25/04/2018

Mes voisines concubines (39, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgEt elle fond en larmes.

Réalité ou spectacle? Douleur ou piège? La réponse est au bout de l’action.

Je m’extirpe de mon coin douillet et je la serre dans mes bras.

Elle ne me rejette pas. Bien au contraire, elle se blottit davantage contre toi.

- Libère-moi du chaos, me supplie-t-il, ses lèvres cherchant les miennes.

Nous nous embrassons.

Prudemment, tendrement, ardemment puis quasi avec violence.

- Tu embrasses mieux que mon accidentel amant, me confie-t-elle après notre premier langoureux baiser.

Elle y prend terriblement goût.

La salope! Ma bouche doit certainement lui rappeler celle de quelqu’un d’autre, me dis-je.

Et la pécheresse, entre les roulements de patins, se confesse:

- Deux hommes ne valent pas une femme mais deux coups valent mieux qu’un... Dans chaque mâle sommeille un flic... Mais un flic, c’est plus rassurant... Plus... Moins... Il a osé me faucher les clés, le vilain... Heureusement, ce n’étaient pas les miennes... Il m’a sauté quand Rosetta était chez ses parents, l’imbuvable... Pas un mot à ma copine, je compte sur toi... La maternité est en train de me dévorer... A ton tour maintenant de me niquer!

Et ce que femme veut Dieu le veut.

Amen on the rock!

Deux semaines plus tard, en balançant son balai, ma concierge me hurle dans les oreilles:

- C’est la guerre presque partout! Si tu veux casser du flic, c’est maintenant ou jamais... Sache aussi que tes voisines concubines ont pris la clé des champs, ce matin très tôt.

Et je rumine:

Clé, voisine, concubine, flic: les prémices d’une histoire à la con. Forcément vraie...

08:58 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer |  Facebook | | | |

23/04/2018

Mes voisines concubines (38, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpg- L’amour est une punition et la maternité une malédiction, pleure ma voisine. Qui, quoi a fait de moi l’être infâme que je suis? L’éducation de mes parents, l’école, la société ou mes gènes? Je ne sais plus où j’en suis. Depuis que... depuis que...

- Depuis que?

- Qu’un homme, fort charmant malheureusement, a essayé de me séduire... Non, il m’a séduite. Ainsi, j’ai connu l’autre rive du fleuve.

- C-à-d?

- La rive inexplorée. Où la soi-disant normalité semble rassurer les soi-disant normaux. Soit: les conformistes, les conventionnels...

- Les traditionalistes, les orthodoxes, la race des moutons... mais où les semences prennent racines.

- Hélas, hélas!

Et elle fond en larmes...

11:56 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

16/04/2018

Mes voisines concubines (37, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgTrois jours plus tard, à l’aube, je me réveille en sursaut.

Forcément! Face à moi, en contre-plongée, Pierrette, entièrement nue, brandissant un mamba vert.

- Tu en as mis une éternité avant de sentir le danger, me reproche-t-elle.

- Quelle horreur... comment... toi ici? je bafouille.

- La porte était ouverte, m’explique-t-elle... Aurais-tu perdu tes clés, toi aussi?...

- Et ce reptile répugnant... et cette tenue inappropriée... tu veux quoi?

- Il faut que je te fasse un dessin, pseudo-peinture intello de mes deux?

La vulgarité, ce n’est pas son style. Elle doit m’en vouloir à mort.

- C’est un vrai? je lui demande en fixant le serpent en grimaçant... Tu l’as trouvé où? Dans le jardin de Sa Sainteté Piaget?

- Non, entre ses bibles, ricane-t-elle.

- Ça ne m’étonne pas, ces bestioles-là se plaisent dans la poussière. Vire-moi ça!

- Tu ne vois pas que c’est un faux, tête de nœud?

- Mais sa langue bouche!...

- C’est un faux, je te dis.

- Tu l’as acheté où?

- A La Gaîté.

- Où ça?

- Dans un magasin de farces et attrapes, pas loin d’ici...

- Belle imitation! Avec toi, on se croirait presque au paradis.

- Non, nous y sommes en plein. Mais avec un Adam qui a déjà trompé sa femme.

- Que veux-tu insinuer?

- Pourquoi tu as baisé ma copine sans mon autorisation?

- Elle est bien bonne! Quelle copine?

- Rosetta, nom de Dieu! Ne joue pas au con avec moi, je suis courant de tout...

- Encore une qui électrise l’avenir...

- Je sais que tu l’as peinturlurée à poil et qu’ ensuite tu l’as baisée...

- Tu fantasmes, ma pauvre! Jamais de la vie, je ne piquerai la copine d’un ami ou d’une amie...

- Tu mens comme tu respires. Tu devrais faire de la politique.

- Merci pour le conseil... Sais-tu que ton entrecuisse me rappelle la vallée des rois?

Pétrifiée par ma fausse question, Pierrette lâche le dendroaspis en caoutchouc qui, étonnamment le temps d’une frayeur, se tortille sur mon drap, cache son sexe avec ses mains et tombe à genoux.

Pardon, j’ai oublié de vous signaler que mon lit n’est qu'un simple matelas.

Aphrodite, à mon secours! Je m’attends au pire...

23:13 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (10) |  Imprimer |  Facebook | | | |

15/04/2018

Mes voisines concubines (36, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgHélas! Rosetta se lève d’un bond, ramasse ses habits et disparaît dans la salle de bain.

Bien fait pour moi, j’ai perdu la partie, me dis-je. Au tac au tac comme au ping-pong, pour gagner mieux vaut pas trop réfléchir.

Et j’ajoute à mon auto-discours:

Elle a visé en plein dans le mille, la belle Amazone... Elle a raison, je suis un bavard, un cracheur d’apophtegmes, d’aphorismes affamé de justice. A cause de quoi? De qui?

Rosetta réapparait toute souriante et me dit:

- Merci pour tout. C’était agréable quand même. Un acte non sans risques ni conséquences pour moi mais très généreux et téméraire de ta part. A chacun sa façon de lutter pour ses rêves et ses libertés... Il paraît que ça chauffe chez les étudiants à Paris. Sur les murs, on n’ arrête pas d’écrire Il est interdit d’interdire, paraît-il. La révolution est proche. Nous, nous venons de lancer notre premier pavé dans cette foutue marre aux connards. Mais motus et bouche cousue! Pas un mot à Pierrette! Cela ne regarde que nous deux. OK?

- OK.

Et elle tourne les talents sans me faire la moindre bise...

08:28 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

13/04/2018

Mes voisines concubines (35, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgEt avec l’infamante illusion de vouloir à tout prix anéantir une société hypocrite, mielleuse, trop chargée d’absurdités et d’interdits, j’engrosse ma voisine aux tendances douteuses.

Après un merde! glorieux et péremptoire, j’avoue à Rosetta, le regard faussement halluciné.

- Pour la première fois de ma vie, j’ai atterri pour quelques secondes au septième ciel. C’était vraiment fabuleux. Sauf...

- Sauf?

- Qu’à un moment donné, j’ai failli frôler les couilles de la Sainte Vierge.

- C’est n’importe quoi!... Et tu blasphèmes, par-dessus le marché...

- Qui aime bien châtie bien...

- Je n’apprécie guère ce genre langage après un tel...

- Sacrifice?

- Non, supplice.

- Punition, torture, châtiment, calvaire, martyre, damnation...

- Tu m’énerves, Charly. Tu parles parfois trop.

Vexée ou pas? Cela ne me concerne nullement. Je fouille dans mes méninges une amusante et justificative réplique.

Hélas! Rosetta se lève d’un bond, ramasse ses habits et disparaît dans la salle de bain.

Bien fait pour moi, j’ai perdu la partie, me dis-je. Au tac au tac comme au ping-pong, pour gagner mieux vaut pas trop réfléchir.

Et j’ajoute à mon auto-discours:

Elle a visé en plein dans le mille, la belle Amazone... Elle a raison, je suis un bavard, un cracheur d’apophtegmes, d’aphorismes affamé de justice. A cause de quoi? De qui?

Rosetta réapparait toute souriante et me dit:...

17:18 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

12/04/2018

Mes voisines concubines (34, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgSéance tenante, Sturm jaillit dans mon esprit et je m’écroule sur le tapis.

Il est parfois très difficile de matérialiser ses pensées, de les mettre sur le papier.

Quelle chose mystérieuse est notre cervelle! Les images vont et viennent, s’entrecroisent, s'associent, se disputent comme de vulgaires soldats: chacun de son côté essaye d’être fidèle à sa bannière.

Un ciel infini rempli d’étoiles est ce cerveau qui nous permet d’être ce que nous sommes.

Chaque étoile est une pensée, une idée et à
chaque seconde une nouvelle étoile naît, une autre meurt.

Le poète est comparable à un explorateur revenant du fin fond de la forêt vierge, il s'efforce de décrire les paysages étranges qui l’ont tant fasciné. On le croit, on ne le croit pas. On l'admire, on ne l’admire pas. On essaye de le comprendre, on n'essaye pas de le comprendre. Il lutte, il veut parfois convaincre ceux qui l'écoutent. Mais rares sont ceux qui arrivent à imaginer ce que le poète imagine car celui qui écoute est lui aussi la plupart du temps prisonnier
d’une autre forêt vierge.

- Viens, allons préfabriquer ton Ulysse de demain! je dis à Rosetta en me relevant... En éclatant, un magistral neurone vient d’anéantir tout un régiment de vieilles et tristes cellules...

10:30 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

11/04/2018

Mes voisines concubines (33, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpg- Malheureusement, sans un complice extérieur, il nous est impossible d’agrandir notre famille. Alors nous avons penser à toi.

- C’était donc ça?

- Ça quoi?

- La proposition que vous vouliez me faire.

- Quelle proposition?

- Oublie ça! J’ai sans doute rêvé. Ça m’arrive assez souvent...

- Rêvé ou pressenti?

- Rhabille-toi et rentre chez toi! Tu commences sérieusement à me désorienter.

- Déboussoler, fourvoyer, embrouiller, embarrasser, déranger, troubler... c’est bon signe, non?...

- Ce n’est pas amusant...

- La bête humaine finira-t-elle par sortir de sa grotte?

- Me pousserais-tu au viol?

- Je n’attends que ça.

- Rejoins ta copine!

- Impossible, elle n’est pas à la maison.

- Alors rentre chez toi pour la deuxième fois...

- Impossible, j’ai perdu mes clés. Ou quelqu’un me les a fauchées.

Séance tenante, Sturm jaillit dans mon esprit et je m’écroule sur le tapis...

16:22 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

09/04/2018

Mes voisines concubines (32, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgRegarder, contempler, admirer, juger, reconnaître, apprécier, flatter, toiser, critiquer, justifier, ironiser, insulter...

Que de possibilités pour un naïf clin d’œil! Que d’obstacles à franchir avant de pouvoir anéantir une banale spéculation!

- C’est ainsi que tu me vois? me demande Rosetta, toute en enflammée en découvrant mon croquis.

- Ce n’est qu’une vulgaire ébauche, je temporise. Demain, avec l’aquarelle, je tâcherai de dévoiler ta vraie et grande beauté.

- Tu es sincère, tu me trouves belle?

- Plus que ça.

- Jusqu’où irais-tu si tu étais amoureux de moi?

- Je t’épouserais sur le champ si... si...

- Si quoi?

- C’est...

- Si je ne partageais pas mon plumard avec une gouine, n’est-ce pas?

- Que...

- Oui, nous sommes des gouines, des gougnotes, des homosexuelles, des lesbiennes, des inverties, des tribades, des gerbeuses, des brouteuses, des visiteuses de gorges profondes et profanes...

- Ça va, j’ai compris!

- Désolée, je croyais que tu collectionnez les synonymes.

- Pas autant que les antonymes, vu mon esprit de contradiction...

- Pierrette et moi, nous nous aimons.

- Félicitations!

- Ça te dérange?

- Quelle stupide question!

- Malheureusement, sans un complice extérieur, il nous est impossible d’agrandir notre famille. Alors nous avons penser à toi.

- C’était donc ça?

- Ça quoi?

- La proposition que vous vouliez me faire.

- Quelle proposition?...

17:22 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (9) |  Imprimer |  Facebook | | | |

08/04/2018

Mes voisines concubines (31, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgLe peintre qui n’adore peindre que des femmes nues est certainement le plus patient et le plus malin des prédateurs. Au nom de l’art, sa proie accepte volontiers de frissonner sagement sur un piédestal avant de passer à la casserole...

- Tu as l’air soucieux, me dit l’étudiante en psychologie. A quoi tu penses?

- A rien, je mens. Je culpabilise peut-être.

- Alors dessine-moi! En gris, en noir, en couleur, qu’importe! Crache le morceau sur le papier!

Avec empressement, je sors mon bloc à croquis Bristol et un crayon gras de ma commande et me concentre un bref instant sur la feuille blanche, le désert de toute création.

Puis, après une profonde respiration, tantôt en scrutant le corps bien proportionné de Rosetta et tantôt en griffonnant, je murmure:

- Mer. Bord de mer. Lieu fréquenté par beau temps. Enfants au bord de l'eau? Non. Femmes et chiens? Dans le lointain. La plage est à moi. Les hommes sont ailleurs. Au travail en principe. Tout semble fait pour le repos. Le repos de l'esprit. Étrange machine qui fonctionne jour et nuit. Qui fonctionne avec le temps. Sa nourriture...

- Je peux voir?

- Ne bouge pas!... Nourriture passée. Nourriture en état de putréfaction. Je contre tout. Face à l'infini. Face aux infinies possibilités de vaincre. Là est la question. Vaincre quoi? Vaincre pourquoi?... Mer. Mer de mon enfance. Enfance: paysages de mes larmes, mes tristesses, mes sourires, mes joies... où les parfums et les odeurs s’imposent pour l’éternité. Mer, ma mère, je me jette dans tes vagues. Qui vont et viennent dans l’indifférence la plus totale. Fais attention de ne pas te noyer! me dirait ma concubine si elle était là. Ce serait triste qu’une histoire sous les tropiques se termine ainsi. Pour un caprice. Et voilà!...

Femme nue.jpg

Rosetta vue par Charly, aquarelle d'après le dessin, le lendemain...

06:26 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

06/04/2018

Mes voisines concubines (30, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgToc! Toc! Toc!

- C’est qui? je hurle spontanément.

- C’est moi, ton adorable voisine, me répond Rosetta, en criant.

Adorable? Depuis quand?

J’ouvre la porte.

- Tu es seul?

Je hausse les épaules.

- Je peux entrer?

Même singerie musculaire.

- Tu es fâché contre moi? me demande-t-elle en pénétrant dans mon appart.

- Pour quelle raison le serais-je?

- Alors pourquoi tu me regardes de travers?

- Je déteste que l’on débarque chez moi à l’improviste...

- Ne sois pas vieux jeu, mon cher Charly... C’est jolie chez toi.

Elle se hisse sur la pointe des pieds, pirouette gracieusement comme une danseuse d’opéra et se laisse tomber sur mon lit.

- Je suis profondément amoureuse de toi, me déclare-t-elle en me tendant les bras... Fais-moi vite un enfant!

Je n’en crois pas mes oreilles. Je reste de marbre.

- A poil, tu verras, tu changeras d’avis, râle-t-elle brusquement en se mettant debout.

Je ne réagis pas.

Elle se déshabille avec rage.

Même le plus maladroit des strip-teases est plus excitant. J’ai presque pitié d’elle.

- Alors? me lance-t-elle une fois toute nue... Toujours aucun effet?... Mon corps mérite au moins de faire plaisir à tes pinceaux, non?

- A quoi tu joues, Rosetta?

Elle s’apprête à s’approcher de moi.

- Pas un pas! je rugit aussitôt.

Elle panique.

- Tu veux que je te peigne ou pas?

- Je ne comprends pas.

- De peindre et non pas de peigner. La peinture et non pas la coiffure...

- Que je suis bête!

- Non, tu n’es bête. C’est la langue française qui nous induit souvent en erreur à cause de ses homonymes... Tu veux ou quoi?

- Quoi donc?

J’hésite un instant puis je propose à Rosetta en souriant:

- Un coup de peigne après tout avant que je te peigne, d'ac?... Avec un peu chance ou de malchance, le modèle et l’artiste finiront par se trouver dans de beaux draps...

14:58 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

03/04/2018

Mes voisines concubines (29, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgChez moi, il n’y a rien ou presque rien. Mais il y a moi et ça c’est très important pour me retrouver.

Seul et chez moi, je gesticule librement. Mes gestes sont libres.

Ailleurs et avec quelqu’un, surtout avec une personne de sexe féminin, je surveille terriblement mes mouvements et mon langage. J’ai l’impression d’être un figurant maladroit, un mauvais acteur ou la doublure de moi-même. Et ne n’aime pas ça.

J’ai la sensation aussi d’être une poupée gonflable sous haute surveillance, prête à exploser au moindre agacement.

Mes relations intimes et clandestines avec Denise en sont probablement la cause essentielle.

Trop de baisers volés à la lueur de la lune ne permettent pas toujours à un amour de s’épanouir. Au contraire, ils ont souvent tendance à l’étouffer. J’en suis quasi certain. Mes vieux jours me le confirmeront.

Toc! Toc! Toc!

- C’est qui? je hurle spontanément.

- C’est moi, ton adorable voisine, me répond Rosetta, en criant.

Adorable? Depuis quand?

J’ouvre la porte.

- Tu es seul?...

Je hausse les épaules.

- Je peux entrer?...

23:22 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (13) |  Imprimer |  Facebook | | | |

01/04/2018

Mes voisines concubines (28, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgSi la mort, ce n’est que du vent, alors la vie n’est qu’une tempête.

Personne n’est revenu de l’au-delà les mains pleines et la cervelle chargée de beaux souvenirs. Les écrits ne sont que des fantasmes rapportés. Où le crédible flirtent souvent avec l’absurde.

Pourtant, le poète n’abandonne jamais l’idée d’un paradis possible.

J’ouvre les yeux.

Où suis-je?

Dans une chambre d’hôpital à ma connaissance. Grâce à l’odeur et à la blancheur du plafond qui ne correspond à celui de mon studio.

Mais qu’est-ce que je fous là?

J’incline ma tête vers la droite.

Aussitôt, Rosetta et Pierrette accourent vers moi.

- Il est vivant! crient-elles simultanément.

Une fois de plus, elles sont synchrones les concubines, me dis-je.

Une infirmière, d’une beauté quasi divine, se jette presque sur moi et me conseille:

- Ne vous remuez pas trop. Pas pour l’instant... Tout va bien, soyez rassuré.

- Mais que faites-vous là? je demande à mes voisines.

- Nous sommes venues te rendre visite? me répond Pierrette. Nous t’aimons beaucoup, tu sais...

- Je me suis cassé la figure avec mon solex, n’est-ce pas?

- Oui.

- Je me souviens de rien... J’ai failli mourir?

- Plus que ça.

- Comment ça?

- Tu étais mort lorsque tu es arrivé aux urgences.

- Non?

- Si.

- Mort, vraiment mort?

- Oui... d’après le médecin de l’ambulance.

- Mais comment se fait-il que tu sois au courant de tout ça?

- Plus tard, plus tard! intervient ma soignante attitrée. Il faut que je lui fasse un brin de toilette maintenant.

On dirait qu’elle me veut à elle toute seule, la belle créature. Vais-je succomber à son charme?

Mon sexe se met subitement à frémir.

A priori, pas le moindre dégât à ce niveau-là, je conclus... Je suis toujours vivace, Dieu que tu es bon!...

11:57 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

29/03/2018

Mes voisines concubines (27, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgLa serveuse, toute tremblante, court vers moi et me glisse à l’oreille:

- Sortez d’ici et appelez la police. Ils vont s’entre-tuer comme des pédés.

Craignant d’être mêlé à un scandale policier inaccoutumé et de me trouver entre les griffes d’une justice corrompue pour des décennies, je ne suis qu’à moitié les recommandations de la jeune femme.

Qu’ils aillent se faire frire en enfer, ces deux branleurs de poulets, me dis-je, une fois dehors. L’humanité n’a nullement besoin de cette race-là pour survivre.

Et ni une ni deux, j’enfourche mon petit cheval à moteur et à fond les gaz.

La ville est belle à regarder à trente à l’heure. Tout paraît plus propre. Tout coule de source.

Les mégots, les crachats, les chewing-gums et les crottes de chien, ce n’est pas pour moi mais pour les piétons.

Je roule, je circule, je vole presque.

Voler et voler. Qui des deux a volé le premier?

Hors contexte, la langue cause souvent des problèmes voire de cruels quiproquos.

Je roule, je circule, je me balade en toute liberté. Tantôt en respectant tant en bravant les règles de la circulation.

Je roule en sifflant, en chantonnant...

En pensant à Denise, à Rosetta, à Pierrette, à ma concierge, à la pute du coin...

A leurs mains, leurs bras, leurs jambes, leurs pieds, leurs seins...

Soudain, j’entends un bruit sourd, je vois des étoiles de toutes les couleurs... puis plus rien...

18:02 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

27/03/2018

Mes voisines concubines (26, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgLe pain sec se lève, s’approche de moi et me dit:

- Brigadier Favre. On se connaît?

Les images d’un esclavagiste et d’un creuseur de tunnel succèdent à celle du comique. Vais-je lui dévoiler tout mon cinéma intérieur? L’autre est souvent un film confus et obscur projeté pour un seul spectateur.

- Du poste de police? poursuit-il.

L’ombre de Sturm agrippant le fameux trousseau de clés assombrit davantage mon spectacle.

- Hein? ajoute-t-il en bêlant.

- Je ne crois pas, je réponds tout désemparé.

- Alors pourquoi tu m’as zieuté comme un azimuté, tout à l’heure?

- Azimuté? C’est quoi?

- Ne joue pas au con avec moi! Celui qui a essayé dernièrement s’est retrouvé à l’hosto bien amoché...

- A cause d’un mot?

- Tu insistes?

- Non, je persiste.

- Tes papiers?

- Quels papiers?

- Carte d’identité ou permis de conduire.

- Je ne conduis pas.

- Alors la carte.

Et à la vitesse d’un folivora à moitié endormi, je sors mon passeport de la poche de mon blouson et je le lui tends.

Il me l’arrache de la main tel un sagouin tout excité et se met à le feuilleter.

- Beaucoup de voyages chez les bougnoules, murmure-t-il en examinant les visas.

- Les Jordaniens et les Syriens ne sont pas des bougnoules et les Libanais encore moins, je lui fais remarquer.

Il bredouille une phrase dans une langue autre que l’italien. L’espéranto est d'emblée écarté vu sa personnalité. Préjugé oblige! Le corse ou le valdôtain, d’après ma mémoire auriculaire.

- Ça va, t’as besoin d’aide? lui crie son coéquipier en sirotant sa bière grenadine.

- Non merci, je peux m’en sortir tout seul, le rassure mon interlocuteur... J’ai tout de même étudié les hiéroglyphes à l’école.

- Vraiment? s’étonne le gros lard... Quand ça? Où ça? A l’école primaire ou à l’école de police.

- A l’une des deux. Je ne me souviens pas très bien... Tu sais, les périodes, les dates, les anniversaires, tout ce bastringue et moi, ça fait deux.

- Je l’ai souvent constaté. Particulièrement ce matin.

Pain sec me rend sèchement mon passeport, me remercie par un haussement de sourcil, si l’on veut bien surestimer ce mouvement, et va vite se rasseoir en face de son collègue.

Les frères d’armes se dévisagent tels deux chiens en faïence prêts à se métamorphoser en bouledogues enragés.

Du sang, du sang et encore du sang! hurlerait le fils de ma concierge.

Il y a vraiment de la colère dans l’air. Qui dure, qui dure... Le crime n’est pas loin.

La serveuse, toute tremblante, court vers moi et me glisse à l’oreille:

- Sortez d’ici et appelez la police. Ils vont s’entre-tuer comme des pédés...

22:34 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

25/03/2018

Mes voisines concubines (25, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgMaladroitement, les deux hommes accrochent leur képi au portemanteau et prennent place près de l’entrée.

Fatalement, je songe à Laurel et Hardy.

Et un tas de scènes de mon enfance refont surface.

Muettes et sonores. Non, silencieuses et bruyantes. Nettes et floues. Non, impressionnantes et inquiétantes.

Et j’ai une envie folle d’étaler sur le papier, brutalement: salle de projection, cinéma, ice cream cloclo, chocolat Royal, anniversaire, innocence et insouciance.

Puis délicatement: je plane au-dessus des jardins de mes récréations préférées. Sans barrière ni pancartes. Pas de vigile ni d’enseignant. Pas de maître à bord. Le bateau navigue librement. Le «un pour tous, tous pour un» ne figure forcément nulle part. Le «chacun pour soi et Dieu pour tous» s’est donc imposé d’office...

Office: quel horrible mot! Il me conduit à orifice qui me conduit à trou noir qui me conduit à trou de balle. Quelle trajectoire intellectuelle due à... à quoi au fait?

À cause d’eux, ces deux harengs saurs coincés dans leurs costumes gris, inévitablement.

Le pain sec se lève, s’approche de moi et me dit:

- Brigadier Favre. On se connaît?

15:53 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

23/03/2018

Mes voisines concubines (24, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgJe me frotte les yeux et lui propose:

- Fermez boutique et allons ensemble, la main dans la main, chasser la solitude qui règne dans votre chambrette, sans bruit ni trompette, très chère fillette!

Elle sourit puis elle grimace.

- Si seulement, je pouvais, maugrée-t-elle.

- Mais il n’y pas un chat dans ce troquet.

- Pour le moment.

- Alors asseyez-vous en face de moi.

- Je n’ai pas le droit.

- Consigne du patron?

- De qui d’autre?... Votre café est tout froid.

- Tant que le cœur ne l’est pas, le reste ne compte pas.

- Vous êtes un sacré baratineur...

- A quelle heure vous finissez votre service?...

- Et dragueur, par-dessus le marché!

- L’un ne va pas sans l’autre... A quelle heure?...

Mais à ce moment-là, la porte s’ouvre violemment, deux gendarmes entrent, un grand grassouillet et un petit maigrelet, et tout d’un coup, la salle me semble bizarrement toute occupée.

Quel frisson! Hitchcock en serait tout ravi.

Maladroitement, les deux hommes accrochent leur képi au portemanteau et prennent place près de l’entrée.

Fatalement, je songe à Laurel et Hardy.

Et un tas de scènes de mon enfance refont surface...

12:03 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

21/03/2018

Mes voisines concubines (23, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgJe cadenasse mon quarante-neuf-centimètres-cubes, entre dans un bistro et m’installe tout gaiement dans un coin.

- Bière, rouge ou café? grogne la serveuse qui se trouve derrière le comptoir.

- Un ristrette avec deux crèmes et un verre d’eau, s’il vous plaît, je réponds calmement mais froidement.

- Croissant?

- ...

- Un, deux ou zéro?

- Beurre ou margarine?

- Il faut demander ça au boulanger.

- Alors rien.

- Comme bon te semble, ma chochotte.

Mais chochotte: à peine audible. Tout de même!

Mal assouvie ou mal réglée, me dis-je.

Trois minutes plus tard, en posant le tout sur la table, la rabat-joie me demande à mon grand étonnement:

- Vous aussi vous avez vécu avec les sauvages?

- Les sauvages? je m’exclame... Quels sauvages?

- Ces gens qui vivent à poil et des plumes dans le derrière... comme ceux de Monsieur Paul.

- Paul comment?

- Lambrusco, je crois... L’explorateur qui écrit parfois des pièces...

- C’est Paul Lambert.

- Oui, c’est ça, je me souviens maintenant...

- Il vient souvent ici?

- Pourquoi, vous voulez que je vous le présente?...

- Ah, je vois maintenant! Café et double crème, n’est-ce pas?

- Vous connaissez?

- Un peu, un peu plus mais pas trop... Nous nous sommes souvent rencontrés au Blues Bar. Chez Madame Scarlett, la maman de Bouby.

- Qui ça?

- Bernard Gugelmann, le batteur rock.

- Connais pas.

- Dommage.

- Et maintenant?

- Depuis que je n’habite plus chez mes vieux, je ne fréquente plus personne.

- Personne personne?

Finalement pas si gueuse que ça, je corrige mon jugement. Je me la ferais bien, cette rouquine...

- Personne personne? répète-t-elle.

Je me frotte les yeux et lui propose:

Fascinante Amazonie (1965).jpg

A la mémoire de Paul Lambert...

14:31 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer |  Facebook | | | |

19/03/2018

Mes voisines concubines (22, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgCoup de fil de Sergio Ussario. Mon solex est réparé. Je cours le récupérer.

Avec ma pétrolette, je passe devant le commissariat.

Quel triste hasard! Non, suite à une inconsciente décision de ma part! Sturm sort de son usine à souricières juste à ce moment-là.

Naturellement, comme il n’a personne à mettre au violon dans cette lacustre république balnéaire où ne vivent que de gentils petits musiciens à la croix de bois, excepté moi, il me fait signe de m’arrêter, le vilain prédateur.

Mais comme j’ai envie de jouer au gendarme et au voleur, je lui fais un doigt d’honneur.

Signe pour signe, dent pour dent, je rumine... Pour qui tu te prends, fils de pute? Je peux être plus vache qu’une vache quand je veux. Moi, je n’ai rien à perdre. Rien. Pas comme toi, tête de nœud! Ni grade, ni poste. Ni galons, ni casquette. Strictement rien, espèce de pistonné de père en fils!

Et je poursuis gentiment mon chemin.

Mais voilà! Un flic est un flic et, tel un loup aux aguets, il ne perd jamais de vue sa future proie.

A moins que la politique ne s’en mêle!

Cependant, la plupart du temps, les élus du peuple, ceux qui tiennent les ficelles, sont de mèche avec la police.

«Je te protège, tu me protèges. Tu me protèges, je te protège.» Cette rengaine ne cesse pas de circuler dans l' acide désoxyribonucléique du corps politico-policier.

Quand osera-t-on mettre le feu dans cette fourmilière?

21:24 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

18/03/2018

On a voté en Russie!

Vladimir Poutine est presque sur toutes les lèvres. Un Poutine sans parti ni débats. Quant au programme, on verra ça plus tard. C'est fou comme l'homme a confiance en l'homme, en Russie! On se croirait sur une autre planète. Quasi au paradis.

Oui, Poutine est sur toutes les lèvres sauf sur celles du chat de ma concierge et sur celles de Baba Alla, la sœur d'Ali Baba, cet ennemi de la corruption forcé de se camoufler avec ses copains dans les bois.

On est en plein dans la légende!

12:49 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

15/03/2018

Mes voisines concubines (21, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgAvant d’écrire, l’homme a peint. Mais avant de peindre, il a regardé.

Regardé, observé, scruté, contemplé, dévisagé, fixé, estimé, jugé, toisé, admiré, touché, palpé et Dieu sait quoi encore! Pour le pire et le meilleur.

On ne devient pas artiste, on épouse l’art malgré soi pour l’éternité.

- C’est la seule compagne qui a su partager tes pires secrets sans jamais pleurnicher, me fera certainement remarquer le Saint Père, le jour du jugement dernier.

J’ouvre ma boîte de peinture et je caresse les tubes. Mes tubes! Car je les ai personnellement choisis. Avec amour. Avec attention et intension...

J’adore le blanc de titane, le jaune de chrome, le vert émeraude, le bleu de cobalt, le rouge vermillon et le noir d’ivoire.

Aucun problème de racisme dans cet univers-là. Les blancs, qu’ils soient de titane ou de zinc, se marient très bien avec les noirs d’ivoire ou de vigne. Jamais on évoquera par méchanceté le chocolat. Et quand les rouges et verts se mélangent, c’est vraiment marron!

Sur une plaque de carton, je peins mes voisines. Au pinceau et à la spatule. Nues et coquines.

Résultat: mystère et boule de gomme! Nues: c’est certain. Coquines: il faut y mettre du sien.

Je conclus donc que mes outils picturaux sont moins révélateurs que mon stylo.

Merde! Quelle frustration!...

Mes voisines concubines.jpg

Rosetta et Pierrette...

12:34 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (9) |  Imprimer |  Facebook | | | |