22/05/2018

Mariage blanc (11, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgLa basanée les retient en leur disant:

- C’était pourtant le but recherché, non?...

Des oui mais se succèdent comme des queues sans tête. Permettez-moi cette expression.

- Mes chers amis, je ne vous comprends plus, poursuit-elle. Vraiment plus. On dirait que le bruit d’un vent qui se sauve spontanément des entrailles d’un corps en émoi heurte davantage votre sensibilité que celui d’une rafale de mitraillette au sein d’une école étasunienne. Serriez-vous tous tombés dans les pièges de la contradiction. Ce matin encore, au petit déjeuner, vous me disiez... que le théâtre, la radio, la télévision et le cinéma ne vous apportent plus rien, n’enrichissent plus vos vies. Ni sentimentalement, ni socialement. Que les discours, les actualités, les chansons, les œuvres dramatiques, les films, les séries télévisées, policières et autres, ne vous emballent plus. Que c’est presque toujours le même scénario, la même histoire, la même machination. Du chiqué dans l’espoir de vous faire vibrer. Du réchauffé à outrance. Mais en vain. Et voilà qu’un gaz intestinal, anodin, inodore mais assourdissant, au lieu de vous propulser dans l’univers merveilleux de l’inattendu, vous a plongés dans un océan glacial noyant toute belle attente. Cette flatulence aurait-t-elle agi dans vos cervelles telle la goutte d’eau qui fait déborder le vase? Est-cela? Ou est-ce que je me trompe? Exprimez-vous, expliquez-moi, je suis perdue.

- Oui mais, mais oui, répète la femme aux lèvres bien charnues.

- Cessez avec vos oui mais, bon sang! s’énerve la belle métisse... Vous n’avez pas meilleur bêlement que ceux-ci?

- Ne t’énerve pas comme ça, Ella! lui dit la pulpeuse. Nous sommes tous dans le même bain. Toi comme nous.

Enfin du nouveau dans ce chaos verbal! La belle s’appelle Ella. Sans doute un diminutif d’Emmanuelle. Que c’est excitant!

- Alors pourquoi vouliez-vous me quitter, m’abandonner?

- Nous n’avions pas le choix.

- Quel choix?...

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19/05/2018

Mariage blanc (10, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgPris pour cible, je crache aussitôt le cohiba cubain, vu sa bague, me lève et crie:

- Pourquoi?

Un petit bonhomme joliment cravaté, accompagné d’une grande perche aux lèvres bien pulpeuses, me répond à haute voix:

- Parce que.

- Parce que quoi?

- Parce que plus les clés sont nombreuses moins la serrure est trouvable.

Et toutes les personnes présentes éclatent de rire. Excepté la mulâtre.

- Pourquoi pas vous? je lui demande. Vous ne partagez pas leurs aberrations?

- Buvez, avalez votre napoléon et rasseyez-vous! m’ordonne-t-elle affablement... De leur point de vue, ils n’ont pas totalement tort. Faites ce que je vous dis, pour l’amour du ciel!

Et tel un soldat paumé prêt à mourir pour la patrie, je m’exécute.

- Rotez maintenant! me conseille-t-elle. Ils n’attendent que ça. Du moins, les plus blasés.

- Mais... mais...

- Rotez, c’est un ordre!

Mais à cet instant précis, un pet d’une sonorité étourdissante s’échappe involontairement de mon derrière.

Tout le monde est sous le choc. Presque!

Comme toujours, pour tout et partout, il y a ceux qui condamnent d’office et les autres. Autrement dit: les durs à cuire et les ouverts d’esprit. Les convertis et les libres-penseurs. Les démons et les anges. Ceux qui votent systématiquement contre et ceux qui zigzaguent dans les bureaux de vote.

Les clients les plus outrés s’apprêtent à quitter le restaurant.

La basanée les retient en leur disant:

- C’était pourtant le but recherché, non?...

Des oui mais se succèdent comme des queues sans tête. Permettez cette expression...

22:21 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (10) |  Imprimer |  Facebook | | | |

18/05/2018

Mariage blanc (9, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgElle va, elle revient. Un verre de cognac à la main et un gros cigare au bec.

Elle s’approche de moi en ondulant ses hanches.

Quel spectacle! On se croirait dans un film trop américain. Ou dans une pub anti puritaine. Un curé verrait le diable incarné.

Tous les regards sont dirigés vers elle. Vers moi inévitablement.

Qui est-il? se demandent la plupart des clients.

Pourtant, il ne ressemble à personne, pensent les plus éclairés. Vraiment à personne. Il ne casse rien. Aucune femme ne se suiciderait pour lui. Même pas une infirme.

Elle pose le verre sur la table, lèche sensuellement le cigare, l’allume, tire une bonne bouffée, me souffle brièvement de la fumée sur le visage, puis m’introduit gentiment le havane humecté par sa salive dans la bouche. Fin de l’exhibition.

La salle toute entière applaudit.

Pris pour cible, je crache aussitôt le cohiba cubain, vu sa bague, me lève et crie:...

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16/05/2018

Mariage blanc (8, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgL’hybride s’approche de moi et me propose, toute souriante étonnamment:

- Un avons un bon cognac. Ça aide pour la digestion, vous savez.

J’hésite.

- De Cognac et non pas d’Arménie ou d’ailleurs, précise-t-elle. Du vrai, du pur, créé par les anges de Dieu, pensent nos poètes.

- Je crains fort qu’un alcool fort, aussi divin soit-il, puisse être efficace pour ce type d’exercice, une tisane ferait mieux l’affaire, je lui explique.

- Même si c’est offert?

- Là n’est pas la question.

- Vous êtes médecin?

- Si je l’étais, je me serais contenté d’une légère soupe aux légumes. Et, comme on dit chez nous, mes yeux n’auraient pas rabaissé mon ventre.

- C’est où chez vous?

- Pardon, comme on disait... C'est une lointaine histoire. Tout sauf ça!

- Je ne comprends pas.

- Après tout, allons-y pour le remède céleste et tant pis pour mon foie. La mort n’espère que cela pour l’instant...

10:30 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (9) |  Imprimer |  Facebook | | | |

14/05/2018

Mariage blanc (7, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpg- Rectificatif! J’opte plutôt pour le menu, je crie à la serveuse, une belle métisse aux longues jambes.

- Entrée, plat et dessert, c’est bien ça? me demande-t-elle en grimaçant.

- C’est bien ça. Ni plus ni moins.

- Il n’y a aucun risque.

Elle doit me prendre pour un drôle de zèbre, cette sacrée gazelle, me dis-je... Prétentieuse pétasse! La couleur de ta peau te va à merveilleuse mais ton regard méprisant te rabaisse à ton niveau intellectuel le plus bas. Pour qui me prends-tu? Pour un sauvage qui s’est échappé de sa forêt natale.

- Irresponsable créature, je murmure.

On m’apporte, en premier, un soufflé aux escargots et une salade. Puis du civet de sanglier, du choux rouge et du gratin dauphinois aux cèpes. Et pour terminer, un gâteau au chocolat.

Le tout accompagné d’un pichet de vin, bien entendu.

Du bordeaux, du bourgogne ou de la piquette. Difficile d’en faire la différence lorsqu’on crève la dalle. Comme distinguer le bien du mal lorsqu’on chie dans son froc.

Dieu que la bouffe est bonne dans ce trou perdu! Il y a tout de même des gens sur cette terre qui savent donner un sens au quotidien.

L’hybride s’approche de moi et me propose, toute souriante étonnamment:...

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12/05/2018

Mariage blanc (6, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgChangement de décor, changement d’atmosphère.

Autre rythme cardiaque, autre circulation sanguine. Seul mon sang pourrait confirmer le contraire, par esprit de contradiction.

L’air que l’on respire n’est pas le même partout.

Banale constatation! diraient mes poumons. Et la sérénité dépend de tout un contexte, à la fois physique et mentale.

Loin de la foule et du bruit de la ville, l’espérance est encore possible. Mon espérance! Faut-il donc que je m'exile, m’éloigne de toute demeure attirante, de toute racine probable?

De quoi ai-je peur? De l’inconnu ou de revivre les mêmes drames horribles?

Quelle guigne!

Je commande le plat du jour.

Les gens d’ici ont les papilles subtiles et la fourchette facile. Quelle chance pour un gourmet gourmand comme moi!

Non, comme j’étais avant... Quand ma mère et ma femme cuisinaient ensemble. Quand la paix régnait dans toute sa splendeur, au sein de ma famille et entre tous mes compatriotes...

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10/05/2018

Mariage blanc (5, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgIl est très difficile de refaire sa vie, de se reconstruire, de renaître de ses cendres en quelque sorte... seul face au vide.

Pas une main tendue. Pas un geste d’encouragement. Pas un sourire amical. Rien. Personne.

A l’horizon, l’aube et le crépuscule ne cessent pas de disputer la primauté. Et moi, pareil à une rose des sable, je stagne dans un cimetière de sable.

Quel lugubre et inquiétant tableau!

Dieu est sourd et muet à la fois. Il doit certainement dormir d’un sommeil profond. Digne des grands créateurs et emmerdeurs. Bien que...

Il attend peut-être que je croise mes mains... que je m'agenouille... que je l’implore... que je le blasphème... ou que me mette à pleurer, à pleurnicher comme une vieille grenouille de bénitier et que j’accepte humblement le sort qu’il m’a froidement réservé... avant que Sa Seigneurie veuille bien se réveiller et...

Et quoi?... Foutaise!

Les religieux, ces arrogants et faux prophètes, prétendent détenir les clés du savoir. Et que nous proposent-ils? Ils bafouillent des théories souvent surréalistes dans l’espoir de nous convertir à leurs infâmes croyances.

Loin des prêtres, loin des chaînes!...

17:13 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

09/05/2018

Mariage blanc (4, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgUn individu blanc et blond s’approche de moi et me dit:

- Désolé mais pour des raisons très particulières, nous ne servons plus les personnes dont le visage nous rappelle de mauvais souvenirs.

- C’est une plaisanterie? je lui demande.

- Ai-je l’air de vous taquiner?

- Probablement non... Donc?

- Dans la vie, il y a toujours deux possibilité. Soit vous...

- Stop!... Quelles sont ces raisons particulières?

- C’est personnel.

- Magistral! Cette réponse, je l’ai de nombreuses fois entendue. Au travail comme dans le privé. Bref, je constate que le monde est monde partout. Triste constat pour un voyageur qui vient de loin!...

- Mais vous pouvez rester sans consommer si vous êtes épuisé, très fatigué...

- Ma parole! Dans quelle pièce absurde suis-je tombé? Et quel rôle m’a-t-on attribué? Celui du naufragé inconscient ou celui de l’idiot du village? Non merci, je ne tiens nullement à participer à vos jeux débiles.

Je me lève brusquement et quitte rapidement ce lieu hostile...

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06/05/2018

Mariage blanc (3, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgJ’entre dans un café et m’installe dans un coin discret.

L’établissement est à moitié plein. Ou à moitié vide, afficherait le pessimiste. Des hommes seuls et des couples. Pas de groupes d’amis ou d'amies. Les rassemblements sont-ils interdits?

On parle à voix basse. On chuchote presque. On dirait que les intervenants caressent leurs mots avec leur langue. Plus les verbes que les déterminatifs. Ou vice versa. Quelle étrange sensation! Auditive, bien entendu. Que je qualifierais volontiers de brouhaha religieux voire mystique.

Mais bon! Quelle importance! Je ne suis pas chez moi. Chez les miens. Je stagne chez les autres pareil à une stalactite dans une caverne glaciale qui risque de se briser à tout instant. Pas question donc de les secouer comme un prunier, ces mollusques humains, dociles patriotes et branleurs de drapeaux. Blancs, arc-en-ciel et aux couleurs nationales. Des jouets insignifiants pour adultes insignifiants. Bref! Leur soumission ne me regarde nullement. Et leur politique encore moins.

On m’observe, on me dévisage, on me toise, on me regarde du coin de l’œil... Certains ont même tendance à me dévorer des yeux. Pourtant, je n’ai pas l’allure ni d’une sucrerie ni d’une une star du porno.

Un individu blanc et blond s’approche de moi et me dit:...

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03/05/2018

Mariage blanc (2, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgJ’avais un père, une mère, une femme et des enfants, maintenant je n’ai plus que des souvenirs. Un fardeau de fantômes sur mon dos.

Mon avenir a été anéanti en une fraction de seconde. Une bombe tombée du ciel a détruit, presque pulvérisé, ma maison et a ainsi décimé toute ma famille. Par chance, quelle misérable chance, j’étais au travail ce jour-là.

Pourquoi ne suis-je mort avec eux? Dieu est-il un cruel farceur?

J’ai tout perdu. Mon sang et ma patrie.

J’entre dans un café et m’installe dans un coin discret...

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01/05/2018

Mariage blanc (1, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgPréjugés! Seules les âmes pures échappent à ces malédictions. Soit par indifférence soit par paresse.

La pureté plane dans leurs cervelles tels des nuages roses dans un ciel immaculé.

Autrement dit: les racistes, les sexistes et les discriminateurs tous azimuts sont des individus qui adorent se compliquer la vie.

Je m’appelle Ben Hour. Je viens d’un pays qui n’existe plus. Faute de nombreuses confrontations avec ses voisins.

Trop de fierté nationale érode souvent les racines d’une nation. C’est dans le silence que demeure la durée.

Dans ce coin merveilleux de ma jeunesse effacé par l’histoire, j’étais quelqu’un. Aujourd’hui, je ne suis rien. Ou en des termes plus élogieux ou moins dépréciatifs: un étrange de passage...

09:56 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

29/04/2018

Mes voisines concubines (41, fin)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgJe m’installe sur la terrasse d’un café et qui vois-je?

Rosetta, Pierrette, Sturm et deux moutards blonds assis à une table située à quelques mètres devant moi.

Mes ex voisines et le commissaire causent, rient, jettent de temps à autre un coup d’œil en ma direction, me toisent, me sourient mais ne me reconnaissent pas.

Drôle de situation mais nullement d’exceptionnelle vu mon nouveau look d’aventurier de l’Himalaya, lunettes archi noires, barbe et cheveux longs, qui attire le regard.

Que fait-il avec elles, King Kong? me dis-je en regardant le commissaire en train de gesticuler comme un gorille. A-t-il épousé l’une d’elles? Laquelle, la rousse ou la blonde? Ou forment-ils un trio infernal pour des raisons sentimentales et économiques?... Est-ce lui le sagouin qui a fauché les clés de Rosetta ou de Pierrette?

Demain il fera jour!

Les petits blondinets se ressemblent éperdument. Même bouille, même beauté angélique, même taille, même âge inquiétant.

Sont-ils des monozygotes? je me demande pourtant. Qui est leur mère? Leur père? Moi? Le flic? Un troisième homme ou un soldat inconnu?

A un moment donné, ces deux réussites du Bon Dieu se dirigent vers moi et Rosetta leur crie dessus, gentiment:

- Charly et Tony ne vous éloignez pas trop de maman!

Mon cœur se met aussitôt à battre comme celui d’un condamné au gibet et je murmure en bavant:

- Face à la femme, l’homme n’est qu’un figurant.

12:03 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

26/04/2018

Mes voisines concubines (40, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgLes révolutions vont et viennent. Les victimes deviennent des bourreaux et les bourreaux des victimes. Seules les créatures malignes échappent à tout remue-ménage.

On modifie parfois et superficiellement les règles telle que la transformation de la première classe en business class. Quelle supercherie intellectuelle! Mais les privilèges restent toujours aux riches et les désavantages aux pauvres.

La démocratie n’est finalement qu’un jeu de société où les gagnants sont souvent désignés à l’avance.

Cinq années s’écoulent paisiblement.

Mai 68 n’est plus qu’une légende malgré une cicatrice gravée à jamais sur ma tempe droite à cause d’un inattendu et sordide coup de matraque.

Je m’installe sur la terrasse d’un café et qui vois-je?...

23:32 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (12) |  Imprimer |  Facebook | | | |

25/04/2018

Mes voisines concubines (39, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgEt elle fond en larmes.

Réalité ou spectacle? Douleur ou piège? La réponse est au bout de l’action.

Je m’extirpe de mon coin douillet et je la serre dans mes bras.

Elle ne me rejette pas. Bien au contraire, elle se blottit davantage contre toi.

- Libère-moi du chaos, me supplie-t-il, ses lèvres cherchant les miennes.

Nous nous embrassons.

Prudemment, tendrement, ardemment puis quasi avec violence.

- Tu embrasses mieux que mon accidentel amant, me confie-t-elle après notre premier langoureux baiser.

Elle y prend terriblement goût.

La salope! Ma bouche doit certainement lui rappeler celle de quelqu’un d’autre, me dis-je.

Et la pécheresse, entre les roulements de patins, se confesse:

- Deux hommes ne valent pas une femme mais deux coups valent mieux qu’un... Dans chaque mâle sommeille un flic... Mais un flic, c’est plus rassurant... Plus... Moins... Il a osé me faucher les clés, le vilain... Heureusement, ce n’étaient pas les miennes... Il m’a sauté quand Rosetta était chez ses parents, l’imbuvable... Pas un mot à ma copine, je compte sur toi... La maternité est en train de me dévorer... A ton tour maintenant de me niquer!

Et ce que femme veut Dieu le veut.

Amen on the rock!

Deux semaines plus tard, en balançant son balai, ma concierge me hurle dans les oreilles:

- C’est la guerre presque partout! Si tu veux casser du flic, c’est maintenant ou jamais... Sache aussi que tes voisines concubines ont pris la clé des champs, ce matin très tôt.

Et je rumine:

Clé, voisine, concubine, flic: les prémices d’une histoire à la con. Forcément vraie...

08:58 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

23/04/2018

Mes voisines concubines (38, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpg- L’amour est une punition et la maternité une malédiction, pleure ma voisine. Qui, quoi a fait de moi l’être infâme que je suis? L’éducation de mes parents, l’école, la société ou mes gènes? Je ne sais plus où j’en suis. Depuis que... depuis que...

- Depuis que?

- Qu’un homme, fort charmant malheureusement, a essayé de me séduire... Non, il m’a séduite. Ainsi, j’ai connu l’autre rive du fleuve.

- C-à-d?

- La rive inexplorée. Où la soi-disant normalité semble rassurer les soi-disant normaux. Soit: les conformistes, les conventionnels...

- Les traditionalistes, les orthodoxes, la race des moutons... mais où les semences prennent racines.

- Hélas, hélas!

Et elle fond en larmes...

11:56 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

16/04/2018

Mes voisines concubines (37, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgTrois jours plus tard, à l’aube, je me réveille en sursaut.

Forcément! Face à moi, en contre-plongée, Pierrette, entièrement nue, brandissant un mamba vert.

- Tu en as mis une éternité avant de sentir le danger, me reproche-t-elle.

- Quelle horreur... comment... toi ici? je bafouille.

- La porte était ouverte, m’explique-t-elle... Aurais-tu perdu tes clés, toi aussi?...

- Et ce reptile répugnant... et cette tenue inappropriée... tu veux quoi?

- Il faut que je te fasse un dessin, pseudo-peinture intello de mes deux?

La vulgarité, ce n’est pas son style. Elle doit m’en vouloir à mort.

- C’est un vrai? je lui demande en fixant le serpent en grimaçant... Tu l’as trouvé où? Dans le jardin de Sa Sainteté Piaget?

- Non, entre ses bibles, ricane-t-elle.

- Ça ne m’étonne pas, ces bestioles-là se plaisent dans la poussière. Vire-moi ça!

- Tu ne vois pas que c’est un faux, tête de nœud?

- Mais sa langue bouche!...

- C’est un faux, je te dis.

- Tu l’as acheté où?

- A La Gaîté.

- Où ça?

- Dans un magasin de farces et attrapes, pas loin d’ici...

- Belle imitation! Avec toi, on se croirait presque au paradis.

- Non, nous y sommes en plein. Mais avec un Adam qui a déjà trompé sa femme.

- Que veux-tu insinuer?

- Pourquoi tu as baisé ma copine sans mon autorisation?

- Elle est bien bonne! Quelle copine?

- Rosetta, nom de Dieu! Ne joue pas au con avec moi, je suis courant de tout...

- Encore une qui électrise l’avenir...

- Je sais que tu l’as peinturlurée à poil et qu’ ensuite tu l’as baisée...

- Tu fantasmes, ma pauvre! Jamais de la vie, je ne piquerai la copine d’un ami ou d’une amie...

- Tu mens comme tu respires. Tu devrais faire de la politique.

- Merci pour le conseil... Sais-tu que ton entrecuisse me rappelle la vallée des rois?

Pétrifiée par ma fausse question, Pierrette lâche le dendroaspis en caoutchouc qui, étonnamment le temps d’une frayeur, se tortille sur mon drap, cache son sexe avec ses mains et tombe à genoux.

Pardon, j’ai oublié de vous signaler que mon lit n’est qu'un simple matelas.

Aphrodite, à mon secours! Je m’attends au pire...

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15/04/2018

Mes voisines concubines (36, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgHélas! Rosetta se lève d’un bond, ramasse ses habits et disparaît dans la salle de bain.

Bien fait pour moi, j’ai perdu la partie, me dis-je. Au tac au tac comme au ping-pong, pour gagner mieux vaut pas trop réfléchir.

Et j’ajoute à mon auto-discours:

Elle a visé en plein dans le mille, la belle Amazone... Elle a raison, je suis un bavard, un cracheur d’apophtegmes, d’aphorismes affamé de justice. A cause de quoi? De qui?

Rosetta réapparait toute souriante et me dit:

- Merci pour tout. C’était agréable quand même. Un acte non sans risques ni conséquences pour moi mais très généreux et téméraire de ta part. A chacun sa façon de lutter pour ses rêves et ses libertés... Il paraît que ça chauffe chez les étudiants à Paris. Sur les murs, on n’ arrête pas d’écrire Il est interdit d’interdire, paraît-il. La révolution est proche. Nous, nous venons de lancer notre premier pavé dans cette foutue marre aux connards. Mais motus et bouche cousue! Pas un mot à Pierrette! Cela ne regarde que nous deux. OK?

- OK.

Et elle tourne les talents sans me faire la moindre bise...

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13/04/2018

Mes voisines concubines (35, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgEt avec l’infamante illusion de vouloir à tout prix anéantir une société hypocrite, mielleuse, trop chargée d’absurdités et d’interdits, j’engrosse ma voisine aux tendances douteuses.

Après un merde! glorieux et péremptoire, j’avoue à Rosetta, le regard faussement halluciné.

- Pour la première fois de ma vie, j’ai atterri pour quelques secondes au septième ciel. C’était vraiment fabuleux. Sauf...

- Sauf?

- Qu’à un moment donné, j’ai failli frôler les couilles de la Sainte Vierge.

- C’est n’importe quoi!... Et tu blasphèmes, par-dessus le marché...

- Qui aime bien châtie bien...

- Je n’apprécie guère ce genre langage après un tel...

- Sacrifice?

- Non, supplice.

- Punition, torture, châtiment, calvaire, martyre, damnation...

- Tu m’énerves, Charly. Tu parles parfois trop.

Vexée ou pas? Cela ne me concerne nullement. Je fouille dans mes méninges une amusante et justificative réplique.

Hélas! Rosetta se lève d’un bond, ramasse ses habits et disparaît dans la salle de bain.

Bien fait pour moi, j’ai perdu la partie, me dis-je. Au tac au tac comme au ping-pong, pour gagner mieux vaut pas trop réfléchir.

Et j’ajoute à mon auto-discours:

Elle a visé en plein dans le mille, la belle Amazone... Elle a raison, je suis un bavard, un cracheur d’apophtegmes, d’aphorismes affamé de justice. A cause de quoi? De qui?

Rosetta réapparait toute souriante et me dit:...

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12/04/2018

Mes voisines concubines (34, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgSéance tenante, Sturm jaillit dans mon esprit et je m’écroule sur le tapis.

Il est parfois très difficile de matérialiser ses pensées, de les mettre sur le papier.

Quelle chose mystérieuse est notre cervelle! Les images vont et viennent, s’entrecroisent, s'associent, se disputent comme de vulgaires soldats: chacun de son côté essaye d’être fidèle à sa bannière.

Un ciel infini rempli d’étoiles est ce cerveau qui nous permet d’être ce que nous sommes.

Chaque étoile est une pensée, une idée et à
chaque seconde une nouvelle étoile naît, une autre meurt.

Le poète est comparable à un explorateur revenant du fin fond de la forêt vierge, il s'efforce de décrire les paysages étranges qui l’ont tant fasciné. On le croit, on ne le croit pas. On l'admire, on ne l’admire pas. On essaye de le comprendre, on n'essaye pas de le comprendre. Il lutte, il veut parfois convaincre ceux qui l'écoutent. Mais rares sont ceux qui arrivent à imaginer ce que le poète imagine car celui qui écoute est lui aussi la plupart du temps prisonnier
d’une autre forêt vierge.

- Viens, allons préfabriquer ton Ulysse de demain! je dis à Rosetta en me relevant... En éclatant, un magistral neurone vient d’anéantir tout un régiment de vieilles et tristes cellules...

10:30 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

11/04/2018

Mes voisines concubines (33, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpg- Malheureusement, sans un complice extérieur, il nous est impossible d’agrandir notre famille. Alors nous avons penser à toi.

- C’était donc ça?

- Ça quoi?

- La proposition que vous vouliez me faire.

- Quelle proposition?

- Oublie ça! J’ai sans doute rêvé. Ça m’arrive assez souvent...

- Rêvé ou pressenti?

- Rhabille-toi et rentre chez toi! Tu commences sérieusement à me désorienter.

- Déboussoler, fourvoyer, embrouiller, embarrasser, déranger, troubler... c’est bon signe, non?...

- Ce n’est pas amusant...

- La bête humaine finira-t-elle par sortir de sa grotte?

- Me pousserais-tu au viol?

- Je n’attends que ça.

- Rejoins ta copine!

- Impossible, elle n’est pas à la maison.

- Alors rentre chez toi pour la deuxième fois...

- Impossible, j’ai perdu mes clés. Ou quelqu’un me les a fauchées.

Séance tenante, Sturm jaillit dans mon esprit et je m’écroule sur le tapis...

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