’est pas grand chose mais c’est assez pour calmer les affamés, les ânes et les ufologues.

Je me sens visé.

- Allez, mangez! insiste-t-elle. Ne soyez pas susceptible pour des paroles en l’air!

Je m’assieds sur un tabouret et lui demande naïvement:...

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01/07/2017

Sexbierum (14, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- Vraiment?

Je me gratte la tête, l’oreille puis le nez.

Curieusement, j’ai envie de chialer, de crier et de l’insulter, cette donzelle. Mais je ne trouve pas le mot ou les mots adéquats.

Suis-je face à un ange démoniaque?

Soudainement, Cokkie est toute floue. Quasi en train de disparaître.

Puis, c’est...

Le lendemain matin, à mon grand étonnement, je me réveille entièrement nu, recouvert à peine d’un petit drap blanc, terriblement froissé.

Mes habits et mes mocassins sont éparpillés sur le tapis.

Que m’est-il arrivé? Comme l’autre jour, après ma beuverie au Crapaud, je ne me souviens de rien, me dis-je.

Je sors du lit et je ramasse aussitôt ma chemise, mon jeans et ma culotte.

M’a-t-elle hypnotisé puis violé, cette sorcière? je me demande en pensant à Cokkie et en m’habillant.

Fou de rage par cette idée, bien que peu probable, j’enfile mes chaussures en toute hâte, quitte la pièce en claquant la porte et descends l’escalier presque sur les fesses.

Désolé d’avoir omis de vous signaler que ma chambre se trouve au premier.

Et je crie comme un goret:

- Rose! On a abusé de moi!...

09:07 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

29/06/2017

Sexbierum (13, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- Que cherchez-vous exactement à me faire comprendre, Cokkie?

- La vérité?

- La vérité n’est qu’un leurre pour les compliqués...

- Et nous le sommes tous, diriez-vous. Faits de chair et de complexité! Mais, c’est faux... Il y a vérité et vérité.

- C’est-à-dire?

Elle se lève d’un bond, s’approche du tableau, caresse la toile du bout de ses doigts puis me dit, tout en admirant la peinture:

- Pour moi, c’est Haarlem. Mémé pense que c’est Sexbierum, deux ou trois siècles en arrière. Et Papa et Maman sont persuadés que c’est un coin du vieux Delft. Seul l’artiste qui a peint ce chef-d’œuvre sait exactement où se trouve ou où se trouvait cette place.

Elle se retourne vers moi et ajoute:

- D’un côté, il y a les rêves, les phantasmes avec toutes leurs fioritures, de l’autre, la réalité toute nue... Les intellectuels sont très forts pour nager dans les airs et planer dans les eaux. A l’inverse des gens simples qui, eux, ne fabulent qu’en cas de panique ou de danger...

- Honnêtement, je ne vous suis plus, je lui avoue.

- Vraiment?...

11:23 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

27/06/2017

Sexbierum (12, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- Moi... connaître... raison... vos projets anthropologiques, m’explique-t-elle en petit-nègre, en haussant la voix.

Dois-je rire ou m’inquiéter? Ai-je affaire à une comédienne ou à une folle?

Mais heureusement, dans chaque mâle il y a un ancestrale chasseur de bêtes sauvages qui conseille au moment opportun de ne pas bouger d’une oreille face à une femelle prête à tout. Ni de pointer le bout de la langue si le danger persiste, d’ailleurs.

Soit raide comme une asperge et muet comme un épouvantail, je m’ordonne alors, étonnamment. L’écho de ses représailles ne tardera à résonner.

- Votre silence suite à mon style de langage est très révélateur, me dit-elle... Pourquoi voulez-vous devenir ethnologue? Est-ce les tributs africaines ou les Africaines avec leur gros cul qui vous attirent? Ou les Amazoniennes avec leurs nénés à l’air?

- Vous dites ça à cause...

- Aucun choix n’est anodin, me coupe-t-elle. Et les motivations ne sont jamais le fruit du pur hasard. On ne devient pas religieux par la grâce de Dieu mais par crainte des démons que nous nous sommes créés...

- Que cherchez-vous exactement à me faire comprendre, Cokkie?...

21:31 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

26/06/2017

Sexbierum (11, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- Vous me troublez, mademoiselle.

- Pourtant, il n’y a pas si longtemps, vous ne vous êtes pas gêné de me mettre la main aux fesses.

- Impossible! Ou alors j’étais saoul.

- Vous l’étiez.

- Où ça?

- A La Haye. Au Crapaud, si je ne me trompes pas...

- Vous étiez dans ce bar de dépravés?

- Ce sont des types comme vous qui le rendent ainsi.

- Vous n’avez pas entièrement tort.

- L’ivresse ne mène nulle part.

- Sans aucun doute mais parfois... parfois...

- Parfois quoi?

- Le désespoir est si grand que l’on ne peut pas échapper à cette tentation... Je venais de me séparer définitivement de ma copine.

- Alors je suis désolée de vous avoir giflé.

- Vous... vous m’avez giflé?

- A deux reprises.

- Je ne me souviens de rien.

- Cela ne m’étonne pas... Dommage! J’aurais dû me taire...

- Et la vieille... pardon, votre grand-maman est au courant de ça?

- Non. Mes faits et gestes ne regardent que moi... Ça sera un secret entre vous et moi, d’accord?

- Vous êtes romantique.

- Pas vous?

Je ne réponds pas.

Nous nous sourions.

Sommes-nous prêts à nous emballer pour le meilleur et pour le pire?

Mais aussitôt:

- Vous n'avez toujours pas répondu à ma première question, me fait remarquer froidement Cokkie.

Je cligne des yeux

- Moi... connaître... raison... vos projets anthropologiques, m’explique-t-elle en petit-nègre, en haussant la voix.

Dois-je rire ou m’inquiéter? Ai-je affaire à une comédienne ou à une folle?...

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24/06/2017

Sexbierum (10, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- Et?

Elle me regarde bizarrement.

Je lui fais signe de la main de s’asseoir.

Elle s’installe sur une chaise, les genoux presque collés et la poitrine bombée comme une écolière prête à avaler n’importe quoi de son maître.

Moi sur l’autre, le dos courbé et les jambes écartées.

Elle remarque ma posture nonchalante, voire obscène pour elle.

Je me redresse légèrement.

Un futé sourire s’échappe de son visage.

- Et? je répète.

- La balle est dans votre camp, me dit-elle.

- Quelle balle?

- J’attends pour continuer la partie.

- Quelle partie?

- Êtes-vous souffrant?

- Non, je vais très bien, merci...

- Est-ce que je vous rappelle quelqu’un?

- Probablement.

- Probablement?

- Oui et non.

- Oui et non? Comment est-ce possible?...

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22/06/2017

Sexbierum (9, à suivre)

 Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpgOn frappe à la porte.

- Oui, une minute, faites comme chez vous! je crie en me levant brusquement, croyant que c’est ma logeuse.

Un jeune fille d’une beauté inouïe, cheveux longs d'une blondeur platine et yeux vert émeraude, entre prudemment, me sourit timidement et me demande d’une voix un peu tremblante:

- Puis-je connaître la raison de vos projets anthropologiques?

- Par... don?

- Je m’appelle Cokkie.

- Cookie?

- Non Cokkie, avec un seul o et deux k. Rose, c’est ma grand-mère.

- Et?...

21:15 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |