28/09/2016

L'escalier de Talpiot (55, fin)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpg- Vous plaisantez?

Quelques secondes de réflexion. Les chemins sont-ils multiples? Non, il n’y en a que trois. Celui de la vérité. Celui du mensonge. Et celui de la langue de bois. Souvent emprunté en politique. S’esquiver d’une situation embarrassante en prononçant de belles phrases ne contenant aucune réponse. Des phrases savantes mais vides de sens. Certains sont champions en la matière. Et le peuple subjugué par leur fausse intelligence tombe dans la panneau à chaque élection. C’est son droit après tout. La balourdise est également démocratique. Très appréciée par les élus. Mais revenons aux voies les plus directes. Celle de la vérité et celle du mensonge. L’une vous mène droit au but. Au paradis ou en enfer. L’autre vous propulse dans la spirale de l’embrouille et de la complexité. Soit au paradis pour certains, soit en enfer pour les autres. Mais le meilleur des sentiers, ne figurant pas sur la liste des habitudes et traditions, est celui du silence. Ou à défaut, si vous êtes atteint de folie ou de bavardage intellectuel, celui de la réponse interrogative. Le ping-pong verbal. Exemple: Comment vas-tu? Et toi? Très bien, merci, si tu savais ce qui m’arrive... Résultat: l’adversaire passe à autre chose.

- Pas de réponse, bonne réponse! lance l’infirmière.

C’est encore mieux! Pour un bavard comme moi.

Et la belle Australienne, dévergondée à cause ou grâce à ses déplacements humanitaires, me propose:

- Ce soir après le boulot, j’ai l’intention de préparer des spaghetti typiquement à bolognaise... Si ça vous tente, venez me chercher vers huit heures...

Ici, le oui s’impose! Pour le ventre et tout le reste. Le reste?

Ciel! me dis-je. Pourvu que le diable ne vienne pas tromper sa queue dans la sauce. Un homme au lit est un homme perdu. Surtout avec une femme, aussi sublime soit-elle. Tous ses secrets s’envolent. Dès le premier baiser. Car je ne souhaite nullement avoir toute la presse à sensation, le Vatican et tous les imbéciles de Bouzembeck à mes trousses.

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27/09/2016

L'escalier de Talpiot (54, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpgLe lendemain matin. Je me réveille en pleine forme. L’humour et le bon sens dans les pantoufles, dirait ma concierge.

Par la fenêtre de ma chambre, je découvre au loin une petite colline. Je pense au Golgotha. Où Jésus fut crucifié.

- Des montres, ces Romains, je chuchote. D’autres les imitent aujourd’hui. Avec fierté et dévotion. Au nom de Dieu et de leur prophète! Comme si l’histoire n’en comptait qu’un seul, les ignorants. Et si cela n’était qu’un cauchemar? Une succession d’illusions diaboliques. La vie serait alors une vraie merveille...

Entre à cet instant Franchesca, portant mes chaussures et mes vêtements dans ses bras.

- Mais à qui parlez-vous encore? me demande-t-elle, un peu inquiète.

- Au roi d’Arabie, je réponds en souriant... Non, à personne, je pensais à haute voix...

- Je préfère, c’est plus rassurant.

Elle dépose le tout sur une chaise et me dit:

- Nous avons préféré les passer à la machine, tellement ils étaient poussiéreux.

- Mes souliers aussi? je lui demande pour rire.

- On a failli... Mais...

Et elle sort de sa poche une amulette en terre cuite et me la donne en m’affirmant sans grande conviction:

- Je l’ai trouvée dans l’une de vos chausses. Ça ne peut être que l’œuvre de vos agresseurs.

Et, allez savoir pourquoi, au lieu de sauter de joie au plafond ou de me jeter à genoux et de crier mille mercis à la Madone, je reste de glace et je poursuis à sa place:

- Ou celle d’une fée.

- Comme la Befani?

- Vous connaissez? Comment se fait-il pour une Australienne?

- Ma mère est Italienne.

- Je comprends tout maintenant.

- Tout?

- Le goût pour la chanson et la bonne cuisine, entre autres...

- Qui vous a raconté mes exploits en cuisine?

- Personne. C’est marqué sur l’amulette. Et d’une clarté phénoménale.

- Vous dites n’importe quoi. Ce ne sont que des griffures.

- Des griffures pour vous. Mais, pour l’archéologue que je suis, c’est un texte en araméen de grande importance...

- Vous plaisantez?

Quelques secondes de réflexions...

 

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26/09/2016

L'escalier de Talpiot (53, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpgLe prêtre me regarde curieusement, les lèvres en cul de poule, durant un dizaine de secondes. Puis il me foudroie du regard et se sauve. Sans prononcer la moindre syllabe.

- Mais où va-t-il comme ça l’animal? sort spontanément de ma bouche.

- Certainement demander audience au Pape, m’explique ironiquement l’infirmière.

- Certainement? Le confirmez-vous?

- Je ne comprends pas... ?

- Pas... ?

- Pas très bien où vous voulez en venir.

- Pourquoi avez utilisé ce terme et non pas un autre?

- Quel terme? Mais de quoi parlez-vous?...

- Comme éventuellement, sans doute, peut-être ou probablement?

- Que vous êtes compliqué monsieur Becker!...

- Pas du tout, pas du tout! Le terme que vous avez choisi cache bien des mystères. J’en suis convaincu... Bon, bref! Je vous prie de m’excuser. Je m’emballe souvent pour un rien.

- C’est normal, vous êtes encore sous le choc.

Je m’adresse au médecin:

- Au fait, docteur, quand pourrai-je décamper d’ici? Car j’ai hâte de respirer l’air de Jérusalem.

- Demain matin. Au plus tard. Si toutefois, on ne nous annonce pas un attentat avant...

- Je pensais que ce temps-là était révolu.

- Vous croyez encore au Père Noël, cher ami... Tant qu’il y aura des radicaux à tous azimuts, la paix ne sera qu’un rêve... Passez tout de même un bonne nuit!

- Bonne nuit à tous!

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25/09/2016

L'escalier de Talpiot (52, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpgL’infirmière réclate de rire. Puis elle chante cette fois-ci:

- Là-haut sur la montagne, l’était un vieux chalet. Murs blancs, toit de bardeaux, devant la porte la Gestapo...

- De la retenue, Franchesca! crie le médecin. Nous ne sommes pas en Italie, ni en Australie mais en Terre Sainte.

Insolite comparaison, me dis-je. Non sans raison, assurément.

- A défaut de plainte, un bref constat vous conviendrait, monsieur l’archéologue? me propose l’inspecteur.

- Un constat?

- Deux ou trois phrases nous suffiraient.

- Brièvement?

- Elliptiquement même.

Je me frotte les mains. Puis je me lance:

- Je me balade à Talpiot. Par curiosité architecturale sans doute, j’entre dans un immeuble et je découvre un escalier en colimaçon d’une beauté envoutante. Métallique, je crois. Je décide alors de le grimper... Je monte, je monte mais malheureusement, je glisse et je me cogne la tête contre le nez d’une marche. Affolé et saignant comme un mouton égorgé, je sors de la maison. La rue est déserte. Personne. Strictement personne. Pas un chien. Pas un chat. C'est le sabbat. Je me mets aussitôt à courir. À la recherche d’un pharmacie. Si possible ouverte. Aucune. Et je m’évanouis. Je tombe donc par terre. Sur une vieille tombe, par hasard. Voilà, j’ai tout dit.

- Tomber sur une tombe, par hasard, cela vous paraît tout à fait normal ou anodin?

- Pas du tout! Au contraire, quoi de plus comique et fantastique pour un fouineur de mon genre? Ce jour-là j’aurais dû jouer à la loterie.

- L’affaire est classée, conclut l’inspectrice.

- On a de plus sérieux problèmes à régler, commente l’inspecteur. Surtout avec les Palestiniens.

Et le couple policier, nous salue et quitte les lieux...

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24/09/2016

L'escalier de Talpiot (51, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpg- Traumatisme crânien! lance le médecin.

- Monsieur Jean de Becker, portez-vous plainte? répète de nouveau l’inspectrice.

- Contre des soi-disant agresseurs que je n’ai jamais vus?

- Dans ce cas, ce serait une plainte contre inconnu...

- Cela n’aurait aucun sens... Je refuse d’accuser qui que ce soit. Je ne suis pas un mouchard, moi! Comme la moitié des Bouzembeckois et les trois quarts des Suisses. Ou l’inverse...

- Les Suisses sont des mouchards, comment est-ce possible?

- Tout est possible au pays des méfiants... N’avez-vous jamais entendu parler du scandale des fiches?

- Non.

- Eh bien, apprenez, ma chère dame étoilée, que pas loin d’un million de personnes ont été fichées par les autorités fédérales ainsi que les polices cantonales. Oui, cela s’est passé en Suisse. Illégalement! Et ils veulent remettre ça légalement, les péteux. Question de sécurité! D’après les paniquards. Mais qui est véritablement capable de juger correctement quelqu’un d’autre? Le camarade d’école ou l’élu de mes fesses?

L’infirmière réclate de rire. Puis elle chante cette fois-ci:...

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23/09/2016

L'escalier de Talpiot (50, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpgL’infirmière éclate de rire. Puis elle se met à chanter:

- Arrivederci Roma, goodbye et au revoir...

- Celle-là, on me l’a jamais faite, murmure le prêtre.

L’inspectrice s’adresse moi, agacée:

- Monsieur Jean de Beck, portez-vous plainte?

- Je constate que je ne suis pas un inconnu pour la police...

- Le Mossad nous a transmis votre dossier, pour votre sécurité, m’explique l’inspecteur...

- Le Mossad ou le Vatican, dans son intérêt?

- Monsieur Jean de Beck, portez-vous plainte? répète la policière

- Contre qui?

- Contre ceux qui vous ont frappé et assommé, pardieu!

- Mais personne ne m’a frappé!

- Si, votre blessure en est la preuve. Et nous pensons qu’ils étaient au moins deux... C’étaient des Palestiniens ou des Israéliens? Des Arabes ou des Juifs?

- Ils se ressemblent tous. Enfin, presque tous...

- Comment étaient-ils? Grands, petits? Gros, minces? Quelle langue parlaient-ils? L’arabe ou l’hébreu?

- L’araméen.

- L’araméen? Êtes-vous certain.

- Plus que certain.

- Que vous ont-ils volé avant de vous violenter?

- Je suis vraiment désolé mais j’ai la nette conviction que vous vous trompez de victime.

- Traumatisme crânien! lance le médecin...

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22/09/2016

L'escalier de Talpiot (49, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpgL’infirmière réagit à son tour:

- Vos commentaires risqueraient de l’achever, mes amis. Les comateux et les mourants entendent tout. Parlons plutôt de la pluie et du beau temps en attendant la décision du Bon Dieu. La vie ou la mort. Lui seul a le droit de décider, n’est-ce pas monsieur le cardinal?

- Monseigneur le cardinal, rectifie le prêtre.

- Désolée, je suis protestante...

- Malheureusement, je ne le suis pas encore. Mais cela ne tardera pas vu mes bonnes relations avec Rome.

- En somme, tout est une histoire de copains, en religion comme en politique, souligne l’inspecteur.

- Ou de cul, ajoute l’inspectrice.

Le cul! Un mot, une bombe qui tombe à point. Afin que je sorte de mon état volontairement végétatif.

Je saute alors de mon lit et déclare à haute voix, en pointant du doigt le prêtre:

- Les églises et le couvents sont des refuges idéals pour de nombreux pédophiles... Dois-je y ajouter les assassins de votre espèce?

L’infirmière éclate de rire. Puis elle se met à chanter:...

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21/09/2016

L'escalier de Talpiot (48, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpgEt voilà qu’ une autre réalité se présente à moi.

Je suis allongé sur un lit d’hôpital, le crâne bandé. A ma droite: un inspecteur et une inspectrice de police. A ma gauche: un médecin, une infirmière et un prêtre. Assis sur des tabourets métalliques. Ils parlent entre eux. Dans une langue qui m’est totalement inconnue. J’ai l’impression qu’ils pensent que j’ai perdu sérieusement connaissance, que je suis terriblement ailleurs. Non loin de la conciergerie de Saint Pierre. Oui, ils pensent cela, ou plus au moins cela, mais ils se trompent tous, les babouins! Car je suis là et bien là. Sain de pied en cap. De corps et d’esprit. La blessure sur mon ciboulot n’est qu’un leurre madonique.

Soudainement, le prêtre se lève et demande au médecin en anglais, avec énervement:

- Vous ne pouvez pas l’achever avec une piqure, ce fauteur de troubles? Pour qu’on en finisse...

- Vous vous égarez, mon père, lui répond l’adepte d’Hippocrate. Même si c’est le pire des assassins, nous devons être patients et tout faire pour qu’il vive. Et pourquoi mettrais-je fin à ses jours? Pour sauvegarder vos croyances personnelles ou papales?...

- Dans son état comateux, il a confirmé, à plusieurs reprises, que Marie-Madeleine était l’épouse de notre Seigneur Jésus-Christ. Venant de la part d’un archéologue, c’est grave, très grave... C’est un blasphème impardonnable!

L’inspectrice intervient:

- Blasphème ou pas, nous, on s’en fout de tout ça. Ce qui nous intéresse...

L’inspecteur reprend le flambeau:

- Pourquoi on l’a trouvé les bras croisés, ensanglanté et inconscient sur la soi-disant tombe de Jésus?

L’infirmière réagit à son tour:...

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20/09/2016

L'escalier de Talpiot (47, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpgMarie me sourit.

Le sourire d’une femme vous propulse dans les sphères de la séduction. Les portes de la volupté et de la tendresse s’ouvrent à vous et fébrilement vous vous engagez dans le labyrinthe étourdissant des plaisirs charnels. Celui d’une sainte, par contre, vous replonge en enfance et naïvement vous vous laissez envahir par une obéissance et une écoute toute naturelle.

- Je suis tout ouï, lui dis-je.

- Le mot complot est un peu fort, m’avoue-t-elle... Joseph, le soi-disant bédouin jordanien qui t’a parlé en premier, Jésus, Marie-Madeleine son épouse et moi-même, avions décidé de te faire découvrir ce lieu de repos, tant convoité par les archéologues et les historiens de la religion chrétienne, d’une façon peu catholique, permets-moi cette expression, car nous pensions qu’en suivant Moustache, illégalement ou semi-légalement, tu aurais eu d’avantage d’ennuis avec les autorités...

- D’avantage d’ennuis?

- Les ennuis sont inévitables quoi qu’il en soit. Mais ne crains rien. Si tu considères cette évidence comme un jeu, le Ciel participera à cet amusement.

- Et le cadeau?

- La preuve de ton passage parmi nous. Uniquement pour toi.

- C’est-à-dire?

- Surprise!... Pense à la Befana lorsque tu étais petit!

- Et maintenant, dois-je remonter cet escalier pour sortir d’ici?

- Non, ferme simplement les yeux...

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19/09/2016

L'escalier de Talpiot (46, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpg- La croyance individuelle est plus importante que tout le reste... Et en échange...

- Oui, je t’écoute.

- Non, je ne peux pas être insensible aux larmes. C’est plus fort que moi. Alors, échange ou pas, de toute façon, je me sentirai toujours forcée de t’aider... Te souviens-tu encore de la petite médaille et de l’argent que je t’ai fait parvenir par un cycliste pressé le jour où tu étais terriblement fauché et tu as supplié le Ciel afin qu’il te vienne en aide?

- C’est gravé dans ma mémoire... Mais tu as piqué d’un côté pour offrir de l’autre...

- Tu interprètes mal les évènements. J’ai simplement tripoté le destin afin que tu retrouves le porte-monnaie, que le coureur a perdu par négligence, avant les autres...

- Comme par hasard sans la moindre adresse mais avec une amulette sur laquelle tu figures!

- Tu es libre t’interpréter cela comme bon te semble. Mais sache qu’entre la faim et un léger chagrin, le choix est vite fait... Cela dit, malgré tes allusives accusations, j’ai décidé avec l’approbation de tous les membres du complot de te faire un petit cadeau.

- Cadeau, complot? C’est quoi pour une salade?...

09:54 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

18/09/2016

L'escalier de Talpiot (45, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpg- ... Tu vas l’ouvrir cet ossuaire... ou le laisser tel quel?

- Je ne sais pas car je suis en plein dans le vide.

- Précise ta pensée.

- J’aurais préféré ne jamais me trouver dans une telle situation, face à un tel dilemme... Choisir entre deux chemins chaotiques, c’est très démoralisant.

- Sois l’éclair et le tonnerre te réveillera!

- Insignifiante expression pour un individu désarçonné comme moi...

- Alors jette-toi à l’eau, si tu préfères, et tu seras forcé de nager si tu tiens à sauver ta peau.

- Je ne sais, j’hésite toujours.

- C’est bon signe finalement. Ton cœur n’a pas séché au fil du temps. La science ne t’a pas totalement rendu insensible aux êtres aux choses. Si bien que, pour te faciliter la tâche, exauce mon vœux le plus cher: ne profane plus jamais les tombes de la Palestine, d’Égypte et d’ailleurs. Laisse les morts tranquilles. Qu’ils soient prophètes, pharaons ou simples nomades. Car leur dépouille embaumée, pétrifiée ou calcinée, non déplacée, non exposée comme un objet de curiosité dans divers musées, non souillée par les chuchotements moqueurs de certains visiteurs, leur permet d’atterrir plus facilement sur les lieux de leur vécu de temps à autre... pour résorber ce qu’ils n’ont pas su résoudre sur terre et ce afin d’atteindre l’éternité. Quant aux ossements de mon fils bien aimé, les mettre en lumière, cela perturberait bien des croyants...

- Et mettrait en péril toute la chrétienté, n’est-ce pas?

- La croyance individuelle est plus importante que tout le reste... Et en échange...

- Oui, je t’écoute...

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17/09/2016

L'escalier de Talpiot (44, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpg- Il est la liberté en personne.

- Non, non et non! Je n’adhère pas à ça. Pas du tout!

- Et pourquoi donc?

- Je ne sais pas. C’est plausiblement épidermique. Ou phylogénétique.

- Que de mots savants pour échapper à soi-même! L’idiot, quand il a soif, il insulte la fontaine. Bref!... Le voyageur qui ne cesse de zigzaguer en marchant trouvera forcément le chemin plus long que celui qui marche droit...

- À quoi tu joues Marie? Je n’ai plus l’âge d’être au catéchisme ou à l’école, tu sais!

- Au catéchisme, j’en conviens. Surtout que l’on y invente souvent des évènements qui n’ont jamais eu lieu. Mais à l’école... il te reste bien des choses à acquérir...

- Quoi par exemple?

- Beaucoup de choses.

- Beaucoup de choses, c’est de la merde et du chocolat!

- Seul le boiteux a besoin d’une canne... L’ innocent se laisse guider par la pureté de son souffle. Qui sent bon la connaissance, qui sait presque tout. Il ne craint ni les obstacles ni l’obscurité. La liberté est en lui. Il est la liberté...

- Marie-Madeleine m’a tenu le même discours. Identique! Un parfait copié-collé!

- Ma belle-sœur et moi, nous chantons les mêmes louanges...

- Mais qu’avez-vous tous avec cette liberté à la gomme?

- Sans liberté, il ne peut y avoir de véritable amour. Et sans amour de liberté... Et maintenant que décides-tu? Tu vas l’ouvrir cet ossuaire... ou le laisser tel quel?

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16/09/2016

L'escalier de Talpiot (43, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpgEt voilà qu’une éblouissante jeune femme vêtue d’un longue robe bleu ciel jaillit telle une fleur sublime derrière les ossuaires.

- Mais je te connais toi! je lâche tout surpris.

- Cela ne m’étonne pas. On m’a fait tellement fait de publicité. Par les icônes et les peintures...

- Pourquoi, tu es connue?

- Immanquablement, paraît-il. Comme Cléopâtre ou Néfertiti, ta reine préférée.

- Comment t’appelles-tu?

- Marie.

- Et ton nom de famille?

- Je suis la maman de celui que tu as rencontré en haut de l’escalier.

- Le jeune homme mal rasé?

- Je dirais plutôt l’homme jeune avec une barbe de quelques jours...

- Et c’est qui lui?

- Jésus de Nazareth.

- Tu veux dire le Jésus de la bible dont les os se trouveraient dans cette caisse?

- Non, de ton frère d’âme que tu n’as su reconnaître par manque d’ouverture d’esprit... Qu’importe! Tu n’es ni le premier ni le dernier...

- Pourquoi ne me l’a-t-il pas annoncé lui-même?

- Il a essayé.

- À quel moment?

- Quand vous étiez en train de philosopher. Il voulait te faire comprendre le vrai sens de la liberté mais tu as aussitôt réagi en disant: je préfère que tu ne m’annonces rien du tout, il fait trop chaud pour raisonner sur cet escalier...

- Mais il s’agit de la liberté et non pas de sa personne...

- Il est la liberté en personne.

- Non, non et non! Je n’adhère pas à ça. Pas du tout!

- Et pourquoi donc?...

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15/09/2016

L'escalier de Talpiot (42, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpgOn a bien beau vouloir avec ardeur se lancer dans la course, plus que prêt à démarrer au moindre coup de feu, mais quand la crampe survient, il n’y a plus qu’à abandonner...

Contracture pour le corps, panique pour l’esprit. Je suis donc envahi par une extraordinaire angoisse. Inscrite nulle part dans les manuels de psychiatrie.

Les spécialistes de la psyché ont encore beaucoup de boulot sur la planche au lieu de fricoter avec les innocentes et belles infirmière, me dis-je. Tous des rescapés de Sodome et Gomorrhe, ces enfants de putes!

Jugement exagéré ou injuste, certes. Mais quand une main caresse la queue du diable, l’autre n’a nullement l’intention de faire l’aumône.

Heureusement Dieu n’abandonne jamais les créatures inscrites, malgré elles, au patrimoine des êtres sincères.

Et voilà qu’une éblouissante jeune femme vêtue d’un longue robe bleu ciel jaillit telle une fleur sublime derrière les ossuaires.

- Mais je te connais toi! je lâche tout surpris...

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14/09/2016

L'escalier de Talpiot (41, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpgL’homme est constamment assis entre deux chaises. La hâte et la crainte. Pressé d’aller au bout de son désir et la peur d’être déçu au bout du compte. Son esprit frétille tel le popotin d’une danseuse de samba. Jamais stable. Toujours agité. Seconde après seconde, affecté par la fièvre de l’éducation.

Que dois-je faire? Que dois-je faire? Que dois-je faire? La science ou la morale? Satisfaire les petits cons ou les grands connards? Les croyants ou les incrédules? Surtout de Bouzembeck. Et curieusement je me souviens de ce texte:

Quand je crois ne pas savoir, je fais appel aux hommes. Quand je crois savoir, je fais appel aux anges de la création. Quand je ne sais pas, j’implore le ciel. Quand je sais, je flirte avec l’enfer.

Alors? Ready, steady, go! Mais!

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13/09/2016

L'escalier de Talpiot (40, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpgTout à coup. Accidentellement. Miraculeusement, je me retrouve le cul par terre, au pied de l’escalier.

Je me lève machinalement et je constate que je suis en plein milieu d’une chambre funéraire. Marie-Madeleine a disparu. Tout autour de moi: une dizaine d’ossuaires. Je m’approche de l’un d’eux et, automatiquement par déformation professionnelle sans doute, je suis attiré par une légère inscription gravée à la main, en araméen. Je la décrypte et aussitôt je lis à haute voix:

- Jésus de Nazareth, fils de Joseph.

Mes mains se mettent à trembler. Mon cœur à palpiter fortement. Et mon front à suer.

- Enfin te voilà toi! je crie presque de joie.

Je caresse le coffre contenant la preuve concrète de mes allégations. Il est couvert d’une blanchâtre poussière se sable.

Abandonné, oublié, perdu peut-être depuis des siècles, me dis-je. A l’abri du vent et des civilisations. Mais tu es là... Que dois-je faire maintenant?...

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12/09/2016

L'escalier de Talpiot (39, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpg- Tu viens d’où?

Marie-Madeleine hésite un instant puis elle me dit:

- Cesse de galoper comme un âne boiteux et tu te trouveras aux portes de ce fameux parc de la pérennité!

- C’est-à-dire au pays des disparus, n’est-ce pas?

- C’est presque ça.

- Est-ce l’enfer ou le paradis?

- Cela dépend de la décision de Pierrot.

- C’est qui encore celui-la?

- Un ami de mon cher époux.

- Encore une affaire de copains! Non merci, dans ce cas, je préfère claudiquer comme une bourrique handicapée...

- Claudique, claudique! Jusqu’au jugement dernier! Et tu n’entreras dans la lumière que les yeux fermés.

Tout à coup. Accidentellement. Miraculeusement, je me retrouve le cul par terre, au pied de l’escalier...

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11/09/2016

L'escalier de Talpiot (38, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpg- Tu es aussi compliquée que les Évangiles.

- Pour l’amour du Ciel, ne me compare jamais à je-ne-sais-quoi mille fois manipulé! Qui...

- Qui?

- Qui désole particulièrement mon mari, ma belle-mère et mon beau-père.

- Pourquoi particulièrement eux?

- Tu n’aimes pas que l’on débite des histoires sur toi derrière ton dos, n’est-ce pas?

- ...

- Ou que l’on déforme et transforme ton vécu en légende après ta mort...

- Après la mort, je n’en saurais rien sûrement...

- Tu te trompes, hominien prématuré! C’est normal, tu raisonnes comme un vivant... Le royaume des morts est un jardin éternellement fleuri où les braves et les justes se retrouvent pour rire de leur séjour sur terre.

- Tu as beaucoup d’imagination...

- Petit rectification: de leurs nombreux séjours pour certains.

- Quelle ignorance! Ou plutôt, ne serais-tu pas en train de me répéter comme un perroquet ce que des vieux gourous t’ont raconté?

- Non, parce que j’en viens.

- Tu viens d’où?...

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10/09/2016

L'escalier de Talpiot (37, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpg- Des spéculations, camarade! Rien d’autre...

- Tout le monde spécule, ma donzelle! Les pauvres comme les riches. Les crétins comme les intelligents. À sa manière... Lupus est homo homini, non homo, quom qualis sit non novit, a écrit Plaute.

- Traduction, s’il te plaît!

- Quand on ne le connaît pas, l'homme est un loup pour l'homme.

- Et c’est qui Plaute?

- Titus Maccius Plautus? C’est le plus grand écrivain, dramaturge latin.

- Latin?

- Romain, si tu préfères.

- Je ne préfère rien du tout. Car il ne m'inspire pas confiance, ton auteur. Comme tous ceux de sa race d'ailleurs... pardon, de sa tribu. Mais j’ai l’impression que tu n’as pas choisi la bonne locution pour t'exprimer...

- Comment ça?

- Cherche au fond de toi-même et tu verras que j’ai raison. Ou du moins pas tout à fait tort...

- Tu es aussi compliquée que les Évangiles.

- Pour l’amour du Ciel, ne me compare jamais à je-ne-sais-quoi mille fois manipulé! Qui...

- Qui?

07:48 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

08/09/2016

L'escalier de Talpiot (36, à suivre)

Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpg- Eh bien! Tu as tout du patron minable. Je plains tes employés.

- Je n’en ai point... Je ne suis le patron de personne et personne n’est mon patron.

- Et ton directeur alors?

- C’est une couille molle comme tous les pistonnés communaux de Bousembeck... Il n’ose pas me donner des ordres car, connaissant mon caractère, il a peur de me perdre.

- Nul n’est irremplaçable.

- Si. Moi!

- Et pourquoi donc?

- Parce que sans moi, le Saviboum est cuit.

- Le quoi et quoi?

- Le Service d’archéologie de la ville de Bouzembeck est voué à la fermeture définitive... Mais heureusement, je suis là avec mes travaux et mes publications d’outre-tombe qui tiennent en haleine une bonne partie de la population...

- Des spéculations, camarade! Rien d’autre...

 

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | |