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  • Staline et le dinosaure (17, à suivre)

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    Staline et le dinosaure, Hank Vogel.jpgMieux vaut être laid mais intelligent que beau et con à la fois. Malheureusement Blikra échappe à ces deux prérogatives exclusives et héréditaires. Le destin a voulu qu’il fasse partie de la race des caméléons humains.

    Je m’explique: quand il est en colère et surtout rouge de rage, le pauvre politicard, le diable pâlit face à ses russes. Mais quand il pleure à grosses larmes, Apollon n’a plus qu’à descendre de son éternel podium et courir se cacher dans les vestiaires. Même un homme à femmes risque de se transformer, le temps d’une complainte, en dragueur de fausses femelles pour le calmer et le chérir.

    - Attention donc qu’il ne vous la fasse pas l’envers, dirait ma Maltaise bien connu.

    - Fasse pas à l’envers?

    - Qu’il vous piège, espèce de microcéphale enfumé! Vous n’êtes guère mieux que lui.

    - Alors... à quoi vous pensez? me demande mon chef de la culture. Vous avez une meilleure idée? Car je n’ai nullement l’intention d’abdiquer pour satisfaire l’ego d’une malade mentale...

    - Même provisoirement? je lui propose.
    - Comment ça?

    - Déclarez officiellement que, pour des raisons de santé, vous avez décidé de prendre une année sabbatique.

    - Mais ce serait un mensonge!

    - Un de plus ou un de moins, quelle importance? Mentir est monnaie courante dans votre métier. Non? Je me trompe ou j’exagère?... Mon père ressasse à ma mère tous les dimanches matin, au lieu d’aller à confesse: le mensonge est une vérité dans un monde inconnue. Il faut dire que le bonhomme a beaucoup d’imagination...

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  • Staline et le dinosaure (16, à suivre)

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    Staline et le dinosaure, Hank Vogel.jpgJørgen Blikra se gratte le sommet de son crâne pointu et les yeux larmoyants m’avoue:

    - Comme personne et jamais... Que vous soyez de gauche ou de droite, une femme qui adore jongler avec ses sentiments ou vos sentiments est capable de vous faire voir de toutes les couleurs et de vous balader d’une extrême à l’autre. Certains jours vous êtes tout pour elle et d’autres vous n’êtes plus rien, vous n’existe pas. Carrément!... J’ai failli devenir complètement maboul et tout perdre à cause d’elle. Famille, amis, boulot et carrière, pour de bon. Heureusement, j’ai réagi à temps. Je l’ai foutu à la porte de... de mon ancien studio d’étudiant avant que l’idée de la balancer par la fenêtre ne me passe par la tête... D’où, sans doute... d’où, probablement...

    - Pas la peine de creuser plus loin, j’interviens. Elle n’a pas avalé la pilule. Alors elle se venge comme elle peut...

    - Vous croyez vraiment que c’est à cause de moi?

    - Certainement.

    - Merde alors!...

    - A la moindre occasion... le moindre projet communal tel que le nôtre où vous y êtes mêlé, que ce soit de près ou de loin, elle cherchera à tout prix à le faire capoter. Une femme terriblement blessée dans son amour-propre, journaliste par-dessus le marché, ne lâchera jamais son agresseur...

    - Mais c’est elle qui m’agressait en me menant par le bout du nez!

    - Où ça, quand ça?

    - C’était l’été ou le printemps dernier...

    - Dans votre garçonnière?

    - Mon ancien studio d’étudiant...

    - C’est kif kif bourricot! Débarrassez-vous-en!

    - Mais c’est impossible!

    - Et pourquoi?

    - Parce que!

    - Secret d’état?

    - Parce qu’il n’est plus à moi. Je l’ai vendu à la mairie. Et nous l’utilisons à des fins utiles...

    - Alors démissionnez!

    - Plaît-il?

    - Vous avez très bien entendu. Démissionnez!

    - ...

    - On ne badine pas avec les baveuses lorsqu’on a en horreur celles qui postillonnent...

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  • Staline et le dinosaure (15, à suivre)

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    Staline et le dinosaure, Hank Vogel.jpg- Les temps changent et tout va en s’accélérant. Il y a plus de vingt ou trente ans, mon père courait encore le matin... vite au bistro pour lire le premier les nouvelles. Les braves gens s’arrachaient presque les journaux pour être informés des derniers événements. Aujourd’hui, avec l’internet et le téléphone mobile, plus rien n’est pareil. On dirait même que l’actualité a vingt-quatre heures d’avance. Au réveil, le portable à peine allumé, on est déjà au courant de tout. De tout et de rien, diraient les nostalgiques des ondes radiophoniques. Ce petit engin électronique, pour le bonheur des arbres, des forêts et des vrais écolos qui roulent en bicyclette, a avalé tout l’univers du papier. Ou plutôt une bonne partie. Les gazettes, les prospectus, les livres... ont failli tous passer à la casserole. Mais heureusement les plus durs à cuire ont résister aux tempêtes de la nouveauté. Et cela grâce à qui?

    - Je n’en sais rien, moi!

    - Aux vieux de la vieille. Aux maquisards tous azimuts... Les amateurs de bibliothèques vitrées n’ont rien à foutre des eBooks. Absolument rien. Pour eux, un bouquin doit être en chair et en os, si vous me permettez cette expression. Pour pourvoir le lire dans les mains, le feuiller, le caresser et le regarder se reposer sur son étagère réservée à l’abri de la poussière à tout moment...

    - Quel romantisme! Vous me surprenez vraiment.

    - Seulement maintenant?

    - Pour être sincère: oui!

    - Pourtant, c’est vous qui m’avez engagé.

    - Je n’étais tout seul pour décider du sort des candidats. Nous sommes dans le public et non dans le privé, cher ami.

    - Si j’ai bien compris, vous....

    - Vous avez très bien compris, passons donc au problème.

    - Quel problème?

    - Qu’allons-nous... qu’allez-vous faire pour redresser la situation? La pétasse nous a vraiment foutu dans la merde...

    - Ce n’est qu’un article.

    - Un méchant article!

    - Attendons le prochain!

    - C’est facile à dire...

    - Un simple torchon ne risque pas de salir toutes les serviettes, que je sache!

    - C’est-à-dire?

    - Vous vous rappelez ce qu’elle a écrit, Anita?

    - Vous la connaissez?

    - Elle s’est pointée chez moi.

    - Elle a osé faire le trajet de Stockholm jusqu’ici pour seulement trois minables lignes? Mais de qui et de quoi avez-vous discuté?

    - Mais du musée! Et de Staline et du dinosaure...

    - C’est qui celui-ci?

    - Mon projet en carton-pâte...

    - Ah oui, c’est vrai... j’avais oublié. Je suis submergé par trop de dossiers ces jours-ci...

    - Et vous?

    - Et moi quoi?

    - Vous la connaissez personnellement cette vilaine journaliste?...

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  • Staline et le dinosaure (15, à suivre)

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    Staline et le dinosaure, Hank Vogel.jpgJørgen Blikra, le municipal chargé des affaires culturelles me convoque à la mairie. Je m’y rends tout décontracté, sans trop tarder par respect. C’est-à-dire: ni en traînant des pieds comme un Texan après avoir trait une dizaine de vaches, ni en balançant les jambes comme un Parisien après une longue journée collé à son bureau.

    C’est-à-dire également: la tête soulagée, vide, libérée de toute préoccupation et de tout engagement.

    Mis à part le Bon Dieu quand il fricote avec le diable, je ne crains personne. La vie est un éternel combat et j’adore ça. Oui, j’adore me battre tel un gorille, la gueule et la poitrine en avant.

    Vous avez lu la presse locale hier? me demande l’élu du peuple. La grande hystérique qui chausse du quarante-cinq nous a carrément salis.

    - Je ne suis pas au courant, je lui réponds... Vous avez l’article?

    - Impossible, il est déjà aux archives.

    - Ce n’est pas grave alors. C’est de l’histoire ancienne...

    - Comment ça? C’est très grave!

    - De nos jours, ce sont les réseaux sociaux qui font la pluie et le beau temps.

    - Si j’ai bien compris, vous ne lisez pas les journaux...

    - Non...

    - Mais vous faites appel à eux lorsque vous avez sérieusement besoin d’aide, n’est-ce pas?

    - Oui.

    - Vous trouvez que c’est correct de votre part?

    - Pas du tout. Mais... mais...

    - Mais?...

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  • Staline et le dinosaure (14, à suivre)

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    Staline et le dinosaure, Hank Vogel.jpgJ’ai l’âge du Christ avant de se faire fusiller. Pardon, crucifier! Mais je donne l’impression d’avoir dix ans de moins. Question héréditaire, dirait la maman d’Ana qui adore les beaucoup plus jeunes qu’elle.

    Quelle famille les Buhagiar! La fille se décolore les cheveux, la mère se teint les poils du pubis et le père, chauve comme un œuf, se lustrerait la tête tous les matins, avec de la cire d’abeille blanche, cent pour cent bio.

    Eh bien! Quand on songe au loup, voilà qu’il sort du bois.

    - Vous ici, à cette heure-ci? s’étonne ma concierge.

    - Et vous alors? je réplique hautainement. J’attends le bus.

    - Trop tard! Vous avez loupé le dernier de peu.

    - Zut! J’aurais dû me méfier...

    - Que voulez-vous, on n’est pas dans une ville comme New York où l’on peut compter sur le métro jour et nuit mais dans le trou du cul de nulle part.

    - Vous vous exprimer comme votre fille.

    - Qui ça?

    - Ana... Pourquoi vous ne m’avez jamais parlé d’elle?

    - Parce que ce n’est plus ma fille.

    - Comment ça?

    - Elle vit avec son père.

    - Ce n’est pas une raison suffisante pour la renier et me cacher son existence.

    - C’est une blague ou quoi? Nous n’avons couché qu’une fois ensemble et...

    - Deux fois! Si ma mémoire est encore bonne.

    - Elle l’est.

    - Merci... Et?

    - Et vous devriez tout savoir sur moi comme si nous étions mariés?

    - Pourquoi pas?

    - Alors pourquoi nous nous vouvoyons? C’est votre particule qui vous empêche de tutoyer celles et ceux que vous avez baisés? Je ne suis pas Simone et vous n’êtes pas Jean-Paul!

    - A qui vous faites allusion exactement?

    - Mais à Simone de Beauvoir et à Jean-Paul Sartre, bordel!

    - Vous avez lu leurs livres?

    - Ceux de Simone seulement. Et vous?

    - Uniquement ceux de Sartre.

    - Nous nous ressemblons alors?

    - Il y a de fortes chances.

    - Et ma fille?

    - Elle est très belle.

    - Ça je le sais déjà mais d’où vous la connaissez?

    - Elle est venu me voir.

    - Vous voir? Où ça?

    - Chez moi.

    - Merde alors!... Pour quoi faire?

    - A vrai dire, je ne sais pas vraiment. C’est sans doute à cause ou grâce aux réseaux sociaux...

    - Grâce ou à cause?

    - Un peu des deux.

    - Soyez clair!

    - Impossible, elle m’a troublé, la petite.

    - Vous n’allez vous la faire aussi, j’espère!

    - Ne craignez rien, j’ai des principes. Chez les von Adler du Toggenburg, on ne séduit pas la mère ensuite la fille mais plutôt le contraire. Si mon père n’a pas changé les règles, bien entendu...

    - Elle fait quoi dans la vie?

    - Elle dessine, elle peint, elle filme... C’est une créatrice débutante, c’est pourquoi je suis ici. Je la cherche, à tout hasard.

    - Dans ce quartier à putes?

    - L’art n’a pas de frontière. Je me cherche également... à...

    - A vous prostituer?

    - D’après vos semblables, c’est déjà fait.

    - Quels semblables?...

    - Et vous alors, que faites-vous dans le quartier des artistes?

    - Je lave le cul d’une vieille, je la pouponne et je la mets au lit.

    - Ça paye au moins?

    - C’est ma mère.

    - Si tard?

    - Telle petite-fille, telle grand-mère.

    Je hâle un taxi et nous rentons à la maison. Chacun chez soi! Bien que jamais deux sans trois. Mais laissons pisser le mérinos!...

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  • Staline et le dinosaure (13, à suivre)

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    Staline et le dinosaure, Hank Vogel.jpg- Quand la femelle est terriblement en chaleur, prête à allumer son propre bûcher, seul l’idiot du village alerte les pompiers, déconnerait mon ami Charly. Les autres se précipitent vers elle pour l’aider à s’enflammer et à ramasser ensuite ses cendres...

    - Pas de commentaire, répète-t-elle... Êtes- vous certain?

    - Com... de... qu’... quoi? je bégaye. Certain de quoi?

    - Je m’appelle Ana. Ana Buhagiar. AB pour les amis et les intimes. C’est plus simple et ça fait moins penser à nana. Je suis une artiste du crayon, du pinceau et de la vidéo. Modernité oblige! Mais cela ne m’empêche pas d’adorer les peintres académiques. Surnommés péjorativement les pompiers par des honorables imbéciles... Les seuls paysagistes et portraitistes, à mon avis, qui ont atteint les sommets de la peinture. Si j’étais un mec, je banderais séance tenante en découvrant une œuvre de Gérôme ou de William, pour ne citer qu’eux...

    - Il s’agit d'Adolphe-William Bouguereau et de Jean-Léon Gérôme, je suppose...

    - Qui d’autres!... Ils ont peint à merveille les plus belles fesses de tous les siècles que même Dieu s’est senti dépassé...

    - Oui mais...

    - Plus tard!... Les artistes se cassent souvent le cul à créer des chef-d’œuvres pendant que certains universitaires gagnent chichement leur vie en les critiquant...

    - Qui ça?

    - Les historiens de l’art. Ces ramasseurs d’ élusifs renseignements et fabricants d’ exclusives informations. Ou l’inverse...

    - Puis-je me permettre?...

    - Non, merde! Je n’ai pas encore fini, bon sang! La liberté d’expression commence déjà par ne pas chercher sans cesse à couper la parole à son interlocuteur. Non?

    Je me sens ligoté à un poteau. Voire plus, cloué sur une croix.

    Elle se lève brusquement et me dit farouchement:

    - Je m’attendais à tout autre chose mais j’y serrai le jour l’ouverture. Merci tout de même pour le fauteuil.

    Et elle sort de chez moi en claquant la porte...

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  • Staline et le dinosaure (12, à suivre)

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    Staline et le dinosaure, Hank Vogel.jpgSes yeux se mettent à briller telles deux étoiles prêtes à rendre jalouses toutes les autres.

    Première, exprimer et musée: trois mots légèrement exigeants mais trois cadeaux tombés du ciel.

    - Il faut en profiter, j’ajoute. Les occasions sont rares. Tôt ou tard, le rêveur des lointains horizons finit toujours par arracher son tablier et le jeter par terre. Qu’il soit serveur ou franc-maçon. Il faut donc tirer profit quand l’hameçon est là.

    - Alors? murmure-t-elle.

    - Alors quoi?

    - Il faut que je couche avec vous?

    - Voyons! Je ne suis pas un producteur de cinéma ni un réalisateur de films...

    - Dommage!

    - Comment ça?

    - Certains savent très bien s’y prendre. Surtout avec les jeunes actrices qui rêvent de devenir célèbres.

    - C’est répugnant! Scandaleux!

    - Seriez-vous misogyne?

    - Loin de là.

    - Hypocrite alors?

    - Pas de commentaire.

    Dans quelle galère me suis-je fourré? Si elle est dévoré par l’amour, comme elle le prétend, alors moi je suis bouffé par mes incertitudes!

    - Quand la femelle est terriblement en chaleur, prête à allumer son propre bûcher, seul l’idiot du village alerte les pompiers, déconnerait mon ami Charly. Les autres se précipitent vers elle pour l’aider à s’enflammer et à ramasser ensuite ses cendres...

    - Pas de commentaire, répète-t-elle... Êtes- vous certain?...

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  • Staline et le dinosaure (11, à suivre)

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    Staline et le dinosaure, Hank Vogel.jpg- Moi aussi, j’adore me laisser emporter dans les sphères vaporeuses du vrai et du faux, m’avoue-t-elle. C’est quoi pour une intrigue?

    - Plaît-il?

    - Le livre de poche que vous tenez entre vos mains...

    - Ah ça?

    - C’est difficile de s’en séparer lorsque il nous tient en haleine, n’est-ce pas?

    - On peut dire ça. Mais c’est surtout parce que l’auteur de ce roman réaliste fait partie de mes meilleurs amis.

    - Un Suisse béni des Suisses comme vous!

    - Qu’est-ce qui pousse à confirmer cela?

    - En règle générale, le Suisse n’aime que les Suisses. Mais, question sexuelle, la Suissesse mariée préfère tromper son adoré époux avec un étranger de passage.

    - Pourquoi de passage?

    - Mieux servie, vite fait sur le gaz donc...

    - Donc?

    - Ni vu ni connu. Ou plutôt: ni revu ni reconnu.

    - Je vois... Vous vous trompez sérieusement, ma chère demoiselle. Il y a autant de chiennes que de chiens dans tous les pays. Au fait, c’est qui cette fameuse Madame Abouhadjar?

    - Buhagiar! S’il vous plaît, n’estropiez pas mon nom de famille. Même si ce patronyme maltais est d’origine arabe...

    - Vous êtes la fille de la concierge! J’y suis maintenant!

    - De mieux en mieux...

    - Je suis vraiment, vraiment désolé!

    - Que voulez vous, un bourge raisonne toujours comme un bourge et jamais autrement. Pour lui, les bignoles, les femmes de ménage, les domestiques... voire même les chauffeurs personnels sont tous et toutes des êtres anonymes, insignifiants, ordinaires, quelconques...

    - Vous avez sans doute raison.

    Elle se lève d’un bond et crie:

    - Esclavagiste!

    Je tombe des nus.

    Je m’apprête à remuer bras et jambes mais elle se rassied aussitôt.

    Puis, comme si de rien n’était, elle me confesse sans la moindre vergogne:

    - Je suis dévorée par l’amour. Tel un animal possédé par un démon. Des pieds à la tête. Les parties les plus intimes de mon corps ne cessent pas de pleurer misère. Je me trouve dans un drôle d’état. Vraiment insupportable. Il faut absolument que je déniche quelqu’un qui puisse m’aider à m’en sortir.

    Elle arrête brusquement de se lamenter.

    Ma cervelle profite pour ruminer:

    Dans chaque homme sensible sommeille soit un bon samaritain aux mains parfois trop baladeuses soit un excellent psychologue aux talons éternellement cloués au sol.

    Elle reprend ses jérémiades:

    - Je sens que vous êtes ailleurs. Dieu sait où! Les mâles ne sont jamais là lorsqu’on a vraiment besoin d’eux. A quoi pensiez-vous?

    - A rien, je mens pour éviter une salade de complications.

    - Je ne vous crois pas.

    Instantanément, comme par miracle, l’ange des pauvres, des ratés et des émigrés vient à mon secours.

    - Voulez-vous être la première à vous exprimer dans mon musée? je lui propose...

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  • Staline et le dinosaure (10, à suivre)

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    Staline et le dinosaure, Hank Vogel.jpgJ’ouvre un livre à la neuvième page et je lis:

    Ô limpidité, qu’il est agréable de vivre! Bien entendu le ciel bleu y est pour quelque chose. Le hasard obéit aux lois des saisons et des caprices météorologiques. L'hiver engendre les ancestrales et pieuses espérances. Le printemps, les joies anticipées et primitives. Il ne faut pas considérer cela comme une malfaçon divine mais plutôt comme une nécessité naturelle. Convaincu de cette philosophie, qu’il estime la plus logique, la plus sensée, le poète se laisse emporter par ce bouillonnement intérieur au risque même de se transformer en ange ou en nuage rose. Et pourtant nous sommes à la fin du vingtième siècle. Siècle des proliférations techniques et matérialistes. Il faut dire qu’à chaque époque les êtres au comportement différent ont leur place au soleil et laissent derrière eux un parfum d’existence. Une bonne chose en soi. Sans quoi la vie ne serait qu’une tombe vide et sans passé...

    Ding dong!

    - Merde, sûrement elle, je murmure en pensant automatiquement à ma concierge.

    J’ouvre la porte.

    - C’est vous le conservateur très attendu? me demande un très belle demoiselle, aux cheveux dorés légèrement bleutés. Je suis la fille de Madame Buhagiar.

    - Je ne sais pas qui c’est, je lui réponds tout troublé, par sa beauté il va de soi.

    - Si. Vous la connaissez très bien.

    - ...

    - Je peux entrer?

    - Mais oui... mais oui...

    - Vous êtes sympa... Contrairement... non rien!

    Nous nous installons. Elle dans mon unique et confortable fauteuil. Moi sur une des deux chaises branlantes prêtées par mon ami Charly. Que je vous présenterai plus tard, verbalement, s’il ne se pointe pas avant, en chair et en os...

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  • Staline et le dinosaure (9, à suivre)

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    Staline et le dinosaure, Hank Vogel.jpgOuf! Enfin seul!

    Quand on est seul dans son coin, loin, très loin des autres, on est vraiment soi-même. Pas de supérieur ni d’inférieur. Tout est au même niveau. Et, forcément, tout coule harmonieusement autour de soi. C’est le paradis sur terre!

    Ceci n’est valable qu’ à condition d’avoir les idées légères et non pas chargées d’interrogations, provoquées la plupart du temps par les autres. Vivre allégrement sa vie, c’est s’en foutre totalement de son prochain.

    - Ce n’est pas très catholique tout ça, me dirait le curé de mon village qui déborde d’amour surtout pour les catéchumènes mâles de sa paroisse.

    - Laisse braire ce bouc sans cornes, réagirait ma concierge maltaise, descendante d'un templier. Le diable est plus sincère et honnête que lui.

    Xorta waħda!

    Mais avec ou face à quelqu’un, qu’il soit homme ou femme, je ne suis que la moitié de moi-même. La partie qui apparemment s’est échappée de mon esprit ou de mon âme semble lui appartenir.

    Exemple: quand je discute avec un Juif, et que je n’ai strictement rien contre lui, je me sens à moitié tantôt ashkénaze tantôt séfarade. Cela dépend de ses origines et non pas des miennes.

    C’est sans doute pour cette raison-là que j’ai tendance à fuir les lèche-culs, les hypocrites et les salauds...

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  • Staline et le dinosaure (8, à suivre)

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    Staline et le dinosaure, Hank Vogel.jpg- Aucune importance! Revenons-en à nos chers moutons.

    Un long silence.

    - Où sommes-nous?... Ah, oui...

    - A Sosso et à Dino.

    - A qui?

    - A vos deux dinosaures.

    Je souris et lui fais remarquer:

    - Vos chers montons ont vite évolué. Anges au lever du soleil, démons au couchant. Tout va trop vite dans notre si aimable société. Le temps de la réflexion ou de la méditation est rasé d’office au profit de la publicité. Les marchands du temple sont toujours là. Plus ravagés que jamais par l’appât du gain, le désir du luxe et la luxure. Bien sûr, ils donnent à bouffer à la plupart des familles si ce n’est pas la majorité... mais à quel tarif? Bien que nous sommes tous devenus des produits de consommations. Étiquetés dès notre naissance par nos parents et sa tribu. Puis par nos enseignants, nos collèges de travail, nos chefs, nos patrons... par le conard d’en face et la salope d’à côté. Personne n’échappe à l’étiquetage...

    - Allez au but, bon sang! s’énerve-telle. C’est pour quand votre première et présumée somptueuse exposition? Et quoi de neuf, de différent par rapport aux autres établissements du même gabarit?

    - Surprise dans une bonne semaine!

    - C’est-à-dire? Soyez précis!

    - Les portes s’ouvriront exactement dans huit jours. A midi pile. Entrée gratuite, forcément.

    - Et la surprise?

    - Si je vous dis tout maintenant, il n’y aura pas de surprise. Non? Mais, spécialement pour vous, je peux vous garantir et vous annoncer d’avance que chaque visiteur aura droit à son quart d’heure de célébrité, comme le prévoyait Andy Warhol à l’avenir pour tout le monde...

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    Andy Warhol: cliquer sur une boite de tomato!

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  • Staline et le dinosaure (7, à suivre)

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    Staline et le dinosaure, Hank Vogel.jpg- Et, selon vous, comment ou de quoi devrait-on traiter une personne qui négocie volontiers avec cette faune-là? me demande-t-elle, en me foudroyant du regard.

    - Je sais, je suis une ordure comme tous les autres subventionnés qui critiquent par derrière leurs donateurs, je lui réponds, un peu embarrassé... Mais si ce n’est pas moi, c’est...

    - C’est quelqu’un d’autre, forcément. Et vous voulez que...

    - Il faut me croire. Ma... ou mes démarches sont parfois rusées mais mes intentions sont toujours sincères. Autrement...

    - Autrement?

    - Je ne serais pas confié à vous.

    - Par mégarde ou pour par zèle?

    - Je ne vous suis pas.

    - A d’autres!

    - Vous ne m’aimez pas. N’est-ce pas?

    - Le devrais-je?

    - C’est triste alors.

    - Pourquoi?

    - Parce que si, entre une chercheuse de la vérité et un défenseur de la liberté, il n’y pas le moindre échange qu’un quelconque sentiment complice, leur relation est vouée à l’échec.

    - Seriez philosophe dans l’obscurité?

    - Je ne comprends pas.

    - Vous êtes en train de perdre les pédales, Monsieur le Con... servateur!

    - Ah bon?... Mais qui...

    - Aucune importance! Revenons-en à nos moutons...

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  • Staline et le dinosaure (6, à suivre)

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    Staline et le dinosaure, Hank Vogel.jpgEt bizarrement, tel un collégien qui cherche à tout prix à séduire sa prof de classe, je déballe le cœur battant la chamade:

    - A mon humble avis, un musée doit être un lieu vivant, animé, expressif, parlant, actif, agissant, remuant, vivace... l’ultime tribunal de notre conscience. Là où nos soi-disant incurables blessures se cicatriseraient enfin et disparaîtraient à jamais dans l’intérêt de tout le monde. Tout est dans la tête. Presque tout, ne soyons pas trop exigeants tout de même! Car il n’y a rien de plus versatile que notre mémoire. Malheureusement, de nos jours, tous ces glyptothèques et ces galeries où sont exposés les œuvres, les ouvrages et les objets particuliers que l’on a bien voulu exposer, la censure ayant donc passé par là, s’apparentent terriblement aux cimetières, couverts bien entendu. Aux catacombes peut-être, corrigerait ma timide maîtresse de français qui, pourtant, ne s’est pas gêné de me tripoter dans un mastaba lors d’une course d’école en Égypte... bon, bref! Je sens encore sa main gauche vibrer éperdument au fond de la poche trouée de mon pantalon... rebref! Tout y est. Le calme, les chuchotements, la mort, les regrets et les larmes parfois... et, par-dessus tout, où personne n’ose presser le pas pour attraper son bus. Une seule différence: dans les champs de repos, il n’y a point de gardien qui s’emmerde à cent sous de l’heure. Pardon, d’agent d’accueil et de surveillance! Moralité étatique oblige!... L’état! L’état? Voleur parmi les grands voleurs...

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  • Staline et le dinosaure (5, à suivre)

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    Staline et le dinosaure, Hank Vogel.jpg- Quand on s’énerve, on s’égare facilement dans l’univers des vocables et, pour ne pas trop perdre la face, on finit par inventer n’importe quoi, si possible quelque chose d’assez semblable. Telle une poule désorientée qui se met à couver les œufs de sa voisine.

    Je me frotte le front.

    - Vous avez raison, je parle trop, me dit-elle. Je suis venue jusqu’ici pour vous écouter et non pas pour divulguer mes problèmes personnels à un inconnu... bien que... bien que...

    - Bien que?

    - J’ai la vague impression de vous connaître depuis longtemps.

    - ...

    - Pas vous?

    - Quel est votre nom?

    - Je me suis déjà présentée.

    - En effet. Toutes mes excuses mais dans la confusion je ne l’ai pas retenu.

    - Quelle confusion? Nous sommes seuls, nous étions seuls...

    - Le mot est sans doute très mal choisi...

    - Anita Ekberg, ça ne vous dit rien?

    - C’est la fameuse actrice qui a joué dans La dolce vita de Fellini. Vous êtes sa fille ou sa petite-fille?

    - Elle n’a jamais eu d’enfant, à ma connaissance. Je plaisante! Et Anita Bergström? C’est moi...

    - Rien du tout.

    - C’est grave pour un conservateur!

    - Comment ça?

    - Pas de mémoire auditive ni visuelle... vous feriez mieux de rendre vos services aux archives de la police. Tans pis pour nous, passons à vos monstres! Je vous écoute...

    Staline et le dinosaure, hank Vogel.gif

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  • Staline et le dinosaure (4, à suivre)

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    Staline et le dinosaure, Hank Vogel.jpgSubitement, la Lapone de Kurravaara me dévore des yeux.

    Pour la première fois de ma vie, je me sens vraiment mal à l’aise. Jamais personne ne m’a regardé ainsi. Jusqu’à maintenant, forcément. A flipper comme une gonzesse, dirait mon ami Charly.

    - Vous... vous, je bégaie.

    - Vous quoi? réagit-elle, le visage crispé.

    - Vous... mes... ai-je... vous ai-je...

    - Du calme, Sven-Erik! me lance-t-elle... Je suis désolée, mon esprit était ailleurs. Je pensais à mon connard de mari.

    Un ouf gigantesque quasi grotesque s’échappe de ma bouche.

    Curieux de nature du moindre détaille superflu mais surprenant, je lui demande:

    - Sven-Erik, c’est votre ex?

    Elle éclate de rire puis elle me répond joyeusement:

    - Pas du tout! Sven-Erik, c’était à la place de Raoul chez les Belges et les Frouzes, l’ami Sam chez les Amerloques ou los amigos chez les Latinos... C’est une expression.

    - Une première pour moi, façon de dire.

    - Pour moi aussi.

    Je fronce les sourcils.

    Elle s’explique:

    - Quand on s’énerve, on s’égare facilement dans l’univers des vocables et, pour ne pas trop perdre la face, on finit par inventer n’importe quoi, si possible quelque chose d’assez semblable. Telle une poule désorientée qui se met à couver les œufs de sa voisine...

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  • Staline et le dinosaure (3, à suivre)

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    Staline et le dinosaure, Hank Vogel.jpgElle sourit d’un air narquois. Puis, quasi au ralenti comme un bradypus variegatus, elle sort de la poche de sa veste en jeans un stylo-bille Montblanc et un beau calepin feutré, tous deux destinés sans doute aux longs ou aux profonds interviews, et me dit:

    - Je m’emporte parfois malgré moi mais je suis une journaliste intègre jusqu’au bout de mes ongles. Je ne n’appartient pas à cette catégorie de bonnes femmes qui, pour obtenir du galon ou de la notoriété, se laissent facilement tripoter voire plus par leur supérieur hiérarchique et qui dix ans plus tard l’accusent de harcèlement ou de viol. Nullement! Jamais! Ni à la saint-glinglin! Celui qui s’apprête à me foutre sa main au cul risque fort de se retrouver illico presto à l’hôpital. Alors, s’il vous plaît, dans notre intérêt commun, tâchez de vous tenir à carreau, monsieur le conservateur.

    - A carreau? je m’étonne.

    - Tâchez de contrôler vos pulsions, reformule-t-elle.

    Je me gratte la tête et lui demande:

    - Mais qui donc vous a raconté des salades sur moi? Et puis... un interview n’est pas un entretien d’embauche, que je sache!... Non?... Avez-vous l’intention de postuler chez nous, pour un poste rédactionnel? Pour l’instant, je suis seul dans ce présumé capharnaüm. Seul avec Staline et un dinosaure...

    - Staline? s’inquiète-t-elle.

    - En carton-pâte, tout en blanc...

    - Le Iossif Vissarionovitch Djougachvili, surnommé Sosso?...

    - Même ainsi, il vous inquiète?

    - Pas lui mais ses apologistes et ses détracteurs.

    - Mais un musée est fait pour cela. A mon avis. Mon musée en tous cas... Le passé mérite d’être revu, rejugé régulièrement... tel un complice, un coupable ou un innocent injustement condamné. C’est toujours les vainqueurs qui écrivent l’histoire, forcément à leur convenance. Jamais les vaincus. Eux doivent se contenter d’avaler tous les mensonges, toutes les erreurs...

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  • Staline et le dinosaure (2, à suivre)

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    Staline et le dinosaure, Hank Vogel.jpg- Je comprends.

    - Vous comprenez quoi?

    - Vous permettez que je sois franche avec vous?

    - Je ne demande que ça.

    - Je pense que derrière vos diverses apparences libertines se cache ou se cacherait un jeune homme pointilleux et susceptible.

    - Un journaliste qui emploie trop souvent le conditionnel est un mauvais journaliste. Il ferait mieux de travailler dans la police où le doute  est le seul stimulant, excitant, poison très souhaitable pour la plupart des inspecteurs...

    - Vous ne les aimez pas, n’est-ce pas?

    - Qui ça?

    - Les flics, pardi! Qui d’autres...

    - Ce sont eux qui me détestent!... Mais au fait, pour quoi êtes-vous venue au juste? Pour m’interroger sur mon passé de petit voyou et me narguer ou pour vous renseigner sérieusement sur mes démarches novatrices, bénéfiques à l’humanité toute entière?

    Elle sourit d'un air narquois. Puis, quasi au ralenti comme un bradypus variegatus, elle sort de la poche de sa veste en jeans un stylo-bille Montblanc et un beau calepin feutré, tous deux destinés sans doute aux longs ou aux profonds  interviews, et me dit:...

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  • Staline et le dinosaure (1, à suivre)

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    Staline et le dinosaure, Hank Vogel*.jpgA ma naissance, j’étais déjà quelqu’un grâce à mes parents, mes grands-parents et tous mes arrière-grands-parents.

    Et durant toute mon enfance, on m’a aimé, gâté, choyé comme un prince.

    Suite à cela, mais surtout grâce aussi aux nombreux amis de ma famille et de mes copains de collège qui m’ont soutenu et aidé aux pires moments de ma jeunesse, j’occupe actuellement le poste de conservateur de musée.

    A vrai dire, je viens tout juste d’être engagé.

    Forcément, j’appartiens au clan invincible des von Adler du Toggenbourg.

    Un pour tous, tous pour un jusqu’au portail de l’enfer! C’est notre devise.

    Enfin, enfin et enfin! Tant pis pour les acerbes envers la redondance, plutôt lettreux que littéraires, j’ai enfin trouvé un boulot dans une région totalement libre pleinement ouverte à la liberté d’expression.

    C’est lundi 23 mars... Le troisième jour du printemps. Je convoque la presse locale, pour commencer.

    Une journaliste stockholmoise native de Kurravaara se pointe chez moi, furieusement et sans me prévenir.

    - Est-ce bien vous qui avez déclaré à un ministre européen que seul au cabinet des estampes on n’ose pas faire la grimace? me demande-t-elle, après s’être présentée et excusée pour son manque de civilité, bien entendu.

    - Tirer des grimaces et non pas faire la grimace, j’ai prononcé! je lui réponds en souriant. Mais comme ce pauvre monsieur est un Français de la vieille école, il a préféré se fier à son cher Littré et modifier sans le savoir le sens de ma soi-disant déclaration... Vous saisissez la différence?...

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  • Sven (15, fin)

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    Sven, Hank Vogel.jpgL’homme a créé sept merveilles. Dites les sept merveilles du monde.

    Pour rappel: la pyramide de Khéops à Gizeh en Égypte, les Jardins suspendus de Babylone, la statue de Zeus à Olympie, le temple d'Artémis à Éphèse, le mausolée d'Halicarnasse, le colosse de Rhodes et le phare d'Alexandrie.

    Quant à Dieu, notre père bien aimé pour ceux qui l’adorent, par modestie et par goût des formes en mouvement et de l’équilibre, il s’est contenté de n’en créer qu’une seule: la femme.

    Un monstre sacré ou un sacré monstre. Chacun est libre de choisir ce que bon lui semble.

    C’est pareil avec la suite de cette histoire.

    Malheureusement, pour un homme qui a de la peine à compter, autrement qu’avec des chiffres, la femme est trop multiple à ses yeux pour lui faire confiance.

     

    Prochainement, comme au cinéma ou presque:

    Staline et le dinosaure, Hank Vogel*.jpg

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  • Sven (14, à suivre)

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    Sven, Hank Vogel.jpgUne année s’écoule. Chargée de nombreuses rencontres mais toutes vaines. Inutiles à mes ambitions amoureuses voire poétiques.

    La doublure de mon de âme, mon âme sœur, doit bien se trouver quelque part, non? me dis-je. Oui mais où? Bordel!

    Mais voilà! Paresseux et désœuvré tel un ministre en fin de mandat, j’ai plus tendance à roder autour des tire-pipes qu’à participer à une chasse à courre. Je suis plus attiré par la délinquance que par le snobisme. La facilité que l’effort.

    La récidive est donc inévitable.

    Alors, forcément, je retourne au royaume des mille et un péchés monnayés. Là où tout est permis sauf de croire au Père Noël.

    L’argent encourage souvent le vite fait sur le gaz. Hélas et tant mieux pour les minables de mon espèce.

    Et, comme deux fois vaut mieux qu’une, en me rendant à mon hôtel, je me trouve nez à nez avec Sven...

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